Liban-Chine. Un grand potentiel économique et commercial
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Nº 3098 du vendredi 1er février 2019

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Les relations économiques et commerciales entre le Liban et la Chine s’améliorent depuis quelques années mais elles n’ont pas atteint leurs capacités maximales. Leur développement est tributaire d’une décision politique et de l’adoption de réformes par Beyrouth.
 

Les relations entre le Liban et la Chine ont évolué positivement depuis la moitié des années cinquante et devraient connaître un essor significatif avec la décision de Pékin d’inclure le Liban dans son projet de nouvelle Route de la soie, un projet ambitieux qui vise à relier la Chine au Proche-Orient et à l’Europe, et qui aura un impact certain sur l’économie libanaise à travers les investissements attendus qui l’accompagneront et qui sont de l’ordre de plusieurs milliards de dollars.
La Chine apprécie l’emplacement géographique du Liban, d’autant que durant les dernières années, le pays du cèdre jouissait d’une certaine stabilité sécuritaire et politique par rapport aux pays de la région. Plusieurs autres atouts ont joué en faveur du Liban: la solidité du secteur bancaire qui a fait ses preuves durant les grandes crises économiques mondiales, sa politique économique, et l’installation de plusieurs organisations internationales et régionales sur son territoire.
La participation du Liban à l’établissement d’une nouvelle Route de la soie lui permettrait de reconquérir son statut de centre d’affaires régional et de renforcer son attractivité sur le plan touristique. Il s’y prépare en renforçant ses relations avec la Chine au niveau officiel. Récemment, le Conseil chinois pour le développement du commerce international a ouvert un bureau de représentation à Beyrouth. L’organisation est présente dans 30 pays à travers le monde et travaillera à «la mise en œuvre des stratégies nationales de développement, encourager le commerce extérieur, les investissements bilatéraux et la coopération économique et technologique», selon un communiqué officiel chinois.
Le Liban a été officiellement intégré à la nouvelle route de la soie à l’occasion de la signature d’un partenariat bilatéral lors de l’exposition sino-arabe de septembre 2017. Cependant, le projet a buté sur divers obstacles dans plusieurs pays, et à l’heure qu’il est, le montant des investissements qui seront réalisés au Liban reste imprécis.

Relations anciennes
Les relations commerciales entre la Chine et le Liban remontent à la deuxième moitié des années 1950. À cette époque, la République populaire de Chine ne disposait pas de beaucoup d’accès dans les pays occidentaux. La première délégation chinoise est venue au Liban en 1955, après avoir assisté à la Foire de Damas. Cette visite a été suivie de la signature du premier accord commercial entre les deux pays, dans le but de développer les relations économiques bilatérales.
En septembre 1956, la Chine établit un bureau d’affaires au Liban. C’est le début des relations économiques soutenues entre les deux pays. Les échanges commerciaux vont s’accroître, portant surtout sur le textile, le transport maritime, la technologie et l’aviation civile. Mais ce n’est qu’en 1971 que des relations diplomatiques entre les deux pays seront établies.
La coopération de la Chine avec le Liban au niveau économique va se renforcer dans la deuxième moitié des années 90, allant jusqu’à l’octroi de dons et de prêts chinois de quelques millions de dollars, surtout dans le domaine des télécommunications. En 1981, la première délégation libano-arabe se rend en Chine. Mais il faudra attendre plus d’une dizaine d’années pour que s’établisse une Chambre de commerce arabo-chinoise à Pékin en 1995.  

Joint-venture
La société pétrolière chinoise Cnoocig avait présenté un dossier de qualification pour l’appel d’offres lancé par le gouvernement libanais pour l’exploitation des champs de pétrole et de gaz en Méditerranée. Elle n’a pas été retenue. En janvier 2016, une vingtaine d’hommes d’affaires chinois en visite au Liban dans le cadre de la deuxième édition du forum sino-arabe des affaires a pu explorer les opportunités d’investissement au Liban. Les relations commerciales sino-libanaises restent cependant très déséquilibrées. En 2016, la Chine a exporté 2,5 milliards de dollars de marchandises au Liban, alors que les exportations de produits libanais plafonnaient à 63 millions de dollars. 
À plus grande échelle, la Chine vise à établir des relations avec la diaspora libanaise d’affaires, qui pourra lui ouvrir des portes dans d’autres pays. Mais pour le moment, elle s’intéresse au marché libanais. Elle est l’un des plus grands partenaires commerciaux du Liban. Les produits «made in China» inondent le marché libanais et en 2009, les marques automobiles chinoises Geely et Cherry ont fait leur entrée sur le marché libanais.
Plus de 10 000 Libanais se rendent en Chine chaque année pour affaires, selon les chiffres de l’ambassade chinoise. Le premier Libanais à avoir obtenir la nationalité chinoise est Georges Hatem, l’un des médecins de
Mao Zedong.

Un œil sur Tripoli
La Chine multiplie d’ailleurs les forums, expositions, foires commerciales à destination des Arabes. Elle tente de faciliter la tâche aux Libanais par la simplification de la procédure d’obtention de visas. Le gouvernement chinois avait aussi autorisé depuis 2000 les étrangers à détenir leurs sociétés à 100 %, via les WOFE (Wholly owned foreign entities). Ceci nécessite un capital minimal de 100 000 dollars. Malgré cela, les investissements libanais en Chine restent très limités.
Les investisseurs chinois sont intéressés par les perspectives de la reconstruction de la Syrie et de l’Irak, et leur présence au Liban leur facilite le mouvement vers ces pays. Le secteur privé chinois aurait un œil de plus en plus tourné vers Tripoli, qui serait «idéalement placée» en vue de la reconstruction en Syrie.
Le Liban est donc un partenaire incontournable pour la Chine du fait de sa position géographique. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays augmente depuis 2015. En 2017, le volume des importations libanaises a atteint 19,6 milliards de dollars, soit une augmentation de 4,7% par rapport à 2016. La Chine occupe la deuxième place (avec 10%) derrière l’Union européenne avec une part de marché de plus de 42% (8,3 milliards $). Les autres principaux fournisseurs du Liban sont l’Italie (9%), les Etats-Unis (7%), la Grèce (7%), l’Allemagne (6%), la Turquie (4%), la France (4%) et la Russie (4%). Le pays du cèdre importe des produits pétroliers (22% des importations), des produits chimiques et plastiques (11%), des machines et équipements électriques (10%), des automobiles (10%), des produits agro-alimentaires (7%).
Les principaux clients du Liban étaient l’Afrique du sud, avec un total de 11% des exportations libanaises, les Emirats arabes unis (9%), la Syrie (9%), l’Arabie saoudite (9%), l’Irak (6%), et la Suisse (5%). Les pays arabes ont concentré 51% des exportations libanaises en 2017. Le Liban exporte essentiellement des bijoux, des pierres et métaux précieux (un total de 21% des exportations libanaises), des produits issus de l’industrie agroalimentaire (16%), des métaux communs et des articles en métal (12%), des machines et équipements électriques (11%), des produits chimiques et plastiques (11%) ainsi que des produits agricoles (6%). La Chine occupe une place trop minime dans les exportations libanaises. 
Les relations stables et croissantes entre les deux pays ont permis l’intensification des contacts depuis quelques mois afin d’ouvrir la voie aux investissements chinois au Liban. Mais tout semble tributaire de la capacité du Liban à redresser sa barre économique et à adopter les réformes nécessaires.

Arlette Kassas

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Éditorial
En route pour l’âge de pierre

Dans ses mémoires publiés en 2010, le vice-président de l’Etat des Emirats arabes unis, cheikh Mohammad Ben Rached al-Maktoum, évoque un rêve qu’il dit avoir souvent fait, celui «de voir un jour Dubaï devenir un Beyrouth». Les Libanais sont-ils conscients que leur capitale a inspiré cet homme visionnaire et ambitieux, qui a réussi à faire émerger des sables du désert un émirat au rayonnement planétaire? Un centre d’affaires qui s’est réservé une place parmi les grands, tels Hong Kong, Shanghai, Londres et New York? Un bouillon de culture qui a transposé la Sorbonne, le Louvre, et bien d’autres noms et lieux prestigieux dans la Péninsule arabique? Une cité médiatique qui a attiré les titres et les plumes les plus convoités?Quelle que soit l’opinion que l’on se fait de Dubaï aujourd’hui, force est de reconnaître que cette ville sous-peuplée, sans patrimoine, ou si peu, sans beauté sinon celle des dunes dorées, propre à toutes les cités du Golfe, est devenue l’une des destinations les plus prisées du monde. Voilà un prince qui a réussi son pari, qui a concrétisé son rêve! Certes, l’atout des pétrodollars, qui n’est pas des moindres, lui a facilité la tâche. Mais les pétrodollars, qui coulent aussi à flot en Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar, n’ont pas fait bourgeonner d’autres Eldorados dans ces pays immensément riches.    Pendant que Dubaï entrait à pas sûrs dans l’avenir, Beyrouth, lui, sombrait dans les précipices du passé. Les Libanais ont réussi le tour de force de plonger leur ville dans les affres de la guerre, puis une fois la paix revenue, de reconstruire la pierre sans y insuffler l’âme qui lui donnait ce cachet unique. La gloire d’antan n’est plus qu’un vieux souvenir, la culture se raréfie, la beauté ressemble à celle d’une femme (ou d’un homme) toute refaite, la joie de vivre n’est plus qu’amertume et aigreur, la satisfaction apportée par le travail plus qu’un dur et insupportable labeur. Avec une insouciance couplée à une affligeante ignorance et une criminelle irresponsabilité, les Libanais, peuple et dirigeants, ont perdu un à un les atouts qui faisaient de leur capitale le phare de la région. Fut un jour où Beyrouth était l’université, la maison d’édition, la cité médiatique, du monde arabe, une oasis de liberté pour les opprimés et les oppressés, un havre de tolérance. Il n’est plus qu’une ville sévère et peu hospitalière de par la cherté de la vie et l’absence des services les plus élémentaires. A vouloir cloner bêtement l’émirat du désert, les Libanais ont perdu ce qui faisait la gloire et la beauté de leur ville, sans pour autant gagner les atouts qui font la force de Dubaï. Beyrouth s’enfonce dans le passé. A ce rythme, et si rien n’est fait pour stopper la chute, l’âge de pierre n’est plus très loin.


 Paul Khalifeh
   

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