Salim Sfeir, Pdg de Bank of Beirut. Confiant dans la situation monétaire
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Nº 3098 du vendredi 1er février 2019

Salim Sfeir, Pdg de Bank of Beirut. Confiant dans la situation monétaire

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Assis derrière son bureau à la rue Foch, Salim Sfeir, Pdg de Bank of Beirut (BoB) semble zen mais ferme. Il répond aux questions de Magazine souhaitant communiquer à son interlocuteur sa conviction qu’un pessimiste trouve dans chaque opportunité une difficulté, et chaque optimiste trouve dans chaque difficulté une opportunité.
 

Il est confiant dans l’avenir et affirme que le secteur bancaire a bon dos. Aux échos de panique qui lui parviennent, il estime que «les Libanais passent d’un extrême à l’autre, en exagérant un faux diagnostic de la conjoncture locale». «Si une partie devait trembler comme une feuille, c’est bien les banquiers et non les déposants», martèle-t-il. 
«Le secteur bancaire fonctionne normalement. Il fait son travail. Il est le coffre-fort des Libanais en tout temps et ses caisses sont ouvertes pour ceux qui désirent retirer des fonds», dit-il. Il insiste sur le fait que «les banques libanaises écopent des contrecoups de l’instabilité politique», appelant par la même occasion les Libanais «à mettre le doigt sur la plaie et, par conséquent, faire pression sur les politiciens pour l’instauration d’une stabilité politique permanente».
Interrogé par Magazine, M. Sfeir se prononce pour la formation d’une équipe gouvernementale restreinte, comme c’était le cas dans les années 70, qui serait noyautée par des technocrates. Ces derniers prendraient en charge des portefeuilles ministériels qui nécessitent une gestion pointue de la part de spécialistes capables de freiner les dépenses. Il reprend à son compte les points forts de l’économie du Liban, à savoir une économie ultra-libérale et ouverte ayant une large latitude d’action contrairement aux pays qui l’entourent.

Pour la politique monétaire
Le patron de BoB insiste pour que les Libanais cessent de concentrer leur attention sur les banques vu que les problèmes dont ils souffrent sont ailleurs et non dans ce secteur. Il estime qu’il n’y a pas du tout lieu de changer le cadre de la politique monétaire, faisant référence aux drames sociaux qui avaient suivi en 1987-1988 ainsi qu’en 1993 la hausse de la valeur du billet vert face à la livre. Il répète que les gens au pouvoir doivent tirer les leçons du passé, reprenant plus d’une fois un axiome qui lui est cher à savoir «l’histoire est le flambeau du passé dans les mains du présent pour éclairer le futur». «L’indexation de la livre sur le dollar aurait eu des répercussions sur la productivité de l’économie nationale et sur sa compétitivité si le Liban était un pays exportateur. Or tel n’est pas le cas», déclare-t-il.
Que pense-t-il des taux débiteurs de référence de Beyrouth (BRR) recommandés par l’association des banques au Liban à ses membres à partir du 1er février 2019, à savoir 8,63% (en $) et 11,94% (en livres)? Salim Sfeir ne sourcille pas, estimant que ces taux sont plus ou moins les même depuis plus d’une décennie. Il rappelle que le Liban a historiquement été pionnier en termes de conformité aux standards internationaux, faisant référence aux normes IFRS qu’il a honoré en 2015 et 2016 alors que l’échéancier était l’année 2018. Pour ce qui est de l’adéquation d’un cycle de fusion-acquisition entre entités libanaises, Salim Sfeir se montre neutre puisqu’il ne voit pas d’apport en valeur ajoutée pour le secteur bancaire.

Prêt à taux nul
Pour ce qui a trait à la circulaire intermédiaire de la BDL n° 514 qui impose aux agences spécialisées dans les transferts d’argent, comme Western Union, Money Gram ou OMT, de payer en livres libanaises les sommes envoyées aux destinataires sur le territoire, peu importe la devise dans laquelle les fonds ont été initialement déposés, le patron de BoB a applaudi à cette initiative qui permet aux destinataires de thésauriser en livres libanaises et de maintenir le billet vert dans le circuit financier local. Les transferts qui utilisent ces canaux sont évalués entre 2 milliards et 2,5 milliards $ en rythme annuel, ce qui n’est pas une mince affaire.
BoB serait-elle disposée à contribuer à un prêt syndiqué à taux préférentiel au profit de l’Etat pour donner un coup de pouce à ses finances publiques – comme ce fût le cas au lendemain de Paris II? Salim Sfeir conditionne cette possibilité à une application littérale de CEDRE, donc à la mise en œuvre de toutes les réformes requises et, par conséquent, l’obtention par le Liban des 11 milliards $ promis.

Investir encore et encore
Entre temps, la Bob continue d’investir au pays et à l’étranger. Elle a acquis récemment trois nouvelles agences à Ras Beyrouth, Zalka et à Bécharré. Pour rappel, l’installation de cette dernière a été dictée par l’existence d’une forte diaspora libanaise en Australie, où BoB a pignon sur rue. Par ailleurs, l’investissement de Bank of Beirut dans la technologie a atteint au cours des trois dernières années 80 millions $. Cet investissement a fait de BoB un leader dans la transformation numérique, en établissant la première succursale intelligente au Liban, une branche autonome où les clients peuvent effectuer des transactions quotidiennes sans nécessiter d’employé (à l’exception des opérations de trésorerie). Les services numériques intelligents proposés s’adressent également aux jeunes dans la vie quotidienne.
En d’autres termes, la BoB leur offre des services bancaires intelligents et adaptés à leur mode de vie comme le retrait de billets sans carte (instacash) ou les services accessibles depuis tout appareil portable connecté à la toile. Aussi Bank of Beirut propulse-t-elle la jeunesse dans les domaines de la robotique par le biais de son programme #BoB_Empowers_Youth, en créant de nombreux laboratoires technologiques et en leur offrant la possibilité de mettre à exécution leurs projets de robotique au Liban et à l’étranger.

Liliane Mokbel

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Éditorial
En route pour l’âge de pierre

Dans ses mémoires publiés en 2010, le vice-président de l’Etat des Emirats arabes unis, cheikh Mohammad Ben Rached al-Maktoum, évoque un rêve qu’il dit avoir souvent fait, celui «de voir un jour Dubaï devenir un Beyrouth». Les Libanais sont-ils conscients que leur capitale a inspiré cet homme visionnaire et ambitieux, qui a réussi à faire émerger des sables du désert un émirat au rayonnement planétaire? Un centre d’affaires qui s’est réservé une place parmi les grands, tels Hong Kong, Shanghai, Londres et New York? Un bouillon de culture qui a transposé la Sorbonne, le Louvre, et bien d’autres noms et lieux prestigieux dans la Péninsule arabique? Une cité médiatique qui a attiré les titres et les plumes les plus convoités?Quelle que soit l’opinion que l’on se fait de Dubaï aujourd’hui, force est de reconnaître que cette ville sous-peuplée, sans patrimoine, ou si peu, sans beauté sinon celle des dunes dorées, propre à toutes les cités du Golfe, est devenue l’une des destinations les plus prisées du monde. Voilà un prince qui a réussi son pari, qui a concrétisé son rêve! Certes, l’atout des pétrodollars, qui n’est pas des moindres, lui a facilité la tâche. Mais les pétrodollars, qui coulent aussi à flot en Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar, n’ont pas fait bourgeonner d’autres Eldorados dans ces pays immensément riches.    Pendant que Dubaï entrait à pas sûrs dans l’avenir, Beyrouth, lui, sombrait dans les précipices du passé. Les Libanais ont réussi le tour de force de plonger leur ville dans les affres de la guerre, puis une fois la paix revenue, de reconstruire la pierre sans y insuffler l’âme qui lui donnait ce cachet unique. La gloire d’antan n’est plus qu’un vieux souvenir, la culture se raréfie, la beauté ressemble à celle d’une femme (ou d’un homme) toute refaite, la joie de vivre n’est plus qu’amertume et aigreur, la satisfaction apportée par le travail plus qu’un dur et insupportable labeur. Avec une insouciance couplée à une affligeante ignorance et une criminelle irresponsabilité, les Libanais, peuple et dirigeants, ont perdu un à un les atouts qui faisaient de leur capitale le phare de la région. Fut un jour où Beyrouth était l’université, la maison d’édition, la cité médiatique, du monde arabe, une oasis de liberté pour les opprimés et les oppressés, un havre de tolérance. Il n’est plus qu’une ville sévère et peu hospitalière de par la cherté de la vie et l’absence des services les plus élémentaires. A vouloir cloner bêtement l’émirat du désert, les Libanais ont perdu ce qui faisait la gloire et la beauté de leur ville, sans pour autant gagner les atouts qui font la force de Dubaï. Beyrouth s’enfonce dans le passé. A ce rythme, et si rien n’est fait pour stopper la chute, l’âge de pierre n’est plus très loin.


 Paul Khalifeh
   

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