Yosra Mohsen alias Laïla Liberty. Une Libanaise au Crazy Horse
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Nº 3099 du vendredi 1er mars 2019

Yosra Mohsen alias Laïla Liberty. Une Libanaise au Crazy Horse

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    Un regard pétillant, un sourire radieux et une plastique de rêve! Lorsque Laïla Liberty apparaît sur scène, on n’a d’yeux que pour elle. Et pour cause, la toute nouvelle recrue...
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Un regard pétillant, un sourire radieux et une plastique de rêve! Lorsque Laïla Liberty apparaît sur scène, on n’a d’yeux que pour elle. Et pour cause, la toute nouvelle recrue du mythique cabaret parisien le Crazy Horse est la première levantine à intégrer la revue.
 

Yosra Mohsen de son vrai nom, la jeune danseuse a quitté le pays du cèdre pour se consacrer à sa passion, la danse. Pourtant, son premier hobby a longtemps été l’équitation. La jeune fille fut championne du Liban junior en 2014. À l’époque déjà, cette élève du Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth avait intégré l’école de danse de Caracalla. Son amour pour la danse l’éloigne des compétitions d’équitation, Yosra Mohsen préférant accompagner la compagnie de danse Caracalla en tant qu’élève, dans ses tournées en Chine, en Italie et à Bahrein entre autres. «C’était l’année du bac, et ma mère me répétait que je ne l’aurai jamais dans ces conditions!» s’exclame-t-elle.
Son baccalauréat ES en poche, Yosra s’envole pour Paris afin de parfaire sa technique de danse à l’Académie internationale de la danse. Elle y explore plusieurs disciplines dont la danse sur talons qu’elle perfectionne lors d’un stage à Los Angeles. C’est le déclic. Yosra ne rêve plus que d’intégrer une revue de cabaret.Un vrai. Pas ces cabarets glauques où des pseudo-artistes se trémoussent devant un public tout aussi glauque. Mais plutôt dans le cabaret parisien dans toute sa splendeur, un lieu où la sensualité est dénuée de toute once de vulgarité. Un spectacle chorégraphié par des directeurs artistiques de talents dans un subtil jeu d’ombre et de lumière qui «habillent» des danseuses à la plastique parfaite.
Avant de s’entretenir avec Yosra Mohsen alias Laïla Liberty, Magazine a découvert avec émerveillement Totally Crazy, un spectacle mis en scène par Stéphane Jarny (The Voice, Saturday Night Fever). Un show envoûtant comprenant des tableaux majestueux signés Philippe Decouflé, mais également la touche de grands noms de la mode à l’instar de Christian Louboutin et de Chantal Thomas.

Comment avez-vous atterri au Crazy Horse?
Lorsque j’ai commencé à prendre des cours de danse en talons à Paris puis à Los Angeles, cela m’a donné envie d’explorer l’univers des cabarets parisiens que je ne connaissais pas mais qui me fascinait. J’ai été avec ma mère voir la revue du Moulin Rouge et celle du Lido. J’avoue que je n’ai pas beaucoup accroché avec le côté quelque peu touristique de ces spectacles … qui sont très qualitatifs du reste. Et puis nous avons découvert le spectacle du Crazy Horse. Cce fut la révélation!

En sortant du cabaret vous avez dit à votre maman «c’est ça que je voudrais faire!»?
Non (rires)! Pas du tout! En sortant, maman m’a dit qu’elle préférait peut-être le Moulin Rouge car les performances du Crazy Horse lui semblaient quelque peu osées… J’ai quand-même envoyé un dossier de candidature au Crazy Horse. Ce n’est que lorsque j’ai reçu un avis favorable pour passer une première audition que j’en ai parlé à ma mère.

Et? Elle est tombée en syncope?
Absolument pas! (rires). Ma mère m’a toujours soutenue dans mes choix. C’est mon plus grand pilier! Elle était fière de savoir que j’étais sélectionnée pour passer une première audition! Ma mère est un ange.
J’ai donc passé la première sélection mais ce n’était pas encore gagné. Ce n’est que trois mois plus tard que l’on m’a convoquée pour participer à la seconde audition à l’issue de laquelle j’ai été prise.

Pensez-vous que vos origines libanaises ont joué en votre faveur? Ce n’est pas courant de voir des orientales intégrer une troupe telle que celle du Crazy Horse.
J’avoue que ce n’est pas commun, surtout que je n’avais que 18 ans lorsque j’ai postulé pour être danseuse au Crazy Horse. D’ailleurs, lors de l’audition, on m’a demandé «est-ce que maman et papa savent que vous êtes là?». Je pense en effet que mes origines atypiques ont piqué quelque peu leur curiosité et que cela leur a peut-être donné envie de m’offrir une chance. En tout cas, j’ai toujours été fière de mes racines.

Pour intégrer la troupe du Crazy Horse, outre le niveau technique de danse, il faut répondre à des critères physiques bien précis. Quels ont été les critères à la base de votre sélection?
Quand j’étais à l’Académie Internationale de Danse et que j’évoquais mon envie de postuler au Crazy Horse, on me disait «tu es trop grande et ta poitrine n’est pas assez menue pour correspondre aux critères de recrutement du Crazy Horse». Mais j’ai réalisé en arrivant ici, que toutes les filles sont différentes, elles ont des caractères et des silhouettes distincts. Pour ma part, j’ai un corps oriental avec des formes. J’ai la peau naturellement hâlée. Malgré mes 1,74 m (un centimètre de plus que le maximum autorisé), j’ai été prise dans la troupe. Car après tout, le caractère des danseuses compte pour beaucoup dans la sélection. Quant à ma poitrine, j’ai maigri et celle-ci s’est réduite!

Alors que les Libanaises se font opérer pour augmenter leur tour de poitrine, vous n’aspirez qu’au contraire! Pensez-vous qu’un jour vous serez tentée par les injections ou autres interventions esthétiques?
C’est vraiment terrible ce phénomène. Pas uniquement au Liban mais ailleurs aussi, les femmes abusent trop des interventions esthétiques. Je pense que vieillir fait partie de la vie. Il faut prendre soin de son corps pour vieillir joliment et harmonieusement. En tout cas, je n’aurai jamais recours à la chirurgie esthétique.

Comment entretenez-vous votre corps?
J’essaie de bien m’hydrater et de bien manger. Quoique, comme tout le monde, il m’arrive de faire quelques excès. Le rythme est très soutenu au Crazy Horse: nous avons deux shows par soir (parfois trois), plus les répétitions. Malgré tout, je continue à prendre des cours de danse classique pour améliorer ma technique et maintenir ma forme. Aussi, comme on se maquille beaucoup sur scène, cela dessèche la peau. Je me démaquille donc avec soin, j’effectue des gommages de temps en temps et surtout j’hydrate ma peau.

Peut-on vous reconnaître facilement sur scène?
C’est difficile de reconnaître qui que ce soit dans le premier numéro d’ouverture. Mais dans les autres tableaux, on peut me reconnaître…peut-être grâce à mes sourcils… Ou alors quand je danse sans perruque.

Quelle image aviez-vous de l’univers du Crazy Horse avant de l’intégrer?
Avant d’y assister, j’étais perplexe, car le mot «Cabaret» au Liban évoque un univers glauque. Même le mot «artiste» a des connotations douteuses chez nous! Je suis donc arrivée avec des a priori au show. Mais lorsque j’ai vu comment le corps des danseuses était sublimé, subtilement nimbé d’ombres et de lumières et que j’ai constaté comment chaque personnalité était mise en valeur, j’ai été séduite. Cela donne envie de prendre soin de son corps, de le respecter et de s’émanciper.

Vous êtes la première Libanaise, voire Moyen-orientale, à intégrer le Crazy Horse. N’avez-vous pas craint que cela choque certains de vous voir uniquement habillée d’ombres et de lumières?
Si bien sûr. Au début, cela a été dur d’encaisser les critiques notamment lorsque je postais sur Instagram des stories de mes répétitions. On me disait «Comment?! Tu danses dans un cabaret?!!!». Ce sont des réactions qui venaient pas seulement de personnes de la génération de mes parents mais également des jeunes de mon âge… Même de la part de quelques uns de mes amis!

Justement, comment votre famille et votre entourage proche ont-ils réagi à votre choix d’intégrer le Crazy Horse?
Beaucoup de personnes n’ont jamais compris ce choix… cela m’a permis d’identifier les personnes qui tenaient à moi et à mon bonheur.

Plutôt des femmes ou des hommes?
Principalement des filles…

Par jalousie peut-être?
Peut-être, oui. Quant à ma famille, c’était mitigé. La majorité m’a félicitée et soutenue, mais il y a toujours quelques personnes qui désapprouvent par pudibonderie.

 

En même temps, ils ont dû tous se ruer au Crazy Horse pour vous voir danser, non?
Voilà! Vous avez tout compris!(rires).

Et votre amoureux, qu’en pense-t-il?
Il est très fier de moi et me soutient.

D’où vient votre nom de scène Laïla Liberty?
Ce n’est pas moi qui l’ai choisi. Au Crazy Horse, on vous observe pour cerner votre personnalité et puis juste avant le premier lever de rideau, on vous soumet un nom de scène que vous pouvez adopter ou refuser. Pour moi, Laïla évoque l’Orient et Liberty indique que je suis une femme libre et que je suis maîtresse de ma vie.

ROLA CUSSON (A Paris)

 

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Éditorial
Comparer le comparable

Le retour des réfugiés syriens dans leur pays est une vraie bataille dans l’intérêt du Liban et une fausse cause pour ceux qui, au nom de diverses considérations, tentent d’en discuter les modalités et les conditions, au risque d’en entraver ou d’en retarder le processus. La balance penche résolument du côté des facteurs qui plaident pour un retour sans délai des réfugiés. L’argument qui vient le plus naturellement à l’esprit est que le cas des déplacés syriens risque de connaître le même sort que la présence palestinienne, qui dure «provisoirement» depuis 1948. Les défenseurs zélés des réfugiés affirment qu’il ne faut pas «comparer» deux situations qui ont des commencements et des cheminements différents et qui n’auront pas forcément le même dénouement. Ceux-là et celles-là semblent oublier que la comparaison a de tout temps été l’outil le plus important de l’homme, celui qui lui permet de créer des repères pour évaluer une situation présente afin d’imaginer des solutions ou une conduite à adopter. C’est la comparaison avec des situations antérieures qui permet d’établir une échelle de valeur pour en tirer une grille de lecture. L’homme «compare» tout et depuis toujours. Lorsqu’il admire une œuvre d’art, il le fait par rapport à d’autres toiles ou sculptures qu’il connaît déjà. Quand il savoure un mets, il ne peut s’empêcher de le «comparer» à d’autres cuisines. En se plongeant dans un nouveau livre, il l’évalue par rapport à une lecture précédente ou aux auteurs avec lesquels il est familier, quelle que soit l’opinion qu’il peut en avoir. Lorsqu’il dit avoir rencontré l’amour de sa vie, il le fait en fonction de toutes les relations amoureuses qu’il a pu avoir dans le passé.La comparaison est l’outil le plus légitime, le plus efficace, y compris et surtout dans le cas des réfugiés syriens. Le risque qu’ils restent au Liban est sérieux. Les études des Nations unies montrent que 35% des déplacés restent dans les pays d’accueil et que la durée moyenne d’un exil est de 17 ans. On n’oserait pas imaginer les conséquences que cela pourrait avoir sur la démographie, le tissu social et l’économie.Le redressement économique passe inéluctablement par le retour des réfugiés syriens chez eux. L’infrastructure du Liban, sa production d’électricité, déjà déficitaire, l’ensemble de ses services publics, son territoire exigu, sa composition démographique délicate, ne peuvent plus supporter la présence sur son sol d’une population qui représente le quart de ses habitants.Ceux qui adhèrent aux arguments de la communauté internationale pour refuser le retour des réfugiés avant une solution politique en Syrie servent, consciemment ou inconsciemment, des agendas politiques desquels le Liban n’a rien à tirer. L’objectif des puissances occidentales et de leurs alliés régionaux est de garder les 5 millions de réfugiés syriens en réserve, dans l’espoir de peser sur le résultat de l’élection présidentielle en Syrie, en 2021. Il est inadmissible de lier le sort de notre pays à ces enjeux géopolitiques qui le dépassent. La priorité, pour le Liban, est qu’ils rentrent chez eux dignement, dans les régions pacifiées. Que les Nations unies et les faux objecteurs de conscience leur fournissent l’aide sur place.


 Paul Khalifeh
   

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