Chefs à domicile. Quand la gastronomie vient chez vous
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Nº 3101 du vendredi 3 mai 2019

Chefs à domicile. Quand la gastronomie vient chez vous

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Pour déjeuner sur le pouce ou bien pour s’attarder autour d’une bonne tablée, faire appel à un cuisinier professionnel est la nouvelle tendance qui réinterprète la tradition de la «cuisinière de famille».
 

Aller au restaurant est une pratique courante dans notre société contemporaine. Une habitude interrogée sans cesse par des concepts voulant réinterpréter d’une nouvelle manière ces moments parfois négligés par manque de temps que sont les repas. Parmi eux, celui des chefs à domicile. L’idée est simple: faire appel à un professionnel pour concocter un beau menu directement dans nos cuisines, de l’entrée au dessert, ou seulement l’un des trois, car, comme au restaurant, c’est à la carte. Un menu pensé avec le chef lui-même, selon ses spécialités et son expertise culinaire, disponible selon nos envies et si nos équipements permettent de les mettre en œuvre. Si d’emblée, on imagine ce service à domicile comme un luxe destiné à des événements particuliers, il se prête pourtant très bien à toute occasion et… non-occasion. De quoi rendre moins moroses nos déjeuners hebdomadaires, et plus conviviaux nos dîners familiaux ou amicaux. Que ce soit par manque de temps, d’appétences ou de compétences pour la cuisine, la gastronomie reste un sport dans lequel nous ne sommes définitivement pas tous égaux. Michèle Diab et Léa Freiha font partie de ces passionnés qui ont mis leur talent et leur potentiel au service de la gastronomie à domicile.

Cuisine et voyage
Après une première vie professionnelle dans le monde de la finance, Michèle Diab décide d’enfiler sa toque pour se consacrer à la cuisine. Passée par les grandes écoles françaises de gastronomie – Ducasse, Ritz Escoffier et Lenôtre – elle fait ses armes auprès des meilleurs ouvriers de France et obtient un CAP, puis se forme à l’œnologie auprès du sommelier Olivier Pousset. Les fondamentaux, Michèle les forge aux côtés du chef Michel Guérard, qui l’initie aux liens de la nutrition avec la santé, notamment pour ceux souffrant de pathologies particulières ou d’intolérances alimentaires. Cette soif d’apprendre la projette rapidement aux fourneaux de ses amis, pour faire de la cuisine à domicile son métier. Aujourd’hui, cette «chef traveller», est parvenue à lier ses deux amours que sont le voyage et la gastronomie. Un service qu’elle propose aux quatre coins du monde, lui permettant de nourrir son art de ses rencontres. Une cuisine saine, constituée de la richesse du marché de quartier et inspirée de ses origines méditerranéennes, pour concevoir des plats et des desserts savoureux dont la maîtrise et la simplicité font à son sens, la beauté. Même si elle propose ses services à l’étranger, en France notamment, Michèle Diab souligne que c’est au Liban qu’elle trouve un plus grand retentissement, la tradition de recevoir les personnes qu’on aime à la maison faisant partie intégrante de la culture levantine. Elle garantie des assiettes consistantes et «clé en main» pour n’avoir plus qu’à déguster. Pour le futur, elle souhaite s’atteler en plus de la pâtisserie, à la boulangerie et pourquoi pas ouvrir son propre lieu, une cantine proposant une nourriture à la fois saine et gourmande.
Si le parcours de Léa Freiha est à des égards différents, leur ardeur commune l’a menée aussi aux cuisines des particuliers. Après avoir travaillé pendant 8 ans en tant que barmaid au Liban, elle entrevoit dans la cuisine une évidence. Avec, comme seuls bagages, une curiosité exacerbée et une force de caractère, Léa traverse la Méditerranée pour apprendre à Paris, où elle se voit confrontée à de nombreux obstacles. En frappant aux portes des écoles, elle réalise que leur accès est compliqué et mise alors sur la bonté d’un chef qui aura la patience de lui transmettre son savoir-faire. C’est ainsi que sa persévérance, illustrée par son tatouage en langue elfique «seuls les esprits inébranlables survivent», la mène dans les cuisines d’un restaurant levantin du 19ème arrondissement de Paris, tenu par une Libanaise. La jeune femme y apprend beaucoup et se voit propulser de commis à sous-chef. Avant son départ en France, elle avait déjà créé son propre catering «Léa’s kitchen» transformé en «La petite ratatouille» à son retour, il y a quelques mois. Grâce à l’initiative Achrafieh 2020, qui promeut les entrepreneurs libanais, elle parvint à constituer un carnet d’adresses pour proposer des services à domicile.
Comme une roue qui tourne, la petite cuisine de Léa Freiha rencontre un grand succès. Elle conçoit une carte franco-italienne avec une fusion libanaise pour de nombreux dîners mais aussi pour les repas quotidiens. En parallèle, elle a peaufiné son coup de fouet dans plusieurs établissements beyrouthins, comme celui du chef français Antoine Bonnet. Elle a aussi mis sa créativité au service d’une carte bistronomique pour L’Appartement à Sioufi et dorénavant, au profit du restaurant Hus à Mar Mikhael. Si elle envisage son avenir dans de grandes cuisines, «La petite ratatouille» existera toujours, son «petit bébé», comme elle se plaît à la nommer.

NOEMIE DE BELLAIGUE

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Éditorial
Un budget en deçà des ambitions

Le projet de budget 2019 proposé par le ministre Ali Hassan Khalil prévoit une réduction du déficit à travers une compression des dépenses de l’Etat. Toutefois, les mesures envisagées semblent plus motivées par le souci de répondre aux attentes de la communauté internationale afin de débloquer les fonds de la conférence Paris IV que par une réelle volonté d’assainir sérieusement les finances publiques et de jeter les bases d’une réforme sur le long terme. Le texte initial examiné par le Conseil des ministres mardi, et qui sera revu à maintes reprises avant d’être voté par le Parlement, prévoit des dépenses de 26 031 milliards de livres et des recettes de 18 256 milliards, soit un déficit de 5 352 milliards de livres, ou 3,55 milliards de dollars. Conformément à ces chiffres, le déficit s’élèverait à 5,95% du Produit intérieur brut (PIB). Mais c’est sans compter les avances octroyées à l’Electricité du Liban (EDL) pour acheter le fuel, qui seraient de 1,13 milliard de dollars, ce qui signifie que le déficit réel avoisinerait les 8% du PIB. Cette tentative d’enjoliver les chiffres prouve que les préposés à la gestion des deniers publics n’ont pas rompu avec cette fâcheuse manie d’user de mesures cosmétiques pour maquiller la réalité. Mais ce n’est pas la seule tare du projet. Une première lecture montre que les autorités financières tablent plus sur une réduction des dépenses que sur une amélioration des recettes. La tentative de revoir à la baisse les gros budgets et de combattre le gaspillage est certes louable, elle semble cependant sinon arbitraire du moins sélective. Sur les 500 milliards de livres d’économies faites sur les fonds alloués à certains ministères et administrations, la moitié (252 milliards de L.L.) est supportée par le ministère de la Défense, qui voit son budget passer de 3 199 milliards à 2 946 milliards de livres. Le ministère de l’Intérieur, lui, est amputé de seulement 17 milliards de livres (1 652 au lieu de 1 670 milliards); celui du Travail de 24 milliards (365 au lieu de 389 milliards); les Travaux publics perdent 73,6 milliards (368 au lieu de 441 milliards) etc.D’autres ministères voient leurs budgets augmenter, comme celui de l’Energie et de l’Eau, qui passe de 328 milliards à 400 milliards de L.L.; celui des Affaires sociales s’élève à 340 milliards au lieu de 228 milliards. Le plus frappant est l’augmentation du budget de la présidence du Conseil (qui passe de 1 523 à 1 592 milliards de L.L.), alors que les fonds alloués à la présidence de la République et au Parlement baissent respectivement de 2,1 milliards et 5,6 milliards de livres. Cela montre que la «mentalité» des préposés à la gestion des finances publiques n’a pas changé sinon comment expliquer le fait que le Grand Sérail continue de gérer une multitude de caisses et de fonds pour lesquels sont alloués plus d’un milliard de dollars, sans véritable audit et sans qu’aucune coupe ne soit opérée dans ces généreux budgets.La principale augmentation des recettes proviendrait de la hausse de l’impôt sur les dépôts bancaires qui passerait de 7 à 10%, et qui drainerait plus de 900 milliards de livres. Sinon, il y a peu de mesures pour pénaliser ceux qui ont fait des centaines de millions de dollars dans l’illégalité, comme les empiètements sur le domaine public maritime: les exemptions douanières qui permettent aux institutions religieuses d’user et d’abuser de leurs privilèges en important des produits pour le compte de commerçants, qui le revendent sur le marché en faisant du dumping des prix etc…Et évidemment, il n’est nulle part question de récupérer ne serait-ce qu’une infime partie des milliards de dollars détournés ou volés par les pontes du système.  


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un baptême
L’Eglise «vit», en grande partie, grâce aux quêtes dominicales et aux donations. Il n’existe pas de tarification officielle pour l’organisation d’un baptême. Toutefois, certains frais peuvent être estimés. «Le baptême…

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