Amin Maalouf. Une impression d’apocalypse imminente
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Nº 3101 du vendredi 3 mai 2019

Amin Maalouf. Une impression d’apocalypse imminente

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    Amin Maalouf. Une impression d’apocalypse imminente
    Dans son nouvel essai, Le Naufrage des civilisations (Editions Grasset), Amin Maalouf raconte ce qui peut sembler être, pour le lecteur, un chemin de croix civilisationnel de son Levant natal, dans...
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Dans son nouvel essai, Le Naufrage des civilisations (Editions Grasset), Amin Maalouf raconte ce qui peut sembler être, pour le lecteur, un chemin de croix civilisationnel de son Levant natal, dans ses différentes stations et dans tous ses états. Entretien.
 

L’itinéraire de cette Via Dolorosa passe par le «paradis perdu» de sa mère, (son Egypte natale) et les «rêves fragiles» de son père (son Liban meurtri) pour arriver aux «espoirs prometteurs déçus» de sa «patrie d’adoption», c’est-à-dire l’exil européen du fils qu’il est. Ce périple s’effectue dans une ambiance lugubre «de détresses, de tristesses, de ténèbres et de frayeurs», dans un paysage délabré et son cortège de frustrations, de désolation, de régression, évoquant le spectre de «naufrages apocalyptiques imminents».
La description de ce long et difficile voyage, dans les temps anciens comme dans l’actualité du moment, est faite d’une manière subjective, nostalgique et lucide. Le narrateur s’efforce de faire vivre au lecteur à la fois le passé, tel que les anciens l’évoquent, et le présent comme il est vécu sur le terrain. Le style est un savant mélange de témoignages et d’anecdotes qui pimentent un récit guidé par le cœur et forgé par l’esprit.  C’est précisément en ce début de Semaine Sainte, que Magazine est allé à la rencontre de ce survivant levantin et exilé parisien pour chercher auprès d’Amin Maalouf des explications et des réponses aux différentes questions qu’il pose et surtout, pour savoir si le croyant qui «prie le Ciel à sa manière» croit encore en une possible «résurrection» de cette «civilisation mourante»; une sorte de sursaut permettant d’éviter les icebergs qu’il imagine devant le nouveau Titanic des temps futurs.

Alerte aux dérives
L’entretien avec Amin Maalouf se fait dans son refuge familial parisien. Il est entouré de son épouse Andrée et de ses petits-enfants. Question: qu’est-ce qui motive le pessimisme extrême de ce nouveau livre et l’impression d’apocalypse imminente?
Il essaie de tempérer cette impression: «Mon intention n’est pas d’être alarmiste mais d’écrire les réalités du monde et les risques qui émergent! Or je pense qu’il y a de véritables risques de dérives dans le monde»… «On voit bien dans ma région natale que ça se passe mal, on n’arrive pas à dépasser les problèmes, et les conflits sont appelés à durer des décennies encore. L’Europe elle aussi se porte mal et traverse l’une des crises les plus graves depuis le début du projet de l’Union européenne. Les Etats-Unis se portent mal également, et jamais il n’y a eu aussi peu de crédibilité morale à travers le monde. En plus de tout cela, nous assistons à l’émergence de nations importantes et puissantes qui cherchent à jouer un rôle sur  la scène mondiale. Elles arrivent dans un monde où il n’y a pas de véritable ordre international et c‘est la loi de la jungle qui domine. A cela, s’ajoute que l’économie mondiale est constamment au bord d’une crise profonde avec des indices très inquiétants».
Et Maalouf de continuer  l’énumération: «Nous sommes au début d’une nouvelle course aux armements à laquelle participent les Américains, les Chinois, les Russes, quelques pays d’Europe, d’Asie et du Proche-Orient. Ajoutez à cela les questions plus globales – dont celle liée aux perturbations climatiques – qui se posent à court et à long terme. Manifestement, la prise de conscience n’est pas suffisante parce qu’on ne fait rien de significatif. A cela, se superpose encore un peu partout le phénomène global de la montée des affirmations identitaires, qui s’apparentent en réalité à une sorte de tribalisation mondiale.
Et sans même que la liste soit exhaustive, j’ajouterais que dans de nombreux  pays se développe de plus en plus le sentiment, chez d’importantes branches de la population, d’être marginalisées, de ne pas avoir d’avenir ensoleillé, voire même de faire du surplace. Ce qui amène à des attitudes de colère, de réaction, de crispation et à la montée de forces populistes qui déstabilisent ces sociétés. C’est ainsi qu’on a vu un pays aux grandes traditions démocratiques comme l’Angleterre se laisser embarquer dans l’aventure du Brexit par une démagogie populiste et ne plus savoir comment s’en sortir».
Maalouf précise que si «nous sommes dans un monde inquiétant», il n’a «pas envie de jouer les Cassandre». Il estime que, dans son livre, «il n’y a pas de désespoir mais une très grande inquiétude» et «il est important que nos contemporains ouvrent les yeux et voient à quel point le monde se porte mal et a besoin d’aide pour se reprendre».
Préoccupations identitaires. Si Amin Maalouf met en garde contre la montée des affirmations identitaires, on se rend compte que c’est en fait une question-clé, une  préoccupation permanente dans son œuvre, si dense et si diverse. La question identitaire serait-elle le syndrome d’une obsession personnelle pour ce Levantin d’origine devenu citoyen du monde?Réponse de l’écrivain franco-libanais: «Quelqu’un qui est né au Liban ne peut pas ne pas avoir une préoccupation identitaire. Pour un Libanais, c’est une question présente dès le premier instant de sa vie; on grandit dans un pays et dans une région où les conflits entre communautés affectent la vie quotidienne et la politique et donc, on prend conscience très vite de l’importance de ces problèmes. Ce qui est un peu plus nouveau, c’est que ces questions, que l’on croyait liées à la région ou à la réalité libanaise, se retrouvent maintenant un peu partout à travers le monde. Je crois que la question identitaire est une des enjeux majeurs du nouveau siècle où nous sommes. C’est lié au fait que les premiers trois quarts du  XXème siècle ont été dominés principalement par des querelles, des débats et des clivages idéologiques qui se sont terminés dans le dernier quart du XXème siècle. Ils ont été remplacés par les questions d’appartenance identitaire, notamment religieuse, et cette réalité domine la vie d’aujourd’hui. Ce n’est pas un hasard si quelqu’un comme moi, né au Liban et qui vit depuis une bonne trentaine d’années dans une atmosphère où les principaux conflits et débats sont identitaires, leur accorde autant d’importance. C’est vrai que dans beaucoup de choses que j’écris, romans ou essais, les interrogations sur les phénomènes identitaires sont omniprésentes».

Tribalisation et libanisation
Comment Amin Maalouf dépeindrait-il sa propre image identitaire? L’écrivain est formel: «Ma position en la matière, c’est qu’il faut assumer complètement tous les aspects de son identité. La tentation de nos contemporains, que je trouve extrêmement dangereuse, c’est de prendre un seul aspect de son identité, de le mettre en avant et d’oublier ou de cacher tout le reste. Ma vision de moi-même et du monde est qu’il faut s’assumer! Si on a des liens très forts avec deux ou trois pays du monde il faut l’assumer. Il ne faut pas cacher ses liens avec des cultures différentes, être à l’aise avec ses appartenances multiples et être ouvert».
Sa théorie de «la tribalisation» ne rejoint-elle pas d’une façon ou d’une autre ce qu’on a appelé le phénomène de «la libanisation»? Maalouf répond: «Je n’aime pas utiliser le terme de libanisation dans ce sens; il faut éviter de l’entendre ainsi car c’est triste et négatif. J’aurais tant voulu que mon pays natal représente aux yeux de l’humanité entière un modèle de coexistence réussie». Quant à «la tribalisation», il ne la considère pas comme une «théorie» mais comme «une constatation, car le monde est en train de se fragmenter». A-t-il le sentiment d’appartenir à une communauté minoritaire en voie de disparition?
Maalouf répond franchement: «C’est une réalité qu’au Levant, dans l’univers de mon enfance, la place des minorités est en train de se réduire. Il suffit de prendre l’exemple de l’Irak où les communautés chrétiennes sont en train de se résorber, voire de disparaître».

Naufrage moral
N’est-il pas plus judicieux de parler de «naufrage des religions» que de «naufrage des civilisations»? Maalouf précise sa position: «En parlant de naufrage j’englobe beaucoup d’idées, de régions et d’idéologies. Mais c’est vrai aussi que dans l’existence actuelle des religions, il y a une forme de naufrage moral».
Mais alors, en quoi le Naufrage des civilisations d’Amin Maalouf est-il différent du Choc des civilisations de Samuel Huntington? L’académicien répond: «Mon approche est très différente. Pour Huntington, l’évolution vers les aires de civilisations correspond à des aires définies par la religion. Or ce qui caractérise le monde d’aujourd’hui, c’est plutôt un effritement qu’un affrontement entre deux blocs. D’autant que les deux zones – chrétienne et musulmane –  ne sont pas homogènes et sont traversées par de nombreuses querelles internes. C’est pourquoi à mes yeux Huntington a tort. Il s’est trompé en effet en croyant que l’avenir serait fait d’affrontements entre aires de civilisations. C’est le contraire qui se produit! Les dites aires ne cessent de se fragmenter. La caractéristique du monde actuellement, ce n’est pas le rassemblement mais le morcellement. En revanche, il a raison de dire qu’à notre époque, les gens se déterminent plus que dans le passé par leur comportement et leur religion. Mais je ne pense pas comme lui que c’est un retour naturel des choses, un aboutissement inéluctable de l’histoire».

Arabes et Israéliens tous perdants
La version d’Amin Maalouf du conflit israélo-arabe suscite quelques questions. Pourquoi prendre l’année 1967 comme date de naissance de ce qu’il appelle le «désespoir arabe»? N’aurait-il pas été plus juste de retenir 1917, date de la fameuse «Déclaration de Balfour» ou 1948, date de la création de l’entité israélienne, qui a remis en cause les frontières établies et bouleversé des coexistences jusque là harmonieuses? Maalouf nuance: «On peut toujours prendre des dates différentes de l’histoire en question à un moment ou à un autre. Ce n’est jamais un seul moment qui détermine tout. En 1948, par exemple il s’est créé une tension très forte, sans avoir de répercussions jusqu’à aujourd’hui. Mais cet événement n’a pas été à l’origine du désespoir arabe. Après 1948, il y a eu une montée du mouvement nationaliste arabe, l’espoir que le président Nasser réalise l’union arabe et que les Arabes jouent un rôle plus important sur la scène mondiale. C’est en 1967 qu’est apparu le désespoir et que s’est écroulée l’idée d’une nation panarabe capable de jouer un rôle dans le monde».
Certains reprochent à Maalouf de ne pas être assez sévère vis-à-vis d’Israël et de le ménager, alors qu’il n’est pas tendre avec les Arabes et les musulmans qu’il accable de tous les maux. Pourquoi le drame palestinien est-il en quelque sorte sous-estimé dans son livre et n’occupe-t-il pas une place plus centrale?
Amin Maalouf répond avec fermeté: «Ma vision des choses est et restera équilibrée: Les uns (les Arabes) n’ont pas réussi à dépasser leur défaite et y sont restés embourbés; les autres (les Israéliens) sont pris dans le piège de l’arrogance et du sentiment qu’il n’est même plus besoin de chercher la paix des territoires conquis. Pour moi les uns et les autres sont finalement perdants, chacun à sa manière. Dans cette région du monde, quoique l’on dise on se fera accuser par les uns et les autres de ne pas être tendres: pour les Israéliens c’est la faute aux Arabes et pour les Arabes la faute aux Israéliens. Dès qu’on cherche à analyser avec un peu de sérénité on est sûr de remonter  les uns et les autres! En réalité, personne ne cherche la paix. On s’est installé dans le piège d’un conflit interminable et je pense qu’on n’en sortira pas avant des décennies».
Amin Maalouf ne manifeste pas un grand enthousiasme pour ce qu’on a appelé «le printemps arabe». Il se dit très mitigé  à l’égard de ce «processus, de ce moment de l’histoire qui a suscité au début de grandes espérances, vite suivies malheureusement de déceptions et de tristesses». Et de remarquer que «la situation actuelle des pays qui ont connu des soulèvements n’est pas meilleure qu’avant» même si «les derniers événements en Algérie et au Soudan donnent un peu d’espoir».
En quoi consiste précisément son appel pour l’instauration d’un «dispositif de vigilance»? Il détaille: «Je parle d’un dispositif pour inciter les autorités en place à veiller et à vérifier que personne dans le peuple ne se sente victime d’oppression ou de discrimination pour ses croyances, sa culture, sa langue ou son statut social... Il s’avère nécessaire que l’Etat se préoccupe de l’emploi, de la santé publique, de l’éducation ou du transport; les autorités d’un pays modèle doivent avoir ces vigilances. Car dans la société d’aujourd’hui, il faut que chacun ait le sentiment d’être un citoyen à part entière, c’est la condition de la paix sociale».

Inquiétudes et lucidité
Quel regard porte-t-il sur le devenir de ses trois patries, l’Egypte maternelle, le Liban paternel et la patrie européenne d’adoption? Amin Maalouf détaille: «Je pense que les trois se portent mal mais pas de la même manière.  L’Egypte a été dans ma jeunesse un pays phare dans l’ensemble de la région; elle avait un rôle important sur le plan mondial et des institutions respectées comme l’école de médecine. Quant au Liban, j’ai rêvé qu’il progresse, qu’il se développe, qu’il devienne un pôle de développement et de prospérité dans sa région et dans le reste du monde. Mais après ce qui s’est passé en avril 1975, ce n’est certainement pas l’évolution qu’on pouvait espérer! Le pays n’a pas tenu ses promesses et on ne peut que ressentir de la tristesse. Enfin l’Europe: elle a bien un projet d’union, malheureusement en panne ces dernières années. L’Angleterre a voté pour se retirer de l’Union, d’autres pays ont des doutes et le projet lui-même ne suscite plus le même enthousiasme. Je ne dirais pas que c’est irréversible mais la période que traverse l’Europe est inquiétante. Donc mes trois patries, celle de ma mère, celle de mon père ou ma patrie d’adoption, suscitent en moi déceptions et inquiétudes».
Une réponse incitant à questionner Amin Maalouf de façon plus personnelle, notamment sur  le sens de la dédicace de son essai: «A ma mère, à mon père et aux rêves fragiles qu’ils m’ont transmis». A son tour, à 70 ans, lui reste-t-il des rêves à transmettre à ses enfants?  
Il semble peu optimiste: «Nous vivons une époque passionnante; nous avons tout ce qu’il faut pour bâtir un monde remarquable; mais ce qui m’inquiète, ce sont certaines dérives de notre monde. Malgré la montée des forces qui prônent l’intolérance et l’enfermement, bien sûr mes rêves sont toujours là mais ils ne semblent pas en voie de se réaliser». A l’écouter et à le lire, ses rêves sont-ils en fait devenus cauchemars?
Il réagit: «Non, ce ne sont pas des cauchemars, je dis que je garde mes rêves et une certaine vision de l’avenir mais je crois qu’il faut être lucide. Mes rêves sont aujourd’hui certainement en panne et j’espère que les générations qui viennent sauront les réaliser mieux que la mienne».
Il cite en effet dans son épilogue la comédie du dramaturge espagnol Pedro Calderon de la Barca: «Le pire n’est pas toujours certain». Cela suffit-il à présager un sursaut possible? Il répond: «Je pense qu’il peut y avoir des sursauts dans plusieurs régions du monde. Exemple parmi d’autres, la mobilisation croissante des jeunes en faveur du climat et de la défense de la terre. Mais je ne crois pas qu’il y ait une force capable de rectifier à elle seule le cours de choses. S’il y avait une force visible et manifeste capable de changer les choses je serais moins inquiet». Amin Maalouf a-t-il un message, une sorte de mode d’emploi à livrer aux générations futures?              
Il conclut sur une note d’optimisme et d’espérance: «Le rôle de l’écrivain est de faire prendre conscience des réalités de son temps, avec l’espoir que ses contemporains réagiront pour changer les choses! J’espère que les générations qui viendront après la mienne se montreront plus déterminées et plus sages. Je veux dire aux jeunes et aux moins jeunes que c’est vrai, le monde va mal. Mais si on prend conscience des problèmes, qu’on repense la marche du monde et qu’on reformule des rêves, rien n’est jamais perdu».

Béchara Bon (à Paris)

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Éditorial
Un budget en deçà des ambitions

Le projet de budget 2019 proposé par le ministre Ali Hassan Khalil prévoit une réduction du déficit à travers une compression des dépenses de l’Etat. Toutefois, les mesures envisagées semblent plus motivées par le souci de répondre aux attentes de la communauté internationale afin de débloquer les fonds de la conférence Paris IV que par une réelle volonté d’assainir sérieusement les finances publiques et de jeter les bases d’une réforme sur le long terme. Le texte initial examiné par le Conseil des ministres mardi, et qui sera revu à maintes reprises avant d’être voté par le Parlement, prévoit des dépenses de 26 031 milliards de livres et des recettes de 18 256 milliards, soit un déficit de 5 352 milliards de livres, ou 3,55 milliards de dollars. Conformément à ces chiffres, le déficit s’élèverait à 5,95% du Produit intérieur brut (PIB). Mais c’est sans compter les avances octroyées à l’Electricité du Liban (EDL) pour acheter le fuel, qui seraient de 1,13 milliard de dollars, ce qui signifie que le déficit réel avoisinerait les 8% du PIB. Cette tentative d’enjoliver les chiffres prouve que les préposés à la gestion des deniers publics n’ont pas rompu avec cette fâcheuse manie d’user de mesures cosmétiques pour maquiller la réalité. Mais ce n’est pas la seule tare du projet. Une première lecture montre que les autorités financières tablent plus sur une réduction des dépenses que sur une amélioration des recettes. La tentative de revoir à la baisse les gros budgets et de combattre le gaspillage est certes louable, elle semble cependant sinon arbitraire du moins sélective. Sur les 500 milliards de livres d’économies faites sur les fonds alloués à certains ministères et administrations, la moitié (252 milliards de L.L.) est supportée par le ministère de la Défense, qui voit son budget passer de 3 199 milliards à 2 946 milliards de livres. Le ministère de l’Intérieur, lui, est amputé de seulement 17 milliards de livres (1 652 au lieu de 1 670 milliards); celui du Travail de 24 milliards (365 au lieu de 389 milliards); les Travaux publics perdent 73,6 milliards (368 au lieu de 441 milliards) etc.D’autres ministères voient leurs budgets augmenter, comme celui de l’Energie et de l’Eau, qui passe de 328 milliards à 400 milliards de L.L.; celui des Affaires sociales s’élève à 340 milliards au lieu de 228 milliards. Le plus frappant est l’augmentation du budget de la présidence du Conseil (qui passe de 1 523 à 1 592 milliards de L.L.), alors que les fonds alloués à la présidence de la République et au Parlement baissent respectivement de 2,1 milliards et 5,6 milliards de livres. Cela montre que la «mentalité» des préposés à la gestion des finances publiques n’a pas changé sinon comment expliquer le fait que le Grand Sérail continue de gérer une multitude de caisses et de fonds pour lesquels sont alloués plus d’un milliard de dollars, sans véritable audit et sans qu’aucune coupe ne soit opérée dans ces généreux budgets.La principale augmentation des recettes proviendrait de la hausse de l’impôt sur les dépôts bancaires qui passerait de 7 à 10%, et qui drainerait plus de 900 milliards de livres. Sinon, il y a peu de mesures pour pénaliser ceux qui ont fait des centaines de millions de dollars dans l’illégalité, comme les empiètements sur le domaine public maritime: les exemptions douanières qui permettent aux institutions religieuses d’user et d’abuser de leurs privilèges en important des produits pour le compte de commerçants, qui le revendent sur le marché en faisant du dumping des prix etc…Et évidemment, il n’est nulle part question de récupérer ne serait-ce qu’une infime partie des milliards de dollars détournés ou volés par les pontes du système.  


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un baptême
L’Eglise «vit», en grande partie, grâce aux quêtes dominicales et aux donations. Il n’existe pas de tarification officielle pour l’organisation d’un baptême. Toutefois, certains frais peuvent être estimés. «Le baptême…

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