Les formations en industrie. Comment choisir la bonne filière?
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Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

Les formations en industrie. Comment choisir la bonne filière?

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    Les formations en industrie. Comment choisir la bonne filière?
    Deuxième branche offrant le plus grand nombre d’opportunités de travail après la fonction publique, dépassant ainsi les autres secteurs économiques, l’industrie attire aujourd’hui beaucoup de jeunes. Il représente 13,6% du PIB...
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Deuxième branche offrant le plus grand nombre d’opportunités de travail après la fonction publique, dépassant ainsi les autres secteurs économiques, l’industrie attire aujourd’hui beaucoup de jeunes.

Il représente 13,6% du PIB (Produit Intérieur Brut) et emploie près de 140 000 personnes, soit l’équivalent de 25% de la population active au Liban: il s’agit du secteur industriel libanais qui fait désormais intrusion dans les universités. Les formations qui y sont assurées répondent aux trois éléments-clés autour desquels tourne tout secteur industriel:
● Inventer;
● Fabriquer;
● Commercialiser les biens de consommation et les équipements de la vie quotidienne.
Que serait un pays sans industrie? Quel aurait été le sort des transports, de l’informatique, des vêtements, des sources d’énergie…, surtout lorsque l’on sait que ce secteur aura toujours besoin de 80 000 à 100 000 personnes par an jusqu’en 2022. Rencontre avec Mireille Kallassy, responsable pédagogique du Master en technologie industrielle, à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

Comment percevez-vous l’état actuel du secteur industriel au Liban?
Le secteur industriel actuel au Liban stagne en raison de la situation socio-économique du pays. Son développement à l’échelle nationale est également inconsistant à cause de la crise à laquelle le Liban est confronté.

En quoi consistent les formations relatives à ce secteur? Quels sont les enjeux d’une telle formation?
Dans une industrie, il y a plusieurs départements: le département de la production, de la gestion de la qualité, de la chaîne d’approvisionnement, du marketing, de la gestion,
des ressources humaines, de la recherche et du développement, etc. Ainsi, le secteur industriel recrute des personnes aux profils variés: des ingénieurs, des scientifiques, des responsables marketing, des gestionnaires, des responsables qualité… Toutefois, les formations doivent être suffisamment prévisibles, ouvertes à tout changement et attentives au développement et aux enjeux socioéconomiques pour répondre, au mieux, aux besoins évolutifs du secteur.

Comment évaluez-vous le degré d’adéquation entre la demande et les filières proposées?
Il y a une saturation du marché du travail actuel. Des formations nouvelles avec des profils qui sortent du classique sont nécessaires afin de créer du changement, du développement et, par conséquent, de  nouvelles opportunités de travail. Former des personnes capables d’innover, de trouver des solutions aux problèmes auxquels font face les industriels, des personnes qui comprennent le langage de tous les départements de l’industrie est nécessaire afin d’amorcer le développement et l’innovation dans le secteur industriel. Les objectifs suivants devraient figurer dans le cadre de toute structure académique relative aux formations en industrie:
● Bénéficier d’une synergie entre l’industrie locale et l’université;
● Avoir une réponse directe aux besoins et exigences de l’industrie locale et régionale;
● Mettre en œuvre des compétences: dans les différents domaines de l’entreprise industrielle libanaise, afin de développer des outils utiles pour améliorer les procédés de production mis en place et surtout pour les optimiser; dans les différents départements de l’industrie notamment les départements de qualité, recherche et développement, production et management.
● Préparer les étudiants à devenir de futurs entrepreneurs industriels.

On parle aujourd’hui de l’émergence de l’«industrie du futur». Que signifie cela? En quoi constitue-t-elle une opportunité pour l’industrie libanaise?
L’échange d’informations par voies numériques et l’accès aux données ont beaucoup influencé le secteur industriel. L’industrie du futur consiste principalement en des machines capables d’échanger des informations et de former des systèmes autonomes. Le progrès technologique accélère cette transformation. Avec des capteurs plus petits et mieux connectés, des réseaux de communication plus développés, des processeurs rapides avec une capacité de mémorisation importante, une nouvelle dimension s’offre au secteur industriel. L’industrie du futur ou industrie 4.0 est basée principalement sur le numérique qui révolutionne ce secteur et qui est à l’origine de nouveaux modèles commerciaux.

Conditions d’admission
Les conditions diffèrent d’une spécialité à l’autre, parfois d’un établissement à l’autre. Assurez-vous que votre dossier est complet (diplômes, bac, relevés de notes, lettre de motivation, formulaires administratifs…) et veillez à retenir les délais pour l’inscription. Vous pourrez éventuellement être appelés à un entretien oral et, dans certains cas, à des tests écrits de connaissance générale.

Un secteur aux multiples branches
Une formation en industrie peut toucher à de multiples domaines. A vous de choisir. Il peut s’agir du domaine de la santé, de la chimie, du luxe, des transports, de l’énergie, de l’électronique, de la mécanique ou encore de la métallurgie. Toutes les spécialités n’existent pas encore au Liban. Dans ce cas, un séjour à l’étranger s’impose: universités, centres de formation professionnelle, écoles d’environnement, écoles d’agronomie, écoles d’ingénieurs, écoles d’aéronautique, etc. dispensent toutes les options en matière d’industrie.

Natasha Metni Torbey

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Éditorial
Tout n’est pas perdu

L’exploitation à des fins politiques des difficultés économiques et du malaise social actuels est malvenu autant que les arguments avancés par les gens au pouvoir pour se dédouaner, justifier leur incurie et leur incapacité à faire face aux défis, en se barricadant derrière l’héritage du passé. Certes, l’héritage est lourd, difficile à gérer, mais le pouvoir est continuité et les dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent pas rejeter sur ceux d’hier la responsabilité de ce qui nous arrive.Nous payons aujourd’hui le prix des choix économiques erronés et des politiques financières impertinentes qui ont occasionné d’immenses dommages, qui, nous en sommes convaincus, ne sont pas irréparables. Ces choix se résument à la politique d’endettement justifiée au sortir de la guerre par les besoins de la reconstruction d’un pays dévasté par une folie meurtrière qui a duré 15 années. Des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour, soi-disant, financer de nouvelles infrastructures et la remise à niveau des anciennes. En réalité, une infime partie de ces fonds est allée à ce à quoi ils étaient destinés et le reste a fini dans les poches de la classe dirigeante. Combien de Premiers ministres, aux moyens modestes, ne sont-ils pas devenus des tycoons? Combien de ministres ne se sont-ils pas transformés en banquiers ou de députés en entrepreneurs et en hommes d’affaires? L’argent est allé enrichir une nouvelle classe politique de basse extraction morale, parasitaire et sans scrupules, qui a pillé le pays pendant un quart de siècle. L’endettement s’est poursuivi outrancièrement, non plus pour financer la réhabilitation de l’infrastructure, mais pour payer le service de la dette. Le pays s’est alors installé au fil des ans dans un cercle vicieux qui aurait dû le précipiter dans l’abîme depuis des années, mais la catastrophe a été évitée en raison de la conjoncture internationale, entre 2008 et 2010, qui a permis au Liban d’attirer des dizaines de milliards de dollars qui fuyaient les économies occidentales meurtries par la crise mondiale.Au lieu de mettre à profit ce sursis providentiel, la classe politique corrompue a poursuivi son pillage systématique des ressources de l’Etat, jusqu’à ce que nous arrivions au point où nous en sommes aujourd’hui.Tout n’est perdu. Mais l’heure n’est plus aux mesquineries et aux règlements de compte. Il faut repenser tout le modèle économique, jeter aux oubliettes la mentalité rentière et revenir au cycle de la production. Il faut impérativement réduire la facture des importations qui s’élève à 16 milliards de dollars par an, une somme injustifiée pour une population de 4,5 millions d’habitants. Il faut la réduire de plusieurs milliards de dollars, pour ne plus dépendre autant des humeurs du billet vert et des pressions de son géniteur. Pour cela, les Libanais ont un rôle à jouer. Ils doivent reprendre confiance dans leurs capacités à créer et à fabriquer des produits à valeur ajoutée. Ils doivent consommer libanais. C’est dans cet esprit que Magazine a consacré son dossier de couverture, ce mois-ci, à l’industrie libanaise dans toutes ses déclinaisons. En achetant libanais, nous réduisons la facture des importations et, par conséquent, le déficit de la balance des paiements. Mais pas seulement. Nous boostons la production locale, ce qui poussera les industriels à créer des emplois, et qui conduira, forcément, à la relance de la consommation. En achetant un produit libanais, chacun d’entre nous, à son niveau, contribue à l’apparition d’une dynamique vertueuse, seule capable de briser le cercle vicieux dans lequel ceux qui nous gouvernent ont plongé notre pays. ●


 Paul Khalifeh
   

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