Neemat Frem, député et Pdg d’INDEVCO. Parvenir au zéro deficit
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Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

Neemat Frem, député et Pdg d’INDEVCO. Parvenir au zéro deficit

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    Neemat Frem, député et Pdg d’INDEVCO. Parvenir au zéro deficit
    Le Pdg d’INDEVCO, qui préside également la commission de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie au Parlement, plaide pour un plan quinquennal pour l’économie pour en finir avec le déficit.   Quelle...
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Le Pdg d’INDEVCO, qui préside également la commission de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie au Parlement, plaide pour un plan quinquennal pour l’économie pour en finir avec le déficit.
 

Quelle est votre analyse de la situation économique actuelle en tant que Pdg d’Indevco?
A INDEVCO, comme chez tous les industriels et les entrepreneurs, nous sommes conscients que l’économie libanaise va être dans la situation la plus difficile possible depuis peut-être 100 ans. Je crois qu’il va y avoir des opportunités pour les industriels libanais d’ici 2 à 3 ans, avec une chute très rapide de l’import au Liban, qui a atteint des niveaux terribles en 2018, (20 milliards $). Le Liban, dans les 3 ans, va importer moins que 10 milliards $ (à l’exclusion de la facture de l’énergie de 5 milliards $), contre 15 milliards $. Il y a des opportunités d’industrialisation et de production au Liban de 5 milliards $. C’est là que l’industriel libanais doit être prêt à assumer ses responsabilités pour se substituer à l’import par de la production locale. A INDEVCO, en 2009-2010, l’export représentait, pour le Liban seul, 50% de notre chiffre d’affaires, maintenant nous sommes peut-être à 10%. Il faut se concentrer sur le marché local.

Le problème de la pénurie des devises étrangères pèse sur l’économie. Comment s’en sortir?
Le problème des devises étrangères, qui est un nouveau paramètre que nous n’avions pas auparavant, doit être géré au niveau de la BDL, des banques locales, des entrepreneurs. Cela doit provoquer un changement structurel de l’économie libanaise qui doit devenir plus concentrée sur les secteurs de production pour atteindre un nouveau niveau de balance dans notre PIB. Il faut que l’industrie et l’agriculture dépassent 25% du PIB, contre moins que 10% actuellement. Depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui, on vivait dans une bulle à cause de la dette qui croissait. Ça veut dire quoi? Que nous sommes en train de voler les meilleurs jours de nos enfants pour avoir de beaux jours nous-mêmes. C’est le sommet de l’égoïsme, de l’irresponsabilité. Il faut faire des plans quinquennaux avec un objectif: zéro déficit en cinq ans.

Vous présidez la commission de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie au Parlement. Quelle est votre vision pour sortir du chaos?
Il faut avoir un plan quinquennal concret où tout le monde se met d’accord. On ne peut rien faire sur un an avec un déficit de 7 milliards $ par an. Nous avons fait des simulations précises, chiffrées: on peut arrêter la croissance de la dette en 5 ans, la cinquième année on atteindra un niveau de 104 milliards $ et on commencera à rebaisser. La commission a finalisé un plan en deux volets qui ne fait pas beaucoup de mal pour les Libanais. Le premier volet, en 18 points, planifie la réduction des dépenses et l’accroissement des recettes annuelles, le deuxième volet se concentre sur la valorisation des biens de l’Etat, qui peut être mis en œuvre, entre autres, avec un mélange de PPP, avec contrats de gérance. Chacune des cinq années, il y a aura un grand projet. En 2020, pour moi, ce serait les Télécoms, qui peuvent générer 800 millions $ en une fois, 2021 serait l’année du port de Beyrouth intégré avec le ferroviaire, 2022, l’objectif serait d’enlever le goulot d’étranglement à l’aéroport de Beyrouth et d’ouvrir l’aéroport René Moawad, en gérance libre. La cinquième année serait consacrée à l’électricité qui, on l’espère, sera excédentaire et non déficitaire et prête à être recapitalisée d’une façon différente.

Le Liban a besoin de créer 30 000 emplois par an, comment y parvenir?
L’industrie pourrait créer facilement 10 000 emplois par an selon notre PIB, pour cela, on aurait besoin de 500 millions $ d’investissement.

Les projets envisagés par CEDRE suffiront-ils à relancer l’économie?
CEDRE est un projet très important car il attaque le cercle vicieux qu’on s’est créé depuis 15 ans: une dette qui s’accroît, on s’endette pour servir le coût de la dette au lieu de s’endetter avec des investissements intelligents pour pouvoir payer la dette. CEDRE casse ce système avec des investissements directs dans l’infrastructure.

Jenny Saleh

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Éditorial
Tout n’est pas perdu

L’exploitation à des fins politiques des difficultés économiques et du malaise social actuels est malvenu autant que les arguments avancés par les gens au pouvoir pour se dédouaner, justifier leur incurie et leur incapacité à faire face aux défis, en se barricadant derrière l’héritage du passé. Certes, l’héritage est lourd, difficile à gérer, mais le pouvoir est continuité et les dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent pas rejeter sur ceux d’hier la responsabilité de ce qui nous arrive.Nous payons aujourd’hui le prix des choix économiques erronés et des politiques financières impertinentes qui ont occasionné d’immenses dommages, qui, nous en sommes convaincus, ne sont pas irréparables. Ces choix se résument à la politique d’endettement justifiée au sortir de la guerre par les besoins de la reconstruction d’un pays dévasté par une folie meurtrière qui a duré 15 années. Des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour, soi-disant, financer de nouvelles infrastructures et la remise à niveau des anciennes. En réalité, une infime partie de ces fonds est allée à ce à quoi ils étaient destinés et le reste a fini dans les poches de la classe dirigeante. Combien de Premiers ministres, aux moyens modestes, ne sont-ils pas devenus des tycoons? Combien de ministres ne se sont-ils pas transformés en banquiers ou de députés en entrepreneurs et en hommes d’affaires? L’argent est allé enrichir une nouvelle classe politique de basse extraction morale, parasitaire et sans scrupules, qui a pillé le pays pendant un quart de siècle. L’endettement s’est poursuivi outrancièrement, non plus pour financer la réhabilitation de l’infrastructure, mais pour payer le service de la dette. Le pays s’est alors installé au fil des ans dans un cercle vicieux qui aurait dû le précipiter dans l’abîme depuis des années, mais la catastrophe a été évitée en raison de la conjoncture internationale, entre 2008 et 2010, qui a permis au Liban d’attirer des dizaines de milliards de dollars qui fuyaient les économies occidentales meurtries par la crise mondiale.Au lieu de mettre à profit ce sursis providentiel, la classe politique corrompue a poursuivi son pillage systématique des ressources de l’Etat, jusqu’à ce que nous arrivions au point où nous en sommes aujourd’hui.Tout n’est perdu. Mais l’heure n’est plus aux mesquineries et aux règlements de compte. Il faut repenser tout le modèle économique, jeter aux oubliettes la mentalité rentière et revenir au cycle de la production. Il faut impérativement réduire la facture des importations qui s’élève à 16 milliards de dollars par an, une somme injustifiée pour une population de 4,5 millions d’habitants. Il faut la réduire de plusieurs milliards de dollars, pour ne plus dépendre autant des humeurs du billet vert et des pressions de son géniteur. Pour cela, les Libanais ont un rôle à jouer. Ils doivent reprendre confiance dans leurs capacités à créer et à fabriquer des produits à valeur ajoutée. Ils doivent consommer libanais. C’est dans cet esprit que Magazine a consacré son dossier de couverture, ce mois-ci, à l’industrie libanaise dans toutes ses déclinaisons. En achetant libanais, nous réduisons la facture des importations et, par conséquent, le déficit de la balance des paiements. Mais pas seulement. Nous boostons la production locale, ce qui poussera les industriels à créer des emplois, et qui conduira, forcément, à la relance de la consommation. En achetant un produit libanais, chacun d’entre nous, à son niveau, contribue à l’apparition d’une dynamique vertueuse, seule capable de briser le cercle vicieux dans lequel ceux qui nous gouvernent ont plongé notre pays. ●


 Paul Khalifeh
   

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