Antoine William Haswani. «Rêves, projets et ambitions sans limites»
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Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

Antoine William Haswani. «Rêves, projets et ambitions sans limites»

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    Antoine William Haswani. «Rêves, projets et ambitions sans limites»
    Cet homme d’affaires canadien d’origine libanaise, a réussi en l’espace de quinze ans à se faire un nom et une place dans le monde de la promotion et de la...
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Cet homme d’affaires canadien d’origine libanaise, a réussi en l’espace de quinze ans à se faire un nom et une place dans le monde de la promotion et de la production musicale avec EMM Williams Production. Il se lance désormais dans une nouvelle aventure et enfile le costume de châtelain-hôtelier. Il a décidé de donner une «nouvelle vie» en France à un château classé aux Monuments historiques.
 

«Je suis le fils du grand William et le père du petit William, et j’ai baptisé la société de production que j’ai fondée EMM, en lui ajoutant le nom de Williams». C’est ainsi que se présente Antoine Haswani, en se référant avec beaucoup d’émotion, d’affection et de respect à son père, William, à qui il décerne une série de qualificatifs témoignant de sa haute considération et de sa reconnaissance filiale: «C’est ma fierté… c’est mon capital… c’est la base de ma vie» assure-t-il en évoquant son géniteur. Car Antoine (Tony pour ses proches), n’est autre que le fils de William Haswani, poète, éducateur et acteur-chanteur star du théâtre et des comédies musicales des Frères Rahbani (Assi et Mansour), les grands spectacles à succès des années 60 et 70.
En quelques années, Antoine a su se faire un prénom et une place dans le monde du spectacle, non pas sur scène en tant qu’acteur comme son père, mais en coulisses comme producteur musical et artistique. Il se définit d’ailleurs comme «un artiste à sa manière».
Mais un artiste avec une formation au business. Après des études de management à Beyrouth, il s’est lancé dès 1995 en fondant sa première société, SOLICET. Cet athlète et champion de ski – il a représenté son université et le Liban dans des compétitions internationales – monte cette société pour trouver des sponsors et organiser des manifestations sportives: en particulier une semaine internationale de ski au Liban et autour d’elle un grand événement sportif.

Promoteur du Cirque du Soleil
En 2002, il se rend au Canada, pays hospitalier et ouvert dont il découvre les conditions favorables pour y résider et y travailler. Il décide donc de s’installer à Montréal. C’est là qu’il fonde sa deuxième société, EMM Williams Production, spécialisée dans la promotion des spectacles et la production artistique et musicale internationale. De Shakira à Céline Dion, en passant par le Crazy Horse, Haswani se charge d’exporter leurs spectacles à Beyrouth, Dubaï, et ailleurs dans le monde. Mais l’opération la plus déterminante est la promotion du prestigieux Cirque du Soleil québécois, dont il décroche l’exclusivité pour plusieurs pays d’Amérique du sud et le Liban.
Haswani assure qu’il s’est investi dans cette mission «pas seulement pour des raisons pécuniaires mais par passion; et surtout par reconnaissance pour le Canada et sa culture et pour tout ce que ce pays lui a donné et ouvert d’opportunités».

Châtelain d’un «trésor» français
En quittant son Liban natal, Antoine a emporté dans sa valise «beaucoup de rêves d’enfant et d’ambitions de jeunesse». Son étape canadienne lui a permis avec succès de réaliser une partie de ses rêves. Mais il poursuit sa quête ambitieuse et explore de nouveaux chemins. Il acquiert, en 2018, «un bijou, un trésor d’histoire et de beauté du patrimoine français» le somptueux château d’Ermenonville, à une heure de route au nord-est de Paris, dans le département de l’Oise.
Une succession de princes, de seigneurs, de comtes et de marquis se sont transmis ou vendus le château, cet édifice très ancien datant du Moyen-Age et classé Monument historique. Certains propriétaires l’ont profondément remanié et restauré pour le rendre plus conforme aux goûts architecturaux du siècle des Lumières. Dans son long passé historique, le château d’Ermenonville a reçu la visite de personnalités remarquées et éminentes (rois, princes, comtes, marquis, grands industriels, célèbres écrivains...).                                                                                                   
Louis XI y séjourne plusieurs fois, Henri IV vient y retrouver la plus belle femme du royaume, Gabrielle d’Estrées. Jean-Jacques Rousseau y passe six semaines et y meurt. Il est enterré dans l’Ile des peupliers, à proximité du château, où son tombeau se dresse toujours alors que ses cendres reposent au Panthéon depuis 1794. Ettore Bugatti, l’industriel italien de l’automobile l’achète au début du XXème siècle et en restera propriétaire plus de trente ans (1932-1963).
Ce haut lieu historique est un cadre fabuleux. Il a servi comme lieu de tournage de plusieurs films: Elena et les Hommes (1955) de Jean Renoir, Les Visiteurs (1993) de Jean-Marie Poiré, Les couloirs du temps: Les Visiteurs 2 (1998), Arlette (1997) de Claude Zidi, Belle-maman (1999) de Gabriel Aghion.  
Pourquoi choisir ce château? Ce fut un coup de foudre, explique Antoine Haswani. «Située au cœur de forêts princières, face au parc Jean-Jacques Rousseau et entourée de douves, cette magnifique demeure se mirant dans les eaux de la Launette allie avec bonheur, le confort et l’ambiance bucolique», peut-on lire aujourd’hui sur le site officiel du château.
C’est par l’intermédiaire du Groupe Antoine Haswani que s’est faite l’acquisition du domaine, avec l’objectif affirmé, ajoute-t-il, de «ressusciter son histoire, de révéler son charme et de le faire rayonner davantage en France, en Europe et dans le monde entier».
Dans ce but, Haswani a commencé par redonner à l’édifice son «âme d’antan» pour développer ses activités. «Nous souhaitons rénover et  rafraîchir cet établissement pour y amener le confort d’aujourd’hui, tout en conservant l’histoire des lieux, leur charme et leur authenticité. Nous mettons notre savoir-faire, notre créativité et notre cœur pour que les murs du château transportent les clients vers une expérience inédite», précise le propriétaire du château d’ Ermenonville. Cet hôtel de prestige bénéficie d’un emplacement géographique intéressant, à 20 minutes de l’aéroport Charles-de-Gaulle et à 40 minutes de Paris. Il s’adresse à une clientèle aussi bien locale qu’internationale et compte une soixantaine de chambres qui ont subi une véritable cure de jouvence.
«Un hôtel ne peut pas être un château. Mais un château peut faire hôtel. C’est là notre atout», ajoute Haswani. «On attaque tous les services pour être à la hauteur. Ce site a du potentiel, il offre un cadre idéal pour l’organisation des séminaires, des mariages, des réceptions privées et des cérémonies diverses. Avec son décor somptueux et romantique, il se prête parfaitement aux escapades en amoureux. Mais par ailleurs, ses chambres adaptées, son immense parc et ses nombreuses attractions à proximité – la Mer de Sable ou le Parc Astérix –, en font une destination parfaite pour les familles. On peut également faire de la barque sur les pièces d’eau ou prendre les vélos pour découvrir les lieux les plus reculés de la propriété».

Prestige et gastronomie
Autre attraction et non des moindres, la bonne chère. Le président Antoine Haswani, épaulé par son beau-frère Elias Darwiche, vice-président du Groupe Haswani, ont totalement repensé le restaurant La table du Poète, désormais ouvert 7 jours sur 7, midi et soir et capable d’accueillir jusqu’à 90 couverts par service. La carte a été changée et propose une qualité de cuisine française raffinée et  supérieure. En outre, tous les dimanches de 11 heures à 15 heures, c’est l’heure libanaise, avec un brunch aux saveurs spéciales concoctées par un chef libanais. «Nous avons aussi l’intention de créer un événement tous les mois, précise le propriétaire, passionné de patrimoine et d’histoire. Et nous célèbrerons toutes les occasions: Halloween, Noël, le Nouvel an, l’Épiphanie, la Fête de la musique… Nous voulons vraiment faire revivre le château, ce n’est pas seulement un commerce!»
D’autres événements-spectacles seront aussi organisés à la fin des différents chantiers. Enfin, cerise sur le gâteau, un grand chef étoilé doit arriver prochainement, c’est lui qui supervisera la restauration gastronomique et lui donnera une plus grande notoriété».
Le château est donc un chantier permanent. Outre la restauration et l’embellissement à l’intérieur, des travaux seront entrepris dans le parc. Une fontaine musicale sera installée sur la Launette, qui borde l’édifice de toutes parts. Un sentier sera réaménagé dans le parc de 17 hectares et un bistrot créé sur la terrasse de l’Orangerie.
Souvent dépeint comme «débordant d’idées, de projets et d’ambitions», Antoine Haswani a évidemment monté un projet de transformation du Parc Jean-Jacques Rousseau, attenant au château. Dans ses cartons, une «Forêt magique», avec un spectacle son et lumières faisant appel aux techniques les plus sophistiquées. Il souhaite mettre en relief les richesses du patrimoine historique du parc par un spectacle visuel et ludique, tout en respectant l’esprit des lieux (la maquette de l’avant-projet est prête). Ce projet ambitieux a rallié le Département de l’Oise qui le voit d’un bon œil, mais il a provoqué aussi une vive contestation de certains qui évoquent «les risques de dénaturer le site historique». Haswani s’interdit de commenter ces critiques hostiles et garde son calme et sa sérénité en attendant la suite des démarches. Pour l’heure, il est totalement investi dans le chantier de modernisation de son château et la relance de l’ensemble de ses activités.

Père et fils bientôt associés?
On ne peut bien sûr s’empêcher de s’interroger sur les réactions du père, William, à propos du parcours de son fils! Et le fils, n’a-t-il pas été tenté de suivre le chemin artistique paternel? Antoine ne cache pas le doute et les réserves affichés par son père au début de sa carrière dans la promotion et la production musicale. Des sentiments vite remplacés par une grande fierté pour le parcours accompli. La considération et l’amour qu’ Haswani Junior a pour «son idole de père» l’ont d’ailleurs poussé à envisager un projet artistique qu’il désire travailler avec son père et l’associer à sa réalisation. Ce projet est «un spectacle théâtral inédit, multilingue et avec un nouvel air», où William Haswani, en tant qu’artiste compositeur, écrirait les dialogues et les textes des chansons. Antoine ne donne pas de détails supplémentaires et veut garder le secret sur ce projet, produit au niveau international.
Un seul ressort anime l’activité débordante de ce jeune (il vient de fêter ses 46 ans) Libano-canadien plein «de rêves et d’ambitions sans limites». Celui de laisser une trace derrière lui. Antoine Haswani reprend à son compte cette citation de l’écrivain français Jérôme Garcin: «Qu’est-ce que créer sinon tenter désespérément de laisser une trace de son passage sur terre?».

Béchara Bon (à Paris)

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Éditorial
Tout n’est pas perdu

L’exploitation à des fins politiques des difficultés économiques et du malaise social actuels est malvenu autant que les arguments avancés par les gens au pouvoir pour se dédouaner, justifier leur incurie et leur incapacité à faire face aux défis, en se barricadant derrière l’héritage du passé. Certes, l’héritage est lourd, difficile à gérer, mais le pouvoir est continuité et les dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent pas rejeter sur ceux d’hier la responsabilité de ce qui nous arrive.Nous payons aujourd’hui le prix des choix économiques erronés et des politiques financières impertinentes qui ont occasionné d’immenses dommages, qui, nous en sommes convaincus, ne sont pas irréparables. Ces choix se résument à la politique d’endettement justifiée au sortir de la guerre par les besoins de la reconstruction d’un pays dévasté par une folie meurtrière qui a duré 15 années. Des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour, soi-disant, financer de nouvelles infrastructures et la remise à niveau des anciennes. En réalité, une infime partie de ces fonds est allée à ce à quoi ils étaient destinés et le reste a fini dans les poches de la classe dirigeante. Combien de Premiers ministres, aux moyens modestes, ne sont-ils pas devenus des tycoons? Combien de ministres ne se sont-ils pas transformés en banquiers ou de députés en entrepreneurs et en hommes d’affaires? L’argent est allé enrichir une nouvelle classe politique de basse extraction morale, parasitaire et sans scrupules, qui a pillé le pays pendant un quart de siècle. L’endettement s’est poursuivi outrancièrement, non plus pour financer la réhabilitation de l’infrastructure, mais pour payer le service de la dette. Le pays s’est alors installé au fil des ans dans un cercle vicieux qui aurait dû le précipiter dans l’abîme depuis des années, mais la catastrophe a été évitée en raison de la conjoncture internationale, entre 2008 et 2010, qui a permis au Liban d’attirer des dizaines de milliards de dollars qui fuyaient les économies occidentales meurtries par la crise mondiale.Au lieu de mettre à profit ce sursis providentiel, la classe politique corrompue a poursuivi son pillage systématique des ressources de l’Etat, jusqu’à ce que nous arrivions au point où nous en sommes aujourd’hui.Tout n’est perdu. Mais l’heure n’est plus aux mesquineries et aux règlements de compte. Il faut repenser tout le modèle économique, jeter aux oubliettes la mentalité rentière et revenir au cycle de la production. Il faut impérativement réduire la facture des importations qui s’élève à 16 milliards de dollars par an, une somme injustifiée pour une population de 4,5 millions d’habitants. Il faut la réduire de plusieurs milliards de dollars, pour ne plus dépendre autant des humeurs du billet vert et des pressions de son géniteur. Pour cela, les Libanais ont un rôle à jouer. Ils doivent reprendre confiance dans leurs capacités à créer et à fabriquer des produits à valeur ajoutée. Ils doivent consommer libanais. C’est dans cet esprit que Magazine a consacré son dossier de couverture, ce mois-ci, à l’industrie libanaise dans toutes ses déclinaisons. En achetant libanais, nous réduisons la facture des importations et, par conséquent, le déficit de la balance des paiements. Mais pas seulement. Nous boostons la production locale, ce qui poussera les industriels à créer des emplois, et qui conduira, forcément, à la relance de la consommation. En achetant un produit libanais, chacun d’entre nous, à son niveau, contribue à l’apparition d’une dynamique vertueuse, seule capable de briser le cercle vicieux dans lequel ceux qui nous gouvernent ont plongé notre pays. ●


 Paul Khalifeh
   

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