May Chidiac. Liberté d’expression et réseaux sociaux
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Nº 2874 du vendredi 7 décembre 2012

May Chidiac. Liberté d’expression et réseaux sociaux

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La Fondation May Chidiac Media Institute (MCF MI), en collaboration avec la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), a organisé une conférence à laquelle ont participé de nombreuses personnalités locales et internationales influentes. La liberté d’expression et les réseaux sociaux, l’impact de la technologie sur les comportements sociaux, économiques et politiques, tels sont les thèmes autour desquels toutes les interventions ont été articulées.


«En côtoyant de nouveau les jeunes étudiants en journalisme, un an après l’attentat dont j’ai été victime, j’ai su qu’il fallait que je les accompagne dans leur nouvelle ère technologique, sinon ce serait prendre le risque d’être dépassé au niveau professionnel». Le ton est donné. Par ces quelques mots simples, sortis du cœur, la journaliste professionnelle et la militante passionnée qu’est May Chidiac, a expliqué les pourquoi et les comment de son initiative, les raisons qui l’ont incitée à lancer sa fondation. Tablant sur le thème principal de la conférence, en l’occurrence la liberté d’expression et les réseaux sociaux, elle s’est demandé si c’étaient ces derniers qui avaient éliminé les limites géographiques dans le monde et renforcé la liberté d’expression et si le journalisme traditionnel souffrait de cette vague de nouveaux médias ou s’il en était complémentaire. Elle a assuré, par ailleurs, que ce séminaire sera annuel pour répondre aux attentes des journalistes et de toutes les personnes intéressées par les idées prônées par la fondation.
Représentant le ministre de l’Information, Walid Daouk, la directrice de l’Agence nationale d’information (ANI), Laure Sleiman, a souligné que «les réseaux sociaux offraient une certaine liberté qui exige de l’individu la sagesse et la patience suffisantes pour bien réfléchir aux dimensions que pourraient avoir les paroles diffusées sur Internet et éviter toute incitation ou provocation d’autrui».
La directrice de l’ANI a également évoqué la problématique des informations falsifiées dues à la liberté d’expression sur les réseaux sociaux. Elle a précisé que la marge de liberté s’élargit aujourd’hui pour devenir un «Hyde park corner» à la portée de tous.
Plusieurs intervenants ont également pris la parole dont Alec Ross, conseiller de Hillary Clinton. Il a insisté sur le fait que nous assistons actuellement à une transition de première importance du pouvoir géopolitique qui passe des gouvernements aux citoyens par le biais des réseaux sociaux. «Ceci, a expliqué Ross, inquiète les gouvernements. La preuve: ils sont nombreux à tenter de mettre un frein ou carrément un terme à ces libertés technologiques, sous prétexte de consolider la sécurité. Or, poursuit-il, il s’agit principalement de trouver un juste équilibre entre la notion de sécurité et sa prévention et celle de la liberté».
Plusieurs tables rondes ont été consacrées aux sujets ayant trait à l’impact des médias sociaux dans les campagnes électorales et le monde politique, dans le monde des affaires, sur le plan économique, mais aussi sur l’activisme politique sur les réseaux sociaux et le sens de la responsabilité.
Parmi les présents, des personnalités politiques, médiatiques, sociales et diplomatiques dont les ambassadeurs des Etats-Unis et de Grande-Bretagne.

Danièle Gergès
 


La Fondation May Chidiac Media Institute (MCF MI)
La Fondation May Chidiac Media Institute (MCF MI) est une organisation non partisane, à but non lucratif, principalement dédiée à la recherche et à l’éducation dans tout ce qui relève des médias, de la presse, de la démocratie et du bien social. Cette fondation présidée par la célèbre journaliste - docteur en Sciences de l’information et de la communication - et dont elle porte le nom, contribue à aider les journalistes à se familiariser avec les nouvelles technologies. Elle œuvre, par ailleurs, à promouvoir la liberté d’expression au Liban et dans le monde arabe. La Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), quant à elle, contribue à la promotion de la démocratie et des droits de l’homme dans le monde.

 



Moyen-Orient et Amérique latine
Anciennes relations



S’il existe un lien bien établi depuis des décennies, c’est celui qui existe entre l’Amérique latine et le Moyen-Orient. Le Brésil par exemple, à lui seul, compte quelque 8 millions de personnes d’origine libanaise. Le Centre des études et des cultures d’Amérique latine (Cecal-Usek), le Centre de recherche pour le développement et la paix (CRDP) de l’Usek, en collaboration avec le Réseau de recherches interdisciplinaires sur le monde arabe et l’Amérique latine (Rimaal), ont organisé, les 29 et 30 novembre, un colloque portant sur ces liens interrégionaux.



«Une nouvelle géopolitique s’installe, des Etats émergents refont surface», souligne Roberto Khatlab, directeur du Cecal-Usek. «Dès la création des sommets de l’Aspa, dit-il, (pays de l’Amérique du Sud et pays arabes), qui ont eu lieu en 2005 au Brésil, en 2009 au Qatar et en 2012 au Pérou, les échanges commerciaux entre les deux régions se sont intensifiés. En 2005, ils ont atteint la somme de 13 milliards de dollars et en 2011, ils ont dépassé les 30 milliards de dollars, malgré la crise économique qui s’est propagée un peu partout dans le monde».
Des chercheurs et des experts ont exposé différents thèmes en présence de diplomates représentant plusieurs pays. Les spécialistes se sont notamment penchés sur celui du jeu des puissances interrégionales: des émergents aux diplomaties contestataires. Il est indéniable que la palme d’or du leadership en matière d’échanges Sud-Sud entre l’Amérique latine et le monde arabe doit être attribuée au Brésil. Quelle place occupe réellement le Moyen-Orient dans la politique globale du Brésil? Sa position est-elle unanime sur le continent sud-américain ou existe-t-il une diversité des stratégies vis-à-vis du Moyen-Orient? Le rapprochement entre Chavez et Assad renforce-t-il des enjeux géopolitiques anti-américains? Quelle vision ont les pays latino-américains de la République islamique d’Iran? Nombre de sujets ont été traités dans ce colloque par les chercheurs.
Bien que les échanges commerciaux et leur évolution aient tenu une place importante au cours de cette rencontre, une autre question a retenu l’attention, car elle a toujours divisé les foules, d’autant plus qu’elle a de nouveau été au centre de l’actualité la semaine dernière: c’est celle de la Palestine, qui s’est vu accorder, à la majorité de deux tiers, le statut de membre observateur au Conseil de l’Onu. Quelle vision ont les diplomaties latino-américaines du conflit israélo-palestinien depuis le début des années 2000?

L’importance de la cause palestinienne
Selon Cecilia Baeza, de l’Université de Brasilia et Rimaal: «Ce succès diplomatique est dû, en partie, aux diplomaties latino-américaines. On assiste, depuis le début des années 2000 et, encore plus, dans la seconde moitié de la décennie, à un engagement inédit des Etats d’Amérique latine en faveur de la question palestinienne». «Il est vrai, affirme-t-elle, qu’au cours des années 70, le Mexique et le Brésil avaient déjà fait quelques avancées pionnières dans la reconnaissance de l’OLP avec l’ouverture de bureaux palestiniens d’information et surtout en se prononçant sur un certain nombre de résolutions. Mais avant les années 2000, la question palestinienne  franchissait rarement l’enceinte de l’Assemblée générale des Nations unies. Aujourd’hui, la société civile s’implique et manifeste pour une cause sociale, ce qui est assez rare pour les Latino-Américains».  
Avec deux grands groupes régionaux aussi importants et hétérogènes, il n’est pas facile de décortiquer et d’analyser les multiples relations existantes, et surtout de parler de leurs avantages sans en faire sortir aussi leurs limites, notamment dans la situation actuelle du monde arabe que’on peut qualifier d’ultra critique. Les différends de l’autre côté, en Amérique latine, ressortent de ce fait. Comme l’a rappelé Janaina Herrera de New Generation Consulting - Liban: «Nous avons pu observer, dit-elle, une des limites de cette tentative de médiation Sud-Sud quand, en 2010, le volontarisme brésilien avait été mis à mal à propos du dossier nucléaire de l’Iran, à l’occasion d’une initiative conjointe d’arbitrage avec la Turquie qui froissera les Occidentaux et sera publiquement condamnée par Hillary Clinton».
Pour Silio Boccanera, journaliste à Globo News, le sujet important est celui du Printemps arabe. Il fait penser au processus de démocratisation et d’indépendance des différents pays d’Amérique latine. Pour le journaliste, il ne faut pas être pessimiste mais plutôt patient. Il souligne, avec une touche d’humour mais sincère, que «c’est dans les années 1215 que le Royaume-Uni a signé la Magna Carta, et le processus de démocratisation n’est toujours pas fini!».
Hoda Nehmé, doyenne de la faculté de Philosophie et des Sciences humaines à l’Usek a conclu le colloque. «Cette manifestation culturelle qui nous réunit aujourd’hui est l’expression d’une détermination opiniâtre à bâtir le vivre-ensemble dans un environnement de connaissance et de reconnaissance mutuelles», dit-elle.

 

Anne Lobjoie Kanaan
 




Historique et informations

Pourquoi un rapprochement Sud-Sud?
Le premier sommet Amérique du Sud et pays arabes a eu lieu à Brasilia, en mai 2005, à l’initiative du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva. Tout le monde le savait, le président da Silva était un activiste en matière de diplomatie. Il se donnait un objectif ambitieux: l’avènement d’une nouvelle géographie économique et commerciale, la réduction de la dépendance des pays du Sud à l’égard des nations riches du Nord, par l’intensification des relations Sud-Sud. Ce tournant visait à renforcer l’émergence d’un monde multipolaire, où le Brésil jouerait le rôle du leadership. Fin 2003, Lula da Silva avait effectué un voyage diplomatique en Syrie, au Liban, aux Emirats arabes unis, en Egypte et en Libye. C’était le premier voyage d’un chef d’Etat brésilien dans la région depuis que l’empereur Pedro II avait voulu connaître la Terre sainte, en 1876. C’est lors de sa visite au Caire que Lula lance l’idée du sommet, «dont le but est la création d’un nouveau monde». Pour éviter la concurrence du Mexique, les diplomates brésiliens limitent le périmètre de ce forum à l’Amérique du Sud. Alors que d’autres évoquent un «choc des civilisations», Lula met l’accent sur la convergence: «Pour le Brésil et pour notre continent, ce sommet a le goût des retrouvailles des Sud-Américains avec une civilisation qui nous est arrivée d’abord par l’héritage ibérique et ensuite par l’immigration», dit-il dans son discours de Brasilia. Lula veut une multiplication des échanges universitaires et culturels entre les deux régions, sans ignorer les échanges commerciaux.
Quelles sont les racines historiques de cette rencontre?
Sept siècles de présence arabe dans la péninsule Ibérique y ont laissé une empreinte linguistique, artistique et culinaire importante. Celle-ci s’est inévitablement transmise à l’Amérique latine avec la colonisation. Plus de 4000 mots de l’espagnol et du portugais proviennent de cet héritage. Quant à l’afflux d’immigrés vers la partie sud du continent américain, il remonte à l’Empire ottoman. A Santiago du Chili, le club de football Palestino date de 1920. Le marché du centre de Rio de Janeiro s’appelle Sahara, l’hôpital syro-libanais de São Paulo est reconnu pour son excellence, etc.
Combien de Sud-Américains sont-ils d’ascendance arabe?
Quinze millions selon certains. Parmi eux, un ancien président argentin, Carlos Menem, et deux Equatoriens, Abdala Bucaram et Jamil Mahuad. Les écrivains Gabriel Garcia Marquez et Jorge Amado avaient fait des «turcos» des personnages hauts en couleur: avec les Brésiliens Raduan Nassar et Milton Hatoum, ils sont devenus auteurs. Mexicain d’origine libanaise, Carlos Slim, le roi des télécoms, a amassé la première fortune d’Amérique latine. La star de la pop Shakira, également d’ascendance libanaise, fait rêver les jeunes au-delà de sa Colombie natale. Sans oublier le Franco-Brésilien Carlos Ghosn, P.-D.G. de Renault, dont l’arbre généalogique s’enracine aussi au Pays du Cèdre.

 

Source: Le Monde.


 

 

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Éditorial
Fatale illusion

Que des Libanais soient caressés par l’illusion qu’ils peuvent «anéantir» l’adversaire pour rester seuls en selle est franchement inquiétant. Plus affolante encore est cette déconcertante facilité avec laquelle des têtes brûlées croient pouvoir en découdre à coups de rafales de mitraillettes avec ceux qui ne leur ressemblent pas. C’est fou combien la mémoire peut, parfois, être courte et la raison défaillante. Ces extrémistes, et autres inconscients, oublient que quinze ans de furies et de boucheries et autant d’années de tutelle bénie par l’Orient et l’Occident n’ont pu éliminer qui que ce soit. Ni la prison ou l’exil, ni l’oppression et les intimidations, et encore moins la torture et les assassinats, n’ont pu faire effacer de la conscience et de la réalité une personnalité ou un parti. Elles sont toujours là les dynasties, aux côtés de nos bonnes vieilles formations politiques, à se partager les strapontins du Parlement, avec quelques nouveaux venus qui font maintenant partie du décor. Tous ont résisté aux guerres, aux invasions, aux changements de régime, aux transformations qu’a connus le monde ces trente dernières années. Des blocs se sont effondrés (l’Union soviétique), des pays ont disparu de la carte et des mémoires (la Yougoslavie), des dictateurs éternels ont été pendus (Saddam Hussein), sommairement exécutés (Kadhafi), emprisonnés (Hosni Moubarak), renversés (Ali Abdallah Saleh), des chefs historiques ont été empoisonnés (Yasser Arafat), mais le Liban, lui, est toujours là. Il est fatigué, il a pris quelques rides, mais il est là. D’autres pays ne peuvent en dire autant. Le système libanais est unique en son genre dans le sens où les leaders politiques représentent aussi leur communauté religieuse, même s’ils peuvent être, par ailleurs, mus par un authentique sentiment national et patriotique. Certes, à des moments de l’Histoire, une communauté peut jouer un rôle prédominant, elle doit cependant compter avec les autres. Elle ne peut prétendre en aucun cas les ignorer, les marginaliser et, à plus forte raison, les éliminer. Les druzes aux XVIIIe et XIXe siècles, les maronites de la moitié du XIXe siècle jusqu’au début de la guerre civile, les sunnites, partenaires principaux des maronites depuis l’Indépendance, les chiites ces trente dernières années, tous ont eu leurs moments de gloire. Et lorsque certaines communautés, voyant cette gloire disparaître, ont cru pouvoir perpétuer son éclat par un coup de force, elles ont payé très cher leur impardonnable erreur. Elles ont été contraintes de céder le rôle principal à une autre communauté. Il ne s’agit pas, dans ce propos, d’émettre un jugement de valeur sur le système libanais mais seulement un constat. Il est bien entendu que le régime, archaïque et bloqué, a montré ses limites, surtout ces sept dernières années, et a besoin d’être réformé en profondeur. Du moment que personne ne peut éliminer l’autre, le dialogue entre les différentes composantes politico-communautaires devient non pas une option mais une nécessité. En fait, le dialogue constitue l’une des principales caractéristiques du système libanais, au même titre que la nature civile de l’Etat ou que la démocratie consensuelle. Les Libanais sont condamnés à discuter, à se faire mutuellement des concessions, à se creuser la cervelle pour trouver des compromis, à arrondir les angles. Par essence ou par définition, le Libanais doit être centriste dans les opinions et les comportements, lorsqu’il est appelé à les partager avec d’autres Libanais. Ceux qui, aujourd’hui, refusent le dialogue, rejettent le Liban tel qu’il devrait exister pour être viable. Sans dialogue, c’est la confrontation et celle-ci peut se transformer en guerre à tout moment. Sauf si les contempteurs du dialogue pensent enfourcher le cheval du «Printemps arabe» dans l’espoir qu’il leur permettra de faire table rase du système actuel pour en installer un autre, plus conforme à leurs ambitions. Mais il faut qu’ils soient prudents car le Printemps arabe n’a pas encore accouché de sa forme définitive. Sans doute que Mohammad Morsi, qui se voyait déjà en nouveau pharaon, a dû le réaliser en quittant son palais par la porte de service.


 Paul Khalifeh
   

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