Leila Jabre Jureidini. Fragments.
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Nº 2876 du vendredi 21 décembre 2012

Leila Jabre Jureidini. Fragments.

 
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    Leila Jabre Jureidini. Fragments.
    Jusqu’au 28 décembre à la galerie Janine Rubeiz. Graphiste, peintre et sculpteur, Leila Jabre Jureidini présente ses très belles sculptures, hommage à la femme qu’elle glorifie et qu’elle met en valeur...
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Jusqu’au 28 décembre à la galerie Janine Rubeiz.

Graphiste, peintre et sculpteur, Leila Jabre Jureidini présente ses très belles sculptures, hommage à la femme qu’elle glorifie et qu’elle met en valeur dans des poses alanguies. Néanmoins ses œuvres sont aussi «le résultat d’une réflexion sur le mode de vie actuel. La première série de sculptures est faite à partir de cubes en argile, une matière qui garde la mémoire du geste, de l’impact. Coulées ensuite en bronze elles sont nos témoins, la trace que la vie laisse sur l’homme, la femme, l’enfant ou un pays. De même que la sociologie témoigne du comportement d’un peuple, les cubes cristallisent les sentiments, blessures ou violences subites», raconte l’artiste. D’autre part, les toiles suspendues sur les cimaises sont une mise à plat des mêmes sujets, une autre façon d’explorer les émotions et de les extérioriser. Depuis l’âge de 18 ans, Leila Jabre Jureidini s’est lancée dans l’art à l’Atelier Jacques D’Anton et au Met de Penninghen à Paris. Elle fréquente ensuite pendant deux ans l’Ecole supérieure des Arts graphiques et la célèbre Parsons School of  Design, au début à Paris puis à New York, où elle décroche son diplôme. Depuis 1994, elle participe à des expositions collectives à Beyrouth, à Paris et à Londres. Elle vit et travaille au Liban. Christiane Tager Deslandes


 

Rana Raouda
Thirty Years Walking With Light.
Jusqu’au 29 décembre au Art on 56th.


Rana Raouda exprime son amour de la nature à travers des formes abstraites. Sa joie de vivre et sa passion transparaissent dans ses toiles. Elle travaille l’acrylique et peint de nombreuses couches, souvent dans les tons différents d’une même couleur. Ce qui donne au tableau une impression de profondeur et de mouvement. Son inspiration vient de la vie et de la nature, mais elle peint toujours de mémoire. «Quand je commence un tableau, je n’ai pas la composition en entier. Le désir de m’exprimer vient de l’intérieur», explique l’artiste. Rana Raouda s’est toujours sentie peintre. Depuis toute petite, elle dessinait les paysages, les hommes, les plantes avec ses propres couleurs.  Rana est née à Beyrouth en 1961 et étudie les beaux-arts à la LAU. Elle s’envole ensuite pour les Etats-Unis et fréquente la Torpedo Factory de Virginie, ainsi que la Corcoran School of Art de Washington. Elle a à son actif plusieurs expositions au Liban et à l’étranger.

Christiane Tager Deslandes  
 

 

Agenda
Mouna Bassili Sehnaoui
L’Orient intérieur.
Jusqu’au 31 décembre à la galerie Aïda Cherfane.

Emeric Lhuisset. Théâtre de guerre.
Jusqu’au 10 janvier à la galerie The Running Horse.

Rima Saab. Vanishing Impressions.
Jusqu’au 15 janvier à la galerie Kettaneh-Kunigk.

David Hury. Sept jours parmi les anges.
Jusqu’au 5 janvier à l’Institut français.

 


 

Le Voile d’Isis signé Lhyla
Liliane Tyan: «Peindre me détend»



Le 12 décembre dernier, pour une  soirée unique, le Beirut Exhibition Center a déroulé son tapis rouge aux œuvres de l’artiste Liliane Tyan. Curatrice de la villa Audi et emblématique présidente de l’association Help Lebanon, elle revient à ses premières amours, la peinture, avec en poche, un savant procédé de «transparence», digne du voile d’Isis.



Dans la magnifique salle du Beirut Exhibition Center, dès 18 heures, une trentaine de curieux et d’admirateurs sont déjà là, en train de scruter les tableaux de Liliane Tyan. Elle, se balade d’une œuvre à l’autre, salue ses visiteurs chaleureusement, cigarillos dans une main et pastilles orange dans l’autre, marqueurs symbolisant que l’œuvre a trouvé son acquéreur. Et des acquéreurs, ils sont d’ores et déjà nombreux aux portillons avant même l’ouverture de cette soirée exceptionnelle. Sur ses cinquante œuvres, une vingtaine a déjà trouvé preneur. «J’aime beaucoup ce qu’elle fait, annonce une admiratrice anonyme, venant d’acquérir l’une des toiles. Ce qui fait la différence avec d’autres artistes? On ne peut pas comparer des peintres ou des tableaux. La différence, c’est le plaisir qu’ils vous procurent en les regardant».
Catalogue en main, Rita Rizkallah est venue en connaisseuse, peintre à ses heures perdues. «Je suis là avant tout par curiosité, c’est la première fois que je vois ses œuvres. Je regarde les différentes structures de ses toiles, les techniques qu’elle a choisies. Sa façon de peindre est différente, parfois abstraite, parfois beaucoup plus réaliste. Dans sa toile «Rachana», on voit qu’il s’agit d’un village, pour «Bougainvilliers», c’est plus compliqué. C’est intéressant de comprendre ce qu’il y a derrière. Chacun a son interprétation». Cette petite chose en plus, c’est le concept de transparence, propre à l’artiste. Un leitmotiv de «virgules» et «traits horizontaux», apposés sur une œuvre déjà réalisée pour la mettre en retrait et la couvrir ainsi, du voile d’Isis, cette déesse égyptienne dont personne n’a osé enlever le voile. Quant aux techniques de l’artiste peintre, elles sont des plus inventives et inspirées. «J’utilise des ustensiles qui n’ont rien à voir avec la peinture mais qui sont plus en rapport avec la cuisine ou la construction, des fourchettes aux spatules».
Dans la salle d’exposition, les discussions vont bon train. Par indiscrétion, en tendant un tant soit peu l’oreille auprès d’un petit groupe, on peut entendre: «je la connaissais quand elle faisait des fleurs sur son balcon», commence une première personne. «Aujourd’hui, elle a son atelier à côté de la maison, intervient une seconde. Tu sais qu’elle a déjà vendu 19 pièces, avant même la soirée». Quelques instants plus tard, la première vient féliciter la vedette du jour: «Tu as explosé depuis que j’ai vu tes débuts, bravo!».

Ses débuts, beaucoup en parlent. Nombreux sont les amis, les curieux, qui sont venus constater le chemin parcouru par la peintre, parmi lesquels le sculpteur émérite de Rachana, Anachar Basbous. «Je voulais voir son évolution, confirme-t-il. Beaucoup de travail a été réalisé pour présenter cette exposition, c’est assez impressionnant. Et je dois dire qu’il y a de belles œuvres. C’est une belle soirée».
A quelques pas de là, Gérard Avedissian scrute avec attention chacune des œuvres exposées. «Je suis venu parce que je l’aime beaucoup, notamment pour ce qu’elle fait pour Help Lebanon. Je voulais voir également la direction qu’elle avait prise. Et en regardant l’exposition… c’est elle. Ses œuvres sont différentes les unes des autres, elle est très variée. Elle se cherche aussi. C’est une nouvelle peintre».
Nouvelle, car la curatrice de la villa Audi, Liliane Tyan, n’en est qu’à sa cinquième année de «pratique», quand bien même, l’emblématique directrice d’Help Lebanon a tout d’abord une formation en art plastique. «Artiste? Pour moi, je ne le suis pas encore ou peut-être bien ne le serais-je jamais, songe-t-elle avec modestie. Ce sont les gens qui décident. Mais je n’ai pas besoin d’être déclarée comme telle, ce n’est pas mon but. La peinture, c’est une merveille pour moi, elle me détend. C’est un travail de nuit». Car le jour, Liliane Tyan travaille sans arrêt, entre la villa Audi et son association Help Lebanon. Alors, quand il a été question de faire une seconde exposition au Beirut Exhibition Center en deux ans, on lui a catégoriquement «défendu» de donner officiellement les bénéfices de cette exposition à Help Lebanon, comme elle avait pris l’habitude de le faire lors de ses dernières apparitions artistiques. «On ne voulait pas que je me cache derrière l’association. Finalement, j’ai réalisé «Voile d’Isis» pour Lhyla, Liliane Tyan. Et le fait que les œuvres se soient vendues, c’est rassurant, avoue-t-elle. Après, c’est entre moi et Help Lebanon, reprend-elle avec malice. Imaginez que j’en devienne sponsor officiel. Ce serait génial!».
Fin de soirée, le bilan est impeccable. 10567 sourires partagés, 503 petits fours avalés, 358 baisers donnés et 47 œuvres achetées sans compter les commandes personnalisées passées. En un mot, une soirée «époustouflante», se réjouit l’artiste plébiscitée.

Delphine Darmency

 


Help Lebanon, le second bébé de Liliane Tyan
Présidente de Help Lebanon depuis trente-trois ans, Liliane Tyan avoue sans ambages que son association, c’est sa vie. «Après mon fils, c’est ma première réussite », affirme-t-elle. L’organisation vouée à l’embellissement des quartiers de Beyrouth et plus encore du Liban, s’est déjà occupée de plus de 13 000 immeubles au jour d’aujourd’hui et ce n’est pas prêt de s’arrêter!


 


 
 

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Éditorial
2012 s’achève sans regrets

Nous aurions tant voulu, en cette période de fêtes, offrir du rêve à nos lecteurs. Mais pouvions-nous échapper à cette formule historique, «Annus horribilis», par laquelle la reine d’Angleterre avait résumé en deux mots l’année 1992 marquée pour la famille royale par des divorces successifs? «Annus horribilis», s’écrient donc les Libanais tous concernés par les mêmes problèmes du quotidien et la même inquiétude, à des niveaux divers, autrement plus dramatiques que ceux d’Elizabeth II. Comment donc qualifier 2012? Une année meublée de grèves de tous genres, de sit-in permanents à travers le pays, de combats de rues meurtriers, de routes bloquées au Sud comme au Nord, de multiples enlèvements politiques ou crapuleux, souvent suivis de demandes de rançons de tous genres, de menaces paralysant toute action politique, du boycott d’un dialogue voué à l’échec avant d’être entamé, des appels à la stabilité lancés de l’étranger… Enfin et en bref, des dirigeants qui ne dirigent plus rien dans une République bananière, pour ne pas dire soumise à la loi de la jungle où l’on s’entre-tue autant par les actes que par les discours de bas niveau, triste exemple pour la jeune génération. L’insécurité, tant dénoncée par ceux qui, pourtant en sont responsables, continue à sévir. Nous entendons, après le décompte des victimes de chaque attentat ou de chaque échauffourée, le ministre de l’Intérieur, «assurer qu’il ne pourrait plus accepter l’inacceptable…», qu’il s’apprêtait à donner ses instructions pour que le nécessaire soit fait et qu’il soit mis un terme à «cette situation inadmissible». Cela continue jusqu’à faire dire à ce même ministre qu’il «jurait par sa mère être las et n’en pouvoir plus». On se souvient encore, qu’il y a peu de temps, il avait décrété un «mois de la sécurité». Grands biens lui fassent. Nous avons vu les agents de la sécurité se déployer dans les quartiers les plus tranquilles, histoire de rassurer au moins ceux qui ne sont pas concernés par le désordre régnant.   Faut-il à tout prix démontrer au monde que le Liban n’est toujours pas majeur. Dans les années 70, un Premier ministre en poste, aujourd’hui disparu, déclarait dans une conférence de presse que «le pays à trente ans n’était pas encore majeur…». Il ne l’est visiblement pas encore. D’une tutelle à l’autre, les Libanais ne sont toujours pas maîtres chez eux. Preuve en est la réunion officielle de quatre diplomates étrangers à l’invitation d’une chancellerie non moins étrangère, en l’absence de tout responsable libanais sur le territoire libanais et l’annonce, au Liban, par communiqué de leur position dans un conflit étranger. Sur cette situation de troubles sécuritaires, se greffe un malaise social toujours plus profond et plus inextricable. Les salariés vivent carrément dans la rue depuis plusieurs mois. Ils ne réclament rien de plus que le respect des promesses qui leur ont été faites. Certes, nous comprenons que la trésorerie nationale ne permet pas de telles dépenses, mais nous ne comprenons pas les raisons, sinon démagogiques, qui ont fait prendre au gouvernement, en toute connaissance de cause, de tels engagements. En outre, le temps court et les législatives qui posent, elles aussi, autant de problèmes, ne sont pas assurées pour autant. Les députés, ministres ou non, revêtiront bientôt le costume des candidats, prêts à tout pour plaire à des électeurs de plus en plus réticents. Auront-ils les moyens de satisfaire leurs revendications? Y iront-ils de leurs biens personnels? Les Libanais seront-ils, une fois de plus, bluffés par les discours prometteurs? Difficile pour le moment d’établir des pronostics, à l’ombre du flou qui entoure les projets de loi électorale dont le sort dépend des intérêts individuels ou partisans des uns et des autres et, certainement pas, des aspirations des citoyens à un régime parlementaire, dit démocratique. Devant ce sombre tableau que nous aurions souhaité ne plus voir, il ne nous reste plus qu’à regarder le futur avec plus d’optimisme et à rêver d’un «pays des merveilles» que le vieillard à la barbe blanche, nous apporterait dans sa hotte. L’homme, dit-on, vit d’espoir et de rêves, dans l’Histoire des Libanais, leur pays reste celui des miracles.


 Mouna Béchara
   

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Le Liban devait-il expulser le ministre syrien de l’Intérieur qui se soigne à Beyrouth de blessures qu’il a reçues lors d’un attentat la semaine dernière à Damas?

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