Bridge to Palestine. L’Histoire d’un peuple, d’une nation
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Nº 2958 du vendredi 18 juillet 2014

Bridge to Palestine. L’Histoire d’un peuple, d’une nation

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    Bridge to Palestine. L’Histoire d’un peuple, d’une nation
    L’espoir du retour, l’occupation, la violence, l’injustice, l’abnégation, la fragmentation du territoire, les traitements inhumains, les camps de réfugiés, la mémoire collective… Autant de sujets traités par les dix-huit artistes...
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L’espoir du retour, l’occupation, la violence, l’injustice, l’abnégation, la fragmentation du territoire, les traitements inhumains, les camps de réfugiés, la mémoire collective… Autant de sujets traités par les dix-huit artistes palestiniens, invités à accrocher leurs œuvres, du 26 juin au 3 août prochain, au Beirut Exhibition Center, dans le cadre de l’exposition Bridge to Palestine.

L’exposition Bridge to Palestine relie le passé à l’avenir, lorsque le présent reste incertain, affirme le galeriste d’art Mark Hachem, curateur de l’événement. C’est un dialogue culturel entre générations d’artistes et lieux géographiques: l’Est et l’Ouest, Gaza, Ramallah et Jérusalem. Si proche et pourtant si loin, que peut-on ressentir d’être étranger à un lieu auquel nous avons appartenu? La Palestine, cette généreuse terre, berceau des civilisations, offre un terreau fertile et un moyen d’expression pour les 18 artistes qui sont réunis ici. Qu’ils vivent en dehors de la Palestine ou sous occupation, ils transforment le mur qui les oppresse en une toile pour communiquer et générer un dialogue entre assiégés et exilés», poursuit-il.
Photographies, vidéos, sculptures, installations, peintures, toutes ces œuvres résonnent malheureusement à l’unisson des dernières actualités à Gaza. La Palestine saigne toujours.
«Qu’ont-ils ressenti au moment de leur mort? Y avait-il de la souffrance?», se demande Rula Halawani dans le texte de présentation de son installation vidéo Phototherapy réalisée en 2007. Durant seize mois, elle travaille à récolter des photographies de passeports appartenant aux Palestiniens tués par les Forces de défense israéliennes depuis 1948 à nos jours. «Des visages, intemporels et distants, étrangement familiers et personnels. Des visages qui nous observent avec un regard pénétrant, soulevant des questions concernant notre relation avec eux. Des questions sur leurs histoires. Des questions sur leurs identités. Sur leur silence. Un silence assourdissant»,
écrit-elle.
Alors que Mohammad Al Hawajri réinterprète les plus grandes œuvres d’Eugène Delacroix, Salvador Dali ou encore Marc Chagall en les imprégnant du contexte palestinien dans une série intitulée Opposite, Guernica-Gaza, Rania Bishara décide de mettre en lumière, avec son installation Kuffiyah for prisonners, les conditions de traitements déplorables des prisonniers palestiniens infligés par l’armée israélienne. Mohammed Musallam, lui, compare la Palestine sous occupation à une orange pressée, Nasser Soumi s’intéresse à la mémoire de Jaffa dont la majorité des habitants ont quitté la ville en 1948, ne prenant que le strict nécessaire avec eux. Quant à Rafat Asad, il évoque l’inaccessible Jérusalem, «la cité perdue, songe-t-il. Si loin en dépit de sa proximité physique, mais beaucoup plus proche dans mes rêves et mes fantasmes».  
Des artistes engagés qui dénoncent la situation de leur mère-patrie en utilisant l’art pour faire passer leur message. Une kalachnikov AK 47 inoffensive ornée de cristaux Swarovski, de pierres du Rhin, de poudre d’or, de plumes ou encore de papillons (représentant les âmes des personnes assassinées), voilà comment Laila Shawa a choisi de s’impliquer. «J’ai le sentiment que les artistes doivent se prononcer contre la course à l’armement, contre les guerres, contre l’industrie de l’armement qui conduisent les pays à engendrer des guerres inutiles, réagit-elle. Les meurtres irrationnels de personnes innocentes doivent cesser». Le travail de Samira Badran explore de son côté les thématiques de l’immobilité due à la restriction de mouvement imposée par l’armée israélienne, la fragmentation du territoire, le confinement et la mémoire collective. Des recherches qui l’amènent à se concentrer sur les prothèses de la jambe qu’elle dessine et revisite comme «une métaphore de l’esprit indomptable des Palestiniens qui semblent toujours trouver le moyen de continuer à avancer avec détermination et résilience», note-t-elle, avant de préciser qu’à travers ses projets, elle essaie de susciter des questionnements et de dénoncer la violence structurelle.
Quant à la photographe Rania Matar, elle s’intéresse particulièrement aux conditions de vie dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban. Après avoir passé son enfance à cinq minutes du camp de Chatila sans jamais s’y rendre, elle décide quelques années plus tard d’aller le découvrir et de se confronter parallèlement à son identité complexe. Choquée par les conditions de vie de ces réfugiés permanents, elle commence à capturer des instantanés dans tous les camps palestiniens du Liban et trouve son inspiration dans «l’incroyable capacité des gens à s’adapter et à tirer le meilleur de leurs situations afin qu’ils puissent préserver leur dignité, leur espoir et leur humanité».

Delphine Darmency
 

Egalement exposées, les œuvres de Bashar Alhroub, Tayseer Barakat, Aissa Deebi, Wafa Hourani, Monther Jawabreh, Bashir Makhoul, Steve Sabella, Mary Tuma et Hisham Zreiq.

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Éditorial
Le Liban: déversoir des conflits

Qu’y a-t-il de plus désolant et même d’exaspérant que d’entendre des vétérans de la politique, députés, médias et ministres, anciens et nouveaux, claironner sans vergogne que les choses «ont toujours été ainsi». Histoire de dire qu’il n’y a aucune raison de s’en faire ou encore «la corruption, l’immobilisme, le laxisme sont notre lot», font partie de notre patrimoine culturel et social, et qu’il ne faut pas en faire un drame. Nous avons pourtant donné au monde, et nous continuons à le faire, des philosophes, des écrivains de grand talent, des historiens, des vedettes dans tous les domaines de l’art et dans l’entreprise…  Hélas, nous sommes devenus, de toute évidence, incapables de gérer notre destin et de diriger nos affaires. Les exemples sont multiples dans divers secteurs de notre vie publique où nous nous en sommes remis si souvent à des étrangers, certains amis et d’autres profiteurs ou jaloux de notre manière de vivre. Frères ou alliés, toujours occupants ou tuteurs. Nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes de les avoir laissés devenir envahisseurs. Si nous n’avons pas su et nous ne savons toujours pas où sont nos intérêts, les autres y trouvent les leurs. C’est ainsi qu’entre l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak et la Syrie, le Liban est pris au piège de ses faiblesses. Qu’il fasse gris et sombre dans le ciel de l’un de nos voisins proches ou plus éloignés, l’orage éclate chez nous. Le Liban est devenu le déversoir des conflits qui explosent dans n’importe quel pays de notre environnement. Nos frontières sont généreusement ouvertes à tous vents et toutes les mesures annoncées ou mises en place peinent à nous protéger. Nous avons si bien œuvré que nous nous trouvons aujourd’hui, non plus au bord du gouffre, mais touchant quasiment le fond. Les fauteurs de troubles au Sud, nous dit-on, ne sont pas libanais. Ils ont tout simplement pris l’initiative d’aller au secours de leurs frères à Gaza dont le sort est certes tragique. Mais sommes-nous destinés à sauver la veuve et l’orphelin au détriment de notre sécurité? L’armée, il est vrai, agit mais dans la mesure de ses faibles moyens. Que peut-elle faire, sinon dénoncer les actes de ceux qui, au Sud ou au Nord, mettent en danger leur pays d’accueil? Ils en arrêtent quelques-uns, vite remplacés par d’autres. Ceux-là ont-ils pris la mesure des répercussions de leurs actes sur le pays qui les héberge depuis si longtemps? Sont-ils conscients de leurs retombées sur le Liban, qui n’a pas fini de payer les dégâts humains et matériels qu’il a subis du fait de sa guerre et de celle de juillet 2006? Les Libanais, qui se sont tant vantés de leur statut démocratique, unique dans la région, n’y ont-ils pas renoncé pour s’en remettre aux ingérences étrangères? Elire un chef d’Etat tient de la gageure. Les pays qui ont vécu des situations autrement plus critiques que la nôtre ont réussi à garder, au moins, un semblant d’autonomie dans le choix de leurs dirigeants. Ceux qui, à l’instar du patriarche maronite, appellent désespérément au dialogue le font sans beaucoup de chance d’être entendus. Ils savent pertinemment qu’aucun dialogue ne peut s’instaurer entre gens aux intérêts si opposés et si personnels. Tenter de réunir des individus à l’ego exacerbé, inconscients de leurs responsabilités, c’est chercher à mélanger l’huile et l’eau. Une alchimie qui nous dépasse. Plus souvent en quête d’un soutien hors frontières que d’une entente entre membres censés appartenir à une même famille, les antagonistes n’ont qu’un souci, celui d’arracher le plus de faveurs possible pour leurs proches et leurs partisans. Quel qu’en soit le prix. Clientèle électorale oblige. Nous ne sommes pas près d’oublier les incidents fratricides de mai 2008, leur cause et leurs conséquences. N’oublions pas le passé et tirons-en les leçons. Dans une quinzaine de jours, le pays fêtera le soixante-neuvième anniversaire de l’Armée libanaise. A la tribune officielle, un siège apparaîtra désespérément vide. L’Etat sera absent à travers sa composante essentielle, son chef. Au premier rang de la tribune, siègeront peut-être un chef du Législatif qui ne légifère pas et un chef de gouvernement dont les membres, oubliant l’urgence de la situation, cherchent chacun à tirer à lui une couverture médiatique, pourtant si impopulaire. Une fois de plus, les Libanais, toutes communautés, classes sociales et courants politiques confondus, prouvent par leur immaturité, leur individualisme et leurs egos poussés à l’extrême, qu’ils ne méritent pas le Liban. Jusqu’où irons-nous dans nos échecs avant de prendre conscience qu’il revient au peuple d’initier le changement dans les urnes?


 Mouna Béchara
   

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