Réfugiés syriens. Des chiffres affolants
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Nº 2968 du vendredi 26 septembre 2014

Réfugiés syriens. Des chiffres affolants

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    Réfugiés syriens. Des chiffres affolants
    De l’avis de tous les experts, l’accueil des réfugiés syriens constitue pour le Liban le plus grand défi économique et social de son histoire récente. Illustration en quelques chiffres marquants.   Selon...
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De l’avis de tous les experts, l’accueil des réfugiés syriens constitue pour le Liban le plus grand défi économique et social de son histoire récente. Illustration en quelques chiffres marquants.
 

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés syriens installés sur le territoire libanais devrait franchir la barre des 1,6 million à la fin de l’année. Ils représenteraient alors 38% de la population du pays. A la mi-septembre, selon les derniers chiffres disponibles, les services de l’Onu ont enregistré près de 1,2 million d’exilés. Les projections indiquent que leur nombre réel est plus proche des deux millions. A lui seul, le Liban accueille plus de 40% des Syriens ayant fui leur pays. Lundi, l’administratrice du Programme de développement des Nations unies (Pnud) Helen Clark, en visite au Liban, a salué «la générosité du Liban qui a accueilli les réfugiés syriens, et cela malgré les pressions qu’il est en train de subir». Un discours compassé. Fragile, le pays a beaucoup de mal à en supporter le poids. Les experts économiques tirent la sonnette d’alarme.
Selon les chiffres du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, l’accueil des réfugiés syriens coûte un milliard de dollars à l’Etat, et trois milliards et demi de manière indirecte, creusant de 6% le déficit du pays. Des chiffres qui confirment la dernière étude de la Banque mondiale. Elle estime que le conflit en Syrie aurait coûté au Liban plus de 7,5 milliards de dollars jusqu’à l’été dernier, causant une chute de 2,9% du PIB entre 2011 et 2014. Les Libanais paient leur prix fort de cette nouvelle charge. Depuis 2011, 170 000 Libanais de plus vivraient en dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage a doublé, passant au-dessus de la barre des 20%. En 2014, selon les estimations disponibles, 50 000 Libanais supplémentaires vivront dans la pauvreté.
Le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a récemment expliqué que seuls 17% des réfugiés syriens vivent dans des camps. L’immense majorité d’entre eux est installée dans des immeubles en cours de construction, dans des conditions sanitaires déplorables. Le ministre a également mis l’accent sur la prise en charge de 100 000 élèves syriens supplémentaires qui congestionnent les écoles du pays. Seule la moitié des enfants réfugiés est scolarisée. Derbas pointe du doigt les prévisions à la baisse de l’aide des Nations unies. Alors qu’elles couvraient jusqu’alors 53% des dépenses mobilisées pour l’accueil des réfugiés, elles n’en garantiront l’année prochaine que 30%.
Cette semaine, une digue a sauté. Le Liban a annoncé qu’il allait mettre en place deux premiers camps destinés aux réfugiés syriens fuyant la guerre dans leur pays. «Selon les estimations, chaque camp pourrait accueillir 10 000 personnes», a-t-il précisé. Ces campements seraient composés de préfabriqués, qui «pourront être démontés et emmenés (par les réfugiés syriens) quand ils déménageront en Syrie». L’opinion publique a toujours été réservée quant à l’ouverture de ces camps, craignant que de tels sites incitent les Syriens à rester dans le pays et favorisent une contagion du conflit syrien au Liban.
Le Haut Commissariat de l’Onu pour les réfugiés s’est dit «prêt à travailler» avec les autorités et a souligné que «l’impératif prioritaire» devait être la sécurité afin, notamment, que les réfugiés ne puissent pas être menacés par des «éléments armés». Le Liban a d’autres priorités.

Julien Abi Ramia

L’Armée déloge les réfugiés
Depuis les combats de Ersal, l’enlèvement des militaires libanais dans le jurd de la localité par des jihadistes de l’Etat islamique et du Front al-Nosra, la décapitation par l’EI de deux soldats, Ali Sayyed et Abbas Medlege, et l’exécution par le Front al-Nosra du soldat Mohammad Hamié, les agressions contre les réfugiés syriens se sont multipliées au Liban. Nombre de municipalités ont émis des arrêtés demandant aux Syriens de quitter leurs communes. Sur le terrain, les perquisitions effectuées par l’armée dans les camps de réfugiés se sont poursuivies. A Jezzine, les soldats ont arrêté plusieurs réfugiés dans l’un des camps de la ville. A Tyr, l’armée a démantelé cinq tentes près d’une caserne militaire et demandé aux Syriens qui s’y trouvaient d’évacuer les lieux. Lundi, les services de renseignements de l’Armée libanaise ont perquisitionné les logements de réfugiés syriens dans le Koura et ont arrêté 25 personnes dans les villages de Batroumine, Deddé, Fih et Kalhat. A Dékouané, dans le Metn, une opération du même type a été menée.

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Éditorial
La guerre sans fin

La maladie chronique du Liban, celle des sempiternelles divisions, semble avoir contaminé l’ensemble de la planète. Les appels au rassemblement, lancés mercredi à partir de la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, ne cachent pas le fait que l’unité affichée contre le terrorisme n’est qu’une façade, un leurre. L’union sacrée face au monstre de l’Etat islamique est une chimère, et les discours solennels ou passionnés, des paroles en l’air. Au Liban, toutes les composantes du spectre politique affirment que la vacance à la première magistrature de l’Etat pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le pays en cette période de troubles sans précédent. Tous répètent, hypocritement, que l’élection d’un président de la République devrait être une priorité absolue. Mais chacun campe sur ses positions et continue les basses manœuvres pour engranger, ici ou là, de maigres dividendes, qui apparaissent, aujourd’hui, bien minces et ridicules tant les événements et les enjeux qui nous entourent sont graves. Aussi urgente soit-elle, la situation n’a pas provoqué un sursaut de conscience et n’a pas convaincu la classe politique d’abandonner ses mauvaises habitudes. Ce même spectacle se retrouve à l’échelle du monde. Tous les pays, ou presque, sont confrontés au danger du terrorisme «new wave», incarné par l’Etat islamique. Cette organisation commence à faire des émules un peu partout et des groupes, jusque-là inconnus, lui prêtent allégeance. C’est le cas des «soldats du califat», qui ont décapité, mercredi, le guide de montagne français, Hervé Gourdel, en Algérie. Avant lui, deux Américains et un Britannique sont passés sous le couteau des bourreaux du calife Ibrahim, et d’autres attendent, comme des bêtes dans un abattoir. Le drame n’a cependant pas commencé avec l’assassinat de ces Occidentaux. Depuis des années, Daech massacre à coups de voitures piégées les Irakiens et les Syriens. Et depuis juin, ce sont surtout les minorités religieuses et ethniques qui sont dans son viseur. On doit aussi à cette organisation obscurantiste la réémergence des marchés aux esclaves, où femmes et enfants sont vendus au plus offrant. La Russie non plus n’est pas à l’abri du terrorisme. L’EI a juré d’envahir le Caucase et menace Vladimir Poutine des pires gémonies dans son propre pays. Les conditions sont donc réunies pour que tous les pays du monde unissent leurs efforts afin de détruire cette forme de cancer, surtout que l’ennemi commun a été clairement identifié. Mais au lieu de conjuguer leurs efforts, les puissances, grandes et moyennes, se dirigent vers le champ de bataille en rangs dispersés. La Russie, la Chine, les Brics en général, ainsi que l’Iran, ont été exclus de la coalition internationale, qui regroupe par ailleurs des Etats dont le rôle dans l’apparition et le développement de Daech est des plus suspects. Un autre acteur essentiel de la région, la Turquie, traîne les pieds et se fait prier. Pourquoi? Les moyens utilisés pour combattre l’EI ne sont pas plus convaincants que la composition de la coalition. Les experts en questions militaires répètent, à qui veut bien l’entendre, qu’une guerre aérienne n’est pas en mesure de venir à bout de cette organisation. C’est au sol que le combat doit être mené. Barack Obama a commencé une guerre, ce qui est chose facile. Mais saura-t-il la terminer et, surtout, la gagner? Dans le format actuel, rien n’est moins sûr.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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