Animatrice, productrice et réalisatrice. Patricia Hakim brise son silence
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Nº 3002 du vendredi 22 mai 2015

Animatrice, productrice et réalisatrice. Patricia Hakim brise son silence

 
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    Animatrice, productrice et réalisatrice. Patricia Hakim brise son silence
    A 17 ans, Patricia Hakim était déjà animatrice de radio. Une grave faute médicale la privera de ses cordes vocales au cours d’une banale thyroïdectomie qui virera au cauchemar. Après...
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A 17 ans, Patricia Hakim était déjà animatrice de radio. Une grave faute médicale la privera de ses cordes vocales au cours d’une banale thyroïdectomie qui virera au cauchemar. Après 27 ans de silence, elle revient sur ces durs moments de sa vie qu’elle dévoile dans son premier ouvrage Les mots de mon silence, éditions Noir blanc et cætera. Plus qu’un témoignage, ce livre est une leçon de vie et de positivisme.
 

Vous décidez de revenir sur les erreurs médicales qui vous ont privée de vos cordes vocales. Une forme de thérapie par l’écriture?
La dernière opération que j’ai subie a eu lieu en 1987. J’ai donc attendu d’atteindre une certaine maturité, de dépasser mon amertume, de pouvoir pardonner avant d’écrire cet ouvrage. Je suis de nature positive. Je voulais faire partager ce que j’ai vécu pour que mon expérience soit un cri d’espoir et de détermination, de volonté de s’accrocher à la vie. Avancer, croire foncièrement que chaque moment apporte ses joies, c’est ce qui importe. Médicalement, je suis supposée avoir complètement perdu ma voix puisque je n’ai plus de cordes vocales. D’ailleurs, j’ai été aphone pendant longtemps. Evidemment que j’ai fait de l’orthophonie, une certaine réhabilitation de la voix qui n’a pas mené à grand-chose. Ce n’est que bien plus tard, que j’ai réussi à développer un certain mécanisme grâce à un petit muscle dans la glotte et c’est ce qui me permet de «parler».

Qu’est-ce que ces erreurs médicales ont changé dans votre vie?
Tout. Tout a changé. J’étais sportive, énergique, débordante de vie, animatrice de radio, puis, à près de 22 ans, je perds ma voix, ma respiration. Je ne pouvais plus rien faire, rien dire. Je devais m’habituer à gérer un nouveau corps qui portait désormais un handicap. Un handicap que je refusais. Pendant trois ans, mon seul souci était de survivre. Ce n’est que plus tard que je me suis reprise en main, côté carrière. J’ai décidé que j’avais la vie devant moi que je ne devais pas me considérer handicapée. De la radio, je suis passée à la télévision. J’ai réintégré la faculté pour reprendre mes études. J’ai tourné la page et accepté ma nouvelle vie en défiant le sort et le destin. J’ai appris à apprivoiser mon corps, à connaître ses limites, à essayer de les pousser un peu plus loin tous les jours jusqu’à atteindre un semblant de vie normale.

Qu’est-ce qui a changé au niveau de votre vie privée?
Là aussi, il a fallu tout reconstruire, malgré le fait que les médecins m’avaient condamnée. Ma condition effrayait parfois les hommes parce qu’ils ne voulaient pas se lier à une personne à problèmes.

La couverture de votre roman est très expressive: un moineau et un corbeau qui se font face…
Le moineau me représente, quand j’avais encore ma voix. Il est tout petit face à un corbeau dominant et assuré, qui représente ma voix après. Pourtant, on constate que le moineau parvient à crier au corbeau toute sa révolte. L’illustration est très fidèle au texte. Elle a été réalisée par Alexandre Akl, qui a dessiné la couverture, et Jessie Raphaël Bali, qui, par son graphisme, a su «déchirer» mon silence. Celle qui m’a poussée à écrire est Bélinda Ibrahim qui, en lisant une ébauche que j’avais écrite, m’a encouragée à aller plus loin. Mon ouvrage a été écrit en quinze jours, un peu comme s’il fallait sortir, d’une traite, tout ce que j’avais refoulé…

Quels sont vos projets en cours?
Je suis en train de rédiger un autre livre dans lequel je raconte une histoire d’amour inspirée de la réalité. Côté travail, je suis dans la production (je travaille à mon propre compte) et  je voyage de pays en pays au gré de mon travail et de mes envies. Je suis heureuse d’avoir réussi à conjurer le sort… Il suffit de voir le verre à moitié plein pour combler tous les vides.

 

Propos recueillis par Danièle Gergès

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Éditorial
La fin de l’Histoire

Les hordes de l’Etat islamique se sont emparées de la magnifique cité antique de Palmyre, l’un des sites archéologiques les plus riches et les mieux conservés du Levant. Au-delà de la beauté des pierres, de la majesté des temples, de la splendeur des colonnades torsadées et des impressionnants monuments funéraires vieux de 2000 ans, Palmyre est un symbole. Celui d’un Machrek, berceau et creuset d’illustres civilisations, dont l’apport à l’Humanité fut crucial; symbole d’un passé glorieux, trait d’union entre l’Orient de Zénobie et l’Occident d’Aurélien, d’une continuité dans la marche de l’Histoire, d’un pluralisme ethno-religieux, qui fait la richesse de cette partie du monde. Les armées du conquérant de la Syrie, Khaled Ibn el-Walid, tout droit sorties du désert d’Arabie, n’ont pas tenté de détruire Palmyre ou d’autres sites du Levant. Les califes omeyades et abbassides, les Fatimides, les croisés, Saladin, les Mongols, les Mamelouks, les Ottomans, les colonisateurs franco-britanniques, aucun de ceux qui ont occupé, ou dominé, notre région au fil des siècles n’a songé à démolir ces vestiges du passé. Certains ne s’y intéressaient pas, d’autres, en revanche, les ont mis en valeur, estimant que pour grandir, il fallait savoir apprécier les grandes choses.Les crimes perpétrés par Daech contre les peuples du Levant et leur patrimoine archéologique n’ont pas d’équivalent dans le passé des Arabes et de l’islam. Pour cette excroissance monstrueuse d’al-Qaïda, l’Histoire commence il y a quatorze siècles, et tout ce qui vient avant doit disparaître, ce qui vient après doit faire l’objet d’une impitoyable révision afin d’en éliminer les impuretés. C’est cela l’islam du désert, dont la vocation est bien loin des préceptes du prophète Mohammad et de ceux qui, après lui, ont dirigé sa Oumma. En effaçant les traces du passé, Daech veut détruire les symboles qu’elles représentent, pour que domine sa vision d’un monde uniforme, plat, formaté, monotone, totalitaire, injuste, arbitraire, lassant et désespérant. Et c’est en construisant cet enfer, à coups de têtes tranchées, de femmes et d’enfants réduits à l’esclavage, de minorités déracinées, et de populations martyrisées, qu’Abou Bakr el-Baghadadi promet à ses hommes le paradis.Le monde n’a pas encore pris la mesure du danger que représente ce groupe pour l’Humanité. Certains pays dits «civilisés» ne déploient pas les moyens nécessaires pour endiguer sérieusement l’avancée de Daech. Sinon comment expliquer le fait que cette organisation, soumise depuis neuf mois à des bombardements aériens quotidiens menés par des dizaines d’avions, parvient toujours à agrandir son territoire? Des Etats de la région continuent de trouver des convergences d’intérêts avec Abou Bakr el-Baghdadi, partant du principe que «l’ennemi de mon ennemi est mon ami». Le plus dangereux est cette tentative pernicieuse de réhabilitation du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, que certains espèrent voir rayé de la liste des organisations terroristes des Nations unies. Même au Liban, il existe des naïfs qui se croient à l’abri de la menace de Daech dans toutes ses versions, et pensent jouir d’une marge de manœuvre assez large pour jouer aux malins, dans l’espoir de régler des comptes politiques avec leurs adversaires locaux. Ils n’ont pas compris que la menace est globale, que personne n’y échappera, et que l’heure de l’union sacrée a sonné depuis longtemps. 



 Paul Khalifeh
   

Santé

Les conséquences de l’accident vasculaire cérébral. Lésions, séquelles, handicaps
Un engourdissement, une impossibilité de bouger, des troubles de la parole et de la vision et une perte de sensibilité…

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