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Nº 3084 du vendredi 1er décembre 2017

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Le Liban est plongé dans une nouvelle crise. Le scénario d’un conflit classique recule au profit d’une guerre économique, dont les contours ne sont que des supputations… jusqu’à nouvel ordre.

La guerre économique contre un pays est aussi nuisible qu’une guerre classique. Elle n’est pas psychologique mais effective. De tels scénarios inquiètent les Libanais. Cette arme a été déjà utilisée à maintes reprises dans l’histoire contemporaine, prenant la forme tantôt d’embargo, tantôt de mesures de rétorsion. Le vice-président de la police et de la sûreté générale à Dubaï, Dahi Khalfan Tamim, a donné un avant-goût de ce que pourrait être l’avenir, le 19 novembre, à travers un tweet: «A l’ombre de la menace de Nasrallah qui plane sur la sécurité des pays arabes, le Liban pourrait faire l’objet d’un boycott de la part des pays de l’alliance aux intérêts desquels porte préjudice Hassan Nasr Khamenei». Dans la conscience collective des Libanais, le scénario de l’isolement du Qatar est présent.  
 
Les transferts de fonds
Tout le monde sait que la Banque centrale et les banques commerciales représentent les piliers des cycles monétaire et financier au Liban. Toute atteinte à leur système de fonctionnement construit au fil des décennies signifierait une économie nationale laminée non-viable. Raëd Khoury, le ministre de l’Economie, a résumé la situation en déclarant que le système bancaire local bénéficie d’une grande confiance sur le triple plan local, régional et international, vu son professionnalisme et le volume de ses dépôts qui ont dépassé 180 milliards $. Il a insisté par ailleurs sur «les transferts de fonds des expatriés libanais dans les pays du Golfe, des flux de capitaux qui soutiennent l’économie nationale plus que les exportations libanaises vers le monde arabe». Ces transferts sont d’une importance vitale pour le Liban puisqu’ils contribuent à réduire le déficit de la balance des paiements, figurant à deux reprises dans le cadre du calcul de celle-ci. Ils dopent les avoirs nets extérieurs de la Banque centrale, le volume des dépôts bancaires et la consommation interne des ménages. Depuis plus d’une dizaine d’année, ces transferts constituent en rythme annuel une valeur supérieure à celles des flux financiers et de capitaux ainsi que des investissements directs, ces derniers étant cycliques, et des assistances de développement officielles qui sont associées à des conditions spécifiques.
A priori, il est à signaler que les dépôts de garantie du royaume wahhabite déposés auprès de la BDL pour renforcer ses capacités en réserves de devises étrangères et son pouvoir à intervenir sur le marché pour soutenir la monnaie nationale, ont été retirés entièrement en 2011. A présent, les dépôts des ressortissants saoudiens auprès des banques commerciales libanaises sont destinés à l’investissement et n’ont, de ce fait, aucun lien avec la conjoncture politique. Ces fonds ne dépassent pas 1% de l’ensemble de la valeur des dépôts des non-résidents. Leur éventuel retrait n’aura aucune répercussion sur la stabilité du fonctionnement des établissements de crédits.

La manne des expatriés
La forme la plus dangereuse que pourrait prendre la guerre économique contre le Liban est celle de l’expulsion des expatriés des pays du CCG. Toute décision saoudienne de ce genre engagerait Bahreïn, le Koweït et les Emirats arabes unis. Ce qui signifie le rapatriement de 300 000 expatriés libanais travaillant en Arabie saoudite, un chiffre qui atteindrait 500 000 si l’on prend en considération les expatriés dans les autres pays du Golfe. Ce qui signifie dans la pratique une montée en flèche du taux de chômage au Liban, l’arrêt des transferts de fonds vers les banques commerciales. Ces transferts sont de l’ordre de 1,5 milliard $ en provenance de l’Arabie saoudite et de 1,9 milliard $ de la part des autres pays du Golfe. Ils représentent les trois-quarts du total des transferts des fonds, ces derniers constituant 16% du PIB du Liban. En d’autres termes, les transferts du royaume wahhabite représentent une part de 80% de l’ensemble des transferts des expatriés en provenance des pays du CCG. Il est à noter que depuis le déclenchement des violences en Syrie en 2011, le montant de l’ensemble des transferts vers le Liban n’a fait que reculer, passant de 10 milliards $ à près de 7,3 milliards l’année dernière. En contrepartie, le volume des investissements libanais en Arabie se sont élevés à 800 millions $, à 1,5 milliards $ aux EAU et ont atteint près de 3 milliards $ au niveau du CCG. Quant aux exportations libanaises vers les pays du CCG, elles ne représentent que 695 millions $ en rythme annuel.
L’expulsion des expatriés libanais des pays du CCG rendrait nettement plus difficile la mission de la BDL d’attirer des devises étrangères et, par conséquent, de soutenir à long terme la livre. Ce qui pourrait la contraindre à augmenter les taux d’intérêt. Une démarche qui ne serait pas favorable à l’économie tant elle serait nuisible aux emprunteurs que sont l’Etat libanais, les entreprises du secteur privé et les centaines de milliers de citoyens liés par des prêts bancaires. Les vagues d’éloignement des Libanais des pays du Golfe remontent à 2009, lorsque ce procédé a été appliqué par les émirats d’Abu Dhabi et de Sharka. Quarante-sept libanais avaient été expulsés au nom de «la protection de la sécurité nationale suprême de l’Etat». En 2011, Bahreïn a ordonné l’éloignement de seize libanais, une démarche similaire a été mise en œuvre en 2013 par les pays du CCG à l’encontre des travailleurs et employés libanais chiites suite à l’implication du Hezbollah dans la guerre syrienne et en exécution de la résolution prise par les pays membres du Conseil. Ainsi le Qatar, l’Arabie saoudite et le Koweït ont dû emboîter le pas à Bahreïn et expulser des dizaines de ressortissants libanais. La résolution du CCG a été réactivée en 2015 en réaction à «l’impudence des déclarations du secrétaire général du Hezbollah concernant les affaires internes des pays du Golfe». L’année dernière, le Palais Bustros a appris que plus de 74 ressortissants libanais travaillant dans le Golfe ont été soit expulsés des pays hôtes, soit interdits de renouveler leur permis de séjour pour des raisons diverses, une mesure qui aurait affecté des Libanais de toutes les confessions. Des expatriés dans le Golfe ont commenté avec amertume une telle hypothèse, estimant qu’ils ont à maintes reprises servi «de boucs émissaires aux conflits politiques». Ils sont dans une position d’attentisme et de prudence. Les uns se seraient déjà préparés psychologiquement à leur licenciement, d’autres tentent de se rassurer en se disant qu’après 10 ans ou plus de loyaux services, ils ne seraient pas éjectés du jour au lendemain. Mais si une décision de ce genre était prise par les autorités saoudiennes, elle sera suivie par les autres pays du CCG, et les expatriés libanais n’auront d’autres choix que d’obtempérer. Pourtant, selon les mêmes sources, seuls devraient être sanctionnés et expulsés des pays du CCG ceux qui enfreignent les lois et les règlements. Désormais, les expatriés libanais font partie du tissu social du royaume wahhabite et l’hypothèse de leur expulsion devrait être dissociée des tiraillements politiques. A ce niveau, un rôle d’intermédiation de la part de la communauté internationale serait fortement souhaité.

Vision 2030
Bien avant la crise actuelle, c’est dans le cadre de l’initiative lancée par le gouvernement saoudien, Vision 2030, destinée entre autres, à diversifier son économie et à renforcer le nombre des employés nationaux, que Riyad a augmenté sensiblement les frais des permis de séjour des travailleurs étrangers. Ainsi la hausse du coût des permis de séjour serait associée à une baisse du nombre des forces actives étrangères et, par conséquent, une baisse des transferts de fonds vers la mère-patrie. Ainsi de nombreux Saoudiens ont réclamé via les médias sociaux l’expulsion des employés étrangers qui leur livrent une concurrence déloyale au niveau des emplois, affirmant qu’ils seraient les premiers à quitter le pays si un problème venait à survenir. Ils ont également pris en exemple les Libanais, qui revendiquent le retour des réfugiés syriens dans leur pays, et qui ont envahi leur marché du travail. Les tweets allant dans ce sens sont actuellement répercutés en Arabie saoudite par les médias. Cette fois-ci, les employés libanais, toutes communautés confondues, seraient ciblés, et pas seulement les chiites libanais.

Des retraits difficiles
80% des investissements directs au Liban proviennent des pays du Golfe, dont 40% sont placés dans l’immobilier. Depuis 2012, le volume de ces investissements n’a pas augmenté. Il y a peut-être une difficulté mais pas une impossibilité d’abandonner ce secteur qui connaît une baisse importante des prix. A l’exception du groupe al-Kharafi, aucun grand investisseur arabe ne s’est retiré du Liban. Ce groupe a eu des problèmes d’ordre successoral. Les hedge funds américains ou anglais sont prêts à se porter acquéreurs. Toujours est-il que les Arabes ne souhaitent pas brader leurs biens-fonds immobiliers d’autant qu’un investissement direct est un placement à long terme et ne constitue aucunement de l’argent chaud (hot money). Les participations des sociétés saoudiennes en tant qu’actionnaires dans divers secteurs productifs sont significatives. Dans le domaine du tourisme, la part du royaume est de 35%, suivie par celle de la vente au détail 16%, de l’industrie 13% et la construction 8%. Il est à rappeler, à titre indicatif, la présence de la Société générale d’entreprises touristiques, une joint-venture libano-saoudienne qui détient le Summerland Kempinski Hotel & Resort, dont le coût de construction s’était élevé à 155,5 millions $. Quant aux investissements directs des Emirats au Liban, ils ont représenté 1/5 des projets des IDE entre 2003 et 2016, selon FDI Intelligence Report. La guerre économique aura-t-elle lieu? L’affaire est à suivre.

Liliane Mokbel

Les bacheliers sont quelque peu négligés au Liban sur le plan de l’exposition médiatique des produits bancaires qui leur sont consacrés. Pourtant, le segment jeune est un enjeu majeur pour la rentabilité des banques. Explications.


Peu de spots publicitaires, tous supports médias confondus, vantent l’inclusion financière des jeunes ou leur accordent l’attention qu’ils méritent, compte tenu de leur potentiel à venir et leur parcours professionnel de forces actives qui vient de démarrer. Pourtant, les marketeurs du monde de la finance les considèrent comme une cible censée «être draguée» par les banques. Il ne s’agit pas seulement de garder la cible captive — qui n’est d’ailleurs pas toujours gagnée d’avance — c’est-à-dire les jeunes, enfants de la clientèle d’une banque, mais d’en attirer de nouveaux. D’où des questionnements concernant la meilleure banque et le meilleur compte bancaire pour les jeunes.
Dans la logique de la vie, les établissements financiers devraient souhaiter attirer les jeunes de 16 à 30 ans, qui sont les nouveaux titulaires du fameux sésame, les nouveaux acteurs en voie de positionnement sur les créneaux des produits financiers. Les jeunes, par définition, sont une cible volatile réceptive «aux offres promotionnelles». Cette tranche de la population zappeuse et mobile incite les banques à être plus créatives et innovatrices. Des offres commerciales commencent à émerger sur le marché local: gratuité des frais la première année ou plus; réduction des frais; possibilités de découverts sur certains comptes; association des comptes à des partenariats captivants. Ceci étant dit, le terrain de jeu est encore spacieux. Toujours est-il que l’éligibilité des jeunes à bénéficier d’incitations financières et de privilèges bancaires demeure une affaire délicate. 

La mutation
Lorsque l’on sait qu’en France trois jeunes sur quatre âgés de moins de 25 ans choisissent la banque de leurs parents, on comprend mieux l’intérêt porté à cette cible. Ainsi, les banques de réseau mettent le paquet pour lancer «des opérations séduction». Il s’agira tantôt de la gratuité des frais la première année puis des packages à -50% par la suite. Outre des frais réduits, elles font preuve de souplesse en proposant des découverts autorisés à cette tranche de la population «aux revenus irréguliers ou aléatoires». Enfin, pour rendre plus «fun» la relation sur un produit peu attrayant, elles intègrent le plus souvent des offres exclusives grâce à des partenariats sur le thème de la musique ou du cinéma. Ces nouveaux acteurs veulent leur part du gâteau. L’obtention du baccalauréat et la poursuite d’études supérieures est le bon moment pour choisir «sa banque» en profitant des primes dédiées à cette occasion. Les marketeurs distinguent, en général, trois grandes étapes pour subdiviser la tranche d’âge 16-29 ans en termes de mutations décisives:
● Les 16-20 ans «étudiants», cette période, où la majorité d’entre eux poursuit encore des études, n’est pas à sous-estimer car c’est à ce moment-là que se joue l’ouverture du premier compte courant, à 17 ans en moyenne. Vers 18 ans, c’est le premier équipement. Il s’est souvent joué en amont de cette tranche avec le premier livret.
● Les 21-25 ans «en transition», c’est dans cette tranche que la situation évolue le plus. Les jeunes quittent le domicile parental, s’installent dans la vie active et parfois dans une vie à deux. Précisément, la tranche des 21-23 ans est l’âge moyen où l’on constate l’accélération de certains événements financiers: souscription d’assurances dommages à titre personnel, de prêts auto et de crédit consommation, multifinanciarisation et aussi montée en puissance de la multibancarisation.
● Les 26-29 ans «jeunes actifs», la population de jeunes que les banquiers s’arrachent. Le taux d’activité de ces jeunes atteint 90%, près de 40% ont des revenus d’un montant égal ou supérieur à 1500 dollars par mois,  et certains ont déjà accédé à la propriété. C’est à 25 ans en moyenne qu’ils contractent leur premier crédit immobilier.

Les enfants des clients
Une étude d›Exton Consulting souligne à quel point les moins de 30 ans sont mobiles mais montrent des attentes finalement assez classiques vis-à-vis de leur établissement bancaire. L’étude fait ressortir qu’ouvrir son premier compte courant dans la banque de ses parents a un impact positif sur la fidélisation à long terme. Chez les jeunes ayant ouvert un compte dans la banque de leurs parents, un tiers en moyenne l’auront quittée à 26-29 ans, alors qu’ils sont la moitié au même âge à le faire, lorsque leur première banque n’était pas celle des parents. Ainsi, les jeunes qui, au départ, n’ont pas choisi la banque des parents sont structurellement plus volatiles. Pour maximiser la fidélisation des jeunes actifs, les banques doivent donc conquérir en priorité les enfants de leurs clients. Mais ont-elles aujourd’hui toutes les informations nécessaires dans leurs bases pour les cibler? Trop nombreuses encore sont celles qui n’explorent pas cette facette de la connaissance de leurs clients. Revers de la médaille, les jeunes acquis par conquête externe sont particulièrement à surveiller car leur fidélité est plus fragile.

Des jeunes critiques
Une autre observation à ne pas négliger est le constat que les jeunes sont des adeptes des bons plans, critiques vis-à-vis des marques, habitués à surfer entre les offres des opérateurs téléphoniques, ils sont les consommateurs les plus opportunistes et les plus habiles à décrypter les messages marketing. Les banques n›ont aucune raison d›échapper à leur attitude très mobile. D’autant que les jeunes représentent un marché dynamique et sans risque de saturation. Il est évident qu’ils constituent un vivier de clientèle intéressante puisque l’on compte, tous les ans, près de 24000 nouveaux diplômés au Liban à la recherche de leur premier emploi.

Confiance et exigence
La banque est un bon partenaire pour les jeunes notamment pour des projets personnels. Pour ceux-ci, c’est clair: une banque sert avant tout à «avoir une carte bancaire et faire des virements». Mais ils pensent aussi à faire des économies de manière sécurisée ou à préparer des projets personnels à plus ou moins long terme. Par ailleurs, les jeunes reconnaissent trois qualités inhérentes à leur banque: la confidentialité; la sécurité; et la proximité. Quant ils sont interrogés sur leur satisfaction d’une enseigne bancaire, ils citent une bonne information, une bonne disponibilité, une grande réactivité du personnel.

Le référent privilégié
Une autre enquête a montré que les mauvaises relations avec son interlocuteur tout comme la médiocre qualité des conseils fournis par le personnel bancaire constituent un grand facteur de mobilité des jeunes d›un réseau à l›autre. Car, pour cette génération numérique, le rapport avec l’agent reste primordial. C›est d›abord à lui qu›elle demande des avis sur les placements, avant Internet et même, après 25 ans, avant les parents. Bien que les jeunes manient la souris mieux que personne, ils continuent à privilégier l›agence. Pour leurs opérations courantes, elle constitue le premier canal utilisé, même si c›est souvent de manière occasionnelle. Ils ne voudront surtout pas d›agence entièrement virtuelle et seront plus nombreux que la moyenne à penser qu›Internet ne peut pas devenir le seul moyen d›effectuer des opérations. Donc même s’ils sont adeptes de technologie, ne proposer aux jeunes qu’une banque «tout virtuel» serait une erreur majeure.

La toile
Cela dit, l’Internet affiche aussi de bons scores chez eux. Habitué à jongler entre les propositions des marques, ce public veut tout simplement avoir le choix en permanence sur la manière d›entrer en contact. Le discours sur le web mériterait pourtant d›être revu par le monde bancaire local. Nombreux sont les jeunes qui déclarent ne pas identifier la rubrique — dans le cas où elle existe — qui leur est dédiée sur le site Internet de leur établissement. Et ce sont les plus jeunes qui la consultent. Par conséquent, les professionnels auraient tout intérêt à repenser ces espaces en fonction des tranches d›âge pour en faire de vrais canaux de vente. Les banques doivent donc favoriser le «zapping» entre les canaux. Tout comme de nouveaux modèles d›offres à la carte et de paiement à l›usage peuvent être testés auprès de ce public ouvert à la nouveauté. Mieux vaut veiller à ne pas négliger auprès de cette population la dimension de conseil et de relation personnelle. Même pour les jeunes, un peu de classicisme ne nuit pas.
Au final, s’ils veulent assurer leur développement sur le marché des jeunes, les acteurs financiers devraient, plus que sur n’importe quel autre segment de marché, travailler sur deux grands enjeux: un enjeu de conquête pour adresser les 24000 potentiels jeunes clients arrivant chaque année et un enjeu de fidélisation pour notamment retenir plus d’un jeune actif sur deux.

Bank Audi: compte Spring
Interrogée par Magazine, Grace Eid, directrice de la banque de détail à Bank Audi SAL* décortique l’offre destinée aux jeunes. Bank Audi propose son compte Spring, qui donne un avant-goût concret de la vie active et permet aux jeunes «d’aller plus loin avec de petits moyens».
Aujourd’hui, le compte Spring offre encore plus de bénéfices et d’options. En effet, les jeunes ayant entre 18 et 24 ans peuvent ouvrir un compte et recevoir 5 dollars chaque mois sur leur portable ou un cash back de 5 dollars chaque fois qu’ils dépensent un minimum de 25000 livres libanaises sur de l’essence ou des achats en ligne.
Ils bénéficient également:
● D’un programme de fidélité avec 300 points de bonus gratuits à la première utilisation de leur carte de débit.
● D’escomptes auprès d’une liste spécifique de commerçants.
● D‘ateliers de travail gratuits sur le développement de carrière.
● De diverses opportunités de stage.
● D’une carte de débit sans contact gratuite qui simplifie et accélère le processus de paiement puisqu’elle leur permet d’effectuer leurs règlements en la pointant devant un lecteur sécurisé.
● De prix escomptés sur les montres et bracelets Tap2Pay NFC, pour payer intelligemment.
● D’un accès gratuit à leur compte grâce à l’application mobile de Bank Audi.
Déployant d’innombrables efforts pour répondre aux besoins des jeunes qui sont en constante évolution, Bank Audi communique avec eux via les réseaux sociaux et organise des compétitions à l’issue desquelles ils peuvent gagner des billets d›entrée à des pistes de ski, des tickets de cinéma, ou encore des billets pour des concerts. Elle les implique également dans la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), pilier clé faisant largement partie de la culture de Bank Audi, en permettant aux détenteurs d’un compte Spring de s’engager dans l’amélioration du bien-être social par l’intermédiaire du programme de bénévolat de la banque.
Bank Audi propose aussi son prêt étudiant, un programme mis en place par la Banque du Liban pour encourager les jeunes à suivre leurs études. Ainsi, un jeune souhaitant obtenir un prêt étudiant doit présenter sa demande auprès de la banque, et avoir un garant qui est généralement l’un de ses parents. Bank Audi est toujours prête à offrir les solutions les plus adéquates pour soutenir les étudiants dans leur parcours académique. Par ailleurs, à la question de savoir si Bank Audi fait une différence entre «un profil de jeunes client fourmi» et « un autre «client jeune cigale», Mme Eid s’explique que «lorsqu’un jeune atteint sa majorité et entre à l’université, il fait un pas de plus vers sa vie d’adulte. En plus de son choix de carrière, il doit aussi penser à créer une relation financière avec la banque de son choix».
Il est important qu’un étudiant sache qu’adopter une banque fait partie de son indépendance. Il est donc primordial qu’il commence à traiter avec une banque dès un jeune âge, ce qui lui permettra de bâtir un avenir convenable. La relation est en effet plus simple entre le client et la banque lorsqu’ils se connaissent déjà. Lorsque le détenteur d’un compte Spring demande un prêt personnel, il l’obtiendra plus facilement que quelqu’un qui n’a jamais eu de compte à la banque. En outre, il est important que les jeunes apprennent à épargner, même de petites sommes. A cet égard, Bank Audi donne l’opportunité aux jeunes de 18 à 24 ans de devenir «ambassadeurs» du compte Spring, un emploi à temps partiel avec des heures de travail flexibles. En tant que porte-parole officiel de Spring, il leur incombera d’en promouvoir les avantages auprès de leurs amis, et de les encourager à ouvrir un compte Spring. De plus, la banque encourage les jeunes qui veulent épargner, à qui elle propose son compte d’épargne à vue, The sight deposit account, qui combine la flexibilité du compte courant avec les taux préférentiels du compte d’épargne. Ce compte cible en effet les clients à revenus faible et moyen, qui visent à optimiser leur épargne à partir d’une épargne réduite.

Fransabank: compte LEAD
Pour Philippe el-Hajj, directeur général adjoint de Fransabank et responsable de la banque de détail, Fransabank a dans son portefeuille une large gamme de produits destinée à combler les attentes du plus grand nombre de clients, étudiés et conçus de façon à s’adapter aux besoins de chacun. Ces produits ont des particularités et des critères spécifiques auxquels s’ajoutent des offres ponctuelles diversifiées et ciblées. Pour le secteur bancaire, comme pour de nombreux autres secteurs, les jeunes représentent un vivier de clients. En toute logique, les établissements financiers ont à cœur de les séduire le plus tôt possible afin de les fidéliser durablement. La stratégie: leur proposer des produits ciblés et des services avantageux concernant la gestion de leur compte ainsi que le financement de leurs études supérieures et qui les aident dans leur quête vers l’indépendance financière. Les jeunes sont des consommateurs opportunistes et très habiles.
L’inclusion financière constitue l’un des axes de la stratégie de Fransabank en ce qui concerne sa responsabilité sociale, les jeunes générations en font partie. Afin de combler le désir d’indépendance des jeunes proche de la majorité, Fransabank a conçu le compte LEAD pour les jeunes de 16 à 25 ans, qu’ils peuvent ouvrir sans frais. Cartes bancaires traditionnelles, carte d’Internet, suivi de solde sur l’application mobile ou à travers l’Apple Watch, notifications par SMS, opérations financières gratuites à travers la banque en ligne, des taux préférentiels sur leur comptes, des escomptes chez certains marchands… les prestations offertes sont nombreuses pour aider les jeunes titulaires d’un compte à gérer leur argent et les rendre financièrement indépendant.
Par ailleurs, Fransabank propose un prêt étude Educational Loan à des taux particulièrement attractifs subventionnés par la Banque du Liban et qui aide les étudiants à financer et poursuivre leurs études au Liban ou à l’étranger. Educational Loan s’étale sur une période de 10 ans et peut atteindre 250000 $ dépendamment des besoins de l’étudiant. Il comprend une période de grâce sur toute la durée des études, le client ne commence les remboursements qu’un an après l’obtention du diplôme, ce qui représente un avantage important pour l’étudiant qui ne rembourse donc ce prêt qu’un an après avoir terminé ses études et avoir trouvé du travail.

*Les banques sont citées selon l’ordre alphabétique de leur raison sociale

Liliane Mokbel

Le Liban était à deux doigts de la catastrophe début novembre. Retour sur la descente aux enfers de Saad Hariri puis sa résurrection. Quel a été le rôle des différents acteurs et quels sont les scénarios à venir?


Continuer de nier que le Premier ministre Saad Hariri a été forcé à la démission par l’Arabie saoudite, le 4 novembre, et qu’il n’était pas libre de ses mouvements pendant 18 jours à Riyad relève de la mauvaise foi ou de l’absurde. Le faisceau de preuves, réunies par le Liban et les grandes puissances (voir nos pages de confidences), ainsi que les articles publiés dans la presse internationale, ne laissent planer que peu de doute là-dessus. A ceux qui refusent d’y croire, malgré les anormalités, le flou et l’ambiguïté, qui ont entouré la démission et le séjour de Hariri dans le royaume des Saoud  — ou faut-il dire des Salman dorénavant? —, trois questions devraient suffire à les convaincre. Pourquoi toutes les positions exprimées par Saad Hariri après le 4 novembre, y compris lors de l’interview accordée à Paula Yacoubian, étaient nettement en-deçà du ton de la démission lue sur al-Arabiya TV? Pourquoi a-t-il fallu que la France déploie tout l’arsenal de sa diplomatie, sous la supervision directe du président Emmanuel Macron, et en coordination étroite avec les grandes capitales de ce monde, pour organiser le voyage d’un seul homme entre Riyad et Paris, s’il était réellement libre? Enfin, pourquoi Saad Hariri n’a-t-il pas prononcé une seule fois le nom de l’Arabie saoudite lors de son premier discours public à Beyrouth devant ses partisans rassemblés devant la Maison du centre, le soir du 22 novembre? Une phrase du Premier ministre, sortie tout droit du cœur, lors de cette allocution improvisée, est assez révélatrice: «Vous êtes là pour remercier Dieu pour mon retour, moi je lui rends grâce pour avoir gardé le Liban sain et sauf». Le danger était donc grave.
Replacer le débat sur le terrain des circonstances de la démission et du séjour est autant inutile que contre-productif, voire nuisible, dans la mesure où cela dilue la réflexion sur les raisons de ce qui s’est produit, les buts escomptés par les différents acteurs et, in fine, les scénarios auxquels le Liban pourrait être confronté.

Le Yémen en filigrane
Il est maintenant clair que les dirigeants saoudiens sont arrivés à la conclusion que Saad Hariri n’est pas l’homme qu’il leur faut pour s’opposer au Hezbollah. Ils auraient été aidés en cela par certaines personnalités politiques libanaises, qui ont insidieusement distillé leur poison anti-Hariri dans les oreilles saoudiennes. D’autres auraient même participé à la préparation et l’exécution de ce que des proches de Saad Hariri qualifient de «complot». Le ministre de la Culture, Ghattas Khoury, a d’ailleurs dénoncé les «Judas» et autres traîtres qui ont œuvré à la disgrâce du Premier ministre auprès de Mohammad ben Salman (MBS), le prince héritier. Le secrétaire général du Courant du Futur (CDF) Ahmad Hariri, a évoqué une possible purge, qu’il a adouci en parlant de «changements» au sein du parti pour le débarrasser des cadres dont la loyauté a fait défaut lors de la récente crise. Dans ce contexte, des rumeurs font état d’une visite du chef d’un parti chrétien du 14-mars à Dubaï, en octobre, où il aurait rencontré Bahaa Hariri, qui se préparait en secret à prendre la succession de son frère Saad après sa mise à la retraite forcée.
L’objectif était de faire tomber le gouvernement d’union nationale pour isoler le Hezbollah, en le privant de la précieuse légitimité politique que lui confère sa présence au sein de l’exécutif. Le ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan, l’a annoncé ouvertement, en réclamant même l’exclusion du parti de Hassan Nasrallah du Parlement, dans le cadre d’une vaste stratégie visant à «couper les bras de l’Iran dans le monde arabe». La démission de Hariri s’est accompagnée d’une vaste charge médiatique qui n’a pas épargné le président Michel Aoun, et de rumeurs fantaisistes sur le déploiement d’escadres de la chasse saoudienne à Chypre en prévision d’une campagne aérienne contre le Hezbollah. Evidemment, rien de tout cela ne s’est produit et il est peu probable que cela se produise dans un proche avenir.
Divers milieux politiques affirment que le véritable objectif de l’Arabie à travers les pressions inédites qu’elle a exercées sur le Liban était d’obtenir des concessions iraniennes au Yémen, un enjeu de taille pour la sécurité et la stabilité du royaume et pour la crédibilité de MBS, engagé au pas de charge dans la conquête du trône. L’équation proposée par Riyad à Téhéran est simple: soit l’Iran lève le pied au Yémen, soit l’Arabie plonge le Liban dans le chaos. Cette offre piégée est toujours sur la table, même si l’Arabie a perdu la première manche du bras de fer.

Hariri rentre au bercail
L’heure de la retraite n’a décidemment pas sonné pour Saad Hariri. Le Premier ministre a été «exfiltré» de Riyad par la France, qui lui a ensuite assuré un filet de protection politique (et sécuritaire selon des sources informées), en coordination avec l’Egypte, pour qu’il revienne au Liban. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et d’autres pays ont également lancé des messages que l’Arabie saoudite a été contrainte de lire et de bien comprendre: le Premier ministre doit reprendre le rôle qui est le sien dans la vie politique et nationale libanaise. Mais tout cela n’aurait pas pu réussir sans la fine gestion de la crise par le président Michel Aoun, en coordination avec le chef du Parlement, Nabih Berry, le Hezbollah et Bahia Hariri. Cette dernière était entourée des membres de la famille (dont ses fils Ahmad et Nader), qui auraient prêté solennellement serment sur le Coran qu’ils n’abandonneraient pas Saad et n’accepteraient pas qu’il soit remplacé à la tête du CDF. Le ministre Nouhad Machnouk et le mufti Abdel Latif Deriane ont également joué un rôle clé au niveau de la rue sunnite, qui a d’ailleurs ressenti comme une humiliation le traitement réservé à son chef par ceux qui sont censés être ses soutiens régionaux.
Le premier acte de l’affaire Hariri, qui s’est achevé par son retour à Beyrouth via Paris, a été joué d’une main de maître par Michel Aoun, avec le soutien actif de Macron. Le deuxième acte, qui s’est achevé par la «suspension» de la démission, s’est joué à Beyrouth. Le terrain a été débroussaillé par Nabih Berry et Hassan Nasrallah. Le chef du Parlement a annoncé que les responsables politiques étaient disposés à discuter de la «distanciation» du Liban des conflits régionaux, un principe érigé en leitmotiv par Hariri pour remplacer le «compromis», qui gère la vie nationale depuis l’élection de Michel Aoun et sa désignation au poste de Premier ministre. Un compromis honni par les Saoudiens. Le secrétaire général du Hezbollah a pour sa part calmé le jeu en déclarant officiellement que son parti n’envoyait pas d’armes au Yémen et qu’il n’était pas impliqué dans le tir d’un missile balistique contre Riyad, dans la nuit du 3 au 4 novembre.
Les termes de «suspension» ou de «gel» de la démission par Hariri ne sont pas appropriés. En effet, ces deux mots signifient que la démission a été présentée mais que ses effets ont été suspendus. Alors que le mot de «tarayoth» en arabe (temporiser, attendre, différer), utilisé par M. Hariri, signifie que la démission n’a pas encore été présentée, et que, par conséquent, le gouvernement continue de jouir de tous ses attributs constitutionnels. Cela lui permet, éventuellement, de reprendre le travail à n’importe quel moment. Selon des sources informées, c’est Nabih Berry qui serait à l’origine de cette subtile tournure linguistique.

Et maintenant?
Le troisième acte a commencé le lundi 27 novembre avec les concertations entreprises par le président Aoun avec toutes les forces participant au gouvernement et le parti Kataëb. Cet acte a été précédé de pressions exercées par MBS en personne, dans une interview accordée le 23 novembre au New York Times. «M. Hariri ne va pas continuer à fournir une couverture politique à un gouvernement qui est essentiellement contrôlé par la milice du Hezbollah», a dit le prince héritier saoudien à Thomas Friedmann, dans ce qui ressemble à une consigne adressé au Premier ministre libanais. Dans les jours qui ont précédé les concertations de lundi, le Premier ministre a exprimé des positions plutôt critiques à l’égard du Hezbollah et de l’Iran, et a couvert de louanges l’Arabie saoudite et MBS. Certains observateurs interprètent ces prises de position comme un durcissement de ton de la part de M. Hariri. D’autres affirment, au contraire, que la décision de renflouer le gouvernement actuel a déjà été prise et que tout ce qui se passe maintenant n’est qu’une opération cosmétique pour contourner les pressions saoudiennes et éviter que MBS n’entre dans une nouvelle colère. En encensant le royaume, M. Hariri ne fait que réparer l’oubli — volontaire? — du  22 novembre. Sa vraie position sur le Hezbollah, il l’a exprimée dans une interview accordée à la revue émiratie al-Rajol (L’Homme) et publiée le 26 novembre, à la veille des concertations. «La solution aux armes du Hezbollah est régionale et non pas locale. Nous ne pouvons rien faire à ce sujet», a-t-il dit. Cela équivaut à renvoyer cette question à un règlement global régional entre l’Arabie saoudite et l’Iran.
La priorité pour Michel Aoun et Saad Hariri est donc de relancer l’action gouvernementale et pour cela, ils sont à la recherche d’un lifting pour le «compromis». Dans ce contexte, des sources informées croient savoir que le Hezbollah serait disposé à leur faciliter la tâche en adoptant les mesures suivantes dans les prochains jours ou semaines:
● Annonce officielle du retrait des conseillers et des instructeurs d’Irak.
● Désescalade au niveau du discours médiatique concernant notamment le conflit yéménite.
● Possible retrait de Syrie après l’annonce officielle par l’ayatollah Ali Khamenei de la fin de l’Etat islamique en Irak et en Syrie.
Ces mesures restent cependant tributaires, expliquent ces sources, de l’attitude de l’Arabie saoudite.
Quels que soient les scénarios à venir, aucun ne sera aussi catastrophique que celui qui attendait le Liban après le 4 novembre, avant d’être neutralisé par le sens de la responsabilité développé par les dirigeants libanais, la maturité de la rue sunnite, et le sursaut de la communauté internationale.

Paul Khalifeh
 

Les cellules souches représentent un grand espoir pour la médecine. Elles sont capables de renouveler des organes et des tissus âgés ou endommagés, comme dans le cas des maladies neurologiques ou métaboliques. La greffe de cellules souches est surtout envisagée lorsque d’autres traitements échouent. Qu’est-ce que les cellules souches? Quels sont les avantages de cette médecine? Magazine enquête.
 

Les cellules souches sont celles à partir desquelles toutes les autres cellules sanguines se développent. Elles font l’objet de nombreuses recherches dans l’espoir de guérir des maladies aujourd’hui incurables. L’objectif est de soigner durablement le patient grâce à une injection unique de cellules thérapeutiques. Ces cellules sont obtenues à partir de cellules souches  pouvant donner tous types de cellules ou un nombre limité de types de cellules provenant du patient lui-même ou du donneur. La thérapie cellulaire permet ainsi de soigner un organe défaillant par la transplantation de cellules saines dans le but de remplacer les cellules malades de l’organe en question. Ces cellules sont capables de se transformer afin de donner d’autres nécessaires à la guérison de l’organe. Les cellules souches hématopoïétiques sont les plus connues. Elles ont un rôle capital dans la formation des cellules du sang et sont présentes au niveau de la moelle osseuse.
Selon le Dr Albert Azar, spécialiste en thérapie cellulaire au centre de médecine régénérative au Middle East Institute of Health (MEIH), «la médecine régénérative est une stratégie thérapeutique visant à réparer un organe malade grâce à des cellules souches qui vont se différencier pour remplacer les cellules lésées ou malades». Le Dr Azar explique également que le sang du cordon ombilical contient des cellules souches hématopoïétiques qui sont bien tolérées en cas de greffe. Ce sang est utilisé pour traiter les leucémies ou les lymphomes ou encore des maladies génétiques. Le Centre de médecine régénérative Reviva encourage d’ailleurs les futures mères à donner ce produit sanguin à la naissance de leurs enfants pour assurer la survie de ces derniers ou de leur entourage en cas de maladies. «Je me suis bien informée sur le sujet, confie une jeune future mère. La préservation des cellules souches se fait en toute sécurité. Cela me réconforte et me permet d’assurer la vie de mon enfant en cas de problème de santé grave».

Traiter les maladies
Le prélèvement a lieu dans les minutes qui suivent l’accouchement lorsque le cordon ombilical vient d’être coupé et que le placenta est encore dans l’utérus. Le sang de cordon, riche en cellules souches, est ensuite congelé et conservé dans une banque en vue de son utilisation ultérieure. Le prélèvement des cellules souches utilisées en thérapie cellulaire peut être réalisé sur le patient lui-même et les cellules thérapeutiques seront parfaitement tolérées par celui-ci sur le plan immunitaire. «Après la naissance d’un enfant, le sang de cordon, contenu dans le cordon ombilical et le placenta, est facile à collecter, et cela sans aucun risque pour la mère ou l’enfant. Le sang du cordon ombilical est désormais connu pour être une source utile de cellules souches de sang. Il est surtout utilisé pour traiter les enfants atteints de certaines maladies du sang», note par ailleurs le Dr Azar, en précisant que la greffe des cellules souches permet d’améliorer la qualité de vie du patient de 30 à 40%. «Le concept de préservation des cellules souches est nouveau au Liban, affirme-t-il. Nous essayons de sensibiliser les Libanais et, particulièrement, les femmes à ce concept».
Depuis des dizaines d’années, les cellules souches ont bouleversé la vie de plusieurs patients à la suite de leur utilisation avec grand succès dans le traitement de leucémies, de myélomes ou de lymphomes, et dans certaines autres maladies et lésions. Vu leur potentiel d’auto-renouvellement et de différenciation, les cellules souches représentent, actuellement, une innovation dans le domaine de la recherche clinique visant à établir une thérapie cellulaire contre une variété de maladies, comme la sclérose latérale amyotrophique, la maladie d’Alzheimer, l’arthrose, l’autisme, le diabète, l’infarctus du myocarde, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, les lésions de la moelle épinière, l’infertilité ou d’autres maladies. L’indication d’une thérapie cellulaire définit le plus souvent le choix des cellules souches à utiliser. Ainsi, les cellules souches embryonnaires se différencient spontanément en cellules de la rétine et sont donc particulièrement adaptées à la mise au point de traitements de maladies affectant cet organe. Pour traiter l’arthrose, le choix se porte plus spontanément vers les cellules mésenchymateuses, capables de donner des cellules de cartilage. «Les cellules souches ont particulièrement la capacité de remplacer les cellules endommagées et de traiter des maladies. Cette propriété est déjà utilisée dans le traitement des brûlures graves et le rétablissement du système sanguin chez les patients atteints de leucémie et d’autres maladies du sang», précise le Dr Azar. Parmi les thérapies les plus avancées sur le plan des essais cliniques, celles visant à traiter certaines maladies ou lésions des os, de la peau ou de la cornée à l’aide de greffes de cellules souches prélevées à partir de ces organes. On peut, par exemple, reconstruire une cornée à partir de cellules souches de l’œil pour traiter certaines lésions oculaires. La greffe de cornée a déjà démontré son innocuité et son efficacité dans le cadre d’essais cliniques précoces. Des greffes de cellules souches dans le pénis ont permis, par ailleurs, de soigner des troubles érectiles après une opération de la prostate. Les chercheurs ont injecté dans le pénis des cellules souches prélevées de la moelle osseuse qui contient plusieurs types de cellules souches capables de se transformer spontanément en cellules de même type que celles endommagées dans le pénis.

NADA JUREIDINI
 

Reviva
Reviva est un centre de médecine régénérative et reconstructive. Il est le seul centre au Liban et au Moyen-Orient où les cellules souches sont collectées, manipulées et conservées. Il dispose d’une banque de cellules souches dérivées, en particulier du sang du cordon ombilical et des tissus et offre des services liés à la thérapie cellulaire comme la transplantation autologue de cellules souches adultes pour traiter diverses maladies. Concernant la médecine reconstructive, les cellules souches sont appliquées sans acte chirurgical dans des cas de brûlures, de vergetures ou de cicatrices. Les innovations médicales associées à l’excellence scientifique sont adoptées conformément aux directives internationales élaborées. De plus, Reviva détient des affiliations universitaires en particulier avec l’Université libanaise (UL).

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Éditorial
Le front le moins solide

Des trois fronts sur lesquels se battait le Liban pendant la crise liée à la démission surprise de Saad Hariri, l’économie était le moins visible mais le plus surveillé par les milieux locaux et internationaux.Sur le plan de la sécurité, la réaction rapide et ferme des autorités a permis d’étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation. A part le petit attroupement organisé à Sodeco par des partisans du Parti national libéral et d’Achraf Rifi, et l’incendie d’un portrait de MBS à Tripoli, suivi par la décision du ministre de l’Intérieur de retirer des rues tous les portraits du prince héritier saoudien, aucun incident notable n’a été enregistré. Dans le domaine politico-diplomatique, la gestion de la crise par le président Michel Aoun, avec le soutien de Nabih Berry et de la direction du Courant du Futur, a désamorcé une à une les mines dont l’explosion était susceptible de plonger le pays dans le chaos.C’est l’économie qui a le plus inquiété les dirigeants du pays et les milieux de la finance internationale. Certes, la panique des marchés a été contenue mais les signaux émis ont montré combien ce front restait fragile. Dans un article publié le 17 novembre, consacré aux pays à risque après le défaut de paiement de sa dette par le Venezuela, l’agence Bloomberg souligne que le ratio de la dette comparé au PIB au Liban pourrait atteindre, cette année, 152%.Comment ont réagi les marchés financiers à la crise politique déclenchée par la démission et le séjour ambigu de Saad Hariri en Arabie saoudite? Selon des sources économiques, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre le 6 et le 15 novembre près de 800 millions de dollars pour soutenir la livre libanaise. A l’heure d’aller sous presse, la BDL n’avait pas encore publié le bilan bimensuel sur l’état de ses réserves en devises étrangères. Mais le chiffre de 800 millions de dollars est probablement dépassé, bien que les pressions sur la livre libanaise aient baissé après la décision de Saad Hariri de temporiser concernant son éventuelle démission. Autre signal négatif, la sortie de capitaux. Près de 1,5 milliards de dollars auraient émigré du Liban vers des cieux moins encombrés. Certes, ce montant paraît insignifiant comparé aux 169 milliards de dollars de dépôts dans les banques libanaises. Mais il constitue quand même 20% des capitaux entrants au Liban en rythme annuel (estimé à 7,5 milliards de dollars), et qui servent à financer les besoins de l’Etat.     Enfin, la crise politique s’est traduite par des pressions sur les eurobonds libanais (les bons du trésor en devises) à cause de la vente par des détenteurs étrangers de leurs titres libanais, ce qui a provoqué une baisse de leur prix et, par conséquent, une hausse du taux de rendement. Toutes ces données montrent que l’économie reste le ventre mou du pays, le talon d’Achille, qui pourrait réduire à néant la résilience politique et sécuritaire.


 Paul Khalifeh
   

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