Confidences Liban
Logo

Nº 3053 du vendredi 13 mai 2016

Confidences Liban

  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Confidences Liban
    L’expérience du Hezbollah passée à la loupe par Israël Les Renseignements militaires israéliens et les centres d’études stratégiques se penchent, depuis le début de cette année, sur les trois années...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

L’expérience du Hezbollah passée à la loupe par Israël
Les Renseignements militaires israéliens et les centres d’études stratégiques se penchent, depuis le début de cette année, sur les trois années d’expérience combattive du Hezbollah en Syrie. Un grand intérêt est accordé aux compétences acquises par le parti sur le terrain qu’il ne manquerait pas d’exploiter dans une éventuelle future guerre contre Israël qui sera forcément encore plus destructrice que la précédente au vu de la force de feu du parti chiite et de la disposition de l’armée israélienne à attaquer le Liban, son gouvernement, son armée et son infrastructure…

 

La loi électorale au cœur de la crise
L’épicentre de la crise politique au Liban depuis les accords de Taëf à ce jour réside dans la loi électorale, d’après l’analyse faite par des sources proches de Bkerké. C’est ce dossier qui déterminera, dans une large mesure, l’avenir du Liban et l’identité de la classe politique qui accèdera au pouvoir. Il n’est donc pas étonnant, expliquent ces sources, que cette question à l’allure d’une bataille politique féroce soit le pivot de divergences et de dissonances.
Les doléances chrétiennes chroniques durant la période de l’après-Taëf ont pour origine le manque d’équilibre au niveau national et la marginalisation des chrétiens dont les vrais représentants ne peuvent pas accéder à l’hémicycle parlementaire. Il est vrai que la Chambre compte 64 députés chrétiens sur 128, mais plus de la moitié d’entre eux doivent leur élection à des chefs et forces non chrétiens. Pour remédier à ce déséquilibre, les chrétiens ont adopté une feuille de route politique sur laquelle figure, en premier lieu, la révision de la loi électorale de façon à leur permettre d’élire leurs propres députés.

Hariri à Aoun: je ne changerai pas!
Depuis quelques jours, l’ex-Premier ministre, Saad Hariri, aurait envoyé un message au général Michel Aoun dont la teneur a été rendue publique par des sources «informées»: Miser sur des changements est un pari totalement déplacé. Quelles que soient les circonstances engendrées par les développements dans la région, en Syrie plus précisément, rien ne modifiera la position de Hariri et de ses alliés en matière de présidentielle. Continuer à bâtir des espoirs sur cette éventualité, qui n’est pas envisageable, mènera forcément à une dépression, comme cela a été le cas pour certaines personnalités qui ont construit leurs choix sur des hypothèses chimériques.
La lettre transmise à une personnalité proche de Aoun incluait des conseils francs et clairs: «Prêcher l’arrivée prochaine du changement est vain, il faut réviser la stratégie adoptée et se retrouver à mi-chemin pour élire un président rassembleur».

Présidence: Moscou pour le compromis
Changement de tendance à Moscou qui semble appuyer dorénavant l’option d’un président consensuel, autre que les deux candidats en lice, Michel Aoun et Sleiman Frangié. Les Russes sont désormais conscients des embûches qui jalonnent l’accession des deux leaders à la présidence. Les conciliabules et contacts que les responsables russes mènent à ce sujet au plan international reflètent bien leur soutien à un candidat qui rassemble.

Frangié mise sur l’équation «I-S»
Seule l’équation I-S (Iran-Arabie saoudite) peut régler la crise de la présidentielle, affirme Sleiman Frangié dans ses cercles privés. Si les Saoudiens et les Iraniens règlent leur contentieux, la crise dans la région et au Liban sera rapidement résolue. «J’en suis convaincu», a déclaré le député de Zghorta devant ses visiteurs. Le Liban entrera alors dans une phase positive et s’inspirera de cette entente pour donner vie à une nouvelle loi électorale, dont émergera un nouveau Parlement qui aura la latitude d’élire un président qui tracera les principales orientations dans le pays. Un nouveau gouvernement cohérent pourrait alors voir le jour, parce qu’un accord irano-saoudien, quel qu’il soit, créera un climat favorable et prendra l’allure d’un «nouveau Taëf». Insistant sur l’inutilité de la paralysie du pouvoir législatif, Frangié a estimé qu’un tel choix n’est pas dans l’intérêt des chrétiens. Il a, par ailleurs, exhorté les pôles du 8 mars à se rencontrer pour une concertation sur l’avenir. L’accord de Taëf, a-t-il poursuivi, n’a pas sciemment voulu désavantager les chrétiens, mais ils en ont payé le prix de la dilatation des rôles sunnite et chiite dans la vie politique.

Priorité au consensus
Dans la feuille de route qu’il a communiquée aux députés de la Rencontre démocratique et aux cadres du Parti socialiste progressiste (PSP), le député Walid Joumblatt donne la priorité au consensus et au respect de la liberté des électeurs. Il insiste sur l’importance d’éviter toute espèce de heurt ou de querelle politique et de protéger la réconciliation druzo-chrétienne dans la Montagne en sauvegardant les spécificités des villages mixtes, surtout en ce qui concerne le principe d’alternance communautaire au niveau de la présidence des conseils municipaux.
Le leader du Chouf a confié l’étude du cas de la municipalité de Damour au député Elie Aoun et le suivi des développements dans les villages chrétiens de l’Iklim el-Kharroub, au député Nehmé Tohmé.

Comité des ulémas libres
La naissance du Comité des ulémas libres du Liban-Nord vient d’être annoncée à Tripoli. Ses objectifs sont les suivants:
- Rectification de l’orientation de Dar el-Fatwa qui doit s’inscrire dans la tendance d’al-Azhar qui prône l’ouverture, parce que l’islam n’a pas besoin de partis qui brandissent des slogans radicaux et takfiristes.
- Création d’un bureau à Dar el-Fatwa dont la mission consisterait à rectifier les concepts nuisibles à l’islam et à surveiller l’enseignement dispensé dans les mosquées et les instituts.
- Non-délivrance d’une licence à tout institut chérié qui ne suit pas la méthode d’al-Azhar et supervision des livres et imprimés de Dar el-Fatwa.
- Amélioration des conditions des dignitaires religieux qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté, afin qu’ils ne soient pas tentés par les forces takfiristes qui disposent de fonds.

Rencontre Ayrault-Raad?
Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères, est attendu le 27 mai à Beyrouth pour une visite officielle, complémentaire à celle entreprise, le mois passé, par le président François Hollande. Il paraît que le ministre a prévu sur son agenda une rencontre avec le président du bloc du Hezbollah, le député Mohammad Raad.
Dans les cercles de l’Elysée, on a voulu connaître les raisons réelles de l’annulation de l’entretien Hollande-Raad à Beyrouth. Il semble que ce soit le département du protocole à la présidence française qui, en dernière minute, a découvert qu’il n’était pas correct que le chef de l’Etat français s’entretienne avec un chef d’un bloc parlementaire. Mais selon d’autres sources françaises, la rencontre était bel et bien programmée à la demande de Paris, cela quelques jours avant la visite présidentielle à Beyrouth, mais une «partie inconnue» a laissé filtrer l’information à la presse, ce qui a permis à des pays entretenant de bonnes relations avec la France d’intervenir pour torpiller la rencontre, à l’heure où des efforts arabes et internationaux synchronisés sont déployés pour isoler le Hezbollah.
Mais le président Hollande est toujours concerné par l’échange avec le parti chiite, c’est pourquoi il estime qu’Ayrault est le plus apte à le mener.
Cependant, une question demeure: qu’est-ce qui porte Paris à communiquer directement avec le Hezbollah à un niveau plus élevé que son ambassade à Beyrouth, sachant que les canaux d’échange entre lui et Haret Hreik se poursuivent depuis des années?

 

Bérets verts iraniens à Alep
Après l’annonce par Téhéran de la mort d’un nombre de ses «conseillers» à Alep, des unités de commandos iraniens, appelées Les Bérets verts, se sont déployées sur les fronts du rif sud de la ville, comme le révèle une source libanaise. La présence sur le front al-Hader de militaires de la brigade 65 des unités spéciales de l’armée iranienne, connues pour leur capacité à affronter les groupes armés irréguliers, leurs aptitudes au combat et leur mobilité, s’inscrit dans la stratégie adoptée par l’axe de la résistance tout le long du front syro-libanais. Ce déploiement de commandos terrestres iraniens à Alep constitue une disposition pratique qui s’adresse aux diverses parties du conflit régionalo-international qui scrutent ce front. La même source indique que ces mesures sont surtout dissuasives à l’égard d’Israël dont les provocations au Liban-Sud sont quotidiennes, comme l’enlèvement de citoyens, l’activation des milices syriennes menées par l’agent du Mossad, Ayad Kamal, et qui s’infiltrent dans la zone libanaise de la résolution 1701.
Les Bérets verts et les forces syriennes déployés dans la région sont munis de systèmes pointus de détection et de surveillance et d’un matériel de communication codée que les Renseignements turcs et américains ne peuvent pas décrypter.

 

Achraf Rifi isolé
Isolement du ministre démissionnaire Achraf Rifi, resté éloigné des contacts pour les municipales avec les pôles politiques de Tripoli. Selon un dignitaire religieux centriste, le cas de Rifi inquiète les Tripolitains dans la mesure où l’ex-commandant en chef des FSI est capable de se lancer dans une quelconque aventure, d’autant qu’il est fort «énervé» par les provocations de ses adversaires, aux dires de l’un de ses disciples.
Certains le surnomment le villageois en public pour pointer ses origines modestes, comparativement aux autres politiques issus des grandes familles traditionnelles de la ville. D’après le cheikh, les élections municipales constituent un test déterminant pour l’avenir politique de Rifi qui saura si le coup qui lui a été assené par Hariri était passager ou décisif. Le recul du Moustaqbal à Tripoli est, certes, une tendance évidente qu’il est impossible de renverser à court terme. Ce qui signifie que c’est l’alliance tripartite (Mikati-Karamé-Safadi) qui décidera du sort de Saad Hariri pour ce qui est de la municipalité de la ville. Le ministre Rifi restera à l’écart de cette équation si le leader du Moustaqbal se résout à conclure un accord avec cette alliance en lui soumettant un choix de trois noms éligibles à la présidence de la municipalité, évitant une bataille aux résultats non garantis.

Corruption dans les milieux chiites
L’expansion de la corruption dans les milieux chiites est dénigrée par certains milieux politiques. Les personnes suspectes n’appartiennent pas à une circonscription, une région, et ne sont pas liées à un dossier déterminé. Les malversations, le clientélisme politique et la fraude… qui constituent des crimes à caractère pénal, sont matérialisés au nom de la communauté chiite, ou plus précisément, au nom de la «répartition» communautaire. Les milieux mettent en avant le récent scandale retentissant à Nabatiyé, où 9 magistrats se sont désistés d’un procès concernant une carrière de gravats et de sable qui blanchit tous les jours la somme de 12000 dollars. Les pressions politiques ont même vidé le tribunal de Nabatiyé d’un juge prêt à examiner l’affaire, c’est pourquoi le dossier a dû être transféré à la Cour de cassation de Beyrouth. Ces milieux font assumer au tandem Amal-Hezbollah la responsabilité de l’extension de la corruption en protégeant des suspects, menant ainsi à l’affaiblissement du pouvoir et de la police judiciaire. Les mêmes milieux exhortent les principaux concernés à prendre des mesures sérieuses pour remédier à ces scandales.

Loi électorale: on fait du surplace
Toutes les commissions parlementaires chargées de l’examen des suggestions et des projets de loi relatifs à la nouvelle loi électorale, allant de la commission des 10, jusqu’aux commissions conjointes qui se sont récemment réunies… toutes ont pratiquement achevé l’étude des facettes techniques de ce dossier. Le débat à ce stade doit être soumis aux pôles politiques, estime une source parlementaire. C’est là que se font les arrangements, le choix des formules et que se prennent les décisions qui donneront naissance à la nouvelle loi. Continuer à scruter l’aspect technique du dossier équivaut à une perte de temps. La classe politique, de l’avis de ce député, ne souhaite pas dépasser le stade technique pour atteindre le niveau politique. Les commissions parlementaires conjointes, présidées par Nabih Berry, avaient résolu de poursuivre l’examen de quatre des formules débattues et décidé de la date de la troisième séance qui aura lieu le 19 mai. Le député Samy Gemayel a proposé une loi basée sur la circonscription individuelle, alors que Ali Fayad est resté attaché à la proportionnelle en se disant flexible face à toute nouvelle idée soumise aux commissions, dont la loi mixte qui mêle scrutins proportionnel et majoritaire.

Plus dans cette rubrique:

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
La gloire du vaincu

Il y a parfois, dans l’histoire, des batailles qui couvrent le vaincu de gloire et le vainqueur de honte. C’est exactement ce qui s’est passé lors des municipales de Beyrouth. Cette consultation populaire s’est terminée par l’élection de tous les membres de la liste parrainée par Saad Hariri, et supposée être soutenue par la quasi-totalité des partis politiques traditionnels, et la chute de tous les membres de Beirut Madinati, appuyée par l’omniprésente mais insaisissable société civile. Pourtant, cette victoire a, pour l’ancien Premier ministre, le goût amer de la déception, et dégage pour les vaincus un doux mélange de fierté et d’espoir.La réflexion autour des événements de ce dimanche 8 mai, à Beyrouth, permet de dégager un certain nombre d’observations qui devraient servir d’enseignements pour les prochaines échéances. Le premier constat est que le changement est possible par la voie des urnes, en dépit des obstacles, des blocages et autres verrous installés par la caste dirigeante depuis des décennies pour empêcher non seulement une véritable alternance du pouvoir mais aussi tout partage.Cependant, le changement ne vient pas tout seul. Il a besoin de femmes et d’hommes prêts à s’investir concrètement et disposés à consentir quelques petits sacrifices, qui apparaîtront bien dérisoires devant les immenses bénéfices qu’ils pourront en tirer. Malgré cela, un grand nombre de personnes sont restées passives, par désillusion, par paresse ou par bêtise.L’engouement provoqué par le phénomène Beirut Madinati a touché divers milieux politiques, sociaux et professionnels. Certains ont retroussé les manches, en apportant une petite contribution à cette aventure. Mais d’autres n’ont pas jugé bon de changer leurs vilaines habitudes. Du haut de leurs tours d’ivoire ou dans leurs salons feutrés, d’où ils promènent un regard condescendant sur tout ce (et ceux) qui les entourent, ils se sont réjouis d’avoir trouvé, enfin, un nouveau sujet de commérage. On échangeait des anecdotes sur tel membre de la liste, on racontait des blagues sur le père de tel autre, parfois on ironisait sur les motivations d’Untel, ou on se moquait des ambitions d’un autre. Ce ramassis de cyniques répand en ville un sentiment d’aigreur et une culture du défaitisme qui étouffent toute initiative susceptible de bouleverser l’ordre ambiant. Ces gens-là ne doivent plus être écoutés lorsqu’ils se plaignent de leurs conditions ou quand ils prétendent donner aux autres des leçons de civisme, de patriotisme ou de citoyenneté. L’occasion leur était offerte de changer - aussi bien leur mentalité que la situation ambiante - mais ils ont été incapables de la saisir, par ignorance, par arrogance, par fainéantise, ou les trois en même temps!L’autre constat que l’on peut établir est d’ordre politique. Les alliances qui ont rythmé la vie publique, ces dix dernières années, n’existent pratiquement plus, il n’en reste que des débris, de vagues réminiscences. Certes, les «Partis» se sont coalisés pour verrouiller le système, grâce auquel ils perpétuent leur hégémonie sur le pays pour mieux piller ses ressources. Mais ils se tendent des pièges, se poignardent dans le dos, se dénigrent mutuellement. Ce paysage recomposé aura certainement des répercussions lors des prochaines élections législatives qui ne peuvent plus être reportées sous aucun prétexte.Autre observation, découlant de ce même constat, les «Partis» ne sont parvenus à mobiliser que 10% de l’électorat de Beyrouth - les 10% restants ayant voté pour les autres listes -, ce qui porte un coup fatal à leur représentativité réelle dans la société. Cette élection peut sonner le glas de la domination des partis traditionnels sur la vie politique. 80% des habitants de la capitale, inscrits sur les listes électorales, sont, théoriquement, libérés de l’emprise des «Partis» et sont prêts à écouter et à adhérer à d’autres discours.Il y a une place à prendre avec une magnifique vue sur l’avenir. Y a-t-il des preneurs? 



 Paul Khalifeh
   

Santé

L’aspirine contre le cancer
L’effet protecteur de l’aspirine contre certains types de cancer est connu. Les patients soignés pour un cancer augmenteraient leurs chances…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved