Confidences Liban
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Nº 3063 du vendredi 22 juillet 2016

Confidences Liban

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    Entre le général et l’Arabie Le général Michel Aoun, comme le rapportent certaines informations, a sollicité un rendez-vous pour une visite en Arabie saoudite afin d’y rencontrer de hauts responsables. La...
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Entre le général et l’Arabie
Le général Michel Aoun, comme le rapportent certaines informations, a sollicité un rendez-vous pour une visite en Arabie saoudite afin d’y rencontrer de hauts responsables. La demande a été soumise au lendemain du dîner offert par l’ambassadeur Ali Awad Assiri en sa résidence de Yarzé en l’honneur des leaders libanais, à la veille du mois du Ramadan. Aoun aurait reçu des signes positifs de Riyad, mais aucun rendez-vous ne lui a été fixé jusqu’à présent.

Des sources du Courant patriotique libre (CPL) disent cependant que le général ne s’envolera pas à destination de l’Arabie ou de n’importe quel autre pays avant les élections présidentielles, afin que ces visites ne puissent être interprétées comme une quête de parrainage. Rabié est désormais persuadé que l’administration saoudienne actuelle n’appose aucun veto sur sa personne.

 

Quelle sécurité pour les camps?
Après les attentats de Qaa, certaines fractions politiques se sont soudain réveillées réalisant le danger potentiel en provenance des camps des réfugiés syriens. Alors que certains ont privilégié la thèse de l’arrivée de quatre kamikazes sur huit de Syrie… Dans les deux cas et quel que soit le point de départ, le fait que les quatre autres terroristes ont pris le départ à partir du territoire libanais prouve l’existence d’une faille au niveau des mesures de sécurité. Les réunions sécuritaires, la disponibilité de la troupe et le soutien du Hezbollah ne suffisent donc pas à empêcher les attentats suicide. Il est désormais grand temps de mettre sur le tapis le dossier de la sécurité dans les camps des réfugiés.
Comme d’habitude, les Libanais sont divisés sur le sujet. Alors que les uns refusent que les réfugiés soient traités comme des terroristes, d’autres estiment qu’il est impératif de trouver une solution à ce problème qui risque de ruiner le pays, considérant que les terroristes se fondent dans la population des camps et qu’il est difficile de les distinguer du commun des habitants, comme ce fut le cas dans les camps de Ersal, les projets de Qaa…

 

Pour les Etats-Unis, le Liban va mieux
Les Américains considèrent que la conjoncture libanaise n’est pas aussi mauvaise qu’on l’imagine, rapporte-t-on de source diplomatique européenne, même que des militaires et des responsables sécuritaires qui viennent à Beyrouth estiment que, durant les trois dernières années, le Liban a traversé une période explosive qui a menacé l’éclatement du pays, à l’image de ce qui arrive en Syrie, mais il a réussi à contourner ces écueils. La situation, aujourd’hui, est meilleure, bien que le danger ne soit pas complètement écarté.

 

Bkerké: plus de quatre présidentiables
Le patriarche maronite, Mar Béchara Boutros Raï, pense qu’il ne faudrait pas que les Libanais se contentent d’un choix restreint de quatre présidentiables, parce que «nous ne parviendrons ainsi à aucun résultat», avancent des proches de Bkerké. Mgr Raï invite donc les parties concernées à trouver un candidat qui ne fait pas partie des quatre pôles traditionnels, sans toutefois renoncer complètement à eux et sans donner un cinquième nom. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, avait bien déclaré: «La situation des chrétiens d’Orient est extrêmement difficile et nous devons prendre des décisions, d’autant plus qu’ils sont nombreux à prendre les chemins de l’immigration à partir de la Syrie, de l’Irak et d’ailleurs (…). La France ne peut pas se substituer aux Libanais, mais leur apporte une assistance pour aller de l’avant».

 

Siniora le saboteur
Le président Fouad Siniora est qualifié de saboteur par les milieux de Aïn el-Tiné, non seulement il refuse l’accession du général Michel Aoun à la présidence, mais il s’oppose également à l’initiative présidentielle de Saad Hariri qui a adopté la candidature de Sleiman Frangié. Le chef du Bloc du Moustaqbal ne veut pas d’un accord sur une nouvelle loi électorale, ni de l’entente conclue entre le président Nabih Berry et le ministre Gebran Bassil autour du dossier des ressources pétrolières et gazières, poursuivent ces milieux. Siniora, qui s’active à torpiller l’accord, veut empêcher sa validation en Conseil des ministres. Sur un autre plan, après l’attaque lancée contre le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, dans le communiqué du bloc parlementaire du Moustaqbal, l’ex-Premier ministre Saad Hariri a pris contact avec Fouad Siniora pour l’informer de façon claire qu’il était interdit d’ébranler la relation stratégique avec Aïn el-Tiné.

 

L’accord sur le pétrole piétine
Enthousiasme gouvernemental tempéré sur le dossier pétrolier, c’est ce qu’ont remarqué les observateurs après que le Premier ministre a émis des réserves sur l’accord conclu entre Nabih Berry et Gebran Bassil. Des réserves que le ministre de l’Environnement Mohammad Machnouk, connu pour être un allié de Tammam Salam, a exprimées sur son compte Twitter. «Le problème, a-t-il écrit, avec l’entente Berry-Bassil autour des blocs pétroliers, vient du fait que les autres composantes politiques n’ont pas été avisées des détails, pour que le dossier puisse être acheminé à la Commission ministérielle et au Conseil des ministres». Sachant que le même Machnouk avait considéré, en date du 4 juillet, que cet accord constitue «un pas en avant qui s’inscrit dans l’intérêt national, loin des surenchères et du clientélisme».

 

Médiation du général Daher
Pas d’échange direct entre les généraux Michel Aoun et Jean Kahwagi, pour le moment, révèle-t-on dans les milieux de Rabié. La relation positive et chaleureuse entre le chef du CPL (Courant patriotique libre) et le nouveau directeur des Renseignements de l’armée, le général Kamil Daher (ex-directeur du bureau du commandant en chef de l’armée) n’a pas encore réussi à briser le gel entre les deux généraux, bien que Daher ait tenté d’endosser le rôle du pompier après sa nomination, à l’occasion de sa rencontre avec le général Aoun. «Des erreurs ont peut-être été commises des deux côtés. Mais il est temps d’écourter les distances…», a-t-il avancé, mais sa mission est restée inachevée. Du côté de Rabié, on dit que «Daher n’était pas porteur d’une initiative dans ce sens et nous ne lui avons, pour notre part, rien demandé».

 

Mise en garde du Tachnag
Le Tachnag met en garde contre le transfert de l’ambassade d’Azerbaïdjan de Syrie au Liban (Aïn Aar - Metn), et cela pour deux raisons:
1-L’Azerbaïdjan pratique une politique hostile à l’Arménie, ne cesse de violer le cessez-le-feu dans la région du Nagorno-Karabakh et adopte une attitude négative face aux efforts entrepris pour régler la crise.
2-Les relations solides entre l’Azerbaïdjan et Israël, aux niveaux politique, économique et militaire. Surtout que la décision du transfert de l’ambassade au Liban a été adoptée après la normalisation des relations israélo-turques, ce qui fait peser des soupçons sur les activités ultérieures de cette ambassade.

 

Joumblatt-Arslan: les nominations militaires au menu
La première rencontre, depuis le mois d’août 2014, entre le député Walid Joumblatt et son rival l’émir Talal Arslan a été dictée par la volonté du leader de Moukhtara de collecter un maximum d’appui au sein de sa communauté au chapitre des nominations militaires. Des sources druzes révèlent qu’il sera impossible de reporter encore une fois le départ à la retraite du chef de l’état-major, le général Walid Salman, qui aura exploité le nombre maximal d’années au sein de l’armée (43) en octobre 2016. La nomination du successeur favori de Walid bey se heurte à la hiérarchie militaire qui stipule que c’est l’ancienneté qui détermine celui qui est apte à occuper ce poste, quand plusieurs candidats d’un même rang sont en lice. Or, on compte trois officiers druzes aptes à accéder à cette haute fonction. On ignore toujours l’avis d’Arslan sur le sujet, mais il est improbable qu’il s’aligne sur le choix de Joumblatt afin d’éviter tout imbroglio au sein de la communauté. Le Hezbollah, pour sa part, préfère ne pas briser la hiérarchie militaire. Joumblatt avait posté sur son compte Twitter une photo où il apparaît en compagnie d’Arslan et un commentaire: «Avec l’émir Talal Arslan, l’ami, le frère».

 

Opposants syriens actifs à Beyrouth
Série de contacts politiques discrets de certains opposants syriens sur la scène beyrouthine. Les observateurs révèlent que leurs activités consistent, en partie, à sonder les positions et à recueillir des informations pour le compte de parties régionales et internationales. L’opposant Samir Attiya, qui se trouve souvent au Liban, faisait la tournée des «amis», la semaine passée, pour s’enquérir du sort de la présidentielle libanaise, annonçant une issue prochaine à cette crise. L’homme avait tenté de se rapprocher des Russes, en vain. Les observateurs ont, par ailleurs, exprimé leur agacement de Haytham el-Maleh, chef de la commission juridique de la coalition des opposants syriens, qui a rapporté des propos tenus devant lui par le député Walid Joumblatt, selon lesquels «Le Liban se dirige vers l’abîme». Certains pays européens seraient derrière le mouvement de ces groupes, d’après les observateurs.

 

Tension à Saïda après le putsch
Grande tension à Saïda en fin de semaine passée, en raison de la manifestation organisée par les Ikhwan en appui au président turc, Recep Tayyip Erdogan, après le coup d’Etat militaire avorté contre le régime. D’après les informations d’une source islamiste à Saïda, les Ikhwan, qui défilaient en voitures, ont tiré des coups de feu lors de leur passage dans un quartier, provoquant un échange de tirs qui n’a pas fait de victimes. Ce comportement montre combien l’organisation de la Jamaa islamiya a été saisie de panique, sachant que son sort dans la région est fortement lié à celui d’Erdogan. Les Ikhwan libanais et palestiniens, ainsi que le cheikh du Qatar, Yousef Kardaoui, avaient organisé, il y a deux semaines, un congrès politique en Turquie sous le titre de Choukran (merci) Erdogan, en présence de Khaled Mechaal et d’un nombre de cadres du Hamas. L’imam de la mosquée Al Ghoufran, le cheikh Houssam el-Ilani, avait déclaré: «La Jamaa islamiya doit savoir que le Liban n’est pas une province turque».

 

Daech: nouvelle doctrine militaire
Les incidences de la modification de la doctrine militaire de l’Etat islamique seront ressenties au Liban, d’après l’analyse d’un expert militaire. Celui-ci développe la thèse selon laquelle le califat en Irak et en Syrie (Bilad al-Cham) n’est plus attaché à la défense du territoire, mais plutôt à l’étalage de sa détermination au combat. Ce virage militaire stratégique de l’Etat du califat islamique signifie que ses combattants se préparent à renoncer à la guerre des armées en faveur d’un retour à une sorte de guérilla, sous forme de terrorisme collectif ou suicidaire individuel. Pour cet expert, la crédibilité des rapports sécuritaires, qui font état de la volonté de l’EI d’établir des foyers au Liban - qui serviraient de bases à ses opérations terroristes -, ne fait pas de doute, surtout après que le Liban soit devenu une cible prioritaire pour Daech. Le spécialiste souligne le déni affiché des mouvements palestiniens de Aïn el-Heloué face à la transformation du camp en épicentre du terrorisme islamiste. La stratégie de l’EI, note-t-il, est d’implanter ses cellules en des points du pays d’où l’Etat est absent, et nombreuses sont les forces qui souhaitent que ce camp devienne un espace marginalisé sur le sol libanais.

 

 

 

 

 

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Éditorial
Le cerveau dans l’orteil

Le coup d’Etat manqué en Turquie – et tous les mystères qui l’entourent – a été une occasion de mesurer la vulnérabilité du Liban et de vérifier, une fois de plus, à quel point notre pays est travaillé par des courants d’influence extérieurs. Les manifestations de joie après l’échec de la tentative de putsch, et les commentaires jubilatoires dans les médias et les réseaux sociaux saluant la déchéance annoncée, un peu trop hâtivement, de Recep Tayyip Erdogan, ont suivi la ligne de fracture confessionnelle traditionnelle. Ce sont essentiellement – pour ne pas dire exclusivement – des sunnites qui ont exprimé, parfois bruyamment, leur satisfaction après l’échec du coup militaire. A l’opposé, les chiites, et ceux qui s’identifient à eux politiquement, sans pour autant appartenir à leur communauté, n’ont pas caché leur joie dès l’annonce du coup d’Etat. Il fallait voir, sur les écrans de télévision, ces soi-disant «experts» se fendant de pompeuses analyses sur les implications stratégiques et géopolitiques de la chute d’Erdogan sur les rapports de force régionaux. Certains ont persisté à dire que le putsch avait réussi, alors que des soldats turcs se faisaient piétiner en direct par des manifestants en colère sur les ponts du Bosphore.La réaction des Libanais est primaire, car elle est surtout motivée par des pulsions confessionnelles qui sont tout sauf rationnelles. Erdogan a-t-il été sacré leader des sunnites pour que les fils de cette communauté au Liban se croient obligés de le défendre? Les chiites sont-ils de fervents partisans de la laïcité, s’il s’avère que le putsch a été organisé par des militaires soucieux de défendre l’héritage d’Atatürk? Sont-ils devenus des «Gulénistes», s’il apparaît que le coup a été fomenté, comme le soutient le gouvernement turc, par Fethullah Gülen, qui est, il faut le rappeler, un prédicateur sunnite?Les sunnites, qui ont salué la survie d’Erdogan, ne se rendent-ils pas compte qu’ils sont plus proches des positions de l’Iran et de la Russie plutôt que de celles de l’Arabie saoudite? En effet, Téhéran et Moscou ont fait preuve, dès les premiers instants, d’une très grande circonspection vis-à-vis des événements du 15-16 juillet, alors que Riyad s’est muré dans un silence suspect. A l’inverse, les chiites, qui ont applaudi au putsch, ne réalisent-ils pas que les Etats-Unis et l’Union européenne ont tardé à inonder les médias de leurs ritournelles sur le respect des droits de l’homme et du processus démocratique? En bons opportunistes, ils ne l’ont fait que lorsqu’il est devenu clair que le putsch avait échoué et qu’Erdogan resterait le maître de la Turquie.Les sunnites continueront-ils à considérer Erdogan leur héros si le virage qu’il a amorcé timidement en Syrie, sous l’impulsion de la Russie, se confirmait? Que feraient les chiites si les soupçons sur un rôle de la CIA dans le putsch étaient avérés? Il ne faut pas oublier que Gülen vit depuis 2009 aux Etats-Unis et ses relations avec Langley ne sont pas un secret.Probablement que rien ne changerait, car ceux qui ont remplacé leur cerveau par des réactions épidermiques et confessionnelles ont perdu toute capacité de réfléchir.


 Paul Khalifeh
   

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