Confidences Liban
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Nº 2883 du vendredi 8 février 2013

Confidences Liban

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Package deal
L’initiative politique, proposée par le président Saad Hariri, a ouvert la voie à des échanges entre les divers acteurs politiques, après une rupture due aux positions divergentes concernant le gouvernement et la loi électorale et l’insistance de chaque partie à promouvoir le projet qui lui assure une majorité parlementaire. Des sources ministérielles estiment que le règlement de la crise libanaise passe par l’adoption d’une nouvelle loi, qui serait intégrée dans une solution globale prévoyant la démission du cabinet actuel, l’amendement de la loi de 1960 -vu la difficulté de parvenir à un consensus sur un nouveau mode de scrutin-, l’entente préalable sur le gouvernement d’union nationale issu des législatives, le respect du choix du tandem chiite du président de l’Assemblée et un consensus autour de la personne du futur président de la République en 2014. Le ministre Waël Abou Faour est catégorique, l’unique issue possible en faveur de laquelle il est impératif d’œuvrer ne peut venir que d’un package deal, dans lequel le président Nabih Berry a un rôle axial à jouer, après que le président Sleiman eut défini les bases de l’étape future.


Sleiman tape du poing
Le Premier ministre Najib Mikati aurait confié à ses amis que, pour la première fois, le président de la République Michel Sleiman n’a pas été tendre envers les participants au dernier Conseil des ministres. Il a interrogé certains d’entre eux sur leur comportement, leur reprochant de lui faire assumer la responsabilité du traitement de certains dossiers comme celui des professeurs et des otages en Syrie. Le chef de l’Etat a dit: «Tout individu qui réclame un droit ou qui a une quelconque revendication se dirige vers le palais et essaye de bloquer la route. C’est aux ministres d’agir, c’est le gouvernement qui est responsable et qui doit servir de barrière à la présidence». Le chef de l’Etat a aussi posé des questions sur l’encadrement des 600 professeurs et les raisons pour lesquelles le cabinet est incapable de nommer les 22 doyens qui composent le Conseil de l’université. Il s’est demandé comment certains ministres ignorent leurs responsabilités et n’usent pas des prérogatives dont ils disposent, les appelant à régler les problèmes des citoyens et à délaisser leurs intérêts propres et électoraux.


Exode des chrétiens
Plusieurs ambassades occidentales à Beyrouth ont accordé des facilités aux déplacés syriens -particulièrement chrétiens- désireux d’émigrer, selon les rapports parvenus aux responsables. La plupart de ces déplacés faisant partie des minorités (Chaldéens, Syriaques et Arméniens), ont craint l’existence d’un plan visant à les implanter en Arménie et en Suède. Le ministre des Affaires sociales, Waël Abou Faour, a demandé à rencontrer les diplomates pour les alerter sur la gravité de cette conduite qui peut vider la région de l’une de ses composantes essentielles et encourager les chrétiens du Levant à l’exode, ce qui est contraire à l’Exhortation apostolique et à la volonté de l’Occident qui clame son attachement au maintien des minorités chrétiennes dans cette région. Abou Faour a abordé cette question d’actualité avec le nonce apostolique et aussi avec plusieurs instances religieuses.


Inspection mécanique. Qui en profite?
A l’expiration du contrat signé entre l’Etat libanais et la société chargée de l’inspection mécanique des véhicules, le Conseil des ministres a approuvé le renouvellement du contrat pour une période de six mois en attendant de préparer une adjudication internationale à cet effet. Le ministre Marwan Charbel a soulevé cette question dans le cadre de la dernière réunion ministérielle, revendiquant la conclusion d’un nouvel accord à durée limitée, plutôt qu’une «prolongation» de six mois, dans le but d’amener la société privée à reverser à l’Etat 40% de ses revenus. Certains ministres se sont élevés contre la proposition de Charbel, mais celui-ci a fini par les convaincre de la nécessité de «renouveler» l’accord plutôt que de le «prolonger». Le ministère de l’Intérieur s’est récemment attelé à mettre au point le cahier des charges en vue de la nouvelle adjudication qui devra assurer des revenus au Trésor, alors que la société privée gérante des centres d’inspection mécanique était, jusque-là, la seule bénéficiaire, selon les termes de l’ancien contrat.

Vitres teintées: permis suspendus?
Le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel a décidé le renouvellement de tous les permis délivrés pour les véhicules munis de vitres teintées jusqu’au mois de juin, après le rejet par le Conseil des ministres du projet de réglementation de ce secteur qu’il avait présenté. Le projet stipulait le paiement d’une taxe d’environ 1000 $ à l’Etat libanais par tout conducteur désireux d’installer un vitrage fumé sur sa voiture. A la fin de la période des six mois, le ministre pourrait procéder à l’annulation de tous ces permis après avoir constaté que la plupart des vols et des infractions sécuritaires sont menés par des véhicules aux vitres fumées. Plusieurs députés se sont érigés contre le projet Charbel, surtout que nombre d’entre eux exploitent ces permis pour des motifs électoraux, ce qui a porté le ministre de l’Intérieur à décider de suspendre leur octroi avant les législatives.


Coopération juridique libano-qatariote
Retour du procureur général, le magistrat Hatem Madi, de Qatar après une visite au cours de laquelle il a rencontré les responsables à Doha, notamment son homologue qatari et les hautes autorités du ministère de la Justice. Le gouvernement de Qatar aurait requis l’aide du Liban pour réactiver ce secteur, et cela en «empruntant» des juges libanais qui pourraient aider au règlement des conflits et aux interrogatoires, quitte à assurer ultérieurement une formation aux magistrats qataris. Les autorités libanaises ont approuvé la démarche et il est possible qu’un premier lot de six juges aille s’installer au Qatar pour une période de deux ans dans le cadre d’une coopération bilatérale. L’accord de coopération sera revu à la lumière de cette expérience et de ses résultats.


Le Moustaqbal dénigre Adwan
Des sources proches du Courant du futur s’interrogent sur les dessous des propos du député Georges Adwan lorsqu’il a dit que l’approche de la question des législatives par le secrétaire général du Hezbollah était positive, faisant référence au dernier discours de Sayyed Hassan Nasrallah. Comment, se demandent ces sources, combiner cette position avec celle du Dr Geagea qui n’arrête pas d’accuser le parti chiite de planifier pour assujettir le nouveau Parlement en vue de remettre en question le régime actuel et de renverser Taëf. Elles poursuivent que Adwan tente de plaire à tout le monde sauf à son allié, le Moustaqbal. Que restera-t-il du 14 mars si les divergences sur la loi électorale demeurent?


Skaff l’indépendant
L’ex-ministre, Elie Skaff, est déterminé à repositionner sa famille au centre, comme cela était le cas du temps de son père Joseph. C’est ce qu’indiquent des instances zahliotes, révélant que le leader a, d’ores et déjà, entamé ses contacts avec un nombre de clés électorales pour les informer de la ligne politique qu’il compte adopter en se tenant à l’écart des deux grandes coalitions du 8 et du 14 mars, s’engageant à rester attaché à la ligne indépendantiste du président de la République. Skaff, ajoutent ces sources, ne formera pas une liste complète et mènera les législatives seul ou avec une liste incomplète, en fonction des développements. On dit aussi qu’il pourrait se rendre à nouveau à Riyad à la demande des responsables saoudiens. Par ailleurs, il aurait confié à ses conseillers qu’une alliance avec le général Aoun n’était pas prévue. Il souhaite garder son autonomie. Sans opter pour un quelconque suivisme politique.

 

L’accusé Mamlouk introuvable
Des sources judiciaires indiquent que la clôture de l’enquête dans l’affaire de l’ex-ministre Michel Samaha et le transfert du dossier devant le parquet militaire qui doit l’examiner avant d’émettre l’acte d’accusation, sont un prélude au début du procès devant le Tribunal militaire. Le procès aura lieu en présence de l’accusé Samaha et en l’absence du général Ali Mamlouk, chef des services de renseignements syriens, contre lequel a été lancé un mandat d’arrêt par contumace. L’homme avait été convoqué par la Justice libanaise à deux reprises, mais il ne s’est jamais présenté.


Békaa: le Moustaqbal en difficulté
Les protestations de la tribu arabe de Faour, contre un député de Zahlé, ne constituent pas l’unique problème que le Moustaqbal est appelé à affronter dans la Békaa centrale. Le parti se lézarde non seulement dans la région de Dayr Zaynoun-Bar Elias mais aussi dans des villages de la Békaa ouest. Des responsables du parti ont essayé de restaurer leur aura politique auprès de la population, mais en vain. Le groupe dissident compte une dizaine de membres (certains parlent de 50) et inclut d’anciens cadres haririens. Les sources locales, qui font ces révélations, soulignent qu’Ahmad Hariri qui est entré en contact avec eux à partir du Canada n’a pas réussi à les récupérer. Le groupe de Dayr Zaynoun-Bar Elias a même recruté des sympathisants au sein même du Moustaqbal dans les villages de Saadnayel, Taalabaya, Jalala et Majdel Anjar en passant par les tribus arabes présentes dans la Békaa centrale et ouest, pour finir à Baalbeck et Ersal.


Les druzes de Soueida contre Joumblatt
La dégradation des rapports de Walid Joumblatt avec les druzes de Jabal al-Arab s’est accélérée récemment, après l’appel qu’il a lancé aux habitants de Soueida et ses environs pour qu’ils s’abstiennent de s’enrôler dans les comités populaires de défense afin que le gouvernement syrien ne les transforme en comités nationaux de défense. La source de la Montagne qui rapporte ces faits, révèle que, depuis le début de la crise, les villages de Jabal el-Arab enterrent tous les jours, dans un sentiment mêlé de colère, au moins un jeune réserviste qui a péri sur le champ de bataille. Joumblatt, ajoute-t-elle, qui a encouragé Akram Chéhayeb et une poignée de dignitaires druzes à dire la prière de l’absent à Aley à la mémoire du lieutenant syrien dissident, Khaldoun Zeineddine, a porté atteinte à la sensibilité des druzes du Houran qui savent que Zeineddine a alimenté le conflit entre les deux régions voisines de Deraa et Soueida. La source ajoute que le même Zeineddine a tenté de violer un gentleman agreement, conclu en mai dernier, entre les cheikhs des deux villes interdisant les enlèvements et les conflits armés.
L’homme avec ses 300 combattants du Front al-Nosra ont attaqué, le mois dernier, le village druze de Kafar, où ils ont affronté des milliers de jeunes druzes pendant plusieurs jours. Les leaders de Soueida se demandent pourquoi Joumblatt cherche-t-il à leur imposer son avis, poursuit la source, alors que c’est à eux de gérer leurs relations avec leurs concitoyens, rappelant que le chef druze a refusé de présenter ses condoléances pour le décès en Syrie du cheikh akl de Syrie, Hussein Jarbouh.

Roumié: les détails de la tentative d’évasion
Les détails d’une tentative de fugue des prisonniers de Fateh el-islam, le 21 janvier, du bâtiment B, que l’on décrit comme un îlot sécuritaire à Roumié, ont été rapportés par une source parlementaire. Celle-ci insinue qu’ils auraient bénéficié d’une certaine complicité politique puisque l’opération a été planifiée dans le moindre détail. Comment ces prisonniers ont-ils tous obtenu le même survêtement? Comment ces tenues ont-elles été introduites en prison par une association de charité, sans que personne ne s’en rende compte? Qui a fourni aux évadés des draps et couvertures pour qu’ils puissent fabriquer une corde de quelque 16 m de long? Selon les informations qui circulent, les prisonniers avaient planifié de porter la même tenue de jogging lors de leur fugue pour faire diversion et être pris pour des soldats pratiquant leurs exercices physiques quotidiens. La source parle de professionnalisme, les détenus du bâtiment B ayant dépêché un de leurs agents auprès de la direction de la prison pour la bluffer et lui faire croire que la fugue se ferait via un tunnel. L’un des officiers, ayant eu des doutes sur ce scénario, a procédé à l’inspection du bâtiment B à partir des bâtiments voisins, réussissant ainsi à faire échec à l’opération. Les prisonniers de Fateh el-islam réclament aujourd’hui le transfert de cet officier!

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Éditorial
La leçon de Ersal

L’incident survenu à Ersal rappelle combien les Libanais font preuve de légèreté en s’impliquant dans le conflit syrien. Quelles que soient les erreurs que la troupe ait pu commettre, et c’est encore à prouver, elle ne peut être empêchée de la sorte de remplir sa mission: l’arrestation d’un terroriste. L’armée n’est pas une machine à tuer, les salafistes-jihadistes le sont. Pour être efficace, l’armée doit être techniquement capable et soutenue politiquement. A Nahr el-Bared, elle a montré une grande capacité d’adaptation à ses faibles moyens et une combativité remarquable. Les obstacles politiques sont dressés tant par certains leaders sunnites que par le Hezbollah. Les premiers voient un complot contre leur communauté chaque fois que l’armée s’en prend à un de leurs coreligionnaires. Si, les cheikhs Salem el-Rifaï, Bilal Dokmak, Omar Bakri et consorts devenaient les principales figures sunnites, les actuels représentants de la communauté devront renoncer aux costumes- cravates, aux barbes bien taillées, aux sièges parlementaires, renoncer tout court à la République au profit d’émirats islamistes qui ne leur pardonneront pas leurs compromissions passées avec les «apostats». Le Hezbollah dresse, quant à lui, deux obstacles. Le premier dit qu’un Etat moderne efficient ne peut s’accommoder d’un dédoublement des forces armées, ou déléguer à un parti son droit souverain à déclarer la guerre. Le second obstacle est motivé par la peur du Hezbollah et des chiites d’être la cible d’une guerre menée par ces mêmes jihadistes. Cette peur s’est amplifiée depuis le 11 septembre, l’invasion américaine de l’Irak et la guerre en Syrie, où l’on entend crier, avec passage à l’acte, la haine des chiites. Cette peur est légitime, tout autant pour les chrétiens que pour les druzes. Mais ce ne sont pas les missiles Zalzal, capables d’atteindre Tel-Aviv qui les protégeront. Les salafistes-jihadistes appartiennent à deux écoles. D’abord, les internationaux, les universels, ceux qui pensent que le monde leur appartient comme un don de Dieu. Il ne leur importe pas de contrôler impérativement un territoire. L’invasion physique n’est qu’un des multiples moyens d’imposer - ce qui est essentiel à leurs yeux - la loi de Dieu comme ils l’ont pervertie. On a vu comment ils se sont évaporés au Mali face à l’armée française sans avoir, ou si peu, combattu. Ils reviendront secrètement, pour appliquer leurs lois, cette fois par la terreur, leur moyen le plus efficace. Bref, le scénario du XIIIe siècle où les mamelouks envahissaient et vidaient le Kesrouan, sabrant, indistinctement, chiites, druzes et chrétiens, n’est plus d’actualité.  Contre cet ennemi mobile et caché, seule une armée et ses services de renseignements, détentrice unique des armes létales, acceptée et aidée par toute la population, peut arrêter ceux qu’elle juge suspects. L’expérience américaine en est la démonstration. Occupant le territoire afghan, l’Amérique, malgré ses moyens, n’a pu venir à bout des taliban. Par contre, sur son territoire, la force américaine a, depuis 2001, déjoué tous les attentas en gestation. L’autre genre de jihadistes est celui des nationaux. Pour les combattre, les mêmes arguments concernant l’armée peuvent être répétés. Mais de plus, ces jihadistes attachés à un territoire ne peuvent survivre que s’ils parviennent à se fondre dans une population qui leur est favorable. Or, le Hezbollah aide à rendre le milieu sunnite favorable aux jihadistes. En plus d’être accusé de concurrencer l’armée, des affaires crapuleuses touchent des proches de ses dirigeants. L’opération du 7 mai baptisée «Journée glorieuse» et l’épisode des «chemises noires» étaient humiliants pour la communauté sunnite. Sa participation aux combats en Syrie aux côtés d’un régime accusé de despotisme à l’égard des sunnites, la met mal à l’aise. Il suffit pour s’en convaincre de lire les communiqués laconiques qui annoncent la mort de l’un de ses combattants, sans préciser sa mission ou le lieu de son décès. Les héros de 2006 du Hezbollah doivent se retourner dans leurs tombes. Enfin, son implication supposée dans l’attentat contre des Israéliens en Bulgarie le dessert dans son différend avec l’Occident. Pour toutes ces raisons, pour faire face tant aux menaces physiques que politiques, le Hezbollah ne pourra se défendre que s’il s’accorde à la normalité institutionnelle de tout parti politique; s’il cesse de prétendre à un particularisme, quelles qu’en soient les motivations. Il se sauvera et le Liban avec, permettant une meilleure action contre le terrorisme et la lente désintégration de la République. Pourquoi insister sur le Hezbollah? C’est parce qu’il est le seul à pouvoir beaucoup donner, faire la différence, tout en gardant les acquis d’une communauté longtemps négligée.


 Amine Issa
   

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