Confidences Moyen-Orient
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Nº 2941 du vendredi 21 mars 2014

Confidences Moyen-Orient

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    Dahlan a-t-il tué Arafat? Malgré les conseils amicaux adressés par les responsables émiratis au président palestinien, Mahmoud Abbas, d’enterrer la hache de guerre avec leur protégé Mohammad Dahlan, il ne semble...
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Dahlan a-t-il tué Arafat?
Malgré les conseils amicaux adressés par les responsables émiratis au président palestinien, Mahmoud Abbas, d’enterrer la hache de guerre avec leur protégé Mohammad Dahlan, il ne semble pas qu’Abou Mazen soit prêt à tourner la page. Dernier épisode en date, les accusations publiques contre Dahlan d’être impliqué dans le complot qui a entraîné la mort du leader historique, Yasser Arafat. Ces propos ont été tenus en direct à la télévision pendant plus de deux heures par Abbas à l’occasion d’une réunion du Conseil révolutionnaire du mouvement Fateh. Réponse du berger à la bergère: «Le discours de Abbas est un exemple de stupidité, de mensonge et d’ignorance des événements sur la scène palestinienne». Une nouvelle escalade qui met un terme à toutes les tentatives de réconciliation menées durant les derniers mois afin de clore ce chapitre.        

 

Les Ikhwan bannis, même en Mauritanie
Le gouvernement mauritanien vient d’ordonner à «l’Association de l’avenir pour le prêche, la culture et l’enseignement», proche des Frères musulmans, de fermer boutique. Le régime du président Mohamed Ould Abdel-Aziz considère que les Ikhwan perturbent l’ordre public, car ils incitent la population à la violence et à la sédition. Dirigée par Mohammad el-Hacen Ould Dedaw, considéré comme le Guide suprême de la confrérie en Mauritanie, l’association avait réussi à rester active sans s’attirer les foudres des autorités. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, car la prise du pouvoir par les islamistes en Tunisie, au Maroc et en Libye, lui a donné des ailes.         

Iyad Allaoui  le leader de l’opposition irakienne, a refusé de faire le jeu du Premier ministre, Nouri el-Maliki, qui a tenté de faire assumer la responsabilité de tous ses échecs à des forces étrangères. Allaoui a mis les points sur les «i» en rappelant à Maliki que sa façon de gouverner et la concentration entre ses mains de tous les pouvoirs étaient les principales causes de la détérioration de la situation économique et sécuritaire au pays des deux fleuves. Il l’a, par conséquent, prié de se retirer de la vie politique.

En pointillé

Le roi de Jordanie, Abdallah Ben el-Hussein, a choisi de prendre du recul vis-à-vis des événements qui secouent le monde arabe à l’exemple de son père qui attendait que la tempête passe pour refaire surface. Malgré ce choix machiavélique, le roi a tenté de jouer le rôle de médiateur entre Riyad et Doha, proposant ainsi au grand frère saoudien ses services pour remettre les pendules à l’heure entre les deux voisins. Un geste mal calculé. Les responsables saoudiens ont réagi violemment à cette offre. Ils l’ont catégoriquement rejetée et exigé de Amman de se remettre dans le rang en retirant, lui aussi, son ambassadeur de Doha. Les émissaires du roi ont préféré faire marche arrière et adopter une position neutre dans ce conflit, qui pourrait avoir des répercussions négatives sur le royaume hachémite.   

   

Mohammad Qasim Fahim vice-président et ancien chef de guerre afghan, vient de décéder à l’âge de 57 ans des suites d’une maladie grave. Il a été l’un des leaders les plus influents de la communauté tadjik et avait été récompensé par les Américains pour son combat contre les talibans, une lutte qui lui avait valu d’être qualifié de dur. Nommé ministre de la Défense, en 2002, il échoue à former une armée unie et puissante, forçant Washington à l’écarter de ce poste-clé et à le faire nommer par le président Hamid Karzaï comme son numéro deux. Il a passé les dernières années de sa vie à combattre les accusations de corruption qui pesaient sur lui, à cause de l’énorme fortune qu’il avait amassée, sans en justifier l’origine.      

Khalfan s’en prend à Azmi Béchara
Le général Dahi Khalfan, chef de la police de l’émirat de Dubaï, s’est attaqué à l’ancien député arabe israélien Azmi Béchara, l’accusant d’être au service du Mossad. Selon Khalfan, Béchara, aujourd’hui protégé de l’émir du Qatar, a échoué dans son plan d’infiltration des pays du Golfe. C’est pourquoi il l’appelle à retourner dans son pays d’origine et à reprendre ses fonctions à la Knesset israélienne, «c’est là où vous vous trouvez le mieux», lui a-t-il dit. Des propos ignorés par l’ancienne star de la télé al-Jazeera qui prépare actuellement son nouveau projet: le lancement d’un journal panarabe qui serait en compétition avec le quotidien saoudien al-Hayat, financé par les autorités qataries. Triste fin pour cet intellectuel de gauche.      

Les partisans de Ben Ali de retour
La scène politique tunisienne connaît des bouleversements dramatiques. Le mouvement islamiste Ennahda n’exige plus l’exclusion de la vie politique des proches de l’ancien régime de Zein el-Abidine Ben Ali, comme cela fut le cas depuis la révolte populaire. Une décision qui a surpris les deux autres partis de la troïka au pouvoir qui doivent, en grande partie, leur dernière victoire aux élections au fait que les partisans de l’ancien régime étaient mis sur le banc de touche. Selon les islamistes, un pays démocratique ne devrait exclure aucun de ses citoyens de la vie politique. Une position soutenue également par le Mouvement populaire, parti de gauche qui avait été pourtant le propulseur de cette initiative d’exclusion 
en 2011.
Résultat, les Destouriens sont de retour et devraient réussir à rejoindre les bancs du Parlement en grand nombre lors des prochaines élections législatives. Des sources à Tunis notent qu’ils auront aussi leur mot à dire dans les prochaines présidentielles. La révolution du jasmin n’est plus qu’un lointain souvenir.             

 

Tamim plus isolé que jamais
Quelques jours avant la décision de l’Arabie saoudite, du Bahreïn et des Emirats arabes unis de retirer leurs ambassadeurs de Doha, une réunion secrète a eu lieu au Koweït entre l’émir Tamim Ben Hamad Al Thani et les cinq ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Selon des sources bien informées, un message clair avait été communiqué à Tamim: «Si vous n’arrêtez pas toute forme de financement aux Frères musulmans, au mouvement Hamas et aux Houthistes, nous couperons tous les ponts avec Doha». Un message qui n’a pas été bien accueilli par l’émir, au pouvoir depuis huit mois seulement, et qui est désireux de démontrer son autorité en défiant le grand frère saoudien. Un choix qui pourrait lui être fatal dans l’avenir.  

Le sultan ne va pas bien
La visite menée par le président iranien, le cheikh Hassan Rohani, au sultanat d’Oman, a été l’occasion de voir le sultan Qaboos Ben Saïd en public. Chose rare vu son état de santé déplorable. L’état du dirigeant omanais est critique. Il est apparu fatigué et épuisé en recevant son hôte au palais d’al-Alam, incapable d’effectuer le trajet jusqu’à l’aéroport. Une situation qui inquiète les pays du Golfe, le voisin iranien et les Etats-Unis, vu la position stratégique du sultanat sur le détroit d’Ormuz et que Qaboos, n’étant pas marié, n’a pas de successeur. Les observateurs craignent une lutte pour le pouvoir après son décès. Malgré tout cela, le sultan s’obstine à refuser de nommer un héritier, rendant la situation encore plus imprévisible et laissant la porte ouverte à tous les scénarios.       

Des élections libres!
L’élection prési-dentielle qui doit avoir lieu cette année en Syrie n’apportera aucune surprise. Le Parlement syrien vient d’adopter des amendements à la loi électorale, rendant impossible la candidature de l’un des leaders de l’opposition. L’une des conditions est que le candidat ait passé les dix dernières années en Syrie, ce qui exclut de facto tous les opposants au président actuel, exilés dans les pays arabes et en Europe. Pire encore, le Parlement considère que même si la Constitution stipule qu’un président en fonction ne pouvait être réélu qu’une seule fois, cette clause ne s’appliquait pas au président Bachar el-Assad qui pourrait, selon eux, être élu pour deux mandats consécutifs, vu que l’amendement introduit en 2012 s’est fait après son élection. Est-il étonnant de voir les Syriens tellement désintéressés par ce sujet?          

34 000 nouveaux réfugiés viennent de fuir les zones de combat dans la province du Sud Darfour entre les forces 
gouvernementales soudanaises et les rebelles. Une escalade due aux exactions commises par les milices proches de Khartoum, qui pillent, tuent et violent en toute impunité. Cette situation embarrasse le régime du président Omar Hassan el-Bachir, ce qui n’est pas chose facile vu ses antécédents en la matière. Ainsi, ce serait, selon le vice-président Hasabu Mohammad Abdel-Rahman, la faute d’éléments indisciplinés si des dizaines de personnes ont été massacrées durant les trois dernières semaines. Or, ce sont bien les responsables à Khartoum qui avaient ordonné la fin des négociations de paix avec les rebelles du Darfour, une décision suivie de tensions sur le terrain et d’opérations de nettoyage ethnique. Omar Hassan el-Bachir poursuivi, depuis plusieurs années, par le Tribunal international de La Haye pour crimes contre l’humanité dans cette même province, ne semble nullement prêt à faire marche arrière.  

6 692 travailleurs étrangers ont été expulsés de Jordanie les deux premiers mois de l’année pour s’être introduits clandestinement dans le royaume. Une politique sévère qui s’applique à tous les ressortissants étrangers afin de résoudre le problème du chômage qui touche sévèrement la main-d’œuvre jordanienne. Ainsi, le ministère du Travail a formé un comité spécial chargé de localiser et d’expulser tous les travailleurs illégaux, une mesure qui avait surtout visé les ressortissants égyptiens au moment où les relations entre Amman et Le Caire étaient au plus bas après la prise du pouvoir par les Frères musulmans. Mais depuis la révolte contre Mohammad Morsi, le 
gouvernement de Abdallah Ensour se montre plus clément envers les ressortissants égyptiens, alors que des sources à Amman notent que cette attitude avait créé un climat de peur et de suspicion entre les Jordaniens et les travailleurs étrangers.       

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Éditorial
S.O.S. Liban!

Chaque jour apporte son lot d’explosifs, de morts, de blessés et de dégâts que provoquent les véhicules de la mort. Les Libanais vivent dans l’angoisse de ce qui les attend. Les services de renseignements et les forces de sécurité s’acharnent à intercepter les terroristes avant qu’ils n’agissent. Ils réussissent, parfois, et en paient le prix. L’armée est devenue la cible privilégiée des criminels. Ce fléau qui frappe le Liban ne peut être éradiqué que par une politique, dans le sens le plus juste du mot, menée par des hommes conscients de la responsabilité qui leur incombe, celle d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens. Nous en sommes très loin. A Tripoli, devenue ville fantôme, les combats meurtriers se poursuivent. Les écoles ferment leurs portes, les commerces baissent leurs rideaux et les gens du Nord vivent au rythme des agressions contre Ersal. A cela se greffe la chute de Yabroud, une «victoire» que célèbre bruyamment le Hezbollah ignorant le flux de nouveaux réfugiés qui traversent la frontière gonflant le nombre de ceux qui, désormais, sont sur place avec peu d’espoir de rentrer chez eux, du moins à court terme. On estime, sans crainte d’exagérer, que Syriens et Palestiniens confondus constituent non moins du tiers de la population libanaise encore résidante dans le pays. Arrivés sans ressources, dans leur grande majorité, ils sont accueillis, presque, à bras ouverts, mais sans aucun plan social et surtout sans contrôle. Leur présence, quel que soit le devoir humanitaire qui dicte l’aide qui leur est apportée, pèse lourd dans un pays où l’Etat peine à répondre aux besoins sociaux de ses propres citoyens. Ces derniers sont très souvent remplacés dans nombre de travaux par une main-d’œuvre moins coûteuse. Les Libanais, toutes cultures, toutes classes sociales confondues, s’interrogent sur l’avenir de leur pays où la vie devient de plus en plus dure et où l’espoir d’un redressement radical n’est pas hélas à l’horizon. Sur qui et sur quoi peuvent-ils compter? Est-ce sur des élus qui ont oublié le chemin de l’hémicycle et qui, pour beaucoup, ne le retrouveront probablement plus? Sur des situations où les compromis, indispensables dans l’état actuel des choses, sont la règle? Sur certains leaders, chefs de file de courants ou zaïms d’un autre temps?… On ne sait plus. Même si nous n’avons pas le droit de généraliser et de mettre dans un même panier tous ceux qui sévissent dans les hautes sphères, il nous faut reconnaître que les meilleurs  d’entre eux n’ont plus vraiment leur destin en main et le nôtre encore moins. Dans un pays où l’Etat dans l’Etat affaiblit l’autorité, celle-ci peut difficilement s’imposer. Il ne nous reste, pour toute perspective, que le dialogue. Mais sommes-nous assez naïfs pour croire encore dans la bonne foi de ceux qui ne cessent de renier leurs engagements? Nous entendons sans cesse la chose et son contraire. Peut-on croire que le Hezbollah qui, comme l’a laissé entendre récemment l’un de ses piliers, favoriserait une Armée libanaise renforcée par des équipements que le chef de l’Etat s’acharne à obtenir? Le président Sleiman et l’institution militaire ne sont-ils pas la cible quasi permanente du parti de Dieu? Ce qui nous reste, en guise de consolation, c’est de placer nos espoirs dans ce gouvernement en gestation, souhaitant qu’il ne naisse pas affublé d’un handicap irrémédiable. Déjà, en filigrane des débats parlementaires, se dessine le profil de la présidentielle mais attendant, au cours des deux mois qui leur sont accordés, ces messieurs du Sérail ne devraient pas chômer. Ils ont du pain sur la planche et surtout des services à assurer à tous ceux dont ils ont la charge et qui peinent à trouver les moyens de survivre, d’éduquer leurs enfants et de boucler leurs fins de mois. C’est ce qu’attend le Libanais lambda.


 Mouna Béchara
   

Santé

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