Confidences Moyen-Orient
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Nº 2909 du vendredi 9 août 2013

Confidences Moyen-Orient

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Pédophile libéré puis arrêté
La décision du roi Mohammad VI de gracier des centaines de condamnés n’est pas passée inaperçue. Parmi ceux-là, un certain Daniel Fino Galván, condamné à la détention à perpétuité pour avoir violé onze enfants à al-Kenitra. L’atrocité du crime avait provoqué des émeutes dans toute la ville. Vingt-six mois après son arrestation, le citoyen espagnol avait été autorisé à regagner son pays en toute tranquillité au milieu de la fureur populaire dans le royaume chérifien. Le ministre de la Justice, Moustafa el-Ramid, a dû se défendre en expliquant que la décision avait été prise par le roi en personne. Devant l’ampleur du mouvement de colère, le souverain a ordonné l’ouverture d’une enquête et a annulé l’amnistie royale. Le pédophile a été arrêté en Espagne.     

 

Des larmes de crocodile
Le Nord-Soudan observe avec grand intérêt les développements chez son voisin depuis que la lutte pour le pouvoir entre le président sud-soudanais et son adjoint a éclaté. Khartoum a mis en garde contre la possibilité de voir le Sud transformé en «Etat défaillant», appelant les différents partis à Juba à régler leurs problèmes sans user de la force. Le ministre des Investissements, Moustafa Ismaïl, a même proposé la médiation de son pays dans ce nouveau conflit. Une proposition qualifiée de «sournoise» par les observateurs, car le Nord fait tout son possible, depuis l’indépendance de son voisin, pour lui mettre les bâtons dans les roues.      

Ahmad Jannati le président du Conseil des gardiens de la Constitution en Iran, une des figures-clés du mouvement conservateur connu pour ses positions radicales serait, selon des sources à Téhéran, l’instigateur de la décision permettant à Hassan Rohani de participer aux dernières élections présidentielles. Jannati se serait opposé aux membres du Conseil souhaitant priver Rohani et Mohammad Reza Aref, les deux seuls représentants du clan réformateur, de se présenter au scrutin. Mais c’est le président du Conseil qui a finalement eu gain de cause. Il a insisté pour que tous les courants soient représentés, permettant au peuple iranien de faire librement son choix. Il ne s’attendait probablement pas à voir un réformateur triompher, mais sa position a prouvé qu’il savait se comporter en homme d’Etat.     

Nouri el-Maliki le Premier ministre irakien, cherche un bouc émissaire pour justifier son échec sécuritaire, après les attentats à la voiture piégée qui ensanglantent le pays et la fuite de centaines de prisonniers d’al-Qaïda de la prison de Taji et d’Abou Ghreib, près de Bagdad. Il a ordonné le limogeage du directeur général des autorités pénitentiaires pour sa responsabilité présumée dans la dernière grande évasion. Selon des sources proches du Premier ministre, des dizaines d’officiers en charge des prisons de Taji et d’Abou Ghreib auraient été arrêtés par la justice militaire pour leur possible implication.   

En pointillé…
Le général Maher el-Assad, frère de l’actuel président syrien et commandant tout-puissant de la 4e brigade dans la Garde présidentielle, a accordé  une promotion à son ami d’enfance, Ammar Saati. Ce dernier, membre du Parlement et chef de l’Union nationale des étudiants syriens, vient en effet d’être nommé au Conseil régional du parti Baas. Ce cadeau a surpris à Damas, car Saati avait osé, en avril 2011, critiquer publiquement le président syrien, qui promettait des réformes sérieuses pour maîtriser la crise qui venait d’éclater. Des observateurs ont révélé à Magazine que ce choix signifiait que le pouvoir syrien avait décidé de durcir sa position à l’égard de l’opposition, la balance militaire penchant en faveur des forces loyales au régime.    


Al-Bagdadiya sous siège
La chaîne satellite irakienne al-Bagdadiya a été la star tout au long du mois de Ramadan avec son scoop: recevoir le chef du parti du Hezbollah irakien, Wathek el-Battat. Or, ce dernier est considéré comme l’ennemi numéro un du gouvernement irakien et accusé d’être le chef d’une organisation terroriste responsable de l’assassinat de milliers de civils irakiens. D’ailleurs, dans son entrevue, Battat s’est vanté des prestations militaires de ses hommes, prétendant que sa milice comptait plus d’un million de combattants. Durant 60 minutes, il a critiqué le système démocratique qui, dit-il, est vide de tout contenu. Il a assuré qu’il fera son devoir sans demander l’autorisation du gouvernement ou de quiconque. Furieux, le Premier ministre, Nouri el-Maliki, a ordonné l’arrestation de Battat mais sans grand succès, l’entrevue qui passait en direct se déroulait dans un endroit tenu secret. Cela n’a pas empêché les forces de sécurité d’encercler les locaux de la chaîne et d’arrêter pendant de longues heures plusieurs de ses journalistes.    

       

Un guide à la place du guide?
L’observateur général de l’Organisation des Frères musulmans en Jordanie, Hammam Saïd, dément les rumeurs qui avaient fait état de sa possible nomination comme nouveau guide de l’Organisation internationale des Frères musulmans. Des islamistes avaient pourtant rapporté que les prérogatives de l’Egyptien Mohammad Badih avaient été déléguées à Saïd, le premier ne pouvant plus exercer ses fonctions depuis son arrestation par les autorités égyptiennes. Des responsables de la confrérie à Amman ont ajouté que le guide était élu par le Conseil international de la Choura, et que s’il devait céder sa place, ce serait au profit de son numéro deux, Gomaa Amin. Mais le Guide suprême a toujours été égyptien et le choix d’un Jordanien pourrait déstabiliser le mouvement. Affaire à suivre.  

 

 Algérie: l’opposition hausse le ton
Depuis le retour dans le pays du président algérien Abdel-Aziz Bouteflika, après sa longue hospitalisation en France, les choses semblent prendre une nouvelle tournure. L’opposition demande désormais son départ immédiat du pouvoir. Plusieurs dirigeants de l’opposition avaient appelé le président malade à se retirer de la vie politique, comme l’avait fait avant lui le président Liamine Zeroual, en 1998. Les islamistes semblent partager cet avis même si, quelques semaines auparavant, ils soulignaient la nécessité de voir le mandat présidentiel mené à terme. Ce n’est plus le cas, ils exigent désormais que le scrutin présidentiel soit organisé en décembre prochain, Bouteflika n’ayant plus en main les rênes du pouvoir. Ce sont ses conseillers et les généraux de l’armée qui préparent d’ores et déjà la relève. Entre-temps, le chef de l’Etat n’a plus donné signe de vie depuis son retour.  


Le Hamas se remet en cause
Depuis la chute du président Mohammad Morsi en Egypte et les défaites militaires des forces de l’opposition syrienne, le mouvement palestinien Hamas, qui avait pris ses distances avec Damas et Téhéran, semble avoir changé de stratégie. Après de longs mois durant lesquels les hommes de Khaled Mechaal snobaient la République islamique, les choses sont rentrées dans l’ordre, plusieurs visites ayant été menées par de hauts responsables du Hamas en Iran. Ahmad Youssef, proche de Mechaal, affirme que le malentendu avait été bel et bien surmonté, ajoutant que son mouvement réévaluait sa position à l’égard des événements en Syrie. Résultat, le docteur Mahmoud el-Zahhar, considéré comme étant le premier allié de Téhéran au sein du Hamas et qui avait été marginalisé, voit sa position renforcée. Une belle revanche pour celui qui avait été accusé par ses propres amis de trahison et de lâcheté.  
    
Fureur à Ankara
Le rôle de la Turquie sur la scène moyen-orientale est sérieusement compromis depuis les dramatiques événements en Egypte et l’arrestation de Mohammad Morsi, ami personnel du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Le gouvernement islamiste se déchaîne contre ceux qu’il appelle les nouveaux pharaons d’Egypte dont le ministre de la Défense, le général Abdel-Fattah el-Sissi accusé de tous les maux et considéré l’ennemi numéro un. Ankara s’est aussi trouvé un autre ennemi: l’Arabie saoudite, perçue comme le premier soutien de Sissi. Selon les responsables turcs, Riyad financerait tous les acteurs anti-Frères musulmans en Egypte, en Jordanie, en Tunisie et en Libye, sabotant ainsi le Printemps arabe. Jamais les relations entre Ankara et les pays du Golfe n’ont été aussi tendues.   

1994 est l’année durant laquelle les frontières entre l’Algérie et le Maroc ont été fermées par une décision des autorités algériennes. Depuis, et malgré toutes les médiations, personne n’a réussi à remettre les relations entre les deux voisins sur la bonne voie. Pendant que les Algériens assuraient être prêts à tourner la page, le discours du roi du Maroc, Mohammad VI, n’a fait que compliquer une situation déjà très complexe. Le monarque a en effet annoncé, à l’occasion du 14e anniversaire de son accession au trône, être toujours attaché au Sahara occidental, alors que Rabat refusait de changer sa position à ce sujet. Il a de même pointé du doigt l’Algérie responsable juridiquement et politiquement, selon lui, du maintien du conflit saharien. Fureur à Alger qui espérait apaiser la situation et qui a répondu à cette provocation en accusant le Maroc de tenter d’imposer des conditions inacceptables. Ces développements sont l’indice d’un retour à la case départ entre les deux frères ennemis.        

80000 réfugiés éthiopiens traversent chaque année la mer Rouge pour rejoindre le Yémen. Ces malheureux voyageurs espèrent pouvoir accéder à l’Eldorado saoudien. Cependant, l’écrasante majorité de ces clandestins se trouvent pris dans un guet-apens dans le Pays du Qat, réduits à l’esclavage pour les hommes et à la prostitution pour les femmes. Les autorités locales refusent de leur porter secours et les traitent en délinquants, responsables de leur drame. Pire encore, ceux qui réussissent à atteindre les frontières saoudiennes sont abattus par les gardes frontaliers des deux bords et leurs corps sont laissés sur place pour servir de repas aux vautours. Un message fort supposé dissuader leurs compatriotes de tenter la même aventure. Entre-temps, seules les Nations unies essaient de tendre la main à ces infortunés, mais les fonds récoltés dans ce but restent limités.

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Éditorial
Salade de discours

Les hommes politiques étaient particulièrement communicatifs la semaine dernière. Ils se sont fendus d’une littérature tellement abondante que les Libanais sont servis pour un bon bout de temps: trois discours en mets principal, une flopée de déclarations pour le dessert et, cerise sur le gâteau, un brin de prises de position, assaisonnées d’un zest de commentaires bien pressés. Ils ont néanmoins pu vérifier, une fois de plus, que la quantité et la qualité sont, souvent, inversement proportionnelles. Une partie de ce qu’ils ont entendu était, en effet, tout bonnement indigeste, une autre difficile à avaler, et une troisième plus ou moins raffinée. L’ennui c’est qu’après avoir séparé les belles pièces des morceaux infects, il ne restait plus grand-chose à se mettre sous la dent. Friands des nouveautés, il a fallu qu’ils goûtent à tout pour réaliser qu’il aurait été préférable pour eux de se mêler de leurs oignons... s’ils n’aiment pas qu’on leur raconte des salades. Le plat de résistance était offert par le secrétaire général du Hezbollah. Bien qu’il ait utilisé les ingrédients habituels, sayyed Hassan Nasrallah a un peu trop épicé la sauce, cette fois-ci. Son discours, presque exclusivement consacré aux questions régionales – la crise syrienne, le conflit israélo-arabe, la Palestine... – était plutôt destiné à une clientèle étrangère, car les Libanais restent attachés, en majorité, à la cuisine locale. Visiblement, le chef du Hezbollah trouve le marché domestique trop exigu et envisage d’investir au-delà des frontières, dans le cadre d’une stratégie d’expansion régionale. Cependant, dans le contexte actuel de crise, ce pari est risqué, surtout que le menu qu’il propose, bien que très en vogue entre les années 60 et 90 du siècle dernier, pourrait ne pas être du goût de la génération fast-food. Mais tel qu’on le connaît, Hassan Nasrallah n’est pas près de rendre le tablier... il continuera à servir le même plat jusqu’au bout. De son fourneau saoudien (il fait 41 degrés à Jeddah, température idéale pour cuire à feu doux), Saad Hariri a sorti la carte «menu pour enfant», une formule standard proposée dans toutes les branches de la chaîne 14 mars. Depuis 2005, c’est pratiquement la même salade qui est offerte. A toutes les sauces, on retrouve le Hezbollah et ses armes, responsables, selon l’ancien Premier ministre, de tous les maux dont souffre le Liban. Hariri a vendu sa marchandise à la criée, répétant 45 fois le mot «armes». Sans le savoir, il se fait le promoteur de la théorie de la relation dialectique entre la quantité et la qualité. Le chef du Courant du futur a une vision diamétralement opposée à celle de Hassan Nasrallah et propose le chemin inverse: un retour vers le marché domestique, car l’on n’obtiendra jamais un panier mieux garni que celui que l’on cueille dans son propre jardin. En outre, le marché régional est déjà occupé par ceux qui sont en train de cuisiner les Syriens, les Egyptiens, les Irakiens, les Tunisiens, les Libyens... Les petites bouchées de dessert ont été présentées – sous forme de honteuses surenchères – par les seconds couteaux des deux grands chefs. Gluantes et visqueuses, elles étaient tout simplement repoussantes. Nous ne citerons point les noms de ces assistants car ils ont la réputation de prendre mal les critiques... Avec un tel menu, on voit bien que le palais n’a pas été gâté. Heureusement que l’entrée a été offerte par le président Michel Sleiman. Bien qu’elle n’ait pas été du goût de tout le monde, une bonne partie des clients en a apprécié la saveur. Il a proposé un retour aux sources, aux racines, au bercail, car il n’y a de meilleure cuisine que celle du terroir. Tout compte fait, en cette ère des prorogations tous azimuts, une prolongation de quelques jours du mois du Ramadan aurait été la bienvenue. Car le menu proposé était tellement peu alléchant qu’il aurait mieux valu jeûner plutôt qu’ingurgiter du junk food.


 Paul Khalifeh
   

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