Confidences Moyen-Orient
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Nº 2912 du vendredi 30 août 2013

Confidences Moyen-Orient

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Le Fateh joue son va-tout
Le mouvement palestinien Fateh, dirigé par le président Mahmoud Abbas, a vu son ennemi juré, le Hamas, passer un mauvais quart d’heure après la chute du régime des Frères musulmans en Egypte. Les disciples de Yasser Arafat ne comptent pas en rester là. Ils envisagent de mettre leurs adversaires hors jeu. Ramallah contemple sérieusement la possibilité de déclarer la bande de Gaza province rebelle. Selon les leaders du Fateh, le refus des islamistes d’organiser des élections dans la bande assène un coup fatal aux efforts de réconciliation. Si ce scénario se concrétise, les citoyens de Cisjordanie éliront les députés de Gaza et l’Autorité palestinienne demandera aux organisations internationales et aux pays arabes de les priver de toute forme d’aide financière. Ceci représenterait un coup très dur à Khaled Mechaal et Ismaïl Haniyeh, qui se retrouvent plus isolés que jamais.  

 

Le dernier allié de l’Oncle Sam
Au moment où les analystes critiquent très sévèrement la politique étrangère des Etats-Unis au Moyen-Orient pour son absence de vision et le manque d’intérêt de l’Administration Obama aux multiples tensions dans la région, seul le président yéménite soutient encore Washington. Recevant, à Sanaa, un haut responsable militaire américain, Abed Rabbo Mansour Hadi déclare: «Nous avons réussi, avec les Etats-Unis, à obtenir d’énormes succès». L’ancien numéro deux d’Ali Abdallah Saleh s’est ainsi vanté du soutien américain apporté à son pays, promettant en contrepartie loyauté et servitude à Washington.        


Carl XVI Gustaf de Suède et la reine Silvia ont essuyé les critiques et les attaques du lobby pro-israélien à Stockholm pour avoir porté le keffieh palestinien. Le monarque, en visite dans la région de Härnösand, avait reçu ce cadeau des membres de la communauté palestinienne en signe de reconnaissance au peuple suédois qui les a accueillis. Mais le roi est resté intransigeant, refusant de présenter des excuses, alors que le porte-parole du palais qualifiait ce «tumulte d’un peu exagéré». 

 

Recep Tayyip Erdogan Premier ministre turc, semble avoir franchi toutes les limites en bafouant encore une fois les lois de la laïcité imposées par Moustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne. Dernier épisode en date, son désir de présenter la candidature d’une femme voilée de son parti aux prochaines élections parlementaires. Or, la Constitution est claire et elle interdit aux femmes voilées d’occuper tout poste dans le cadre de l’Etat laïque. Mais le Premier ministre démontre jour après jour sa détermination à bousculer les lois laïques au profit d’une conception conservatrice de l’islam et il est prêt à tout pour remodeler la société turque à son image. Il aura fallu neuf ans à Erdogan pour montrer son véritable visage, au grand dam des généraux de l’armée qui se sentent désormais impuissants.            

Galván, officier de Saddam?
La rue marocaine s’était calmée après l’arrestation par les autorités espagnoles du pédophile Daniel Galván, dans la ville de Murcie. Le roi Mohammad VI a bafoué le protocole en recevant les familles des victimes dans son palais à Rabat. Du jamais vu de la part du Commandeur des croyants. Malgré cela, des révélations dans la presse espagnole ont choqué la société marocaine, qui a découvert que le violeur en question n’était pas d’origine espagnole, mais irakienne. Agé de 63 ans, originaire de la ville sudiste de Bassora, Saladin de son vrai prénom, aurait servi durant les années 70 dans l’armée de Saddam Hussein en tant qu’officier. Cette tragédie connaît des rebondissements qui  n’en finissent plus.    

 


En pointillé…
Le président algérien, Abdel-Aziz Bouteflika, est prêt à tout pour prouver qu’il tient toujours les rênes du pouvoir. C’est ce qui explique sa décision d’ignorer les conseils de ses médecins, qui lui interdisent toute sortie, pour présider son premier Conseil des ministres depuis le mois de décembre. Son apparition fut brève. Il s’est contenté d’inaugurer la séance et de signer quelques décrets avant de se retirer sans que les ministres ne puissent discuter avec lui. Mais le message est passé. Bouteflika a ainsi donné un coup de pouce à son favori, Ammar Saadani, pour le nouveau poste de secrétaire général du Front de libération nationale. Un poste primordial puisque c’est à travers le parti au pouvoir que devra venir la proposition de prolonger de deux ans le mandat présidentiel. Affaire à suivre.    

Sanaa vise les Houthis
La conférence de dialogue national, qui traîne depuis de longs mois au Yémen et qui perd jour après jour un grand nombre de ses participants, ne devrait pas être annulée bientôt. Le régime à Sanaa semble plus préoccupé par le désarmement des Houthis que par l’ouverture d’un vrai dialogue national qui aboutirait à une nouvelle Constitution. D’ailleurs, les proches de la présidence n’ont pas caché la volonté du régime actuel de désarmer les rebelles du Nord, même si cela devait se faire par la force. Ces responsables ont ajouté que le devoir de l’Etat yéménite est d’exercer son autorité sur l’ensemble du territoire national et ils notent au passage que les régions du Nord ne font pas exception et devraient même servir d’exemple. Dans de telles conditions, le Pays du Qat est loin de retrouver son calme.         

La Syrie au bord de la division
Depuis l’éclatement de la révolte syrienne, les régions nord du pays, à majorité kurde, vivent loin du gouvernement central. En effet, le régime du président Bachar el-Assad avait préféré se retirer de ces provinces afin de s’assurer la neutralité des combattants kurdes. Ces derniers ont, depuis, changé de camp à plusieurs reprises, avant d’entrer en conflit direct avec le Front al-Nosra. Entre-temps, les dirigeants kurdes ont exprimé leur désir de créer une province indépendante jouissant de relations diplomatiques avec les pays de la région, notamment avec l’Irak, l’Iran et la Turquie. Selon les leaders locaux, les forces de l’opposition syrienne n’ont rien fait pour protéger les régions kurdes et leur seul espoir serait de créer une union avec la province irakienne semi-indépendante du Kurdistan. Au cas où ce scénario se réalise, le Pays des Omeyades serait divisé en deux, la communauté kurde comptant plusieurs millions de personnes. De leur côté, les dirigeants à Arbil ont assuré leur soutien total à leurs voisins.                

Bachir prépare sa succession
Le président soudanais, Omar Hassan el-Bachir, aurait bien aimé se présenter aux prochaines élections présidentielles. Mais son état de santé rendant impossible un tel scénario, un remaniement important devrait avoir lieu au sein du parti au pouvoir pour propulser à l’avant-scène de nouveaux visages capables de reprendre le flambeau et d’assurer la mainmise des généraux sur le pays. Des sources à Khartoum ont noté que ces changements se feront au détriment du vice-président, Ali Othman Mohammad Taha, et du chef du Parlement, Ahmad Ibrahim Taher, qui se trouveraient tous deux proches de la sortie. Drôle de dénouement, puisque contrairement à toutes les attentes, Bachir sera le dernier à quitter le bateau et ses lieutenants les premiers sacrifiés. La politique interne soudanaise reste une intrigue presque impossible à décoder.                

Bibi, pas fan de la musique arabe
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, connu pour ses positions radicales à l’égard des Palestiniens, a surpris son visiteur le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, en exigeant l’interdiction de diffusion d’une chanson folklorique palestinienne. Le chef de la diplomatie américaine, venu superviser la reprise des négociations entre Palestiniens et Israéliens et tenter de persuader Bibi de freiner la construction des colonies en territoire palestinien, n’a pas su quoi répondre à cette exigence pour le moins bizarre. Netanyahu faisait ainsi allusion au concert présenté par le vainqueur d’Arab Idol, le Palestinien Mohammad Assaf, dont l’une des chansons considérait que Jaffa, Tibériade, Acre et Haïfa entre autres, faisaient partie de la Palestine. Le Premier ministre, qui n’hésite pas à ordonner à son armée de tirer sur des civils palestiniens, serait-il aussi sensible qu’il le prétend?

3000 citoyens iraniens se trouvent derrière les barreaux pour avoir tous prétendu être le messie tant attendu de la communauté chiite. Or, ces faux Mehdis sont le résultat des politiques suivies par le régime à Téhéran, gouverné par un Guide suprême représentant de ce même Mehdi et supposé attendre sa venue. En 2007, un religieux chiite, l’ayatollah Boroujerdi, avait déjà prétendu être lui-même le représentant du messie annonçant son apparition avant la fin de l’année. Quelques années plus tard, le gendre du président Mahmoud Ahmadinejad, Rahim Mashaï, avait été accusé de financer une vidéo qui assure l’apparition imminente du tant attendu. Une des raisons pour lesquelles le régime en place avait refusé sa candidature lors des dernières élections présidentielles. Alors que Boroujerdi était arrêté sur-le-champ et détenu depuis dans les geôles iraniennes, Mashaï bénéficiait de la protection de l’ancien président connu pour son faible envers son directeur de bureau.             

6 milliards de dollars est la valeur des investissements saoudiens en Egypte durant les neuf premiers mois de l’année. La monarchie saoudienne a décidé de jouer son va-tout en faveur du camp anti-Frères musulmans, ce qui expliquerait le prêt de 5 milliards de dollars accordé en urgence au Caire. Résultat, c’est grâce à Riyad que le nouveau régime réussit à maintenir ses finances en ordre et à payer les salaires de centaines de milliers d’employés du secteur public. Face à ces sommes exorbitantes, les menaces de l’Union européenne de geler les 150 millions de dollars d’aide économique à l’Egypte semblent dérisoires. D’autres pays du Golfe, notamment le Koweït et les Emirats arabes unis, sont également venus à la rescousse en versant plusieurs milliards à la Banque centrale. Les Ikhwan avaient mal jugé la détermination des Saoudiens.        

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Éditorial
Mauvais remake

Si certains se réjouissent des intentions guerrières de l’Occident en Syrie, d’autres, au contraire, en sont consternés. Ce n’est pas qu’ils soient fans du régime syrien ou inquiets de l’avenir de Bachar el-Assad. De toute façon, Washington et ses alliés ont fixé les contours de la frappe avant même qu’elle ne se produise: elle sera «brève et limitée», elle n’aura pas pour objectif de renverser le président syrien mais seulement de le «punir» d’avoir utilisé des armes chimiques. Tout le monde y trouvera son compte. Cette tristesse, mêlée à une profonde déception, vient du fait que l’Occident affiche, une fois de plus, une hypocrisie sans borne, foulant du pied ce qui lui reste comme principes humains, qu’il a lui-même érigés en valeurs universelles. D’ailleurs, l’opinion publique dans les pays occidentaux ne semble pas dupe, puisqu’une majorité affirme être opposée à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Encore une fois, ce n’est pas que les gens ont de la sympathie pour le régime syrien, mais c’est que les arguments, un peu trop hâtivement avancés pour justifier une nouvelle aventure guerrière aux conséquences inconnues, ne sont pas assez convaincants. Les centaines de victimes de la présumée attaque chimique de la Ghouta sont-elles les morts de trop, ceux qui ont donné un coup de fouet à la conscience des grands de ce monde? Les 100000 morts, tombés depuis le début du conflit, n’étaient-ils pas suffisants pour réveiller cette conscience? 100500 semble être le chiffre magique, celui qu’il ne faut pas atteindre ou dépasser, au risque de se voir puni par la très respectable communauté internationale. L’autre prétexte, celui de la «ligne rouge» qu’il ne fallait pas franchir, frôle le ridicule. L’utilisation des armes chimiques est donc prohibée et celui qui oserait violer cet interdit en payera le prix. On peut comprendre, par conséquent, que ce n’est pas l’acte en soi de tuer, d’exterminer, d’annihiler, d’écraser, de découper en morceaux, qui est répréhensible, mais l’outil utilisé pour le commettre. Les avions et les tanks du régime ou les machettes des takfiristes ne semblent pas constituer une transgression de la fameuse ligne rouge. Du moment que les gaz toxiques ne sont pas utilisés, les massacres peuvent continuer en toute tranquillité… et impunité. Poursuivons la réflexion. Cette affaire nous pousse à nous demander si ce n’est pas l’identité des victimes qui réveillerait la conscience du «monde civilisé». Cette remarque est légitime, car il semble que cette conscience reste endormie, comme anesthésiée, lorsque 200 paysans se font massacrer dans la «montagne alaouite» de Lattaquié, que 150 civils pro-régime et militaires sont exécutés froidement à Khan al-Assal et que des dizaines de chrétiens sont passés par les armes à Marmarita et Hawash, dans la région de Homs; pour ne citer que les tueries perpétrées en juillet et août. Mais quand des civils pro-rebelles sont tués, le monde s’émeut et crie vengeance. Il y a enfin une dernière possibilité. Ce ne serait pas l’identité des victimes, mais plutôt celle des tueurs présumés qui servirait d’alarme pour réveiller la conscience internationale. Quand les crimes sont imputés au régime, le monde se révolte, condamne, dénonce et veut jouer le rôle de gendarme et de justicier. Cependant, tous deviennent sourds, aveugles et introuvables, quand les massacres sont l’œuvre des rebelles. Plus affolant encore est le manque d’imagination des décideurs américains. Car c’est exactement le même scénario utilisé en 2003 pour justifier l’invasion de l’Irak qui est reproduit dans le cas syrien. Mais le remake est de moindre qualité que l’original, car le réalisateur, Barack Obama, a été formé sur le tas.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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