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Nº 3002 du vendredi 22 mai 2015

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    Jean Kahwagi importuné Le commandant en chef de l’Armée libanaise, le général Jean Kahwagi, est fort importuné par les spéculations à découvert et sans frein relatives au commandement de l’armée, d’après...
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Jean Kahwagi importuné
Le commandant en chef de l’Armée libanaise, le général Jean Kahwagi, est fort importuné par les spéculations à découvert et sans frein relatives au commandement de l’armée, d’après ce que rapporte son entourage. Cela expose l’institution militaire au chantage et envoie un signal erroné à l’extérieur en cette période difficile qu’elle traverse, la plus difficile depuis les accords de Taëf, signés en 1989.

Al-Nosra sur l’axe frontalier nord-est
Le député Nawaf Moussaoui, membre du Bloc de Fidélité à la Résistance, signale que lorsqu’on parle du Front al-Nosra, on ne parle pas seulement d’un mouvement terroriste takfiriste, mais aussi d’une armée de Lahd syrienne, dont le déploiement sur l’axe frontalier nord-est du Liban est pire que celui dont Israël avait pris le contrôle sur l’axe sud, via l’armée de Lahd (L’Armée du Liban-Sud - ALS, dirigée par Antoine Lahd).

Tony Frangié au Venezuela
Ghassan Abbas, ambassadeur de Syrie au Venezuela, a offert un déjeuner en l’honneur de Tony Sleiman Frangié. Ce dernier y a souligné que «notre attachement à la Syrie est motivé par l’impact sur le Liban de la situation politico-socioéconomique et aussi sécuritaire en Syrie. Les expériences nous ont appris à réaliser que la Syrie est le seul pays voisin auquel nous sommes reliés par la géographie et l’histoire, ce qui renforce les liens de fraternité entre les deux Etats et les deux peuples».

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Éditorial
La fin de l’Histoire

Les hordes de l’Etat islamique se sont emparées de la magnifique cité antique de Palmyre, l’un des sites archéologiques les plus riches et les mieux conservés du Levant. Au-delà de la beauté des pierres, de la majesté des temples, de la splendeur des colonnades torsadées et des impressionnants monuments funéraires vieux de 2000 ans, Palmyre est un symbole. Celui d’un Machrek, berceau et creuset d’illustres civilisations, dont l’apport à l’Humanité fut crucial; symbole d’un passé glorieux, trait d’union entre l’Orient de Zénobie et l’Occident d’Aurélien, d’une continuité dans la marche de l’Histoire, d’un pluralisme ethno-religieux, qui fait la richesse de cette partie du monde. Les armées du conquérant de la Syrie, Khaled Ibn el-Walid, tout droit sorties du désert d’Arabie, n’ont pas tenté de détruire Palmyre ou d’autres sites du Levant. Les califes omeyades et abbassides, les Fatimides, les croisés, Saladin, les Mongols, les Mamelouks, les Ottomans, les colonisateurs franco-britanniques, aucun de ceux qui ont occupé, ou dominé, notre région au fil des siècles n’a songé à démolir ces vestiges du passé. Certains ne s’y intéressaient pas, d’autres, en revanche, les ont mis en valeur, estimant que pour grandir, il fallait savoir apprécier les grandes choses.Les crimes perpétrés par Daech contre les peuples du Levant et leur patrimoine archéologique n’ont pas d’équivalent dans le passé des Arabes et de l’islam. Pour cette excroissance monstrueuse d’al-Qaïda, l’Histoire commence il y a quatorze siècles, et tout ce qui vient avant doit disparaître, ce qui vient après doit faire l’objet d’une impitoyable révision afin d’en éliminer les impuretés. C’est cela l’islam du désert, dont la vocation est bien loin des préceptes du prophète Mohammad et de ceux qui, après lui, ont dirigé sa Oumma. En effaçant les traces du passé, Daech veut détruire les symboles qu’elles représentent, pour que domine sa vision d’un monde uniforme, plat, formaté, monotone, totalitaire, injuste, arbitraire, lassant et désespérant. Et c’est en construisant cet enfer, à coups de têtes tranchées, de femmes et d’enfants réduits à l’esclavage, de minorités déracinées, et de populations martyrisées, qu’Abou Bakr el-Baghadadi promet à ses hommes le paradis.Le monde n’a pas encore pris la mesure du danger que représente ce groupe pour l’Humanité. Certains pays dits «civilisés» ne déploient pas les moyens nécessaires pour endiguer sérieusement l’avancée de Daech. Sinon comment expliquer le fait que cette organisation, soumise depuis neuf mois à des bombardements aériens quotidiens menés par des dizaines d’avions, parvient toujours à agrandir son territoire? Des Etats de la région continuent de trouver des convergences d’intérêts avec Abou Bakr el-Baghdadi, partant du principe que «l’ennemi de mon ennemi est mon ami». Le plus dangereux est cette tentative pernicieuse de réhabilitation du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, que certains espèrent voir rayé de la liste des organisations terroristes des Nations unies. Même au Liban, il existe des naïfs qui se croient à l’abri de la menace de Daech dans toutes ses versions, et pensent jouir d’une marge de manœuvre assez large pour jouer aux malins, dans l’espoir de régler des comptes politiques avec leurs adversaires locaux. Ils n’ont pas compris que la menace est globale, que personne n’y échappera, et que l’heure de l’union sacrée a sonné depuis longtemps. 



 Paul Khalifeh
   

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