Free State of Jones. Entre les Blancs et les Noirs
Logo

Nº 3063 du vendredi 22 juillet 2016

Free State of Jones. Entre les Blancs et les Noirs

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Free State of Jones. Entre les Blancs et les Noirs
    Réalisé par Gary Ross, Free State of Jones relate un épisode peu connu de la guerre de Sécession; le combat d’un fermier blanc du Mississippi, Newton Knight, alias Matthew McConaughey,...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Réalisé par Gary Ross, Free State of Jones relate un épisode peu connu de la guerre de Sécession; le combat d’un fermier blanc du Mississippi, Newton Knight, alias Matthew McConaughey, pour fonder le premier Etat d’hommes libres où Noirs et Blancs sont à égalité.


Retour dans le temps, retour sur l’Histoire des Etats-Unis, retour à une histoire vraie. Celle de Newton Knight, ce héros blanc oublié par l’histoire. On est en 1862, en pleine guerre de Sécession. Newton «Newt» Knight, fermier du Mississippi, fuyant le champ de bataille, rejoint un groupe d’ex-esclaves fugitifs cachés dans un marécage dont il prend la tête. De plus en plus d’autres déserteurs et de villageois rejoignent sa cause. Formant un régiment de rebelles indomptables, Knight et ses hommes ont l’avantage stratégique de connaître le terrain, même si leurs ennemis sont bien plus nombreux et beaucoup mieux armés. Résolument engagé contre l’injustice et l’exploitation humaine, l’intrépide fermier fonde le premier Etat d’hommes libres où Noirs et Blancs sont à égalité.
Une nouvelle fois, la guerre de Sécession est mise à l’écran, à travers un épisode méconnu de la guerre civile américaine. Cette fois par Gary Ross qui a tout un parcours derrière lui illuminé de titres brillants et à succès. Premier grand coup, il écrit le scénario de Big, comédie culte des années 80, mettant en tête d’affiche Tom Hanks, encore visage inconnu, et qui lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur scénario original. A partir de là, il alterne écriture et production, enchaîne réalisation et scénario, avec des films comme Dave, Pleasantville, Seabiscuit, The tale of Despereaux et le premier tome de la trilogie à succès, Hunger Games. C’est un peu justement ce que lui reproche la critique: se complaire à transcrire des univers baignant soit dans la nostalgie du passé soit dans une dystopie. Mais State of Jones est toujours d’actualité, de plus en plus d’actualité, au moment où l’opposition entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis ne cesse d’ébranler les réseaux sociaux et d’enclencher polémique sur controverse, le racisme n’étant jamais résolu.

 

D’amour et d’héroïsme
Entrecoupé d’images d’archives et de sous-titres explicatifs, le film n’est pas qu’un déroulement chronologique des événements. Il permet au spectateur d’effectuer un saut dans le temps de 85 ans, à trois ou quatre reprises dans le film, pour évoquer la descendance du personnage principal qui a du mal à se détacher de ses racines métisses. Autour de Newt, interprété par Matthew McConaughey, et la femme qu’il aime, sa femme, une Noire, Rachel Knight, campée par Gugu Mbatha-Raw, toute une kyrielle de personnages secondaires qui se meuvent au fil de l’action, au fil de la violence qui empreint certaines scènes de combat. Histoire de volonté, d’amour, de rébellion, histoire d’un homme lambda qui devient héros, Free State of Jones possède tous les éléments pour attirer la foule.
«Ce que j’aimerais parfois, c’est moins de films sur des superhéros et plus de films sur de véritables héros», affirme le réalisateur américain dans un entretien accordé au journal Metro. Et c’est justement ce qui aiguise les passions et le désir de plus en plus croissant de plonger au cœur des histoires vraies, au cœur d’une relecture de l’Histoire, «fidèle aux faits», ajoute Gary Ross, dans ce même entretien. «Est-ce que tu dis la vérité sur ces gens, sur ce conflit, sur les rapports politiques de l’époque? Il faut répondre oui à ces questions et y aller encore plus en profondeur». Même si l’histoire de Newton Knight peut prêter à une controverse, puisqu’il aurait manipulé son entourage, selon certains écrits. «Je crois que c’est important de montrer tous les spectres de couleurs, ajoute Gary Ross, les luttes au sein même des Confédérés qui ont amené ces fermiers blancs à prendre le parti des esclaves. C’est quelque chose qui devait être vu à l’écran. J’ai voulu être respectueux de l’époque et je ne vois pas Newton Knight comme un sauveur, mais comme un allié».
Académique, didactique, moralisant, peu soucieux de son public, obnubilé par son propos et son sujet, la critique semble plutôt sévère à l’encontre du dernier long métrage de Gary Ross. On loue ses intentions nobles, mais on déplore le résultat final. On pointe du doigt essentiellement la construction scénaristique et le rythme qu’elle induit, principales faiblesses du film, tout en saluant la prestation du casting, en tête Matthew McConaughey et Gugu Mbatha-Raw. Histoire de goût aussi, à chaque spectateur sa vision…

Leila Rihani

Circuit Empire – Grand Cinemas

En salles aussi
Alice in wonderland II: through the looking glass
Aventure de James Bobin
Suite directe au film de Tim Burton, sorti en 2010, ce second volet suit les nouvelles aventures d’Alice et du Chapelier fou. Alice replonge au pays des merveilles pour aider ses amis à combattre le Maître du Temps. Et on retrouve à l’affiche Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Sacha Baron Cohen, Anne Hathaway, Rhys Ifans…
Circuit Empire – Grand Cinemas


Star Trek Beyond
Science-fiction de Justin Lin
Troisième chapitre de la nouvelle mouture de Star Trek, initiée en 2009, voici la nouvelle aventure, toujours plus épique de l’USS Enterprise et de son audacieux équipage, qui explore les confins inexplorés de l’espace, faisant face à une nouvelle menace. Avec Chris Pine, Zachary Quinto, Simon Pegg, Idriss Elba, Zoé Saldana…
Circuit Empire – Grand Cinemas

The Conjuring II
Epouvante de James Wan
Nouvelle histoire des dossiers d’Ed et Lorraine Warren qui se rendent dans ce second épisode dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Il s’agit là d’une de leurs enquêtes les plus traumatisantes. Avec Vera Farmiga, Patrick Wilson et Franka Potente.
Circuit Empire – Grand Cinemas

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Le cerveau dans l’orteil

Le coup d’Etat manqué en Turquie – et tous les mystères qui l’entourent – a été une occasion de mesurer la vulnérabilité du Liban et de vérifier, une fois de plus, à quel point notre pays est travaillé par des courants d’influence extérieurs. Les manifestations de joie après l’échec de la tentative de putsch, et les commentaires jubilatoires dans les médias et les réseaux sociaux saluant la déchéance annoncée, un peu trop hâtivement, de Recep Tayyip Erdogan, ont suivi la ligne de fracture confessionnelle traditionnelle. Ce sont essentiellement – pour ne pas dire exclusivement – des sunnites qui ont exprimé, parfois bruyamment, leur satisfaction après l’échec du coup militaire. A l’opposé, les chiites, et ceux qui s’identifient à eux politiquement, sans pour autant appartenir à leur communauté, n’ont pas caché leur joie dès l’annonce du coup d’Etat. Il fallait voir, sur les écrans de télévision, ces soi-disant «experts» se fendant de pompeuses analyses sur les implications stratégiques et géopolitiques de la chute d’Erdogan sur les rapports de force régionaux. Certains ont persisté à dire que le putsch avait réussi, alors que des soldats turcs se faisaient piétiner en direct par des manifestants en colère sur les ponts du Bosphore.La réaction des Libanais est primaire, car elle est surtout motivée par des pulsions confessionnelles qui sont tout sauf rationnelles. Erdogan a-t-il été sacré leader des sunnites pour que les fils de cette communauté au Liban se croient obligés de le défendre? Les chiites sont-ils de fervents partisans de la laïcité, s’il s’avère que le putsch a été organisé par des militaires soucieux de défendre l’héritage d’Atatürk? Sont-ils devenus des «Gulénistes», s’il apparaît que le coup a été fomenté, comme le soutient le gouvernement turc, par Fethullah Gülen, qui est, il faut le rappeler, un prédicateur sunnite?Les sunnites, qui ont salué la survie d’Erdogan, ne se rendent-ils pas compte qu’ils sont plus proches des positions de l’Iran et de la Russie plutôt que de celles de l’Arabie saoudite? En effet, Téhéran et Moscou ont fait preuve, dès les premiers instants, d’une très grande circonspection vis-à-vis des événements du 15-16 juillet, alors que Riyad s’est muré dans un silence suspect. A l’inverse, les chiites, qui ont applaudi au putsch, ne réalisent-ils pas que les Etats-Unis et l’Union européenne ont tardé à inonder les médias de leurs ritournelles sur le respect des droits de l’homme et du processus démocratique? En bons opportunistes, ils ne l’ont fait que lorsqu’il est devenu clair que le putsch avait échoué et qu’Erdogan resterait le maître de la Turquie.Les sunnites continueront-ils à considérer Erdogan leur héros si le virage qu’il a amorcé timidement en Syrie, sous l’impulsion de la Russie, se confirmait? Que feraient les chiites si les soupçons sur un rôle de la CIA dans le putsch étaient avérés? Il ne faut pas oublier que Gülen vit depuis 2009 aux Etats-Unis et ses relations avec Langley ne sont pas un secret.Probablement que rien ne changerait, car ceux qui ont remplacé leur cerveau par des réactions épidermiques et confessionnelles ont perdu toute capacité de réfléchir.


 Paul Khalifeh
   

Santé

Les hépatites virales. Infectieuses, coûteuses et… meurtrières
Les hépatites virales tuent plus que le sida ou la tuberculose. Les traitements coûteux et un grand nombre de types…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved