Mahbas, de Sophie Boutros. Des fiançailles entre le Liban et la Syrie
Logo

Nº 3075 du vendredi 3 mars 2017

Mahbas, de Sophie Boutros. Des fiançailles entre le Liban et la Syrie

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Mahbas, de Sophie Boutros. Des fiançailles entre le Liban et la Syrie
    L’histoire et les personnages du premier long-métrage de Sophie Boutros, Mahbas sont déjà impatiemment attendus par les spectateurs libanais. La réalisatrice et coscénariste nous en parle depuis Dubaï, alors que...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

L’histoire et les personnages du premier long-métrage de Sophie Boutros, Mahbas sont déjà impatiemment attendus par les spectateurs libanais. La réalisatrice et coscénariste nous en parle depuis Dubaï, alors que son film sortira le 16 mars.


Vingt ans après la guerre libano-syrienne, Thérèse n’a toujours pas oublié la mort de son frère, tué par une bombe syrienne. Aujourd’hui, sa fille unique se fiance. Mais quand le futur époux et ses parents arrivent, elle réalise qu’ils sont Syriens.
Il suffit de voir la bande-annonce de Mahbas (solitaire), pour se projeter à la fois dans notre quotidien, dans un sujet d’actualité et dans le genre cinématographique. Une comédie dramatique aux multiples lectures, comme le présente sa réalisatrice Sophie Boutros, co-scénariste également aux côtés de sa productrice Nadia Eliewat.
Sophie se rappelle de la réaction commune des spectateurs, entre rire et larmes, lors de la projection de Mahbas au dernier Festival International du film de Dubaï. «Le plus important pour nous, ce sont les émotions, que les spectateurs se sentent engagés dans l’histoire, qu’ils puissent s’identifier aux personnages, qu’ils s’y reconnaissent». La vision de l’autre, une rivalité entre deux entités, un thème universel, qui prend chez nous une dimension autre, puisqu’il s’agit d’une histoire qui nous touche. Une sorte de Roméo et Juliette? «Oui, mais la différence est que la rivalité est portée uniquement par la mère, non pas par la famille ou le village. Nous avons tenu à donner au personnage une raison justifiant sa méfiance», souligne la réalisatrice.
La thématique libano-syrienne est le déclencheur de l’idée du film, un sujet duquel Boutros et Eliewat discutaient souvent. «Le sujet est très important pour nous, affirme Boutros, il ne s’agit pas d’un message à porter, mais de raconter une histoire qui dit quelque chose de nouveau, que personne n’aborde de manière aussi frontale, alors qu’on le vit tous les jours. Parfois les idées les plus simples sont celles auxquelles personne ne pense».
Envisagée d’abord comme un court-métrage, l’histoire se développe. Depuis 2013, durant leurs vacances, leurs congés, Nadia Eliewat et Sophie Boutros s’attellent à l’écriture du scénario. Au fil des versions, jusqu’à la quatrième sous la supervision et les recommandations du «script-doctor» italien, Nicola Lusuardi, rencontré lors d’un atelier de travail, elles finalisent le scénario en 2014. Le tournage se déroulera sur cinq semaines à l’été 2015.
Dès l’ébauche du scénario, Julia Kassar est contactée pour incarner le rôle de Thérèse. «Ses traits forts et expressifs, son visage donnent un effet très dramatique, sans oublier évidemment la confiance et le respect que nous lui portons en tant qu’actrice», indique Sophie Boutros. Alors que Julia Kassar est enthousiasmée par le rôle, le script est ensuite envoyé à Bassam Koussa, «un des plus acteurs syriens les plus respectés dans son pays et dans le monde arabe». «Nous étions un peu inquiètes car nous ne savions pas comment allait réagir une personne syrienne», confie la réalisatrice. Koussa rejoint le casting qui compte également Ali el-Khalil, Nadine Khoury, Betty Taoutel, Jaber Jokhadar, Serena Chami, Said Serhan, Daniel Balaban, Nicole Yamato et Samir Youssef. «Nous avons vraiment été chanceuses et nous sommes très fières du casting. Non seulement ce sont de très bons acteurs et actrices, mais aussi des personnes authentiques».
Comment explique-t-elle cet enthousiasme, cet intérêt pour le film? «Je crois que c’est parce qu’ils ont trouvé une subtilité dans le traitement de ce genre d’histoire. Une histoire ancrée dans notre culture, dans notre quotidien, qui ne se prête pas au prêche, au sermon, mais joue de cette subtilité du message». Si à Dubaï, le film a été accueilli par des rires et des larmes, Sophie Boutros attend avec impatience et curiosité la réaction du public libanais d’autant plus concerné car le film n’est pas destiné à une élite cinéphile. «Il est très important pour nous que le plus grand nombre de spectateurs aillent le voir. C’est notre seule récompense».

 

Sortie dans toutes les salles libanaises le 16 mars.

Nayla Rached

Plus dans cette rubrique:

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Cette mafia qui pille l’Etat

Une association secrète de malfaiteurs» ou un «groupe occulte de personnes qui se soutiennent dans leurs intérêts, par toutes sortes de moyens». Ces deux définitions du mot mafia dans le dictionnaire Larousse en ligne illustrent parfaitement le système en place au Liban. Depuis l’indépendance, et bien avant, cette structure n’a pas évolué, seuls les noms de ses opérateurs ont changé.Cette mafia transcende les communautés religieuses et les partis politiques. Elle est implantée partout où sa présence est nécessaire pour couvrir et protéger ses activités douteuses et illégales. Organisée comme une véritable structure criminelle, elle est composée de «consigliere», de «capos» et de soldats, dirigés par des parrains installés directement ou par proxys aux commandes de l’Etat. Parfois, des disputes entre chefs sur la répartition du butin ou le partage des zones d’influence dégénèrent en conflits violents. Lorsque l’un des parrains estime que ses intérêts ne sont pas pris en compte par ses collègues, il menace d’une guerre totale entre les grandes familles, qui prend alors la forme de guerre civile.Cette mafia étend ses réseaux tentaculaires partout où il est possible de réaliser des profits rapides et illégaux. Aucun secteur ne lui échappe. Elle est très influente dans les ports et à l’aéroport, où ses activités feraient perdre à l’Etat, en manque à gagner, des sommes colossales en raison des droits de douanes qui ne seraient pas perçus conformément aux lois. C’est en quelque sorte de la contrebande institutionnalisée, qui permet d’introduire au Liban toutes sortes de marchandises, favorisant des «commerçants» privilégiés, qui pourront casser les prix, à partir du moment qu’ils ne paient pas de droits de douanes ou la TVA.Les grandes familles de la mafia ont instauré un système quasi-monopolistique dans plusieurs secteurs. Elles sont présentes dans l’importation et la distribution des hydrocarbures, de certains produits alimentaires, de produits pharmaceutiques… Elle prélève sa part des profits générés par les générateurs de quartier, qui rapporteraient près d’un milliard de dollars par an, et par les distributeurs de bouquets de chaînes satellitaires, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.Cette mafia, qui dispose de partis-écrans et d’associations de bienfaisance, entretient une clientèle nourrie avec les miettes de l’argent pillé, qui finit dans les poches des parrains, au lieu d’être déposées dans les caisses de l’Etat.La volonté de réforme, qui consiste à transformer la caricature d’Etat en institutions authentiques, existe. Mais elle s’est toujours heurtée aux forces réactionnaires derrière lesquelles se cache la mafia. Pour la vaincre, il faut affaiblir son pouvoir économique, assécher ses sources de financement, qui lui permettent d’entretenir sa vaste clientèle. Il faut opter pour une approche graduelle, procéder secteur par secteur, en jouant les familles les unes contre les autres, et en offrant à celles qui le souhaitent, la possibilité de se repentir.


 Paul Khalifeh
   

LES CHIFFRES

News les chiffres
CNSS: 463 500 adhérents seulement Les adhérents à la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), qui auraient fait valoir leur droit à la retraite, bénéficieront des soins de santé jusqu’à…

Bannière

Combien ça coûte

La taxe mécanique
Chaque année, les automobilistes se ruent pour payer la taxe mécanique qui leur est imposée par l’Etat pour pouvoir circuler librement. Comment les frais sont-ils fixés ? Pour la plupart des…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved