Baff. «Arrêter la prétention dans l’art»
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Nº 3083 du vendredi 3 novembre 2017

Baff. «Arrêter la prétention dans l’art»

 
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    Baff. «Arrêter la prétention dans l’art»
    En novembre, place aux documentaires, à l’art et au patrimoine  avec le lancement de la 3ème édition du Beirut Art and Film Festival. «Un festival unique en son genre qui vient...
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En novembre, place aux documentaires, à l’art et au patrimoine  avec le lancement de la 3ème édition du Beirut Art and Film Festival. «Un festival unique en son genre qui vient prouver que l’art peut aller vers le public et rejoindre toute la société», selon sa présidente, Alice Mogabgab.

Du 6 au 25 novembre,  une équipe de bénévoles dynamiques propose aux Libanais un bouquet de documentaires dédiés aux thématiques culturelles et artisti-ques, avec un hommage notable rendu au patrimoine libanais. Soucieux de contrer l’ignorance, la désinvolture voire la barbarie infligé à notre patrimoine, ces documentaires mettront à l’honneur les diverses richesses du Liban: les mosaïques de Saïda, la forteresse de Hasbaya, les dégâts irréversibles causés à Jeita. Le public pourra aussi découvrir un autoportrait de Khalil Salleby, des entretiens avec Paul Guiragossian, entre autres.
Le programme de cette troisième édition se déclinera aussi en projections, «intra-murales» au cinéma Metropolis, du 14 au 19 novembre et comporte aussi des projections itinérantes «extramuros» dans nombre d’écoles (avec le film Hergé à l’ombre de Tintin), universités et centres culturels sur l’ensemble du territoire.
Un foisonnement artistique qui donnera lieu à plus de 150 projections, qui fait bénéficier aussi quatre associations caritatives.

PATRIMOINE EN DANGER
Cette 3ème édition mettra un coup de projecteur sur un documentaire phare implanté dans le cœur de la thématique Patrimoine et barbarie - Héritages culturels en danger. Succédant à deux soirées-débats à Genève (Institut des Cultures arabes et méditerranéennes) et à Paris (Institut du monde arabe), le film de Jean-Luc Raynaud, Syrie dernier rempart du patrimoine, sera projeté à Beyrouth en grande première pour dénoncer la prise en otage du patrimoine.  Car si les destructions du patrimoine de l’humanité orchestrées par l’Etat islamique sont abondamment dénoncées par les médias, de manière tout à fait compréhensible, le film de Jean-Luc Raynaud dénonce également les crimes commis par les armées officielles contre tous les joyaux de l’humanité en péril, en Syrie et en Irak, détruisant les vestiges des civilisations mésopotamiennes, romaines, etc. Des crimes en contradiction avec les accords de la Syrie avec l’Unesco. Le documentaire dénonce l’usage du patrimoine comme monnaie d’échange, comme moyen de pression dans la guerre et, face à cette barbarie, montre des individus qui tentent de sauver leur héritage parfois au détriment de leurs vies. Construction de murs pour défendre et protéger les monuments, projets de reconstruction des sites antiques, à Palmyre, à Bosra, à Alep, au Krack des chevaliers, à la mosquée des Omeyyades, etc.    

LUTTER CONTRE L’OUBLI
Un «Coup de chapeau» est décerné cette année à Hady Zaccak, le jeune cinéaste à cheval  entre le réalisateur et l’artiste contemporain, notamment pour ses documentaires ravivant le patrimoine et qui s’inscrivent totalement dans la thématique du festival. «Après la guerre il y a eu comme une amnésie. Personne ne voulait en parler, ni ceux qui ont entrepris la reconstruction de la ville, ni ceux qui ont «fait la paix». Nous vivons dans un pays où tout a disparu. Mes films luttent contre l’oubli», confie le réalisateur à Magazine. À travers six courts métrages réalisés en début de carrière, l’enseignant à l’IESAV donne la parole aux pionniers du cinéma libanais qui racontent les salles, les séances, les studios (Baalbeck, Haroun…). Il relate le cinéma de guerre au Liban, rapporte le regard des cinéastes sur les guerres libanaises (Le Liban à travers le cinéma) ou celui des intellectuels (Jalal Khoury, Borhane Alawiyé…) sur les métamorphoses de Beyrouth (Beirut… Points of View). Zaccak raconte l’Histoire (arrêtée dans les manuels scolaires à 1943) à travers ce qu’en rapportent des élèves de 3ème issus de cinq grandes écoles du Grand Beyrouth d’obédience différente (A history lesson). Il ressort les archives du passé qui se superposent au vécu d’un couple, dans Honeymoon 58.
Hady Zaccak assistera le 17 novembre à la projection de ses six documentaires. Il figure également à l’affiche du BAFF dans le volet extramuros avec la projection de son long métrage Marcedes (2011) qui retrace l’histoire du Liban des années 50 jusqu’à aujourd’hui, à travers les commentaires d’un chauffeur de taxi-service qui sillonne la ville.
Autre film à ne pas manquer, le 19 novembre, Manifesto de Julian Rosefeldt, où l’actrice Kate Blanchet incarne successivement treize personnages en une série de monologues élaborés à partir de manifestes célèbres d’artistes du XXème siècle.

Au programme
L’archéologie
Entre autres, sur Hasbaya, Jeita, Sidon, Pompéi, Palmyre…

La musique
Avec des projections sur les Beatles, Oum Kalthoum, Placido Domingo, etc.

Les arts plastiques 
Avec un focus sur 15 peintres comme Bosch, Hockney, Van Gogh...

L’écriture
Cinq films dont on notera Hergé à l’ombre de Tintin qui sera projeté dans les écoles.

Le cinéma
avec un hommage entre autres à Gene Kelly.

Plus d’infos sur: www.bafflebanon.org

Gisèle Kayata Eid

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Éditorial
La perception compte que la réalité

La première année du sexennat du général Michel Aoun, élu le 31 octobre 2016 après deux ans et demi de vacance à la première magistrature de l’Etat, vient de s’achever. Partisans et détracteurs du mandat avancent des bilans tellement contradictoires qu’on a l’impression qu’ils ne parlent pas du même pays. Les fidèles du chef de l’Etat égrènent une longue liste de «réalisations», qui n’auraient pu être concrétisées sans la présence, au palais de Baabda, d’un «président fort». Les réussites du mandat vont de l’adoption d’une nouvelle loi électorale introduisant le mode de scrutin proportionnel et le vote des émigrés, à la bataille de l’«Aube des jouroud», qui a permis la libération, par l’armée libanaise, du territoire des groupes terroristes, en passant par les nominations administratives, militaires, sécuritaires, diplomatiques et juridiques, bloquées depuis des années. Au crédit du chef de l’Etat, également, le renforcement de la sécurité préventive, qui a épargné au pays de nombreux attentats, la condamnation à mort d’Ahmad el-Assir et d’autres extrémistes, dont les procès avançaient au ralenti à cause de l’absence d’une volonté politique. Sur le plan économique et social, les partisans du mandat soulignent le vote du budget 2017, après 12 ans de dépenses selon la douzième provisoire – qui autorise toutes sortes d’abus –, et l’adoption de l’échelle des salaires dans la fonction publique, qui renforce le pouvoir d’achat de dizaines de milliers de familles. Dans le bilan des contempteurs du mandat, ces «réalisations» ont cédé la place à une interminable liste de fiascos, d’échecs et de défaillances. «L’Etat est en déliquescence», déplore l’ancien Premier ministre Nagib Mikati, qui se livre dans les colonnes de Magazine à un réquisitoire au vitriol contre le pouvoir actuel (voir page 16). Pour les détracteurs du président Aoun, les nominations ne sont qu’un partage du gâteau entre les partenaires de la coalition gouvernementale. Plus qu’une faute, l’échelle des salaires serait un péché, selon eux, car son financement impose des charges et des taxes supplémentaires aux chefs d’entreprises, aux sociétés, à la classe moyenne et les catégories les plus démunies. Le vote du budget n’est en aucun cas une source de fierté, car il s’agit de l’année fiscale écoulée, et déjà le gouvernement a dépassé les délais constitutionnels dans l’examen et l’approbation du budget 2018. De plus, la loi fondamentale votée au Parlement permet de mesurer la gravité du phénomène du gaspillage des deniers publics, avec des centaines de milliards de livres qui partent en fumée entre les administrations publiques, les dépenses inutiles et les fonds secrets (voir page 34). Entre ces deux descriptions antagonistes du Liban, il y a la perception qu’ont les Libanais de leur pays. Rares sont ceux qui ont le sentiment que leur vie s’est améliorée d’une année à l’autre. La tâche qui attend le mandat est tellement titanesque, que les réalisations accomplies, aussi importantes soient-elles, n’ont que très peu pesé dans le jugement que les Libanais se font des conditions et de la qualité de leur vie.


 Paul Khalifeh
   

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