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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

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Culture (90)

La troisième édition de la Nuit des idées se déroulera le 25 janvier à Beyrouth, et les 24 et 26 dans les antennes régionales de l’Institut français. La directrice de l’Institut culturel français au Liban, Véronique Aulagnon, en explique les idées force.

Cette 3ème édition de la Nuit des Idées prendra pour point de départ Mai 68. Pourquoi ce choix?

Parce que nous fêtons cette année le cinquantenaire de Mai 68, qui fut un événement planétaire, de l’Europe aux Etats-Unis en passant par le monde arabe. Un événement qui s’est posé dans des termes différents selon les pays et les régions du monde – du printemps de Prague contre le régime communiste aux manifestations de masse aux Etats-Unis pour les droits civiques et contre la guerre, en passant par la naissance d’une nouvelle gauche et les revendications de libération sexuelle. Mais avec, par-delà ces différences, une ambition, une volonté commune: changer le monde. Cinquante ans plus tard, cet événement reste dans l’inconscient collectif une promesse inaboutie. Certes, le régime communiste est tombé presque partout. La liberté des individus par rapport aux injonctions familiales, communautaires, ou encore sociales, a progressé. Et pourtant, l’ambition de changer le monde, qui était celle des étudiants de Mai 68, a connu des lendemains difficiles. Que reste-t-il aujourd’hui de ces aspirations? Cette Nuit des idées est l’occasion de réfléchir ensemble sur le destin et l’héritage de ces aspirations qui ont traversé toute une époque et marqué des générations entières, autour de l’un des slogans phares de Mai 68: «l’imagination au pouvoir».
 

Après le succès des précédentes éditions, quel bilan tirez-vous de la Nuit des Idées au Liban? Des événements vont-ils aussi être organisés en région, hormis la soirée prévue à l’Espace des Lettres?
Initiée en 2016 par l’Institut français de Paris, la Nuit des idées a rassemblé l’année dernière plus de 180 000 personnes dans des dizaines de villes à travers le monde, de Tokyo à Los Angeles, en passant par Stockholm ou Beyrouth, autour d’un format inédit: mêler le débat et la fête. Compte tenu du grand succès rencontré par cet évènement, notamment auprès de la jeunesse libanaise – plus de 600 personnes étaient au rendez-vous à Beyrouth –, nous renouvelons l’expérience cette année, le 25 janvier de 17h30 à minuit à Beyrouth, et la veille et le lendemain dans les antennes de l’Institut français du Liban.
Nous allons reprendre les ingrédients qui ont fait le succès de l’édition 2017: des débats libres et sans tabou, autour de penseurs et de militants venus de France et du Liban; une interprétation entre le français et l’arabe afin de faciliter les prises de parole; un café littéraire et un service de restauration pour passer une soirée agréable; une dimension festive, avec des performances artistiques et un concert surprise en fin de soirée.


 

| Participer à des débats d’idées qui sortent un peu des sentiers battus, c’est l’originalité de cette  manifestation.

 

 

Les précédentes éditions ont-elles débouché sur des initiatives concrètes, des rapprochements, après la tenue des débats?
Absolument. Je prends deux exemples. La venue, l’année passée à Beyrouth et Tripoli, de la rédactrice en chef adjointe du Bondy blog, ce journal en ligne qui vise à donner la parole aux habitants des banlieues françaises défavorisées afin de contrebalancer le discours des médias traditionnels, souvent caricatural voire mensonger, a beaucoup inspiré les blogueurs et étudiants en journalisme.
Le café littéraire avec l’écrivain togolais Sami Tchak a rencontré un vrai succès et permis à des lecteurs de découvrir une autre facette de la littérature francophone; il s’inscrivait par ailleurs dans le cadre d’une résidence d’artiste organisée par la Maison internationale des écrivains de Beyrouth.

Quel est le profil des participants à cet événement? Quelles sont leurs attentes?
Ce sont essentiellement des étudiants, des militants, des penseurs, des jeunes actifs, qui sont attirés par ce format inédit de débat citoyen et festif. A Beyrouth, il y a beaucoup de lieux où l’on peut faire la fête. Il y a quelques lieux où l’on peut participer à des débats d’idées et, plus encore, à des débats d’idées qui sortent un peu des sentiers battus. Mais il n’y a presque pas de lieu où l’on peut faire les deux à la fois. C’est cela la valeur ajoutée de la Nuit des idées et c’est cela qui attire le public.

Jenny Saleh
 

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Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

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