Min Beirut, émission hebdomadaire en ligne. Une initiative culturelle prometteuse
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Nº 3063 du vendredi 22 juillet 2016

Min Beirut, émission hebdomadaire en ligne. Une initiative culturelle prometteuse

 
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    Lancée en mai 2016 par deux étudiantes en master en information et communication à l’Université Saint-Joseph (USJ), Min Beirut est une émission hebdomadaire en ligne consacrée à la couverture des...
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Lancée en mai 2016 par deux étudiantes en master en information et communication à l’Université Saint-Joseph (USJ), Min Beirut est une émission hebdomadaire en ligne consacrée à la couverture des événements culturels. Magazine rencontre Paula Nassif et Janine Badro, à l’origine de ce projet.

Comment cette initiative a-t-elle vu le jour?
Nous avons toujours été attirées par tout ce qui se rapporte aux médias. Malheureusement, au Liban, il n’y a quasiment pas d’émissions culturelles, et comme la culture est un domaine qui nous intéresse énormément, vu que nous détenons toutes les deux une licence en lettres françaises de l’Université Saint-Joseph, nous avons décidé de nous y lancer. Bien que beaucoup de chaînes télévisées aient rejeté notre proposition qui consistait à lancer une émission culturelle, ceci ne nous a pas découragées. Nous devons cela, en grande partie, au master en information et communication qui nous a beaucoup aidées, vu que ce parcours académique nous a armées de tous les outils nécessaires à la réussite de ce projet et à la mise en place d’une bonne stratégie de communication face à des gens qui se lancent dans de telles initiatives par milliers tous les jours.

L’émission a-t-elle recueilli les résultats attendus?
Comme la culture manque un peu au Liban, nous avons été très bien accueillies. Nous avons, jusqu’à présent, assuré la couverture de maints événements culturels, à savoir le Beirut Urban Walls, le concert du chœur de l’USJ, la rénovation de Boutique du monde, le concert d’Adonis au Beirut Spring Festival, la fête de la musique avec un entretien avec l’ambassadeur français Emmanuel Bonne, le fondateur de cet événement Jack Lang et le ministre de la Culture, Rony Araygi. Nous avons couvert aussi le 4e anniversaire du Beirut Jam Sessions, ainsi que l’exposition Dots and pixels. Nous venons de nous lancer dans ce domaine qui demande un travail acharné et une motivation continue, mais nous ne doutons pas une seconde que nous serons capables d’investir nos compétences professionnelles et personnelles afin de forger notre chemin qui sera l’écho de nos ambitions et de notre vraie culture de jeunes.

Quelles ont été les difficultés rencontrées?
Nous avons dû faire face à des problèmes techniques au départ, surtout que nous n’avons pas fait d’études audiovisuelles. Nous avons cependant réussi à surmonter cet obstacle en nous familiarisant davantage avec tout le matériel nécessaire à la réalisation de l’émission.

Où pouvons-nous vous suivre?
Vous pouvez nous retrouver sur Facebook: www.facebook.com/minbeirut, de même que sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=IgcnVCKQg6o

 

Propos recueillis par Natasha Metni

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Éditorial
Le cerveau dans l’orteil

Le coup d’Etat manqué en Turquie – et tous les mystères qui l’entourent – a été une occasion de mesurer la vulnérabilité du Liban et de vérifier, une fois de plus, à quel point notre pays est travaillé par des courants d’influence extérieurs. Les manifestations de joie après l’échec de la tentative de putsch, et les commentaires jubilatoires dans les médias et les réseaux sociaux saluant la déchéance annoncée, un peu trop hâtivement, de Recep Tayyip Erdogan, ont suivi la ligne de fracture confessionnelle traditionnelle. Ce sont essentiellement – pour ne pas dire exclusivement – des sunnites qui ont exprimé, parfois bruyamment, leur satisfaction après l’échec du coup militaire. A l’opposé, les chiites, et ceux qui s’identifient à eux politiquement, sans pour autant appartenir à leur communauté, n’ont pas caché leur joie dès l’annonce du coup d’Etat. Il fallait voir, sur les écrans de télévision, ces soi-disant «experts» se fendant de pompeuses analyses sur les implications stratégiques et géopolitiques de la chute d’Erdogan sur les rapports de force régionaux. Certains ont persisté à dire que le putsch avait réussi, alors que des soldats turcs se faisaient piétiner en direct par des manifestants en colère sur les ponts du Bosphore.La réaction des Libanais est primaire, car elle est surtout motivée par des pulsions confessionnelles qui sont tout sauf rationnelles. Erdogan a-t-il été sacré leader des sunnites pour que les fils de cette communauté au Liban se croient obligés de le défendre? Les chiites sont-ils de fervents partisans de la laïcité, s’il s’avère que le putsch a été organisé par des militaires soucieux de défendre l’héritage d’Atatürk? Sont-ils devenus des «Gulénistes», s’il apparaît que le coup a été fomenté, comme le soutient le gouvernement turc, par Fethullah Gülen, qui est, il faut le rappeler, un prédicateur sunnite?Les sunnites, qui ont salué la survie d’Erdogan, ne se rendent-ils pas compte qu’ils sont plus proches des positions de l’Iran et de la Russie plutôt que de celles de l’Arabie saoudite? En effet, Téhéran et Moscou ont fait preuve, dès les premiers instants, d’une très grande circonspection vis-à-vis des événements du 15-16 juillet, alors que Riyad s’est muré dans un silence suspect. A l’inverse, les chiites, qui ont applaudi au putsch, ne réalisent-ils pas que les Etats-Unis et l’Union européenne ont tardé à inonder les médias de leurs ritournelles sur le respect des droits de l’homme et du processus démocratique? En bons opportunistes, ils ne l’ont fait que lorsqu’il est devenu clair que le putsch avait échoué et qu’Erdogan resterait le maître de la Turquie.Les sunnites continueront-ils à considérer Erdogan leur héros si le virage qu’il a amorcé timidement en Syrie, sous l’impulsion de la Russie, se confirmait? Que feraient les chiites si les soupçons sur un rôle de la CIA dans le putsch étaient avérés? Il ne faut pas oublier que Gülen vit depuis 2009 aux Etats-Unis et ses relations avec Langley ne sont pas un secret.Probablement que rien ne changerait, car ceux qui ont remplacé leur cerveau par des réactions épidermiques et confessionnelles ont perdu toute capacité de réfléchir.


 Paul Khalifeh
   

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