Macam. L’art contemporain à portée de tous

Suzuki

ad popup


Logo

Nº 3097 du vendredi 4 janvier 2019

Macam. L’art contemporain à portée de tous

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Macam. L’art contemporain à portée de tous
    Le musée privé d’art moderne et contemporain (MACAM) présente une sélection d’œuvres produites par des nationaux sur 20 000 m2 installés à Alita, sur les hauteurs de Qartaba. Une belle manière...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Le musée privé d’art moderne et contemporain (MACAM) présente une sélection d’œuvres produites par des nationaux sur 20 000 m2 installés à Alita, sur les hauteurs de Qartaba. Une belle manière de découvrir ou redécouvrir le patrimoine artistique libanais.

César Nammour, ancien industriel et collectionneur d’art choisit de transformer des usines désaffectées depuis vingt ans en lieu de conservation de la mémoire et du patrimoine artistique libanais. C’est ce qu’il a envie de liguer et de transmettre, cette passion pour l’art du pays. Nammour avait ouvert la Contact Art Gallery dans le Hamra d’avant-guerre, en 1972, avant de la fermer en 1978. Il contribua également longtemps au supplément culturel du Nahar, écrivant sur la peinture et la sculpture. Aujourd’hui, à plus de 70 ans, il a décidé de partager sa passion avec le public. Le MACAM a ouvert ses portes à Alita sur les hauteurs de Qartaba, Nammour pariant aussi sur la décentralisation de la culture. L’espace, constitué de 4 000 m2 à l’intérieur et de 20 000 m2 à l’extérieur, accueille quelque 450 pièces collectées depuis les années 50 jusqu’à ce jour, ainsi que des installations plus récentes.
Trois grandes lignes directrices sont à l’origine de la stratégie de ce musée: l’archivage et la documentation, l’éducation et l’exposition et la préservation de l’art. Sur place, on  découvre la grande productivité et le rayonnement des artistes d’avant-guerre ainsi que des talents plus récents. Déambuler dans ces pièces thématisées en fonction du matériau — pierre, bronze, métal, bois —s’apparente à une déambulation dans l’histoire artistique et sociale du pays. Zaven Hadichian, Raffi Tokatelian, Raffi Yedalian, Ginane Bacho, Nour Kouri, Wajih Nahlé, Nada Raad, Boulos Richa, Mario Saba et Ghassan Saba, Rudy Rahmé, etc.
Dès l’entrée, un grand banc blanc sculpté par Alfred Basbous accueille les visiteurs dans le jardin. Une salle entière est dédiée au sculpteur dont la famille a hérité du savoir-faire. D’autres membres de la famille, Michel et Youssef, y sont exposés. Une autre sculptrice, Muazzez Rawdah est aussi massivement représentée. Cette artiste a donné au musée toutes ses œuvres. Avec Hussein Madi, elle représente l’une des plus grandes donations. Les femmes ont la part belle dans le musée: on retrouve des œuvres de Sabine Karam, Nour Kouri, Nada Raad, Nadine Abou Zaki…
Le MACAM est aussi l’occasion de faire la connaissance d’une des pionnières de la céramique moderne au Liban, Dorothy Salhab Kazemi. Diplômée de la School of Arts and Crafts de Copenhague, elle étudia auprès de céramistes européens de renom, pour enseigner à son tour, à Glasgow puis à la LAU au Liban. Elle doit à son affinité pour l’art islamique, sa participation à l’excavation franco-syrienne du site archéologique de Mayadeen en Syrie.
La céramique prend une place importante dans le musée. Feu Samir Muller y est représenté de même que des céramistes plus actuels comme Maha Nasrallah, récipiendaire du premier prix du concours annuel du musée dans cette catégorie.
Le MACAM a d’ailleurs lancé un concours annuel pour chacune des catégories dans l’objectif de stimuler la création artistique. César Nammour et sa compagne Gabi Schaub n’épargnent pas leurs efforts pour encourager la création et démocratiser l’accès à l’art et à la culture. C’est d’ailleurs dans cet esprit que les tarifs d’entrée du musée restent très abordables ( 10 $, 15$ avec le déjeuner), même si cela ne permet de couvrir que 30% des coûts de fonctionnement de la structure. Le but initial de MACAM est d’attirer les scolaires et les jeunes. Des activités, des ateliers et des évènements culturels sont ainsi organisés à leur intention tout au long de l’année. Le but est d’engager la communauté. Le théâtre, la musique, les performances, trouvent leur place aussi dans cet espace qui se veut lieu d’accueil et de brassage. Des artistes étrangers y sont reçus en résidence. Cinq chambres d’hôtes sont en passe d’être achevées. Des étudiants étrangers viennent aussi effectuer des recherches sur l’art libanais, car le musée dispose d’un centre de documentation et d’une base de données exceptionnellement fournie.  
Les expositions thématiques attirent beaucoup de monde. La dernière en date a été consacrée aux travaux artistiques de la célèbre cinéaste Jocelyne Saab. Elle fut précédée par différentes rétrospectives: Dorothy Salhab Kazimi,  Zaven Hadichian, Boulos Richa,  Youssef Basbous mais aussi une exposition dédiée à Chouchou, le fameux personnage de télé. Début décembre, MACAM a annoncé un appel à projets Graffitis, à l’occasion du 70ème anniversaire des Droits de l’homme qui sera célébré l’année prochaine. Le musée sélectionnera avec un jury international douze artistes qui seront invités à travailler sur un mur long de 60 mètres. Par le passé, un concours au sujet du recyclage de l’art avait été lancé. De nombreuses installations en correspondance avec les débats de société actuels ont trouvé domicile à MACAM comme celles de Nada Sehnaoui, Ghassan Ghazal, Mario Saba et Ghassan Saba, Adnan Haqqani, etc.
Depuis son ouverture, ont visité le musée a accueilli 17 500 personnes et le meilleur est à venir. Dans cet esprit d’ouverture et de générosité qui le caractérise, le MACAM appuie avec le musée national et le musée Sursock l’audacieuse et noble initiative de Nadine Abou Zaki, professeur de philosophie et sculptrice, qui ambitionne de mettre des œuvres à disposition des non et mal voyants. Cette entreprise est le fruit d’une collaboration avec le musée tactile d’Omero à Ancona (Italie). Certaines sculptures, mosaïques, pièces archéologiques pourront ainsi être visitées, touchées avec les mains, permettant aux non-voyants de reconnaître et ressentir les œuvres grâce à une méthode basée sur leurs facultés
multi-sensorielles.

Nicole Hamouche

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
En retard… comme toujours

Le retrait américain de Syrie et le début de la normalisation des relations avec un régime que la moitié de la planète voulait voir disparaitre marquent la naissance d’un nouveau Moyen-Orient, bien différent de celui qu’annonçait Condoleezza Rice en 2006. Au Levant, la Russie est une puissance de premier plan et l’Iran un acteur incontournable. Sans se soucier d’expliquer à leur opinion publique les raisons de leur brusque revirement, des Etats arabes qui ont dépensé des dizaines de milliards de dollars pour faire tomber le régime du président Bachar al-Assad se bousculent aux portes de Damas pour rouvrir leurs ambassades. Les Emirats arabes unis seront suivis, dans les semaines à venir, par d’autres pays arabes et européens. L’heure est au pragmatisme. Le retournement des pires ennemis de la Syrie s’explique par le souci de ne pas laisser le terrain libre à la Turquie et à l’Iran. Mais ce retour est celui des vaincus, même s’ils espèrent engranger quelques dividendes politiques en participant à la reconstruction du pays. Il est cependant peu probable qu’ils obtiennent en contrepartie des milliards qu’ils feront miroiter ce qu’ils n’ont pas réussi à arracher par la force des armes. Le retour des Arabes à Damas permettra tout au plus au régime syrien d’élargir ses marges de manœuvres vis-à-vis de ses alliés. Mais il ne les lâchera jamais, et ceux qui ne l’ont pas encore compris se fourvoient.Dans ces changements dramatiques qui s’accélèrent, le Liban est, une nouvelle fois, à la traîne. Pourtant, il est le mieux placé pour cueillir les fruits de l’après-guerre. Le consensus politique interne nécessaire pour entamer une normalisation avec Damas fait défaut et l’absence d’un tel accord freine toute initiative. Au lieu de miser sur sa position privilégiée, aussi bien sur les plans politique que géographique, pour jouer le rôle d’intermédiaire entre la Syrie et les pays arabes, il se mure dans un attentisme stérile. Beyrouth finira par normaliser ses relations avec Damas lorsque tous les Arabes l’auront fait. Il arrivera alors en retard et n’obtiendra que les miettes d’un immense marché estimé à des centaines de milliards de dollars.L’attitude d’une partie de la classe politique est incompréhensible. Au lieu de faire primer l’intérêt national, certains adoptent des postures idéologiques d’un autre âge, au risque de laisser échapper une occasion que le monde des affaires attend avec impatience. Les banques libanaises sont les seuls établissements bancaires étrangers présents en Syrie; le savoir-faire libanais est très apprécié et recherché au pays des Omeyyades; les relations des Libanais avec le monde entier sont demandées; les ports du Liban peuvent jouer le rôle de hub pour un marché syro-irakien de 60 millions de personnes, sans compter la Jordanie et les pays du Golfe. Sur un plan politique, le retour des réfugiés syriens sera plus facile et plus rapide s’il est organisé, sans complexes, avec les autorités syriennes.Il n’est pas nécessaire d’être un génie de la politique ou un grand stratège pour comprendre ces vérités de la Palice. Il faut juste être libre d’esprit et réellement indépendant.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Combien ça coûte: un enterrement chrétien ou musulman
La cherté de la vie. Un sujet qui est au centre de tous les débats ces dernières années. Or, aujourd’hui, ce qui vient prendre le dessus, c’est la cherté de…

Santé

Infection à papillomavirus humain. Faut-il vacciner ou pas?
Depuis plusieurs années, le vaccin contre l’infection à papillomavirus humain (HPV) est conseillé aux jeunes filles comme aux jeunes garçons,…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved