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Nº 3078 du vendredi 2 juin 2017

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    Rabih Mroué A leap year   Jusqu’au 29 juillet.   Galerie Sfeir-Semler Il s’agit de la première exposition personnelle de l’artiste pluridisciplinaire Rabih Mroué au Moyen-Orient. Il y présente, parallèlement à l’accrochage, son ouvrage Diary...
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Rabih Mroué
A leap year

 

Jusqu’au 29 juillet.  
Galerie Sfeir-Semler

Il s’agit de la première exposition personnelle de l’artiste pluridisciplinaire Rabih Mroué au Moyen-Orient. Il y présente, parallèlement à l’accrochage, son ouvrage Diary of a leap year, publié par Kaph Books. Les œuvres suspendues sur les cimaises de la galerie évoquent la guerre, la mémoire, les flux de déplacements depuis l’attaque israélienne sur le Liban en été 2006 jusqu’à la guerre en Syrie. Artiste très engagé, Rabih Mroué s’inspire de la vie politique libanaise et utilise plusieurs supports artistiques comme la photo ou la vidéo. Son ouvrage rassemble quant à lui 366 collages de journaux libanais et internationaux sur la violence et les conflits au Moyen-Orient.
Acteur, directeur artistique, metteur en scène et écrivain, Rabih Mroué est également co-fondateur et membre du conseil d’administration du Beirut Art Center. En 2010, la Foundation for Contemporary Arts (New York) le récompense. La même année, il reçoit le Spalding Gray Award. Une exposition captivante.


Exposition collective
D'Icare à Twitter: allégories contemporaines

 

Jusqu’au 30 juin.
Galerie Alice Mogabgab.

Alice Mogabgab présente une exposition de peintures, de sculptures et de photographies d’artistes de la galerie. Ainsi Daniel Chompré, Pascal Courcelles, Nancy Debs, Fadia Haddad, Andrée Hochar Fattal, Li Wei, Ludwika Ogorzelec, Emma Rodgers, Takayoshi Sakabe et Jean-Bernard Susperregui présentent, chacun, leur talent «d’artistes-oiseaux». L’occasion pour eux de dévoiler, chacun à leur manière et avec leur propre technique, leurs idées sur la liberté, à travers la symbolique des oiseaux qui représentent la liberté. «Dans un pays où l’homme et l’oiseau sont les proies faciles d’un pouvoir corrompu et assassin, ces artistes défient l’agonie, exaltent la création et chantent l’hymne à la liberté». A voir.

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Éditorial
Au nom de la stabilité

La prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, pour un mandat de six années, ne fait pas l’unanimité des partis politiques et des experts, même si la décision a été prise en un tour de main au cours d’une réunion du Conseil des ministres tenue à Baabda. Les opposants à cette décision s’expriment ouvertement. Certains d’entre eux accusent le patron de la banque centrale d’être «l’allié privilégié des banques commerciales», l’affublant, parfois, du titre peu élogieux de «banquier des banques». La stratégie qu’il met en œuvre, à chaque fois que ce secteur est confronté à un début de crise, aboutit à rendre les établissements de crédits, ou la plupart d’entre eux, relativement renforcés. D’autres détracteurs, plus sévères, le qualifient, carrément, de «gardien des voleurs du temple».En deux mots, le 5ème mandat qu’entamera Riad Salamé en juillet sera encore plus délicat et difficile à gérer que les précédents. Le statu quo de stabilité relative au pays du cèdre peut basculer brusquement. Le Proche-Orient est dans la tourmente. Le monde arabe, les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, n’ont pas encore jeté leurs dés et tous les scénarios sont encore possibles. Karl Albrecht avait dit: «Partir avec un idéal en tête et finir avec un deal», alors qu’Ashleigh Brilliant avait conseillé «de négocier (…), si vous ne pouvez ni le contrôler, ni le surmonter.» Or aujourd’hui, le Liban est contraint de suivre les règlements – souvent perçus comme des diktats – des pays dont il utilise la monnaie, en l’occurrence le dollar américain et l’euro, entraînant une obligation inéluctable, celle de la négociation. Riad Salamé a réussi à gérer ce volet, en évitant au Liban et à son secteur bancaire le pire. Néanmoins, il ne peut pas se prévaloir d’avoir relancé la croissance économique – mais est-ce son rôle? –, en dépit des programmes de subvention des taux d’intérêts débiteurs et d’autres stimulations adoptées par la BDL, ces cinq dernières années. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance serait, en 2022, de 3%. Il est évident que la politique monétaire a quelque peu empiété sur la politique économique et financière. Mais qui en assume la responsabilité?Certes, personne n’est indispensable dans le monde des affaires, de l’économie et des finances. Mais il y a aussi ce que l'on appelle «l’homme du moment». En attendant que les épais nuages qui couvrent la région commencent à se dissiper, le pays doit respirer, mais, surtout, il a besoin «d’inspiration divine pour une prudente continuité de résilience et d’ingénierie»… qui profiterait, cette fois, à tous.


 Liliane Mokbel
   

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