La miniature. Du goût, de la précision et de la finesse
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Nº 3095 du vendredi 2 novembre 2018

La miniature. Du goût, de la précision et de la finesse

 
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    La miniature. Un art d’une grande finesse et d’une extrême précision. C’est dans leurs ateliers respectifs que Magazine a rencontré deux miniaturistes, dont les pièces sont de véritables œuvres d’art.   Dans...
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La miniature. Un art d’une grande finesse et d’une extrême précision. C’est dans leurs ateliers respectifs que Magazine a rencontré deux miniaturistes, dont les pièces sont de véritables œuvres d’art.
 

Dans son atelier où elle vient tout juste d’emménager, Hala Ghorayeb nous reçoit, entourée de ses miniatures. Certaines sont tellement chères à son cœur qu’elle refuse tout simplement de s’en séparer et les conserve pour son plaisir personnel. Enfant, elle fabriquait avec des lentilles et des haricots des maquettes, qu’elle peignait avec des couleurs variées. «Mais elles finissaient toujours à la poubelle car ma mère s’en débarrassait très vite», se souvient-elle. De tous ses voyages, elle ramenait des souvenirs et au lieu d’étudier, elle passait son temps à faire du bricolage. Lors d’un déplacement à Paris, au lieu de s’adonner au shopping, Hala Ghorayeb accumule les miniatures. «De toutes les pièces rapportées, j’ai créé une maison. Cela m’a pris 5 ans et des nuits de veille jusqu’à 4h du matin pour coller les papiers peints, faire les canapés, les rideaux, etc.».

Changement de cap
Une licence en Business de l’AUB en poche, et après un passage rapide dans le secteur du Private banking, en 2008, Hala Ghorayeb présente sa démission et décide de s’adonner à sa passion, malgré les réticences familiales et les conseils du genre «l’art ne nourrit pas son homme». «En faisant des recherches sur internet, je suis tombée sur un site de formation professionnelle à Paris et je m’y suis inscrite. C’était un cours d’art plastique. J’ai passé une année merveilleuse en France, durant laquelle j’ai assisté à de nombreuses expositions en Europe».   
Au début Hala Ghorayeb offrait des miniatures personnalisées en forme de cadeaux, y ajoutant une touche personnelle. «Les gens ont beaucoup aimé et ont commencé à passer des commandes». Elle participe à de nombreuses expositions et ses miniatures rencontrent de plus en plus de succès. Tout est utile et sert de matière première à ses pièces. «Je ne jette rien du tout. Le matériel utilisé n’est pas bon marché. Souvent, il m’arrive d’acheter une pièce et de monter toute une miniature autour, comme cette moto qui a servi de toile de fond à un garage Harley Davidson. Les produits utilisés sont d’excellente qualité. Ils sont souvent achetés lors de mes voyages, à des artistes français, comme par exemple des bouteilles de vin miniature en verre soufflé qui ont servi à créer une miniature portant sur le thème d’un bar à vin ou un plateau de fromage pour un cheese and wine». La visite du musée des Beatles à Liverpool lui inspire un orchestre entier composé de divers instruments de musique. «J’ai acheté la guitare et à partir de là, monté tout un orchestre».

Anti-stress
Ses miniatures sont des reproductions exactes de pâtisserie, clinique, chambres à coucher, bureau, salon, bar... Selon sa taille, la miniature nécessite entre deux semaines et un mois de travail. «Il m’arrive de travailler sur plusieurs projets en même temps». Quant aux prix, ils varient entre 300$ et 2 000$ pièce. A côté des miniatures, Hala Ghorayeb fait aussi des sculptures et des céramiques et exécute des souvenirs pour diverses occasions telles que baptême ou première communion. Lorsqu’elle se penche sur ses miniatures, armée de sa pince, la jeune femme se concentre totalement sur sa tâche. «C’est pour moi une source de détente et de relaxation, un moyen pour oublier le stress. Contrairement à la plupart des gens, j’attends impatiemment la fin du week end pour me rendre les lundis matin à l’atelier et m’adonner à cette passion ».  

Grande imagination

Il y a six ans, Nada Abdallah et Gaby Kamar se sont associés et ont ouvert le magasin Arcanes, rue du Liban. Elle est styliste, lui est architecte de formation. «Au départ, nous faisions du recyclage de certaines pièces mais depuis la profusion des produits fabriqués en Chine, nous nous sommes reconvertis dans les miniatures», confie Gaby Kamar. Pour travailler des miniatures, il n’y a pas de formation requise. «Il faut avoir du goût, faire preuve de beaucoup de patience et être habile de ses mains. Il ne s’agit pas de faire du collage. Tout est travaillé à l’échelle pour produire un effet réel». Dans une miniature, tout est proportionnel et réalisé sur une échelle de 1/12eme. Tout est utile et peut servir comme matière première: le bois, le verre, le métal. «Il faut être également doté d’une grande imagination. Nada est créative et moi je suis manuel. Nous nous complétons». L’inspiration vient de Nada Abdallah. C’est ainsi que le caisson d’une vieille radio lui inspire la création de la chambre et de l’atelier de Van Gogh, superbement exécutés dans tous leurs détails par Gaby Kamar. Le lit, la chaise, les tableaux, le chevalet, les toiles,…  «Au cours d’une visite à Basta nous étions à la recherche de vieilles radios. Nous sommes tombés sur une en très mauvais état. Nous avons traité le bois pour réaliser l’atelier et la chambre de Van Gogh en miniature». Le couvercle d’une vieille machine à coudre sert d’écrin pour un atelier de couture avec toutes les babioles. On retrouve aussi un magasin de fleurs, une cuisine campagnarde française, une cuisine libanaise, des bibliothèques, une salle de bain, un pub de jazz, un bar. Le bureau de Virginia Wolf est reproduit dans tous ses détails. «Les pièces à l’intérieur de chaque miniature sont fabriquées à la main et nécessitent un travail de recherche. Quand je réalise une bibliothèque française ou allemande, je me documente sur tous les auteurs concernés et reproduis les livres avec leurs titres et couvertures». Les grandes pièces nécessitent jusqu’à deux mois de travail en moyenne. Les prix varient entre 600$ et 2 000$. Certaines pièces peuvent même atteindre 6 000 ou 7 000$. La clientèle d’Arcanes est essentiellement composée d’étrangers et d’expatriés. «Les étrangers apprécient plus le travail des miniatures que les Libanais et ne discutent jamais le prix. Au Liban, celles-ci sont considérées comme un travail manuel ou artisanal alors qu’en Europe c’est un véritable art. Nous n’avons pas la culture des miniatures. Les gens ici préfèrent acheter des tableaux».    
Depuis qu’ils ont commencé à réaliser des miniatures en 2015, Nada Abdallah et Gaby Kamar en ont produit une cinquantaine en quatre ans. «C’est vous dire tout le temps que ça nécessite», conclut-il.

Joëlle Seif

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Éditorial
Le réflexe de Samson

La guerre menée par les Etats-Unis et ses alliés contre le Hezbollah est entrée dans une nouvelle phase. C’est l’impression qu’ont eue des diplomates européens et des hommes politiques libanais après avoir rencontré des responsables américains ces dernières semaines. Washington durcit progressivement les sanctions contre le Hezbollah dans le but de «l’affamer». Le président Donald Trump a signé, jeudi 25 octobre, un projet de loi élargissant la liste des personnes pouvant être sanctionnées pour avoir fait affaire avec le parti chiite. «Nous allons cibler, déstabiliser et démanteler leurs réseaux opérationnels et financiers, qui étaient nombreux, et qui le sont beaucoup moins maintenant», a-t-il déclaré. Quelques jours plus tôt, le secrétaire américain à la Justice, Jeff Sessions, avait désigné le Hezbollah comme étant une «organisation transnationale criminelle contre laquelle les Etats-Unis vont mener des enquêtes approfondies et engager des poursuites». «Une équipe spéciale de procureurs expérimentés dans le domaine de la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme, le crime organisé et le blanchiment d’argent va enquêter sur des individus et réseaux soutenant le Hezbollah», a affirmé Jeff Sessions. Le durcissement des sanctions américaines n’est pas une surprise. Dans une interview publiée par le quotidien israélien The Jerusalem Post à la mi-août, un ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, avait reconnu qu’il n’était plus possible de vaincre militairement le Hezbollah mais qu’il fallait imposer des sanctions au Liban pour en venir à bout. Cette nouvelle stratégie mise au point entre Washington et ses proches alliés n’a pas échappé au commandement du parti, qui les prend très au sérieux. «Le Hezbollah fait l’objet de pressions, a déclaré Sayyed Hassan Nasrallah dans un de ses discours de Achoura. C’est plutôt une menace psychologique qu’une véritable menace. Ceux qui conspirent contre notre région, comme Israël, les Etats-Unis et leurs alliés, ne reconnaîtront pas notre victoire. Ils ont échoué dans la guerre militaire contre nous, alors ils essaient de nous frapper de l’intérieur».   Le Hezbollah pense que le véritable objectif des mesures américaines est de l’isoler sur le plan interne en le coupant de sa base populaire et de ses soutiens au sein des autres communautés. C’est ce qui expliquerait le fait que les sanctions pourraient être progressivement élargies pour englober des noms et des entités qui ne sont pas forcément liés au parti mais qui appartiennent à des alliés de différentes communautés. Des sources informées affirment, qu’à terme, entre 300 et 1 000 noms seraient inscrits sur les listes américaines. Si elle est prise, une telle mesure risquerait d’avoir de sérieuses répercussions sur l’économie. C’est cela qui a inquiété les diplomates européens et les hommes politiques libanais, qui ont senti que Washington ne se souciait plus de la stabilité du Liban et avait développé un réflexe de Samson, qui a détruit le temple sur sa tête et sur celles de ses ennemis philistins. Le Hezbollah ne reste pas les bras croisés face à ce changement de tactique. Il a lui aussi entamé une nouvelle étape de son parcours politique. La première étape, en 1992, a été son entrée sur la scène politique libanaise avec sa participation aux élections législatives. La deuxième, en 2005, a marqué sa participation au pouvoir exécutif, avec, pour la première fois, des ministres nommés au gouvernement. En 2018, le Hezbollah entame la troisième étape: la conquête de l’administration publique.


 Paul Khalifeh
   

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