Bipod fête ses dix ans. Le corps «en délire»
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Nº 2941 du vendredi 21 mars 2014

Bipod fête ses dix ans. Le corps «en délire»

 
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    Bipod fête ses dix ans. Le corps «en délire»
    Beirut International Platform of Dance, ou Bipod, célèbre cette année ses dix ans d’existence et de lutte perpétuelle pour faire triompher la culture au Liban. La 10e édition se tiendra...
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Beirut International Platform of Dance, ou Bipod, célèbre cette année ses dix ans d’existence et de lutte perpétuelle pour faire triompher la culture au Liban. La 10e édition se tiendra du 10 au 27 avril. Pour vivre Beyrouth autrement…
 

«Je ne vais pas regarder en arrière, mais toujours en avant», affirme Omar Rajeh, comme il se le dit et comme il le fait, chaque année, depuis dix ans, en préparant la programmation de Bipod. Dix ans d’existence, cela se fête au Liban. Parce que maintenir un festival durant toutes ces années est très loin d’être facile dans notre pays. Et c’est ce qui renforce encore plus la joie de Rajeh, fondateur de Maqamat Dance Theater et de Bipod, ce festival «né de la ville de Beyrouth». Omar Rajeh espère voir le festival continuer encore et encore, résister à toutes les formes d’ignorance, d’extrémisme et de fanatisme, pour porter haut et fort la magie des corps qui se dénudent et qui créent la vie.
L’inauguration de cette 10e édition aura lieu le 10 avril, dès 19h, au théâtre al-Madina, à travers une exposition qui tonne comme une rétrospective des dix années passées; photos, images, vidéos, documentaires, témoignages des artistes invités… et le lancement du livre Ten years of Bipod. Que débute le programme de cette édition, riche et varié, présenté par des artistes de différents pays, célébrés sur la scène internationale. Sans oublier les ateliers de travail, les débats et les soirées organisés en marge du festival, tels les workshops avec les chorégraphes Russell Maliphant et Wim Vandekeybus, et la soirée Cotton Candy Party for Bipod qui clôturera le festival le 26 avril.
 

Jeudi 10 et vendredi 11 avril
Still Current (Grande-Bretagne)
C
horégraphe de renommée internationale, Russell Maliphant a collaboré avec plusieurs artistes et compagnies de renom… Still Current se présente comme une soirée de duos et de trios interprétés par la compagnie Russell Maliphant fondée en 1996. Deux de ses performances les plus applaudies sont au programme: Two et Afterlight (Part One), qui mettent en scène plusieurs langages physiques, intégrant le vocabulaire et les formes de la danse contemporaine, du ballet et des arts martiaux, rehaussées par l’éclairage, les costumes, l’animation et la musique.
20h30, Théâtre al-Madina.

 

Samedi 12 et dimanche 13 avril 
Hibr - Liban/Suisse
Cette nouvelle création est le fruit de la collaboration entre Omar Rajeh/Maqamat Dance Theatre et Marcel Leemann/Physical Dance Theatre, sur une musique composée par Pablo Palacio et Mahmoud Turkmani. «Les mots façonnent notre compréhension du monde qui nous entoure. Nous regardons et expérimentons la vie avec les mots, que nous utilisons pour penser et parler. Mais que se passe-t-il quand les mots entrent en collision avec le corps? L’énergie qui s’en dégage est le point de départ et la force motrice de Hibr…
20h30, théâtre al-Madina.

 

Mardi 15 avril
Happy as Larry - Australie
La Shaun Parker & Company, basée à Sydney, a explosé sur la scène internationale à travers des performances se distinguant par l’intégration de formes chorégraphiques stimulantes, de musique magique et d’inventivité théâtrale. Mélangeant ballet, break-dance, patin à roulettes et danse contemporaine, Happy as Larry est une performance drôle, ludique et poignante, questionnant l’insaisissable nature du bonheur humain, en prenant comme base l’ennéagramme et ses neuf personnalités typiques.
20h30, théâtre al-Madina.

 

Jeudi 17 avril
If/Then for strings - Allemagne
Fondateur et créateur artistique de la compagnie The Bakery, Richard Siegal se caractérise par des méthodes de travail interdisciplinaires. Où se trouve l’intersection entre la danse et la musique? Une composition utilisant des méthodes chorégraphiques peut-elle s’adresser à des musiciens? Des interrogations au cœur d’If/Then for strings, une performance qui résiste à toute classification.
20h30, théâtre Monnot.

 

Vendredi 18 avril
Erection - France
Athlète à l’origine, Pierre Rigal s’est dirigé vers la danse pour fonder, en 2003, sa compagnie Dernière minute et créer sa première pièce Erection. Entre l’histoire épique, le récit philosophique et la science-fiction, ce solo suit l’évolution humaine. Minimaliste, renforcé par des effets de sons et des effets visuels créés en direct, Pierre Rigal danse l’homme-animal, l’homme individuel et l’homme social; l’essai d’une érection de cette créature nommée l’homme, triste clown de tous les temps.
20h30, théâtre al-Madina.

 

Samedi 19 avril
From B to B - Belgique/Suisse
Le chorégraphe Thomas Hauert et sa compagnie Zoo, basée à Bruxelles, s’associent à la chorégraphe catalane Angels Margarit et sa compagnie Mudances pour présenter From B to B. Contemplative, ludique et poignante, poétique et drôle, la performance est un dialogue physique, musical et linguistique entre ces deux artistes, un voyage de découverte...
20h30, théâtre al-Madina.

 

Mardi 22 avril
Miniatures - France
La compagnie Danse Map invite le public à un voyage artistique composé de trois Miniatures, des courtes pièces chorégraphiques créées par trois artistes autour d’un même thème. Taoufik Izeddiou (Maroc) dans Jadibia, Yendi Nammour (France) dans Loups of Various emotions et Arnaud Saury (France) dans I’m a love result, explorent l’amour chacun à travers son propre langage et sa propre poésie.
17h, Métro al-Madina.

 

Mardi 22 et mercredi 23 avril
Black Out - Suisse
Après une série de pièces marquées par leur théâtralité, le chorégraphe Philippe Saire revient vers la plénitude du mouvement et son attachement au dessin. Le public, assis comme dans une arène surplombant la scène, verra sous ses yeux la création d’une œuvre d’art. La matérialité est au cœur de cette performance sous la forme d’un parterre granulé d’éléments noirs sur lequel les danseurs laissent des traces par leurs mouvements, composant ainsi une pièce chorégraphique comme une œuvre d’art.
19h et 20h30, théâtre al-Madina
(En raison de la disposition de la scène, 
le nombre de sièges est limité).

 

Jeudi 24 avril
Nothing’s for something - Norvège/Belgique
Le travail de Heine Avdal et Yukiko Shinozaki, au cœur de la compagnie Field works, se base sur la notion de la distribution de l’espace. A travers cette performance, ils souhaitent montrer comme un espace peut devenir fluide, muer, se diviser en différentes parties. Quand une situation donnée se métamorphose, comment ouvre-t-elle de nouvelles possibilités et de nouvelles dimensions?
20h30, théâtre al-Madina.

 

Samedi 26 et dimanche 27 avril
What the body does not remember - Belgique
Wim Vandekeybus, un des pères fondateurs de la danse contemporaine en Belgique, présente dans le cadre de Bipod sa première pièce, créée il y a vingt-cinq ans, et qui a remporté un immense succès. Interprétée par les nouveaux membres de sa compagnie Ultima Vez, fondée en 1986, What the body does not remember oscille sur le fil de l’attraction et la répulsion. Duos, mouvements d’ensemble, rencontre entre danseurs et musique… une explosion d’agression, de peur et de danger… «L’intensité des moments où on n’a pas le choix», comme l’exprime Vandekeybus.
20h30, théâtre al-Madina.

Nayla Rached

Billets en vente à la Librairie Antoine
www.maqamat.org

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Éditorial
S.O.S. Liban!

Chaque jour apporte son lot d’explosifs, de morts, de blessés et de dégâts que provoquent les véhicules de la mort. Les Libanais vivent dans l’angoisse de ce qui les attend. Les services de renseignements et les forces de sécurité s’acharnent à intercepter les terroristes avant qu’ils n’agissent. Ils réussissent, parfois, et en paient le prix. L’armée est devenue la cible privilégiée des criminels. Ce fléau qui frappe le Liban ne peut être éradiqué que par une politique, dans le sens le plus juste du mot, menée par des hommes conscients de la responsabilité qui leur incombe, celle d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens. Nous en sommes très loin. A Tripoli, devenue ville fantôme, les combats meurtriers se poursuivent. Les écoles ferment leurs portes, les commerces baissent leurs rideaux et les gens du Nord vivent au rythme des agressions contre Ersal. A cela se greffe la chute de Yabroud, une «victoire» que célèbre bruyamment le Hezbollah ignorant le flux de nouveaux réfugiés qui traversent la frontière gonflant le nombre de ceux qui, désormais, sont sur place avec peu d’espoir de rentrer chez eux, du moins à court terme. On estime, sans crainte d’exagérer, que Syriens et Palestiniens confondus constituent non moins du tiers de la population libanaise encore résidante dans le pays. Arrivés sans ressources, dans leur grande majorité, ils sont accueillis, presque, à bras ouverts, mais sans aucun plan social et surtout sans contrôle. Leur présence, quel que soit le devoir humanitaire qui dicte l’aide qui leur est apportée, pèse lourd dans un pays où l’Etat peine à répondre aux besoins sociaux de ses propres citoyens. Ces derniers sont très souvent remplacés dans nombre de travaux par une main-d’œuvre moins coûteuse. Les Libanais, toutes cultures, toutes classes sociales confondues, s’interrogent sur l’avenir de leur pays où la vie devient de plus en plus dure et où l’espoir d’un redressement radical n’est pas hélas à l’horizon. Sur qui et sur quoi peuvent-ils compter? Est-ce sur des élus qui ont oublié le chemin de l’hémicycle et qui, pour beaucoup, ne le retrouveront probablement plus? Sur des situations où les compromis, indispensables dans l’état actuel des choses, sont la règle? Sur certains leaders, chefs de file de courants ou zaïms d’un autre temps?… On ne sait plus. Même si nous n’avons pas le droit de généraliser et de mettre dans un même panier tous ceux qui sévissent dans les hautes sphères, il nous faut reconnaître que les meilleurs  d’entre eux n’ont plus vraiment leur destin en main et le nôtre encore moins. Dans un pays où l’Etat dans l’Etat affaiblit l’autorité, celle-ci peut difficilement s’imposer. Il ne nous reste, pour toute perspective, que le dialogue. Mais sommes-nous assez naïfs pour croire encore dans la bonne foi de ceux qui ne cessent de renier leurs engagements? Nous entendons sans cesse la chose et son contraire. Peut-on croire que le Hezbollah qui, comme l’a laissé entendre récemment l’un de ses piliers, favoriserait une Armée libanaise renforcée par des équipements que le chef de l’Etat s’acharne à obtenir? Le président Sleiman et l’institution militaire ne sont-ils pas la cible quasi permanente du parti de Dieu? Ce qui nous reste, en guise de consolation, c’est de placer nos espoirs dans ce gouvernement en gestation, souhaitant qu’il ne naisse pas affublé d’un handicap irrémédiable. Déjà, en filigrane des débats parlementaires, se dessine le profil de la présidentielle mais attendant, au cours des deux mois qui leur sont accordés, ces messieurs du Sérail ne devraient pas chômer. Ils ont du pain sur la planche et surtout des services à assurer à tous ceux dont ils ont la charge et qui peinent à trouver les moyens de survivre, d’éduquer leurs enfants et de boucler leurs fins de mois. C’est ce qu’attend le Libanais lambda.


 Mouna Béchara
   

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