La promesse de l’aube. Du mot à l’image
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Nº 3088 du vendredi 6 avril 2018

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    «La vie nous fait à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais». Les mots éternels de La promesse de l’aube de Romain Gary sont transposés à l’écran dans une adaptation...
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«La vie nous fait à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais». Les mots éternels de La promesse de l’aube de Romain Gary sont transposés à l’écran dans une adaptation française réalisée par Eric Barnier et mettant à l’affiche Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg.


En 1960, vingt ans avant qu’il ne se donne la mort, Romain Gary publie La promesse de l’aube, roman phare de sa biographie, aux côtés des Racines du ciel (Goncourt 1956) et La vie devant soi, publié sous le pseudonyme d’Emile Ajar (Goncourt 1975). Cinquante-sept ans plus tard, Eric Barbier l’adapte au cinéma avec Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg. Il s’agit là de la deuxième adaptation cinématographique du roman, après celle de Jules Dassin, en 1971, interprétée par Assi Dayan et Mélina Mercouri.
En quelques secondes, la bande-annonce donne le ton: un souffle épique, une impression de saga grandiose, luxueuse, effets spéciaux à l’appui. Avec un budget de 24 millions d’euros – fait très rare dans le cinéma français–, et un tournage de 14 semaines effectué dans cinq pays, La promesse de l’aube s’annonce comme un blockbuster en devenir, à l’adresse de tout public, comme dans une volonté de débarrasser le roman de son cadre élitiste.
Et tant mieux, car cela ne peut que donner envie de se jeter sur le livre, de le découvrir, ou de le relire. Relativement peu connu, le réalisateur Eric Barbier s’est vu confier cette adaptation par le producteur Eric Jehelmann. Un double défi d’un côté comme de l’autre, avec tous les risques que l’adaptation d’un roman culte peut impliquer: face à un public qui s’attend à y retrouver l’esprit originel de l’œuvre, et dans la réalisation du projet lui-même. Avec ce roman initiatique qui retrace 30 ans de la vie de Romain Gary, Eric Barbier et Marie Eynard ont été confrontés à une multitude de difficultés dans leur travail d’adaptation, pour conserver l’essence du roman, tout en le réduisant des deux tiers. Prenant comme exemple Little Big Man d’Arthur Penn, Eric Barbier a décidé de suivre le fil conducteur de l’œuvre, «le lien entre (Romain Gary) et sa mère, cette espèce d’amour dévorant qu’elle a pour lui, et que lui a pour elle».

Hommage à L’amour maternel
Le spectateur suit ainsi l’enfance de Romain Gary, en Pologne, en passant par sa jeunesse sous le soleil de Nice jusqu’à ses exploits d’aviateur pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet acharnement à vivre mille vies, à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Nina, sa mère, qu’il le doit. C’est l’amour fou de cette mère attachante et excentrique qui fera de lui l’un des romanciers majeurs du XXe siècle, avec une vie pleine de rebondissements, de passions et de mystères. Un amour maternel sans bornes qui sera aussi son fardeau pour la vie.
Dans le rôle de l’écrivain, Pierre Niney affiche son excitation à incarner «un personnage extrêmement attachant», au «parcours hallucinant», au cœur d’un film qui est «un hommage à ce roman, à cette vie et à l’amour maternel en général». Face à lui, Charlotte Gainsbourg, s’est glissée dans la peau de Nina, «mère assez monstrueuse, possessive, mais folle de son fils», sans «une once d’hésitation».
Le film divise la critique qui lui reproche essentiellement un manque d’émotion. Le journal Le Monde évoque une version «qui souffre de tous les maux trop souvent vus dans le cinéma français populaire, et nous fait l’effet d’un énième blockbuster délavé qui coûte trop cher pour ce qu’il est, à savoir une illustration du roman, ni plus ni moins, sans supplément d’âme, sinon celui de ses deux acteurs-stars». D’autres critiques préfèrent temporiser. Les Fiches du cinéma relèvent «une adaptation sage mais réussie». Libération met en avant un «scénario (qui) a l’intelligence de ne jamais perdre de vue le fait que le roman de Romain Gary relève autant de l’affabulation que de l’autobiographie». Pour Paris-Match, «la promesse est tenue». Le meilleur moyen de se forger son propre avis, maintenant que toutes les cartes sont sur la table, sera d’aller voir le film.

Circuit Empire

Nayla Rached

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Éditorial
Déficit de confiance

Les Libanais n’attendaient pas la mise en garde du président Michel Aoun sur le danger de la faillite de l’Etat pour se rendre compte de la gravité de la situation. Un vent de panique, encore contenu, bruisse dans le pays. Des rumeurs mais aussi des informations vraies sur la fragilité des finances publiques foisonnent. On chuchote au sujet de la fuite de capitaux; d’un infléchissement de la politique monétaire de la Banque du Liban, suffisamment important pour provoquer l’effondrement du cours de la monnaie nationale d’ici la fin de l’année; on murmure que la banque centrale cherche, désespérément et difficilement, à acquérir des dollars pour renforcer ses réserves. Les analyses prévoyant un conflit régional d’envergure, dont une attaque israélienne contre le Liban ne serait que l’une des facettes, n’arrangent pas les choses. Les menaces israéliennes d’une «guerre destructrice» contre le Hezbollah, proférées lundi, les confirment. Les craintes sont tellement tenaces que même la «positive attitude» des plus optimistes ne parvient plus à les atténuer… ni les «bonnes nouvelles» attendues de la conférence Cèdre I.      Un déficit de confiance fondamental semble s’être installé dans le pays. Tous les jours, la méfiance grandit et enfouit ses racines plus profondément. Le plus grave, c’est que lesdites «mesures d’austérité» adoptées par le gouvernement dans le cadre du projet de budget 2018 ne sont perçues, par une majorité de Libanais, que comme de la poudre aux yeux. Ce n’est pas en réduisant de 20% les dépenses des ministères que l’on règlera le problème. Un telle démarche est non seulement insuffisante mais aussi contre-productive, car les coupes touchent indistinctement tous les ministères, y compris, par exemple, celui des Affaires sociales, qui apporte une aide modeste mais salutaire à des milliers de familles qui peinent à remplir leur panier de la ménagère.Une fois de plus, le gouvernement ne regarde que la partie visible de l’iceberg. Il ignore le vrai problème, celui de la corruption institutionnalisée, de ces minces mais intarissables filets de gaspillage, qui pompent des milliards tous les jours. Une fois de plus, l’Etat ponctionne le portefeuille déjà vide des classes les plus démunies, et ferme les yeux face aux abus des plus puissants. Qu’en est-il des biens maritimes exploités illégalement? Des évasions fiscales? Des catégories de privilégiés ou de protégés qui inondent le marché de biens manufacturés importés sans payer un sou à la douane? Des milliards dépensés par les officiels en voyages, aux frais du contribuable? Des commissions payées et perçues dans le cadre de contrats de gré à gré? La liste est interminable…Le déficit des finances est, désormais, couplé à un défaut de confiance. Les soins palliatifs ne sont plus utiles. Un traitement lourd est nécessaire. Y a-t-il un médecin dans la salle?    


 Paul Khalifeh
   

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Un passeport biométrique?
Le passeport biométrique est disponible au Liban depuis le 1er août 2016. Toutefois, la remise de titres de voyage relevant de l’ancien «régime» a toujours été permise pour les Libanais…

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