Le consumérisme au Liban: un élan amputé. Abdallah Farhat épouse la cause du consommateur
Logo

Nº 3098 du vendredi 1er février 2019

Le consumérisme au Liban: un élan amputé. Abdallah Farhat épouse la cause du consommateur

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Le consumérisme au Liban: un élan amputé. Abdallah Farhat épouse la cause du consommateur
    Le consommateur libanais a-t-il des droits? Les connaît-il? Les textes en vigueur sont-ils suffisants pour lui assurer une protection minimale? Abdallah Farhat essaie de répondre, dans un livre, à toutes...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Le consommateur libanais a-t-il des droits? Les connaît-il? Les textes en vigueur sont-ils suffisants pour lui assurer une protection minimale? Abdallah Farhat essaie de répondre, dans un livre, à toutes ces questions. 

A l’heure où le Libanais se sent sans recours aussi bien devant les propriétaires de générateurs de quartiers que des grands commerçants qui imposent leurs règles et leurs prix en cette période de crise économique aigüe, le livre de Abdallah Farhat, Le consumérisme au Liban: un élan amputé, (Editions Edilivre), ne pouvait mieux tomber.
L’ancien ministre et député traite de la science portant sur la protection du consommateur dans une société de consommation. Après un survol historique des expériences américaine et française dans le domaine de la protection du consommateur, Abdallah Farhat se focalise sur le Liban. Il analyse dans un langage accessible les dispositions légales et règlementaires portant sur tous les aspects du protectionnisme consumériste, se penchant sur la théorie des textes en vigueur et la manière dont ils sont appliqués.
Soulignant le retard pris au Liban dans le domaine de la protection du consommateur (le premier texte, la loi 659, a été voté le 4 février 2005), l’ancien député, qui a été doyen de la Faculté de droit de l’Université la Sagesse, regrette l’insuffisance du cadre législatif et juridique mais aussi les défaillances dans la mise en œuvre des textes existants. Il rappelle que le projet de loi visant à garantir la sécurité alimentaire du consommateur libanais est toujours en gestation depuis des années en Conseil des ministres.

Une nécessaire modération
Après une étude comparée entre le droit libanais en matière de consumérisme et le droit français, dont il s’est largement inspiré, le Dr Farhat souligne les insuffisances et propose des améliorations légales et juridiques. Objectifs? Assurer une protection maximale au consommateur libanais tout en préservant les marges de liberté du jeu du commerce. Selon lui, ce but n’est pas difficile à atteindre. «Une modération est indispensable, étant donné qu’un excès de protectionnisme, de même qu’un excès de négligence, rendra la situation du consommateur encore plus vulnérable et précaire», écrit-il.
Dans un premier temps, l’auteur se penche sur «les règles préalables au contrat de consommation, permettant à tout consommateur de pouvoir acheter en connaissance de cause, assurant sa protection consumériste préalable au contrat». Puis il analyse les données législatives «lors de la conclusion et de l’exécution du contrat de consommation ainsi que le rôle des divers organismes publics et privés».
Après avoir dressé un panorama exhaustif et objectif de l’action gouvernementale au Liban, M. Farhat porte un regard sévère sur celle-ci. Son efficacité est «très relative et s’est principalement bornée à un tapage médiatique ayant pour objectif strictement des velléités populistes et démagogiques», écrit-il. «Cette campagne publiciste, à fortes connotations politiques et partisanes, a comporté des violations patentes des libertés et garanties constitutionnelles et des principes et modalités des dispositions consuméristes», ajoute-t-il.
Dans sa préface, l’ancien ministre de l’Economie et du Commerce, Alain Hakim, qualifie le travail du Dr Farhat d’«œuvre exceptionnelle de par l’approche utilisée». «Le livre traite des différents types de vente, montrant les obligations et droits des deux parties» et insiste sur « la symétrie de l’information entre vendeur et acheteur», souligne M. Hakim.

Jenny Saleh
 

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
En route pour l’âge de pierre

Dans ses mémoires publiés en 2010, le vice-président de l’Etat des Emirats arabes unis, cheikh Mohammad Ben Rached al-Maktoum, évoque un rêve qu’il dit avoir souvent fait, celui «de voir un jour Dubaï devenir un Beyrouth». Les Libanais sont-ils conscients que leur capitale a inspiré cet homme visionnaire et ambitieux, qui a réussi à faire émerger des sables du désert un émirat au rayonnement planétaire? Un centre d’affaires qui s’est réservé une place parmi les grands, tels Hong Kong, Shanghai, Londres et New York? Un bouillon de culture qui a transposé la Sorbonne, le Louvre, et bien d’autres noms et lieux prestigieux dans la Péninsule arabique? Une cité médiatique qui a attiré les titres et les plumes les plus convoités?Quelle que soit l’opinion que l’on se fait de Dubaï aujourd’hui, force est de reconnaître que cette ville sous-peuplée, sans patrimoine, ou si peu, sans beauté sinon celle des dunes dorées, propre à toutes les cités du Golfe, est devenue l’une des destinations les plus prisées du monde. Voilà un prince qui a réussi son pari, qui a concrétisé son rêve! Certes, l’atout des pétrodollars, qui n’est pas des moindres, lui a facilité la tâche. Mais les pétrodollars, qui coulent aussi à flot en Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar, n’ont pas fait bourgeonner d’autres Eldorados dans ces pays immensément riches.    Pendant que Dubaï entrait à pas sûrs dans l’avenir, Beyrouth, lui, sombrait dans les précipices du passé. Les Libanais ont réussi le tour de force de plonger leur ville dans les affres de la guerre, puis une fois la paix revenue, de reconstruire la pierre sans y insuffler l’âme qui lui donnait ce cachet unique. La gloire d’antan n’est plus qu’un vieux souvenir, la culture se raréfie, la beauté ressemble à celle d’une femme (ou d’un homme) toute refaite, la joie de vivre n’est plus qu’amertume et aigreur, la satisfaction apportée par le travail plus qu’un dur et insupportable labeur. Avec une insouciance couplée à une affligeante ignorance et une criminelle irresponsabilité, les Libanais, peuple et dirigeants, ont perdu un à un les atouts qui faisaient de leur capitale le phare de la région. Fut un jour où Beyrouth était l’université, la maison d’édition, la cité médiatique, du monde arabe, une oasis de liberté pour les opprimés et les oppressés, un havre de tolérance. Il n’est plus qu’une ville sévère et peu hospitalière de par la cherté de la vie et l’absence des services les plus élémentaires. A vouloir cloner bêtement l’émirat du désert, les Libanais ont perdu ce qui faisait la gloire et la beauté de leur ville, sans pour autant gagner les atouts qui font la force de Dubaï. Beyrouth s’enfonce dans le passé. A ce rythme, et si rien n’est fait pour stopper la chute, l’âge de pierre n’est plus très loin.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un déménagement?
Avec la multiplication du nombre d’entreprises de déménagement au Liban, le changement de domicile se fait désormais facile. Mais à quel prix? Rangement, emballage, transport, déballage, mise en place d’un…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved