Le Dr Jihane Rohayem, psychiatre. Les enfants hyperactifs sont mal diagnostiqués
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Nº 2895 du vendredi 03 Mai 2013

Le Dr Jihane Rohayem, psychiatre. Les enfants hyperactifs sont mal diagnostiqués

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    Le Dr Jihane Rohayem, psychiatre. Les enfants hyperactifs sont mal diagnostiqués
    Lorsque votre enfant souffre d’un déficit de l’attention, d’une hyperactivité motrice ou d’une impulsivité, c’est qu’il est atteint d’un trouble de déficit de l’attention/ hyperactivité (TDAH). Ce trouble neurologique qui...
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Lorsque votre enfant souffre d’un déficit de l’attention, d’une hyperactivité motrice ou d’une impulsivité, c’est qu’il est atteint d’un trouble de déficit de l’attention/ hyperactivité (TDAH). Ce trouble neurologique qui touche les enfants d’âge scolaire est deux fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Entrevue avec le Dr Jihane Rohayem, psychiatre.


Quels sont les symptômes de ce trouble neurologique?
L’hyperactivité, le manque d’attention et l’impulsivité sont les symptômes du TDAH. L’enfant qui en souffre ne parvient pas à soutenir son attention quelle que soit l’activité. Il n’est pas capable de se concentrer sur une tâche longue ou répétitive et se laisse distraire par n’importe quelle stimulation. Il est incapable de se tenir en place et est constamment agité et indiscipliné. De plus, l’enfant est impulsif dans ses gestes et ne réfléchit pas avant d’agir. Il interrompt les autres, répond sans attendre la fin des questions et prend des risques, se mettant souvent en danger. Le problème attentionnel augmente avec l’âge. Ça se répercute sur son rendement scolaire. Il va échouer et c’est à partir de ce moment qu’il sera amené à consulter.

Quel est le diagnostic du TDAH?
Le diagnostic doit être établi par un médecin spécialiste qui doit prendre en compte l’environnement de l’enfant. La prise en charge est adaptée à chaque enfant et sa famille. Pour confirmer un diagnostic, il faut que l’enfant consulte en premier lieu un psychologue qui va faire un bilan attentionnel et un autre au niveau de l’humeur. L’enfant doit également consulter un orthophoniste pour un éventuel problème de dyslexie. Des examens de vision et un bilan sanguin sont aussi nécessaires pour éliminer certaines maladies. A la suite de ces examens, nous pouvons confirmer que l’enfant souffre d’un TDAH et lui prescrire un médicament. Le traitement médicamenteux est un traitement en seconde intention, pour les enfants ayant un trouble sévère et pour lesquels les traitements psycho-éducatifs et les rééducations se sont montrés insuffisants. Le médicament peut améliorer l’attention, diminuer l’impulsivité et réduire l’hyperactivité. Mais le médicament est un stimulant. Il faut un diagnostic précis du TDAH, pour que le traitement médicamenteux soit efficace.


Quelles sont les conséquences de ce trouble?
Ce trouble peut avoir de nombreuses conséquences sur la vie quotidienne. Les difficultés concernent le milieu familial et scolaire mais elles peuvent continuer à l’âge adulte et se répercuter dans divers domaines, notamment professionnel. Dans 50% des cas, le trouble va persister à l’âge adulte. Il se manifeste par un sentiment d’impatience, un manque de concentration et une tendance à agir impulsivement.

Comment distinguer entre un enfant qui souffre du TDAH et un enfant turbulent?
Contrairement à un enfant hyperactif, l’enfant turbulent ne l’a pas toujours été. C’est le facteur temps qui les distingue. De plus, l’enfant atteint du TDAH ne le montre pas seulement à l’école ou à la maison, mais partout, alors que les turbulents le sont généralement beaucoup plus dans un endroit que dans un autre. C’est souvent réactionnel avec l’entourage.

Le nombre d’enfants hyperactifs ne cesse d’augmenter. Pourquoi?
Tout d’abord on en parle plus. Il y a par ailleurs l’apparition des jeux électroniques qui font que l’enfant ne se concentre plus en classe et pense constamment à ces jeux qui provoquent chez ces enfants un problème d’attention. D’autre part, nous observons un problème de surdiagnostiquation. Parfois, les enfants ont des difficultés scolaires qui proviennent de troubles d’apprentissage ou d’autres causes. Ces enfants sont mal diagnostiqués et traités par des médicaments dont ils n’ont souvent pas besoin.

Quel est le message à passer?
Il faut traiter l’enfant qui souffre d’un TDAH. Car cette souffrance se répercute sur sa vie familiale, sociale et éducative. Le médicament n’est pas anodin. Il faut prendre son temps avant de le prescrire. Ce traitement est prescrit durant toute la scolarisation. Le traitement est efficace et diminue les symptômes de la maladie mais ne la guérit pas. Dans la moitié des cas, le TDAH ne guérit pas.

Propos recueillis par NADA JUREIDINI
 

Campagne de sensibilisation
Organisée par l’entreprise pharmaceutique Lilly, une campagne d’information sur le TDAH vise à sensibiliser le public à ce trouble neurologique et aux moyens de le traiter.

 

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Éditorial
Libérez les deux évêques!

L’enlèvement de Youhanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe d’Alep, et Boulos Yazigi, évêque de l’Eglise grecque-orthodoxe de la même ville, le 22 avril, est un crime répréhensible à tous les égards. Sur un plan général, la privation de liberté, pour des motifs injustifiés, par des groupes ne disposant d’aucun mandat pour le faire est un retour à la loi de la jungle. Humainement, ces deux prélats, de par leur fonction et leur vocation, sont des messagers de paix, d’amour et de dialogue, ils ne méritent certainement pas le mauvais traitement qui leur a été infligé. A un niveau religieux, ils ont été enlevés parce qu’ils sont chrétiens, ce qui constitue une atteinte inadmissible au principe de la liberté de culte. Vu du prisme de la crise syrienne, les deux évêques étaient en mission humanitaire, pour tenter d’obtenir la libération de deux prêtres kidnappés dans la même région, il y a deux mois. Leur enlèvement est une violation de tous les principes, y compris des règles de la guerre, qui interdisent de s’en prendre à des médiateurs et des messagers. Si deux éminents évêques, dont le frère du patriarche de la plus grande Eglise d’Orient, ont été traités avec autant de légèreté et de rudesse, quel sort sera-t-il réservé au commun de leurs ouailles. C’est sans doute l’un des principaux messages que les ravisseurs (des Tchétchènes paraît-il; mais qui croit qu’ils peuvent agir sans couverture locale?) veulent transmettre aux chrétiens de Syrie et de toute la région: «Même vos évêques ne jouissent d’aucune immunité, alors que dire de vos prêtres, vos diacres, vos bonnes sœurs et vos fidèles?». Malgré le caractère abject de cet acte, on constate avec tristesse et consternation qu’il n’a pas suscité la vague de réprobation qu’il mérite. Faut-il, à Dieu ne plaise, qu’ils soient torturés et leurs têtes plantées sur un clocher (comme le cheikh Saadeddine d’Alep, égorgé et décapité avant que sa tête ne soit exposée sur le minaret de sa mosquée), pour que l’on entende, enfin, quelques timides condamnations? Pourtant, pour bien moins que cela, nous avons vu, ces deux dernières années, des personnalités politiques et publiques et des dirigeants, monter sur leurs grands chevaux, pour dénoncer avec véhémence la «répression sauvage», «les crimes odieux», «les atteintes inacceptables aux libertés individuelles et collectives…». Nous avons vu des médias entrer en campagne pour défendre un blogueur interpellé, ou un militant arrêté, des ONG se mobiliser pour sensibiliser l’opinion publique… Mais pour les deux évêques, c’est le silence radio, tous ont perdu la voix… et la conscience. Cette triste affaire est un exemple vivant de la politique des deux poids deux mesures, qui n’est malheureusement plus l’apanage des grandes puissances, mais aussi de supports médiatiques censés informer les gens. On constate que l’information fait l’objet d’une sélection rigoureuse et d’une hiérarchisation répondant à une grille de lecture politique. Malgré toutes les tentatives destinées à minimiser la gravité de l’enlèvement des deux évêques et à le banaliser, en le traitant comme un fait divers ordinaire, cet acte constitue un développement extraordinaire. Il montre que plus personne n’est à l’abri, que certains groupes franchissent toutes les lignes rouges sans que personne ne leur demande de comptes et, plus grave encore, que les opposants syriens qui occupent le devant de la scène médiatique n’ont aucun pouvoir sur ceux qui tiennent le terrain. Si l’Occident n’est pas parvenu à obtenir la libération de deux évêques, quelles garanties peut-il encore fournir que les armes qu’il livre aux rebelles ne finiront pas entre les mains des coupeurs de têtes et autres barbares lâchés dans la nature… à deux pas de chez nous?


 Paul Khalifeh
   

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