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Nº 3101 du vendredi 3 mai 2019

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Livre (194)

Fondateur et président honoraire de H&C Leo Burnett, Farid Chehab publie un livre intitulé Un pont sur le XXIème siècle, dans lequel il s’interroge sur l’incidence de la technologie et du numérique sur les différentes générations. Par joëlle seif

Quel est le but de votre livre?
Depuis un certain temps, je m’interroge sur l’éducation de mon petit-fils qui a 1 an. Autour de moi, tout le monde affirme qu’il apprendra et s’adaptera comme nous au nouveau monde. Pourtant, les progrès technologiques du XXIème siècle vont plus vite que notre propension à nous adapter et ils causeront certainement des dommages collatéraux. C’est ainsi qu’est née en 2015 ma réflexion sur la manière d’aborder le XXIème siècle et ses changements. J’ai concocté pendant deux ans ce livre mais la naissance de mon petit-fils en a été le détonateur.

Comment affronter les nouveaux défis?
J’ai passé ces deux ans à lire tout ce qui a été écrit sur ce sujet. J’ai été inspiré par de nombreux auteurs, que je cite d’ailleurs dans mon livre, comme Yuval Noah Harari auteur de Homo Deus, Alain Minc, Thomas Friedman et bien d’autres. Tous parlent de la révolution numérique mais peu avancent des mesures à prendre immédiatement pour amener les nouvelles générations à mieux affronter les défis. Avec beaucoup d’humilité et de passion,
je propose des perspectives éducatives. Ceci implique un changement radical de la méthodologie suivie dans l’éducation. Il faut passer du mode apprendre au mode créer. Il ne faut pas arrêter d’apprendre mais il faut surtout apprendre à créer, ce qui n’est pas le cas de notre système académique. A partir du primaire, le jeu est interdit. Or il devient de plus en plus évident qu’apprendre à travers le jeu prépare le cerveau à créer.

Qu’en est-il de la résilience, des idées, valeurs et tolérance que vous évoquez?
Qui dit mental, dit résilience. Mais malheureusement notre siècle ne nous prépare pas suffisamment à celle-ci. L’éducation doit renforcer la résilience chez les jeunes. En outre, le numérique introduit une révolution de toutes nos valeurs. Beaucoup d’entre elles ne s’adaptent plus à la nouvelle ère. Certaines valeurs religieuses sont dépassées et mises au défi. Il y a une nouvelle philosophie à prendre en charge pour instiller aux nouvelles générations une nouvelle palette de valeurs
plus adaptée au XXIème siècle. Nous souffrons tous d’une intolérance généralisée. Nous devons apprendre aux générations futures l’esprit de tolérance. Dans la dernière partie de ce livre, il y a une ouverture vers le futur de la symbiose de l’intelligence artificielle avec l’intelligence organique.

A qui s’adresse ce livre?
Pour ne pas jouer au scientifique, comme je suis un publicitaire, j’ai parsemé ce livre d’anecdotes pour en rendre la lecture agréable. Je vulgarise ce que j’ai pu assimiler en y ajoutant mon grain de sel. Nous avons besoin de résilience, d’idées, de valeurs nouvelles et de tolérance pour survivre au XXIème siècle. Ce livre ouvre beaucoup de débats. Certains éducateurs pourront trouver un non-sens à ce que j’écris mais l’essentiel est d’éveiller notre conscience vers une urgence inéluctable.
Le Liban a toujours vécu grâce à la qualité de ses services. La réforme doit commencer chez nous. Celle-ci ne réclame aucune infrastructure. Mon ambition est de mobiliser les écoles et les universités afin d’amorcer ce changement.

Joëlle Seif

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Éditorial
Un budget en deçà des ambitions

Le projet de budget 2019 proposé par le ministre Ali Hassan Khalil prévoit une réduction du déficit à travers une compression des dépenses de l’Etat. Toutefois, les mesures envisagées semblent plus motivées par le souci de répondre aux attentes de la communauté internationale afin de débloquer les fonds de la conférence Paris IV que par une réelle volonté d’assainir sérieusement les finances publiques et de jeter les bases d’une réforme sur le long terme. Le texte initial examiné par le Conseil des ministres mardi, et qui sera revu à maintes reprises avant d’être voté par le Parlement, prévoit des dépenses de 26 031 milliards de livres et des recettes de 18 256 milliards, soit un déficit de 5 352 milliards de livres, ou 3,55 milliards de dollars. Conformément à ces chiffres, le déficit s’élèverait à 5,95% du Produit intérieur brut (PIB). Mais c’est sans compter les avances octroyées à l’Electricité du Liban (EDL) pour acheter le fuel, qui seraient de 1,13 milliard de dollars, ce qui signifie que le déficit réel avoisinerait les 8% du PIB. Cette tentative d’enjoliver les chiffres prouve que les préposés à la gestion des deniers publics n’ont pas rompu avec cette fâcheuse manie d’user de mesures cosmétiques pour maquiller la réalité. Mais ce n’est pas la seule tare du projet. Une première lecture montre que les autorités financières tablent plus sur une réduction des dépenses que sur une amélioration des recettes. La tentative de revoir à la baisse les gros budgets et de combattre le gaspillage est certes louable, elle semble cependant sinon arbitraire du moins sélective. Sur les 500 milliards de livres d’économies faites sur les fonds alloués à certains ministères et administrations, la moitié (252 milliards de L.L.) est supportée par le ministère de la Défense, qui voit son budget passer de 3 199 milliards à 2 946 milliards de livres. Le ministère de l’Intérieur, lui, est amputé de seulement 17 milliards de livres (1 652 au lieu de 1 670 milliards); celui du Travail de 24 milliards (365 au lieu de 389 milliards); les Travaux publics perdent 73,6 milliards (368 au lieu de 441 milliards) etc.D’autres ministères voient leurs budgets augmenter, comme celui de l’Energie et de l’Eau, qui passe de 328 milliards à 400 milliards de L.L.; celui des Affaires sociales s’élève à 340 milliards au lieu de 228 milliards. Le plus frappant est l’augmentation du budget de la présidence du Conseil (qui passe de 1 523 à 1 592 milliards de L.L.), alors que les fonds alloués à la présidence de la République et au Parlement baissent respectivement de 2,1 milliards et 5,6 milliards de livres. Cela montre que la «mentalité» des préposés à la gestion des finances publiques n’a pas changé sinon comment expliquer le fait que le Grand Sérail continue de gérer une multitude de caisses et de fonds pour lesquels sont alloués plus d’un milliard de dollars, sans véritable audit et sans qu’aucune coupe ne soit opérée dans ces généreux budgets.La principale augmentation des recettes proviendrait de la hausse de l’impôt sur les dépôts bancaires qui passerait de 7 à 10%, et qui drainerait plus de 900 milliards de livres. Sinon, il y a peu de mesures pour pénaliser ceux qui ont fait des centaines de millions de dollars dans l’illégalité, comme les empiètements sur le domaine public maritime: les exemptions douanières qui permettent aux institutions religieuses d’user et d’abuser de leurs privilèges en important des produits pour le compte de commerçants, qui le revendent sur le marché en faisant du dumping des prix etc…Et évidemment, il n’est nulle part question de récupérer ne serait-ce qu’une infime partie des milliards de dollars détournés ou volés par les pontes du système.  


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un baptême
L’Eglise «vit», en grande partie, grâce aux quêtes dominicales et aux donations. Il n’existe pas de tarification officielle pour l’organisation d’un baptême. Toutefois, certains frais peuvent être estimés. «Le baptême…

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