Mémoires d’écureuil de Lamia Charlebois. «Mon ouvrage ne relancera pas l’économie, mais adoucira le quotidien»
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Nº 2942 du vendredi 28 mars 2014

Mémoires d’écureuil de Lamia Charlebois. «Mon ouvrage ne relancera pas l’économie, mais adoucira le quotidien»

 
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Quelle énergie! Quelle fraîcheur dans ce recueil de statuts écrits initialement sur Facebook et rassemblés dans les pages de ce livre. Au lieu de plomber son entourage en énumérant la longue liste de ses épreuves, Lamia Charlebois l’enchante avec des idées, des jeux de mots, des poèmes «remixés» qui lui passent par la tête. Le résultat? Des petits textes à savourer… sans modération.
 

Les écureuils? Elle les observe de la fenêtre de son bureau. Ils ont l’air pris par des préoccupations mineures et il semble que leur cervelle n’accumule pas les soucis, d’où le titre de son premier recueil, Mémoires d’écureuil. Est-ce qu’elle désire, elle aussi, avoir une petite mémoire - même quand cette dernière se conjugue au pluriel - pour oublier les obstacles qui ont jalonné sa vie - guerre, exil, décès, divorce? Est-ce leur vitalité ancrée dans le moment présent sans souci du passé ni de l’avenir qui l’a séduite chez ces petits grignoteurs de noisettes? Cette femme au cœur grand comme le monde est un exemple de positivisme. Certes, des épreuves ont traversé son parcours, mais Lamia, elle, s’est opposée au découragement. Elle a pris le risque d’affronter l’imprévu et cette vie passionnante et passionnée transparaît dans chaque statut écrit. «L’amour, dit-elle, est une religion qui surpasse toutes les autres». Ce qui la pousse à avancer? Peut-être le désir de vivre le plus de choses possibles et de partager tous ces sentiments qui l’animent avec autrui. Elle est tout simplement comme ça. D’emblée ouverte et concernée par les autres. Il y a eu d’abord la Nouhad F. Ghantous Breast Cancer Foundation, organisme créé en 2000 en mémoire de Nouhad Ghantous − mère de l’auteure −, dans le but de fournir consultations médicales et traitements gratuits aux femmes démunies atteintes d’un cancer du sein, et résidant au Liban et ce, indépendamment de leur race, religion ou nationalité.
Il y a eu ensuite le groupe Libanais de Montréal-Sirop d’arabe, fondé en 2011, le plus grand rassemblement sur Facebook de Libanais à Montréal. Ce groupe est une plate-forme d’entraide, d’humour et d’amour pour vaincre la nostalgie du pays. «Montréal est notre ville adoptive. Notre sang est libanais, mais nous nous devons d’être heureux sur place!», dit-elle. C’est ainsi que, sur cette page, on trouve de bonnes adresses, des suggestions de sorties, les derniers clips sur le Web… Tout ce qui concerne un Libano-Montréalais. «C’était une utopie; je tenais à avoir un groupe apolitique, non religieux et qui n’a aucun but commercial ou agenda caché… Et c’est réussi!», ajoute-t-elle. «D’ailleurs, on me trouve louche tant c’est clean»!
Du sirop d’arabe? Certainement, un mélange de sucre et de «ater» coule dans ses veines. Même en vivant loin de son pays d’origine, elle en garde les valeurs et un énorme attachement. C’est la raison pour laquelle elle décide de lancer son ouvrage au Liban. Pourquoi Beyrouth? «Les Libanais de la diaspora sont plus attachés à leur pays que ceux qui y vivent. Nous sommes conscients du luxe de cet amour qui n’est pas mis en doute par les tracas et difficultés du quotidien au Liban. En revanche, je pense que la diaspora doit rentrer au pays pas seulement pour la famille et la tabboulé, mais aussi pour contribuer aux activités locales. J’essaie de faire ma part. Si Mémoires d’écureuil ne relancera pas l’économie locale (rires), il adoucira au moins le quotidien des miens, et cela me rend heureuse».
Même en vivant à l’étranger depuis vingt-huit ans, Lamia garde en elle ce que son pays d’origine lui a donné: l’efficacité, la chaleur humaine dans toute son intensité, les bonnes valeurs et bien sûr… l’humour. Un jour, peut-être, elle viendra s’installer de nouveau au Pays du Cèdre. D’ici là, ses statuts condensés dans Mémoires d’écureuil sont à lire et à relire.

Danièle Gerges

Bio en bref
Professionnelle des communications, 
journaliste, conférencière, ex-chroniqueuse à Radio-Canada et maintenant auteure, Lamia est libanaise de sang et de cœur, 
Québécoise de résidence, Canadienne d’esprit. Elle s’exprime avec franchise et intelligence, en quatre langues. Elle a vécu à Beyrouth, Québec, Ottawa, Toronto et Montréal, où elle réside actuellement avec sa fille. Elle a sa propre boîte de relations publiques et gère son groupe Libanais de Montréal - Sirop d’arabe. Connue pour sa plume, sa vivacité d’esprit et son humour, Lamia a récemment donné une conférence à TEDxMontrealWomen (sur 
YouTube) et apparaît très souvent dans les médias canadiens à la défense du Liban et de ses idéaux. Mémoires d’écureuil est son 
premier ouvrage paru aux éditions Noir sur Blanc. A la signature, pour chaque livre vendu, cinq dollars ont été remis à la Nouhad 
F. Ghantous Breast Cancer Foundation.

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Éditorial
Un monde décadent

Triste spectacle que celui qu’offraient les Arabes réunis au Koweït. Alors que la région bouillonne et que le monde, même occidental, souffre d’une crise économique et même sociale aiguë, le sommet qui réunissait les représentants des Etats arabes au Koweït sonne creux. Une fois de plus, il n’aura fait que confirmer les divergences qui opposent les pays de la région, divergences qu’ils ont tenté en vain de mettre en sourdine, faute de pouvoir les occulter. En quête de solutions à toutes ces crises, ils n’ont réussi qu’à confirmer, quasi officiellement, leurs faiblesses. Preuve de leur impuissance, la crise syrienne qui entre dans sa quatrième année, avec un bilan de milliers de morts et des millions de déplacés et de réfugiés, au milieu d’un silence assourdissant des dirigeants arabes impuissants à faire aboutir des négociations entre les rebelles et le régime syrien. Ils s’en sont remis au Conseil de sécurité après l’échec des rencontres de Genève et la navette du médiateur Lakhdar Brahimi. On a toujours dit que les Arabes étaient forts en engagements, mais incapables de les respecter. Ainsi, ils jurent, chose rare, d’une même voix, ne pas accepter de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif. Mais cela ne reste que de l’encre qui sèche sur le papier. Même si le sujet a été abordé au Koweït et, une fois de plus, confirmé. Les participants au sommet ont voulu donner le change et éviter de mettre en avant leurs profondes dissensions. Ils ont échoué là aussi car celles-ci sont apparues du fait que sur les vingt-deux membres de la Ligue, seuls treize chefs d’Etat ont répondu «présents» au Koweït. Les autres se sont fait représenter par leurs ministres des Affaires étrangères, refusant visiblement de se retrouver côte à côte avec des homologues que tout divise. Ainsi Riyad, les Emirats et Bahreïn sont à couteaux tirés avec Doha d’où ils ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en signe de protestation contre ce qu’ils qualifient d’ingérences du Qatar dans leurs affaires internes, mais aussi pour son soutien aux Frères musulmans que l’Egypte et l’Arabie inscrivent dans le registre des terroristes. Enfin, comme on pouvait s’y attendre après des débats profondément stériles, le communiqué final ne pouvait être que ce qu’il fut et, comme a titré un média européen, ce ne furent que des paroles, et encore des paroles. Les Etats membres de la Ligue rassemblés au Koweït, loin d’être unis, se sont contentés de vagues recommandations classiques sans contenu réel. Les dirigeants censés évoquer et dénoncer l’offensive israélienne sur Gaza, se sont, sans grande surprise et sans illusions, limités à rappeler des mesures que les économistes préconisent, depuis plus de trente ans et qui concernent, notamment, l’agriculture, l’eau, les réseaux routiers, des projets industriels dans la Bande… Autant de sujets que l’on ressasse à chaque sommet arabe et qui demeurent lettre morte. Ainsi vont les Arabes qui, outre leurs antagonismes irrémédiables, souffrent d’un laxisme à toute épreuve. Il faut cependant relever la seule décision concrète votée par les participants au sommet du Koweït: la mise en place d’un fonds doté de deux milliards de dollars destinés à financer les petites et moyennes entreprises. «Une goutte d’eau dans un océan», commente un observateur. Au milieu de ce sombre tableau, le Liban, par la voix de son président, a évoqué son dilemme et ses difficultés à continuer à accorder un abri aux Palestiniens chassés de leurs terres depuis 1948 et rejoints, il y a déjà quatre ans, par des Syriens fuyant les combats particulièrement meurtriers de leur pays. Promesse d’aide lui a été faite. Reste à la remplir. Le Liban, comme chacun le sait et le dit depuis la nuit des temps, est pauvre en ressources naturelles, et riche en ressources humaines. Hélas nos cerveaux sont allés, à leur corps défendant, servir les pays arabes si riches en pétrole et si pauvres en compétences. Le monde est vraiment mal fait, on s’en rend compte malheureusement à travers toute la planète où les peuples de toutes origines connaissent une sorte de décadence, même si elle est particulièrement éclatante dans les pays auxquels nous appartenons.


 Mouna Béchara
   

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L’incidence des maladies allergiques est en constante augmentation. La pollution figure en bonne place dans les explications pour la flambée…

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