La vie continue, de Melhem M. Karam. «La foi, face aux malheurs»
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Nº 2853 du vendredi 13 juillet 2012

La vie continue, de Melhem M. Karam. «La foi, face aux malheurs»

 
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    La vie continue, de Melhem M. Karam. «La foi, face aux malheurs»
    Avocat de formation, Melhem M. Karam est l’auteur d’un premier roman d’amour intitulé La vie continue. Le livre vient de paraître dans sa deuxième édition après avoir rencontré un vif...
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Avocat de formation, Melhem M. Karam est l’auteur d’un premier roman d’amour intitulé La vie continue. Le livre vient de paraître dans sa deuxième édition après avoir rencontré un vif succès lors d’une première édition. Magazine a rencontré l’auteur.

La vie continue. De quoi s’agit-il exactement?
C’est une histoire d’amour entre un homme à une femme qui finiront par se marier. Le couple aura une fille unique qui, malheureusement, aura un problème de santé. Elle naîtra avec une malformation cardiaque et mourra jeune, à l’âge de 14 ans. La mère va plonger dans un immense chagrin étant de nature émotive et sentimentale. Car nous savons généralement que le cœur d’une mère est le plus fragile et le dernier à oublier. On ne peut pas oublier un tel malheur, mais on peut y faire face grâce à la foi. Le mystère de la force de cette mère sera uniquement la foi. La mère s’est convaincue finalement qu’elle doit accepter son destin qui n’est que la volonté divine.

A qui s’adresse ce roman?
Mon roman s’adresse à toute la famille, mais particulièrement aux jeunes adolescents qui doivent retrouver la foi pour dépasser les chagrins et les malheurs de la vie. Le principal message du roman est que la foi nous aide à dépasser nos malheurs. Celui qui possède la foi ne devrait jamais désespérer, même devant les chocs les plus durs et les plus inattendus, car la personne croyante doit toujours attendre le meilleur et le plus beau. Nous pouvons rencontrer des malheurs à n’importe quel moment. Et sans la foi, nous ne pouvons pas être plus forts et faire face à nos malheurs. Malheureusement, la grande majorité des jeunes d’aujourd’hui n’ont pas la foi nécessaire pour faire face aux coups durs de la vie.

Pourquoi une deuxième édition du roman?
La première édition du roman s’est vendue à près de 1500 exemplaires et le lot s’est épuisé rapidement. J’ai voulu alors renouveler l’expérience et lancer une deuxième édition à la fin de 2011, pour répondre aux demandes des lecteurs qui n’ont pas eu l’occasion de lire le premier livre. Mon roman comporte un message important pour les jeunes adolescents et ce message était ma seule motivation à écrire.

Est-ce un livre autobiographique?
On me pose souvent cette question. Mon roman est de la pure fiction. Ce ne sont pas des faits réels que j’ai vécus personnellement, bien que c’est une histoire vraisemblable et qui peut arriver à chacun de nous à n’importe quel moment. Les malheurs peuvent toucher tout le monde et font partie de notre vie quotidienne. 

Vous insistez dans votre roman sur la morale…
La morale est une condition inéluctable pour la façon de penser, de vivre ou de se comporter. Nous ne pouvons pas vivre sans la morale. Et surtout la morale chrétienne. La religion chrétienne est si belle. Nous sommes en train de perdre la morale chrétienne qui est très belle. De nos jours, les jeunes sont éduqués d’une façon différente de la nôtre. Les habitudes, la façon de penser et les mœurs ont beaucoup changé. On assiste à une décadence des mœurs. L’autorité parentale est absente. L’adolescent se prend pour un adulte. Ce phénomène est universel. Il se retrouve dans la majorité des familles. Cela est probablement dû à la guerre du Liban où les gens avaient une autre préoccupation.

Un dernier message?
Il faut que les jeunes retrouvent un intérêt pour la lecture.  De nos jours, les jeunes n’ont pas la patience de lire un livre. La majorité des jeunes Libanais n’ont malheureusement ni l’envie ni l’habitude de lire un livre alors que la lecture comporte de nombreux avantages. Elle nourrit l’esprit, éduque l’âme et élargit nos connaissances. Le style de mon roman est simple, direct et accessible aux jeunes.

Propos recueillis par NADA JUREIDINI

 

 

L’auteur en bref
Juriste et avocat à la Cour, Melhem M. Karam a à son actif plusieurs ouvrages de droit dont l’un, Les lacunes du droit, a obtenu le prix Saïd Akl. Avec La vie continue, il signe son premier roman en langue française.

 

 

 

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Éditorial
Faites taire le cheikh Ahmad el-Assir

Le cheikh Ahmad el-Assir est aujourd’hui le salafiste le plus médiatisé. Son côté folklorique et son discours peuvent plaire. Il appelle à la primauté des institutions étatiques. Sur les armes du Hezbollah, il hausse le ton pour satisfaire les ultras qui reprochent au 14 mars un manque de courage à ce sujet. Il ne demande pas qu’on protège les chrétiens, il sollicite leur protection! Mais le discours est une chose et la réalité en est une autre. Le cheikh Assir se réclame de la tendance salafiste et de son plus grand théoricien Ibn Taymiya. Comment celui-ci s’adresse-t-il aux trois grandes communautés libanaises, les sunnites, les chrétiens et les chiites? Dans son ouvrage al-Wassatia, il prête au Prophète un rôle de législateur dont les travaux ont été complétés par les écoles juridiques. Il demande une application à la lettre de la Charia et une contrainte des mauvais musulmans, sunnites inclus, à appliquer rigoureusement une vision austère de l’islam, sous peine de coercition et même d’élimination physique. Les salafistes extrémistes irakiens ont tué, sans distinction, autant de sunnites que de chiites. Les chiites, eux, n’ont eu droit à aucune considération. Je rappelle qu’au XIIIe siècle, quand les mamelouks déferlèrent sur le Kesrouan pour y massacrer et chasser les chiites, c’est sous l’autorité d’une fatwa d’Ibn Taymiya. Selon sa théorie d’al-Wala’wal-Barra’, il demande de couper tout lien avec les chrétiens et d’être intransigeant à leur égard. Il va à l’encontre de la tradition de tolérance de l’islam qui avait vu, à l’époque des conquêtes arabes, les chrétiens en conflit avec Constantinople, soulagés d’être débarrassés de son joug et trouver leur compte sous le règne des musulmans. On a même vu, lors de la recon-quête de l’Espagne par Isabelle la Catholique, les juifs se réfugier en terre d’islam pour fuir les persécutions. Mais si cette forme de tolérance du Moyen Age n’est plus acceptable aujourd’hui, que serait-ce alors de la position d’Ibn Taymiya. Or, le cheikh Ahmad el-Assir n’a jamais, à ce jour, renié son mentor. Il ne faut pas se méprendre sur l’ampleur de ce phénomène. Quel que soit son pouvoir de nuisance, il restera limité, tant les extrémistes salafistes sont incapables de se regrouper sous une même autorité. Dans leur interprétation rigoureuse du texte, ils sont réfractaires à toute organisation cléricale hiérarchisée. Ils ne reconnaissent que l’autorité d’un calife dont le rôle principal est de permettre aux musulmans de pratiquer leurs devoirs cultuels. Ce calife doit être élu par l’ensemble de la Umma et reste sous la surveillance rigoureuse des hommes de religion. C’est dire combien cette forme de pouvoir est utopique et combien resteront nombreux et divisés les émirs salafistes. Mais le pouvoir de nuisance du cheikh Ahmad el-Assir n’en reste pas moins une réalité. Il suffit de l’écouter s’adresser aux chefs du tandem chiite. Il les insulte et traite de «cochon» un officier de l’armée qui ne lui est pas favorable. Ce n’est pas tant l’insulte qui est préjudiciable que son intention de «déshumaniser» ses adversaires. On se donne bonne conscience pour les éliminer. C’est ainsi qu’ont été traités les juifs avant le génocide et que les Israéliens se comportent avec les Palestiniens pour justifier la colonisation de leur terre; que les Hutus ont qualifié d’animaux à travers la radio des «mille collines» les Tutsi avant de les massacrer. C’est ainsi que le cheikh Ahmad el-Assir dédouane dès maintenant tout acte violent à l’égard de ceux à qui il s’adresse avec haine. Son public étant ce qu’il est, il ne faudra pas s’étonner de le voir un jour passer à l’acte. Phénomène spontané ou monté de toutes pièces, le cheikh Ahmad el-Assir n’en reste pas moins le révélateur d’un profond malaise. C’est à ce jour, l’expression la plus radicale face à la menace, au mépris et au doigt menaçant que brandit le Hezbollah, dès qu’il s’agit de ses armes. Chaque fois qu’on lui rappelle que ces armes doivent être entre les mains de l’Etat, condition indispensable pour bâtir un Etat moderne, il répond au mieux par l’indifférence, au pire il accuse ceux qui s’adressent à lui de traîtrise. Cela ne peut plus durer, nous sommes au bord de la rupture. Que le Hezbollah fasse un choix, sinon Ahmad el-Assir deviendra bientôt un héros, ou plutôt un antihéros, tant lui et ses clones au Liban-Nord provoqueront la violence.


 Amine Issa
   

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