Jain en concert. Positive attitude à Baalbeck
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Nº 3103 du vendredi 5 juillet 2019

Jain en concert. Positive attitude à Baalbeck

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    Jain en concert. Positive attitude à Baalbeck
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Inconnue de la scène musicale il y a encore cinq ans, Jain a su, en à peine deux albums pop tissés de sonorités africaines ou orientales, conquérir les cœurs dans le monde entier. Rendez-vous est pris le 1er août prochain, sur la scène du festival de Baalbeck, pour un concert qui s’annonce explosif.

Toulousaine d’origine et infatigable globe-trotteuse. Jain, alias Jeanne dans la vie civile, clôturera fin août un cycle de plus de
320 concerts à travers le monde. Une tournée éreintante, certes, mais enrichissante sur tous les plans pour la jeune femme, qui était encore une inconnue de la scène musicale il y a encore quelques années. En à peine deux albums, Jain, tout juste 27 ans, a enchaîné les succès, les concerts et les récompenses. Elle est aussi sans doute l’une des rares artistes françaises à tourner tant aux Etats-Unis — elle a joué au très branché festival de Coachella — qu’au Brésil et en Europe. Avec une musique qui, elle l’espère, «permet de réunir des gens de différentes cultures». «Je me nourris de différentes influences. La musique a ce pouvoir-là de rassembler les gens, comme le sport, et je trouve cela très intéressant d’essayer de réunir les gens malgré les différences de culture», confie-t-elle lors d’une interview par téléphone à Magazine, alors qu’elle se trouve à Nice pour une émission de télévision. «A Baalbeck, et partout où je me produis, c’est un message de paix et d’unité que j’ai envie de faire passer. C’est ce qui me touche et m’inspire le plus en fait». Véritable ovni de la scène pop, Jain a su séduire un large public — de 4 à 50 ans, dit-elle — sans doute grâce à un habile mélange d’influences musicales tirées tant de ses années passées à Abou Dhabi, Dubaï, qu’au Congo.
De son adolescence à Pointe-Noire, où elle s’installe à l’âge de 13 ans avec ses parents, la jeune femme écrit les textes et mixe les musiques qui feront le succès de son premier album, Xanaka. «La musique était toujours joyeuse, avec des rythmes hyper sucrés, même quand il s’agit de raconter des chagrins d’amour. J’avais envie de retrouver ça.» De premiers titres écrits alors qu’elle avait à peine 16 ans et qui verront le jour six ans plus tard, dans cet album. Avec un succès quasi-immédiat à la clé. Son entêtant et surprenant Makeba, aux rythmes africains, résonne encore dans toutes les têtes, alors qu’elle se présente au public dans une robe noire au col Claudine très sage. Quelques mois après sa sortie, son premier album fait un tabac. Venue de nulle part, Jain séduit. Ses chansons, très rythmées, très «positive attitude», parlent à tous. Le choix de son nom de scène aussi, est très significatif de ce qu’elle est. «Jain, c’est une religion indienne pacifiste, l’une des plus vieilles du monde», explique-t-elle. «Quand je cherchais un nom de scène pour me protéger un peu, je suis tombée sur une très belle phrase: ‘Ne sois pas déçu si tu perds et ne deviens pas fier si tu gagnes’. «Je trouve que dans le monde de la musique, c’est quelque chose dont il faut se rappeler».

UNE BULLE D’UTOPIE
Jain s’avoue avoir été «hyper surprise» du succès. «Je pensais être dans une sorte de niche musicale, car je mixe plein de sons différents, je ne pensais pas qu’autant de gens allaient l’écouter, car ce n’est pas de la pop classique». Effectivement, la jeune femme crée son propre univers, résolument optimiste, «une bulle d’utopie parfois, qui me permet de me réfugier et de me consoler de quelque chose», confie-t-elle. Armée de punchlines simples mais efficaces, balancées avec son anglais qu’elle qualifie de «débrouillard», cette compositrice interprète livre des chansons festives, positives, qui lui ressemblent. Le succès ne lui est pas monté à la tête. Malgré son jeune âge, Jain garde les pieds sur terre, sans doute le fruit de ses expériences passées à l’étranger. Passée de Dubaï, où dit-elle, « la richesse est quand même hyper démonstrative», au Congo, la jeune femme avoue s’être «pris l’une des plus grosses claques de (sa) vie, je me suis aperçue que le monde n’était pas comme ça partout».
Pour son deuxième album, Souldier, dont elle écrit et compose les titres seule, à bord du bus qui la conduit de concert en concert, la dynamique brunette décide d’insérer d’autres influences musicales, issues de cet Orient qu’elle a côtoyé lors d’une des expatriations de sa famille. Elle confie avoir «envie de parler davantage de qui j’étais, donc j’ai mis plus de choses, avec des clins d’œil à la musique orientale, congolaise, au hip-hop, aux rythmes jamaïcains, à la chanson française aussi».

FAYROUZ EN EMBUSCADE
«On a déménagé à Dubaï quand j’avais dix ans. En France, je faisais de la batterie, là-bas, j’ai continué avec les percussions et appris à jouer de la derbouka», raconte-t-elle. «Mon professeur m’a fait découvrir la musique orientale et libanaise, dont Fayrouz que j’ai adorée». Dans sa playlist, Jain compte Dar eddouri addayer de Wadih el-Safi, Frasha w Zahra de Zaki Nassif, Baddak malyoun seneh de Melhem Barakat ou encore Oudak Rannan de Fayrouz. Sur son album Souldier, elle s’amuse donc avec les sons et les influences et insère des sonorités toutes orientales, comme dans le titre Abou Dhabi. De son expérience dans les Emirats, puisqu’elle effectue aussi son année de Terminale à Abou Dhabi, Jain garde d’excellents souvenirs. «Ce que j’ai préféré, c’était découvrir la culture musulmane que je ne connaissais pas du tout. Musicalement aussi, j’ai beaucoup appris». «Je suis très contente de venir enfin au Liban, car j’avais beaucoup d’amis libanais à Dubaï et Abou Dhabi.» Pour son premier passage à Baalbeck, elle a «envie que les gens passent vraiment un bon moment donc d’essayer d’être le plus en forme possible». Son escale libanaise sera courte : «On repart le lendemain du concert, il faut que je me débrouille pour revenir», lance-t-elle. Seule sur scène, la jeune femme, un peu timide dans la vie, se transforme en véritable show-woman armée de son looper pour envoyer sons et basses. Elle devrait enflammer la scène de Baalbeck.

Jenny Saleh

 

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Éditorial
Le facteur temps est décisif

Les ministres rencontrés ou interviewés par Magazine ces dernières semaines, toutes tendances confondues, soulignent le «sens des responsabilités» des représentants de tous les partis au gouvernement et le «sérieux» avec lequel ils abordent les dossiers économiques, financiers et politiques. Ils jettent un regard plutôt positif sur la qualité des débats en Conseil des ministres, même si certains déplorent le temps parfois excessif passé sur des dossiers qui auraient pu être tranchés plus rapidement.Or le temps est, aujourd’hui, un facteur déterminant dans la dynamique de maîtrise de la crise que le gouvernement se promet d’enclencher. Chaque jour qui passe est un jour de perdu. Chaque jour qui passe éloigne davantage le gouvernement des objectifs qu’il s’est fixés au niveau de la réduction du déficit budgétaire. Chaque jour qui passe voit le service de la dette gonfler et le sauvetage de plus en plus périlleux.Cette constatation n’est pas nouvelle mais on ne la rappellera jamais assez. On ne la martèlera jamais assez. C’est parce qu’ils n’ont pas conscience du facteur temps que les responsables ont mené le pays là où il est aujourd’hui, au bord du gouffre. Le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité, adopté en avril dernier, est pratiquement le même que celui qui avait été préparé il y a 9 ans. Les tiraillements et les surenchères politiques avaient empêché sa mise en œuvre. Si ce vaste chantier avait été lancé à l’époque, les milliards de dollars engloutis par l’EDL, qui constituent tous les ans une moyenne de 11% du budget, auraient pu être économisés et le Liban ne serait pas dans la situation délicate qui est la sienne en ce moment. Cet exemple d’incurie des pouvoirs publics peut être multiplié à volonté dans divers secteurs.Le temps n’est plus un luxe que les dirigeants peuvent se payer avec l’argent du contribuable. L’examen du budget par la Commission parlementaire des Finances et du Budget a trop traîné, ce qui est inexplicable, car la composition politique de cette instance est presque similaire à celle du gouvernement, qui a déjà amplement pris son temps pour approuver le projet de loi de Finances au bout de 21 séances marathons. Soit les partis sont atteints de schizophrénie et adoptent une chose en Conseil des ministres puis son contraire en Commission; soit ils sont incapables de tenir leurs troupes et certains députés s’ingénient à défaire ce que leurs camarades ont approuvé au gouvernement; soit les partis tiennent un double langage et, de ce fait, sont moins «responsables» qu’ils n’en donnent l’impression. Cette dernière option nous semble la plus plausible.Pour la démentir, le gouvernement doit montrer son sérieux et sa détermination à aller de l’avant en préparant et en envoyant au Parlement le projet de budget 2020 d’ici la mi-octobre au plus tard, comme le stipule la Constitution. Sinon, le sauvetage relèvera des missions impossibles.     


 Paul Khalifeh
   

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