Zaman d’Oumeima el-Khalil. Un moment hors du temps
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Nº 2896 du vendredi 10 mai 2013

Zaman d’Oumeima el-Khalil. Un moment hors du temps

 
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    Zaman d’Oumeima el-Khalil. Un moment hors du temps
    Après son dernier album, Ya, sorti en 2011, la chanteuse libanaise Oumeima el-Khalil sort Zaman. Voix pure et cristalline, compositions audacieuses, textes engagés. Zaman ouvre un vaste champ de possibles. Un...
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Après son dernier album, Ya, sorti en 2011, la chanteuse libanaise Oumeima el-Khalil sort Zaman. Voix pure et cristalline, compositions audacieuses, textes engagés. Zaman ouvre un vaste champ de possibles.

Un chœur de voix masculines qui scande «Zaman, ya zaman, ya zaman, ya zaman». Le rythme éclate. Un rythme populaire, entraînant, presque dansant. Et voilà qu’Oumeima el-Khalil fait entendre sa voix, un brin sarcastique, un brin critique, toujours pure, tellement pure. Tabaa el-wosta, un titre à la portée sociale, qui peut sembler au premier abord trancher par rapport au répertoire auquel nous a habitués Oumeima el-Khalil, elle qui, dès son plus jeune âge, a accompagné Marcel Khalifeh. Une première chanson autour de cette classe sociale moyenne aujourd’hui disparue, une première chanson dans l’air du temps, moderne, contemporaine, tout en réserve pourtant, en retenue, en élégance. Avant d’enchaîner par une deuxième piste, Niyalak, un nouvel engagement, politique cette fois-ci, puis national, puis régional, révolutionnaire, rebelle. «Nos cartes géographiques changent chaque jour/ Et les frontières sont du sang». Et d’un coup, nous voilà sur des rives romantiques, au détour de l’histoire entre Bint w Sabi, où s’entremêlent le son du muezzin et celui des cloches, où s’entrecroisent espoir et oppression.
Oscillant entre mélancolie, romantisme, engagement, sensation et émotion, Zaman déploie ses neuf pistes portées par la voix d’Oumeima el-Khalil. Neuf pistes qui lui permettent de déployer la versatilité de sa voix aux mille et une intonations, tellement subtiles, tellement identitaires, tellement suggestives. Un album à écouter de préférence, peut-être, les écouteurs dans les oreilles, pour rester attentif au moindre détail, musical, vocal, rythmique, mélodique. Pour saisir et s’imprégner, jusqu’au tressaillement physique, de la moindre modulation du timbre épuré d’Oumeima el-Khalil. Et l’auditeur se laisse emporter à chaque fois dans un univers différent, toujours prêt à se laisser surprendre par le tournant que prend chaque titre.

Ecrin parfait
C’est peut-être en cela que réside la force de ce nouvel opus d’Oumeima el-Khalil, en ses multiples voyages au détour desquels elle emmène l’auditeur, à travers la voix, mais aussi la musique. C’est que les compositions et les arrangements jonglent avec les sons, les sonorités, les traditions, la modernité, les mélodies, tantôt se jouant d’une modernité technologique, tantôt du caractère plus traditionnel du répertoire oriental, en toute harmonie, sans jamais tomber dans la gratuité ou l’excès. Ecrin parfait pour la sensibilité épurée d’Oumeima el-Khalil, à l’instar du poignant titre Leh (Revisited), sur un texte de Yousri el-Fakhrani.
Oumeima el-Khalil s’est entourée sur cet album d’une très solide équipe de compositeurs, d’auteurs et de musiciens. Hani Siblini est essentiellement derrière la composition d’un grand nombre de chansons, partageant cette tâche avec Abboud Saadi sur Niyalak, Basel Rajoub sur Thilalouna et Issam Hajj Ali sur Fi Akher al ashya. Quant aux textes, ils sont signés Abido Bacha, Mohammad el-Abdallah, Germanos Germanos, Hani Nadim, Zahi Wehbé et Mahmoud Darwich.
Zaman donne l’impression à l’auditeur de surfer sur un terrain connu de la musique orientale, et pourtant, il lui ouvre les portes d’un nouvel univers, sensuel et romantique, engagé et éthéré, étrange et familier tout à la fois. L’album instaure un nouveau mode musical, un nouveau monde, entre l’ici et l’ailleurs, un nouveau Zaman, l’espace d’un temps suspendu. Celui d’Oumeima el-Khalil.

Nayla Rached
 

Entourée de musiciens
Oumeima el-Khalil a été secondée sur Zaman par un très grand nombre de musiciens de renom sur la scène locale, tels Raed el-Khazen (guitare), Fouad Afra (batterie), Basel Rajoub (saxophone), Toni Khalifé (violon), Samir Siblini (ney), Feras Shahrstan et Iman Homsi (qanun), Hussein Khalil (oud), Sary Khalifé (violoncelle), Jeremy Chapman (flûte), Ali el-Khatib (req). Et d’autres musiciens également sur certains titres, à l’instar de Makram Aboul Hosn, Tony Anka, Salman Baalbaki et Hani Siblini.



 

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Éditorial
Il ne reste que le rêve… et encore!

Alors que les magouilles gangrènent les institutions du pays, que le chômage bat son plein et que les citoyens, livrés à la loi de la jungle, souffrent d’une absence totale de protection, le Liban perd au fil des ans l’énergie de sa jeunesse. Jamais mieux qu’aujourd’hui, ne s’est appliquée au Liban, la célèbre formule de Georges Clemenceau: «Le pouvoir est tombé si bas qu’il faut se baisser pour le ramasser». Il fut une époque, très courte aux yeux de l’Histoire, où la jeunesse du pays, formée dans les grandes universités, que tous nos voisins nous envient, ne rêvait que de servir et de promouvoir le Liban, modèle de modernité, de démocratie et de liberté, pas seulement dans la région. Qu’en reste-t-il? Un pays qui s’apprête, quelque trente ans après la fin de la guerre civile pour les uns, et la guerre des autres pour certains, à rééditer la dramatique expérience. S’impliquer dans la crise syrienne, et encore plus dans son conflit probable avec Israël, est-ce dans nos cordes? En a-t-on les moyens? Au milieu de ce sombre tableau, nos universitaires, quelle que soit leur formation, privent, à leur corps défendant, le pays de leur savoir-faire et s’exilent vers des horizons plus cléments. Pendant que le Liban se vide de son sang jeune et de ses forces vives, ses dirigeants se disputent un siège place de l’Etoile ou un fauteuil confortable au Sérail. La question que les citoyens, ignorés par leurs représentants tant que les élections ne se dessinent pas à l’horizon, est celle de savoir à quoi sert un gouvernement dont l’inexistence passe pratiquement inaperçue ou ce Parlement, dont les réunions se font extrêmement rares, alors que ses tiroirs craquent sous les liasses de documents, jaunis à force d’attendre et très probablement devenus caducs. Dans cet abîme constitutionnel, où seuls les échos sifflent, les affaires aventureuses se multiplient. La dernière en date est celle du bateau promis à grands coups de déclarations outrageusement optimistes, après quelques décennies de rationnement électrique et même d’obscurité totale dans certaines régions oubliées. Lancée officiellement, par une publicité tapageuse et des panneaux prometteurs, la «barque turque», Fatmagül Sultan, nous promettait, «immense performance», deux heures de courant de plus dans tout le pays. Mais elle vécut ce que vivent les roses laissant derrière elle des relents sulfureux de négligence ou de scandale… l’avenir le dira peut-être. Plus de vingt ans se sont écoulés depuis que les armes se sont tues dans le pays, mais la lumière des bougies, qui n’ont rien des romantiques chandelles, n’a toujours pas disparu dans de très nombreux foyers. En parallèle, les tours luxueuses jalonnent les rues et montent toujours plus haut, les boutiques offrant les collections les plus huppées remplissent les quartiers et les restaurants aux menus gastronomiques par excellence, pullulent pour le plaisir d’une minorité nantie. Mais tout cela paraît factice et, pour une affaire qui connaît le succès, combien ne sont-elles pas forcées de baisser leur rideau aussitôt levé. Le chaos que connaît le Liban, depuis si longtemps, fait la richesse d’autres pays de la région. La Syrie, elle, avait connu ses beaux jours et son développement dès les premières années de notre guerre. Elle n’a pas su, elle non plus, sauvegarder ses acquis. Il n’en reste pas moins que le Libanais, optimiste invétéré, retrouve son rêve au moindre signe de détente. Ainsi, nous avons assisté aux retrouvailles des «cousins ennemis»: Sleiman Frangié à Bikfaya à l’invitation de Sami Gemayel, le Courant patriotique libre, représenté par le ministre démissionnaire Gebran Bassil, prendre la route de Maarab et les émissaires de Walid Joumblatt chez Nabih Berry, comme l’ancien vice-président de la Chambre à Aïn el Tiné. Le tout ponctué de quelques informations, diffusées sans, peut-être, beaucoup de conviction, annonçant un gouvernement dans les prochains jours… Et voilà que l’espoir renaît, que la vie s’annonce plus belle, à la lueur de la détermination affirmée du Premier ministre désigné et du président de la République. Il n’en reste pas moins que les jeunes exilés, partis vers d’autres horizons donner la preuve de leurs capacités et de leurs compétences, ne sont pas encore près de rentrer au bercail.


 Mouna Béchara
   

Santé

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