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Nº 3079 du vendredi 7 juillet 2017

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Is this the life we really want?
Roger Waters

Dans les bacs depuis le 19 mai, le nouvel album solo de Roger Waters, bien des années plus tard après Amused to death en 1992, risque bien de marquer l’année musicale 2017. Produit par Nigel Godrich (Radiohead, Paul McCartney, Beck, U2…), Is this the life we really want? est un «commentaire inébranlable sur le monde moderne et les temps incertains». L’album comprend douze nouvelles compositions et performances en studio du cofondateur de Pink Floyd. A noter que les paroles de la chanson Wait for her sont inspirées d’une traduction du célèbre poème de Mahmoud Darwish (Darsson min kamasutra).

 

 




Infinite
Deep Purple

Depuis des mois, sur le Net, teaser après teaser, le groupe britannique mythique Deep Purple, considéré comme l’un des fondateurs du hard-rock, entretient le suspense et l’excitation relatif à 20e album studio, Infinite, quatre ans après Now What!?, du même producteur Bob Ezrin (Lou Reed, Alice Cooper, Kiss, Pink Floyd...). Comme pour marquer les 50 ans de carrière du groupe l’année prochaine, la sortie de l’album sera accompagnée d’une tournée intitulée The long goodbye. L’annonce d’un adieu? En attendant, plongée de plain-pied au cœur de cet opus tant attendu, de Time for Bedlam à Roadhouse Blues...
 

 

 



Toorab
Jean Madani

Le bassiste, producteur et compositeur libanais Jean Madani a sorti son premier album, Toorab, pour lequel il s'est produit au théâtre al-Madina. Il s’entoure, sur scène et en studio, des talents de musiciens reconnus sur la scène locale, à l’instar de Ziyad Sahhab (oud), Arthur Satyan (claviers), Fouad Afra (batterie), Khaled Yassine et Ghassan Bouz (percussions), Ramzi Ramman (guitare), Martin Loyato (bugle) et Naim Asmar au chant. Un album constitué de fusion de musique du monde, de musique soufi et d’influences jazz. Toorab est un appel au retour vers soi, une invitation à entrecroiser les sensations.
 

 



Where butterflies rest
Gionx

Sous ce pseudonyme, Gionx, le batteur, compositeur et co-producteur Gio Najarian s’associe à une pléthore de musiciens et interprètes locaux pour présenter ce
premier album, Where Butterflies rest. Pop, R’n’B, hip hop, au fil des huit pistes qui composent l’opus, s’entremêlent les voix et les talents de plusieurs artistes locaux, comme Charbel Nacouz, Shant Bajac, Omar Harb, Double A The Preacherman, Chyno, Boudy Boustany, May Obeid, Cinda Ramseur... Un album qui invite à une écoute à la fois facile et attentive, un éclectisme assez nouveau dans le paysage musical libanais.

 

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Éditorial
Confiance déficitaire

Face aux immenses défis, notamment économiques, auxquels le Liban est confronté, les hommes politiques font figure de nains essayant, comme Atlas, de soulever sur leurs épaules la voûte céleste. Le temps précieux perdu en verbiage et en fanfaronnades autour de la loi électorale aurait pu être investi dans une profonde réflexion pour imaginer des idées, élaborer des plans et trouver des ressources permettant à l’économie de se redresser. Au lieu de cela, la classe politique a dilapidé, à coups de polémiques inutiles et de chamailleries stériles, une grande partie du capital-confiance du nouveau mandat, clé de voûte de tout projet d’avenir.De fausses batailles sont menées au nom de la défense du destin du Liban, qui résiderait, à en croire certains hommes politiques, dans le code-barre d’une carte magnétique. Pendant ce temps, la dette publique continue de gonfler et les capacités de l’Etat à trouver des ressources pour son financement deviennent de plus en plus aléatoires. L’ingénierie financière imaginée il y a presque un an par le gouverneur de la BDL serait à bout de souffle. C’est l’Association des banques du Liban (ABL) qui l’annonce, dans son rapport annuel. L’ABL exprime sa crainte de voir les dépôts, attirés l’année dernière par le montage de Riad Salamé, refaire le chemin inverse.Cette mise en garde illustre une inquiétude à peine voilée de la part des banques de ne pas voir affluer au Liban, en 2017 et 2018, des capitaux en quantités suffisantes pour couvrir les besoins de l’Etat libanais en financement, et du secteur privé en investissements. L’incertitude est alimentée par des facteurs régionaux, nés de la profonde division qui a frappé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) après le bras de fer entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis d’un côté, le Qatar de l’autre. L’absence de perspectives positives concernant une remontée du prix du pétrole n’améliore pas la situation. Les émigrés, qui ont longtemps contribué généreusement aux transferts de capitaux vers la mère-patrie, sont contraints de se serrer la ceinture à cause de ces fâcheux développements. D’ailleurs, un début de mouvement de retour des familles de travailleurs libanais du Golfe, dissuadés par la cherté de vie, est enregistré.Le moins que l’on puisse dire est que la conjoncture n’est pas favorable au Liban. Il y a certes des éléments positifs, comme le redémarrage du tourisme après cinq années de recul. Cela reste toutefois insuffisant pour relancer des pans entiers de l’économie.Une meilleure gouvernance, la lutte contre la corruption, l’amorce de réformes et le début de l’exploitation des ressources en hydrocarbures auraient pu apporter, partiellement, des solutions de rechange. Mais ce ne sont pas des hommes politiques comateux ou qui jouent aux Don Quichotte qui seront capables de le faire.


 Paul Khalifeh
   

LES CHIFFRES

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