Albert Tawil. Un artiste qui n’a pas froid aux yeux
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Albert Tawil. Un artiste qui n’a pas froid aux yeux

 
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    Albert Tawil. Un artiste qui n’a pas froid aux yeux
    Musicien éclectique, auteur, compositeur, Albert Tawil est un artiste qui n’a pas peur de mélanger les styles musicaux. Fils de la célèbre cantatrice libanaise Rima Tawil, il s’est rendu célèbre...
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Musicien éclectique, auteur, compositeur, Albert Tawil est un artiste qui n’a pas peur de mélanger les styles musicaux. Fils de la célèbre cantatrice libanaise Rima Tawil, il s’est rendu célèbre sur la Toile par une ré-interprétation d’une chanson du rappeur Booba. Magazine l’a rencontré à Paris, à l’issue d’un concert de Rima Tawil, salle Gaveau.

Comment tout a commencé pour vous dans la musique?
J’ai toujours baigné dans la musique, avec ma mère soprano et mon père, très mélomane. A l’âge de cinq ans, mon père m’a acheté un disque du Concerto pour violon en sol majeur de Mozart et depuis ce jour-là, je pleurais sous la table en criant vouloir jouer du violon. L’année d’après, j’étais inscrit au conservatoire.

 

D’où tirez-vous votre inspiration?
Je tire mon inspiration de tout ce qui m’entoure. Mes expériences, mes parents, mes amis, les artistes que je suis, les gens dans le métro, les endroits du monde que je visite etc. Tout ce qui peut me faire réfléchir.

Quel lien entretenez-vous avec le Liban? Est-ce une source d’inspiration pour votre musique?
Je suis extrêmement fier de mes origines. Je vais deux à trois fois par an au Liban, que je considère un peu comme ma «mère» et la France, comme mon «père». Evidemment, mon pays d’origine est une énorme source d’inspiration pour ma musique et moi. D’ailleurs, j’ai écris une chanson sur le Liban. Elle sera dans mon album qui sortira dans quelques mois.

Le looping … Pouvez-vous nous dire ce que c’est?
J’ai commencé le looping sur mon iPhone en 2011, avec l’application Everyday Looper. Mes amis en raffolaient, ce qui m’a encouragé à passer au niveau supérieur et à m’acheter une machine professionnelle de looping. Le concept est simple, on enregistre une phrase musicale qui tourne en boucle, puis on superpose d’autres phrases par-dessus, ce qui permet de créer progressivement un instrumental en direct, de contrôler chacune des pistes séparément et d’y apposer le chant.

Quels instruments utilisez-vous pour cela?
J’ai commencé le violon au conservatoire à six ans, puis été diplômé de solfège à treize ans. J’ai toujours aimé essayer de nouveaux instruments, puisque mes bases théoriques me procuraient une grande facilité dans la compréhension du fonctionnement des instruments. J’ai appris en autodidacte le piano, la guitare et les percussions. Je les utilise lors de mes prestations de looping.

Comment mixer classique/moderne sans créer d’effet «indésirable»?
C’est la question qui m’a hanté depuis que j’ai fini mes études de droit et que je me suis lancé corps et âme dans la musique. Mon but a toujours été de mêler la musique classique à la modernité dans mes chansons, mais c’est extrêmement difficile de le faire sans aboutir à un résultat «cheap». Cela a donc constitué toute l’épopée de ma découverte personnelle en tant qu’artiste compositeur ainsi que la découverte de mon style musical. L’important, c’est d’épurer la musique. J’ai mis du temps à le comprendre, mais maintenant j’ai trouvé ma recette secrète.

Vous accompagnez souvent votre mère sur scène, est-ce une expérience à part?
Jouer avec ma mère représente quelque chose de très spécial. D’une part émotionnellement et d’autre part professionnellement, car son professionnalisme m’inspire et m’apprend énormément jour après jour. J’ai eu l’occasion de jouer aux côtés de grands artistes tels que Denis Dubois, Christophe Giovaninetti ou encore Pierre Lenert à l’occasion de ces concerts.

Pour finir … Cette vidéo Youtube où vous interprétez la chanson de Booba, Kalash, a enregistré plus de 400 000 vues… Comment l’idée vous est-elle venue?
J’ai toujours aimé faire des covers de chansons que j’aimais à la guitare, comme au piano. Depuis mon adolescence, j’ai toujours adoré Booba, sans jamais pouvoir expliquer pourquoi auprès des gens qui dénonçaient ses propos avec véhémence. J’ai donc essayé d’adoucir les paroles de la chanson Kalash en y ajoutant une atmosphère acoustique. Au départ, j’ai chanté ma cover devant mes amis, ils ont été tellement emballés qu’ils m’ont supplié de la poster sur Youtube. Je n’imaginais pas une seule seconde qu’elle allait faire autant de bruit ou que Booba allait la partager sur son compte Instagram.

Marguerite Silve, à Paris

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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