Liban Jazz inaugure 2019. Une fête du jazz
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Nº 3098 du vendredi 1er février 2019

Liban Jazz inaugure 2019. Une fête du jazz

 
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Le dimanche 24 février se tiendra le premier concert de la saison 2019 de Liban Jazz, au Music-Hall, avec le groupe de fanfare de la Nouvelle-Orléans, The Hot 8 Brass Band. Karim Ghattas, le créateur de Liban Jazz, nous en parle. 
 

«Les temps sont tristes au Liban et à Beyrouth en ce moment, affirme Karim Ghattas, et j’avais envie qu’on fasse une vraie fête du jazz au sens le plus populaire du terme. Avoir le Hot 8 Brass Band, qui est aujourd’hui le brass band le plus célèbre de la Nouvelle-Orléans, c’était, pour moi, une manière de donner envie à tout le monde de venir à la fois écouter de la bonne musique et se distraire».
En 1996, à la Nouvelle-Orléans, le joueur de soubassophone, Bennie Pete a l’idée de fusionner deux groupes musicaux de jeunes lycéens pour former le Hot 8 Brass Band. Les jeunes musiciens grandissent ensemble et forment presque une famille. Leur style musical est un mélange d’influences des Dirty Dozen, des spécialistes de la musique de parade et de funérailles, et de Rebirth, avec des éléments plus contemporains de R’n’b, de rap, de soul.
L’histoire du Hot 8 Brass Band est une histoire composée à la fois de tragédie et de triomphe. Quatre de ses membres fondateurs sont morts, tués lors de violences de rue, ou décédés des suites de maladies. Sans oublier l’ouragan Katrina qui, en 2005, a dévasté la Nouvelle-Orléans, une expérience qui a bouleversé la vie des membres du groupe: évacués, déplacés, dispersés à travers tout le pays, ils se sont regroupés et ont commencé à tourner aux Etats-Unis afin de promouvoir la relance de leur ville natale. Le réalisateur Spike Lee les a filmé dans ses deux documentaires consacrés à Katrina, When the levees broke, (2006) et If God is willing and Da Creek don’t rise, (2010) leur donnant ainsi une visibilité nationale.

RÉSISTANCE CULTURELLE
Pour Karim Ghattas, inviter les Hot 8 à Beyrouth, «c’était un opportunité de faire renouer Liban Jazz avec la tradition du jazz américain, noir américain en particulier. Ce qu’on a rarement l’occasion de faire, parce que Liban Jazz est beaucoup plus porté sur les musiques actuelles européennes que sur la musique traditionnelle de jazz américaine».
Sur la scène du Music-Hall, le 24 février, les huit membres du groupe feront leur entrée avec leurs instruments et leurs sonorités cuivrées: soubassophone, trompette, trombones, saxophones, caisse claire et grosse caisse.
Beyrouth sera leur dernière escale dans le cadre d’une grande tournée européenne, Allemagne, France, Angleterre, avant de se rendre en Australie.
Au programme, un répertoire emmêlant compositions originales et reprises, «dont la plus célèbre, Sexual healing de Marvin Gaye, mais aussi d’autres, des Jackson Five, de cette soul proche du disco, explique Karim Ghattas. Et ils chantent aussi, ce qui constitue une grande différence par rapport au Dirty Dozen. C’est vraiment très dansant».
A-t-il été difficile de les convaincre de venir à Beyrouth? «A ma grande surprise, pas du tout, répond Karim Ghattas. Quand je les ai invités, l’intérêt a été immédiat: «oui pourquoi pas!». Je ne me suis pas heurté à des oppositions, ni à des craintes, ni à des peurs».
«Les activités culturelles, à l’image du pays, souffrent et vont continuer de souffrir ces temps à venir où l’incertitude plane. Mais malgré la difficulté, il est important de garder une certaine sérénité, et la sérénité passe par la culture, par la musique, par les moments qu’on partage. Aller à un concert, ce n’est pas juste écouter de la musique, c’est voir des amis, respirer. Il est important que cette résistance culturelle se manifeste pour créer des moments de joie». ●

Dimanche 24 février, au Music-Hall (Starco), à 21h. Billets disponibles au Virgin et en ligne: www.ticketingboxoffice.com

Nayla Rached

 

 

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Éditorial
En route pour l’âge de pierre

Dans ses mémoires publiés en 2010, le vice-président de l’Etat des Emirats arabes unis, cheikh Mohammad Ben Rached al-Maktoum, évoque un rêve qu’il dit avoir souvent fait, celui «de voir un jour Dubaï devenir un Beyrouth». Les Libanais sont-ils conscients que leur capitale a inspiré cet homme visionnaire et ambitieux, qui a réussi à faire émerger des sables du désert un émirat au rayonnement planétaire? Un centre d’affaires qui s’est réservé une place parmi les grands, tels Hong Kong, Shanghai, Londres et New York? Un bouillon de culture qui a transposé la Sorbonne, le Louvre, et bien d’autres noms et lieux prestigieux dans la Péninsule arabique? Une cité médiatique qui a attiré les titres et les plumes les plus convoités?Quelle que soit l’opinion que l’on se fait de Dubaï aujourd’hui, force est de reconnaître que cette ville sous-peuplée, sans patrimoine, ou si peu, sans beauté sinon celle des dunes dorées, propre à toutes les cités du Golfe, est devenue l’une des destinations les plus prisées du monde. Voilà un prince qui a réussi son pari, qui a concrétisé son rêve! Certes, l’atout des pétrodollars, qui n’est pas des moindres, lui a facilité la tâche. Mais les pétrodollars, qui coulent aussi à flot en Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar, n’ont pas fait bourgeonner d’autres Eldorados dans ces pays immensément riches.    Pendant que Dubaï entrait à pas sûrs dans l’avenir, Beyrouth, lui, sombrait dans les précipices du passé. Les Libanais ont réussi le tour de force de plonger leur ville dans les affres de la guerre, puis une fois la paix revenue, de reconstruire la pierre sans y insuffler l’âme qui lui donnait ce cachet unique. La gloire d’antan n’est plus qu’un vieux souvenir, la culture se raréfie, la beauté ressemble à celle d’une femme (ou d’un homme) toute refaite, la joie de vivre n’est plus qu’amertume et aigreur, la satisfaction apportée par le travail plus qu’un dur et insupportable labeur. Avec une insouciance couplée à une affligeante ignorance et une criminelle irresponsabilité, les Libanais, peuple et dirigeants, ont perdu un à un les atouts qui faisaient de leur capitale le phare de la région. Fut un jour où Beyrouth était l’université, la maison d’édition, la cité médiatique, du monde arabe, une oasis de liberté pour les opprimés et les oppressés, un havre de tolérance. Il n’est plus qu’une ville sévère et peu hospitalière de par la cherté de la vie et l’absence des services les plus élémentaires. A vouloir cloner bêtement l’émirat du désert, les Libanais ont perdu ce qui faisait la gloire et la beauté de leur ville, sans pour autant gagner les atouts qui font la force de Dubaï. Beyrouth s’enfonce dans le passé. A ce rythme, et si rien n’est fait pour stopper la chute, l’âge de pierre n’est plus très loin.


 Paul Khalifeh
   
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