Zoukak. Un projet citoyen
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Nº 3084 du vendredi 1er décembre 2017

Zoukak. Un projet citoyen

 
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    La troupe de Zoukak revient du 16 au 18 décembre avec The Jokers. Sans doute l’œuvre la plus audacieuse donnée par la troupe depuis ses débuts, où il est question...
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La troupe de Zoukak revient du 16 au 18 décembre avec The Jokers. Sans doute l’œuvre la plus audacieuse donnée par la troupe depuis ses débuts, où il est question du genre et de la nature androgyne...


Depuis dix ans, la troupe se renouvelle, renforce son programme, glane des prix prestigieux et s’impose comme une association incontournable dans le paysage artistique du pays. Née en 2008, Zoukak a voulu exploiter les planches pour insuffler du divertissement, mais aussi de l’espoir, de l’intérêt et certainement un changement de perspective. Une ambition gigantesque à la mesure des besoins du pays. Une exigence qui s’est fait sentir notamment après la guerre de 2006, du déplacement des populations et de l’urgence de sortir du discours politique dominant. Penser à une nouvelle approche théâtrale, concevoir un abord plus inclusif aux femmes violentées, aux enfants atteints de handicap, aux prisonniers, redonner la parole aux marginalisés, créer un espace de dialogue… Pour Zoukak, le théâtre ne se cantonne pas aux représentations, mais offre à des individus différents et divers, qui ne sont plus uniquement spectateurs, une occasion de création collective, de participation effective et de collaboration intense. En un mot, promouvoir le théâtre comme instrument de développement personnel, social et culturel.

Projets ambitieux
Très connectée à la réalité et à la conjoncture environnante, Zoukak remet en question les statu quo et aborde des thématiques taboues dans le but de toujours aller plus loin. Des ateliers de formation, des sessions pédagogiques et thérapeutiques,  des pièces de théâtre, des productions artistiques, des projets de recherche…  C’est toute une armada culturelle qui offre aux nouvelles générations une alternative pour s’exprimer, loin des considérations politiques et des enjeux économiques ou claniques.  En essaimant sa philosophie à travers 70 villes libanaises et étrangères, en allouant des résidences d’artistes, en proposant du mentorat, des interventions psychosociales, ce projet ambitieux tente de rejoindre toute la société civile et notamment, les plus défavorisés. S’appuyant sur de nouvelles méthodes d’approches, sur des thèmes porteurs et novateurs (tels le genre dans la sexualité, la violence vis-à-vis de l’enfance, la mort et l’immortalité..), Zoukak offre une expérience théâtrale unique.
Pour accueillir la quinzaine de performances prévue, en collaboration avec plusieurs artistes, dont certains à l’international, un studio multifonctionnel situé à la Quarantaine, offre des plateaux de répétition, de représentations, de réunions, une caféteria, bref un espace convivial qui exposera aussi les publications de pièces de théâtre et d’essais de Zoukak, élargissant ses activités à l’impression. Un vrai projet citoyen installé au cœur de la Cité. Le 14 décembre Zoukak ouvrira ses coulisses au public, à partir de 20 heures, au Art Lounge où la compagnie s’installe désormais, pour discuter, boire et danser.

Gisèle Kayata-Eid

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Éditorial
Le front le moins solide

Des trois fronts sur lesquels se battait le Liban pendant la crise liée à la démission surprise de Saad Hariri, l’économie était le moins visible mais le plus surveillé par les milieux locaux et internationaux.Sur le plan de la sécurité, la réaction rapide et ferme des autorités a permis d’étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation. A part le petit attroupement organisé à Sodeco par des partisans du Parti national libéral et d’Achraf Rifi, et l’incendie d’un portrait de MBS à Tripoli, suivi par la décision du ministre de l’Intérieur de retirer des rues tous les portraits du prince héritier saoudien, aucun incident notable n’a été enregistré. Dans le domaine politico-diplomatique, la gestion de la crise par le président Michel Aoun, avec le soutien de Nabih Berry et de la direction du Courant du Futur, a désamorcé une à une les mines dont l’explosion était susceptible de plonger le pays dans le chaos.C’est l’économie qui a le plus inquiété les dirigeants du pays et les milieux de la finance internationale. Certes, la panique des marchés a été contenue mais les signaux émis ont montré combien ce front restait fragile. Dans un article publié le 17 novembre, consacré aux pays à risque après le défaut de paiement de sa dette par le Venezuela, l’agence Bloomberg souligne que le ratio de la dette comparé au PIB au Liban pourrait atteindre, cette année, 152%.Comment ont réagi les marchés financiers à la crise politique déclenchée par la démission et le séjour ambigu de Saad Hariri en Arabie saoudite? Selon des sources économiques, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre le 6 et le 15 novembre près de 800 millions de dollars pour soutenir la livre libanaise. A l’heure d’aller sous presse, la BDL n’avait pas encore publié le bilan bimensuel sur l’état de ses réserves en devises étrangères. Mais le chiffre de 800 millions de dollars est probablement dépassé, bien que les pressions sur la livre libanaise aient baissé après la décision de Saad Hariri de temporiser concernant son éventuelle démission. Autre signal négatif, la sortie de capitaux. Près de 1,5 milliards de dollars auraient émigré du Liban vers des cieux moins encombrés. Certes, ce montant paraît insignifiant comparé aux 169 milliards de dollars de dépôts dans les banques libanaises. Mais il constitue quand même 20% des capitaux entrants au Liban en rythme annuel (estimé à 7,5 milliards de dollars), et qui servent à financer les besoins de l’Etat.     Enfin, la crise politique s’est traduite par des pressions sur les eurobonds libanais (les bons du trésor en devises) à cause de la vente par des détenteurs étrangers de leurs titres libanais, ce qui a provoqué une baisse de leur prix et, par conséquent, une hausse du taux de rendement. Toutes ces données montrent que l’économie reste le ventre mou du pays, le talon d’Achille, qui pourrait réduire à néant la résilience politique et sécuritaire.


 Paul Khalifeh
   

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