Rooftops. Les terrasses suspendues de Beyrouth
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Nº 3091 du vendredi 6 juillet 2018

Rooftops. Les terrasses suspendues de Beyrouth

 
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La saison estivale arrivant, les rooftops rouvrent leurs portes pour quatre mois de festivités. La région de Dbayé figure parmi les nouvelles destinations d’un secteur qui se maintient difficilement.

L’été arrivant, les rooftops rouvrent, comme chaque année, leurs portes pour quatre mois de festivités. Certains comme l’Iris, ont déménagé. La boîte quitte l’immeuble du Nahar au centre-ville pour s’installer en lieu et place de l’ancien Sky Bar, au-dessus du Pavillon royal. Un changement dû à l’impossibilité, sur le précédent site, de prolonger la musique au delà d’une heure du matin. «On a ouvert il y a deux semaines et on voit clairement la différence avec les années précédentes, on a des soirées qui durent jusqu’à quatre heures du matin», se réjouit Jean-Georges Prince du groupe Addmind, propriétaire de plusieurs restaurants et boîtes de nuit dans le pays. Quant au Sky Bar, inauguré en 2003 au sommet du Palm Beach Hotel avant d’investir le toit du Pavillon Royal et de fermer ses portes à la suite d’un incendie en 2015, il a élu domicile depuis un an sur le roof du O1NE. Géré par la compagnie Sky Management, l’établissement reste parmi les principaux leaders du secteur. Autre pilier de la nightlife beyrouthine, le Capitole, situé sur le toit de l’immeuble Asseily, fête cette année son dixième anniversaire. Toujours à Beyrouth, le Pre, situé au niveau du port à Saïfi au 7e étage du bâtiment Miele, affiche un ticket moyen de 65 dollars par personne.
Aux côtés de ces enseignes brassant une clientèle plutôt chic et aisée, d’autres s’adressent à un public plus jeune et underground. C’est le cas de AHM, ouvert l’été dernier sur le Beirut Waterfront District (BWD) ou de The Grand Factory, un peu plus excentré, dans le quartier de la Quarantaine. A l’extérieur de Beyrouth, certains ont étendu la formule soirées en plein air aux plages. C’est le cas de l’Iris Beach, une déclinaison du bar lounge en bord de mer même s’il possède sa propre identité.
Le lieu rouvre cet été avec un nouveau design. «On retravaille en permanence le design des endroits pour créer quelque chose de nouveau qui surprenne le client», affirme Jean-Georges Prince.

Dbayé, nouvelle tendance
Crise économique oblige, plusieurs rooftops ont jeté leur dévolu sur des régions plus abordables au niveau du foncier. C’est le cas de Dbayé et ses environs. Située en front de mer, à la sortie de Beyrouth, la zone présente l’avantage de proposer des loyers nettement moins chers que ceux de la capitale. Mais la migration de certains nightclubs à l’extérieur de Beyrouth est aussi liée à un phénomène bien connu qui est  «le déplacement tous les quatre ans de la région du happening», explique Jad Abou Jaoudé, responsable de la section nightclubs au Syndicat des restaurateurs libanais et propriétaire de plusieurs enseignes dont l’Iris et le White. A Antélias, sur le toit de la Fondation Aïshti, Michel Éleftériades, créateur du Festival international de Byblos et du Music Hall, a ainsi lancé le B à l’automne 2017. Le restaurant-boîte de nuit vivra cet été sa première saison haute. Au niveau du City Mall, Caprice se démarque des rooftops en vogue par une sélection musicale qui fait la part belle à la musique arabe. Les tubes occidentaux du moment alternent avec des morceaux libanais, égyptiens. A Dbayé, on trouve également le bar à cocktail le Bold et, à Dora, le White, un des premiers à avoir investi la banlieue nord de la capitale.

Chiffres d’affaires en baisse
Si le secteur se maintient, les nightclubs ont dans l’ensemble enregistré une baisse importante de leur chiffre d’affaires ces cinq dernières années. Une diminution estimée entre 15 à 20% par Jad Abou Jaoudé. «Les loyers n’ont pas diminué, les salaires ont augmenté et le ticket moyen a baissé», résume le gérant. «Il y a cinq ans, le prix d’une bouteille était de 300 dollars, aujourd’hui on la propose à 200 dollars».
Dans ces circonstances, le syndicaliste n’exclut pas de voir des enseignes fermer dans les mois qui viennent, «y compris parmi les leaders du marché». Et de conclure: «Pour l’instant, ça tient mais si ça continue comme ça, la plupart des endroits vont devoir mettre la clé sous la porte».

Philippine de Clermont-Tonnerre

 

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 Paul Khalifeh
   

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