Geitawi. Le quartier qui attire les jeunes
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

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    Lentement mais sûrement, la région de Geitawi, longtemps délaissée et vieillissante, attire une nouvelle génération d’acheteurs en quête de petites surfaces.   C’est un village dans la ville A Geitawi, le tissu urbain...
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Lentement mais sûrement, la région de Geitawi, longtemps délaissée et vieillissante, attire une nouvelle génération d’acheteurs en quête de petites surfaces.

 

C’est un village dans la ville
A Geitawi, le tissu urbain est tout sauf homogène. Et c’est justement ce qui fait le charme de ce quartier situé à flan de colline, entre la rue d’Arménie et l’avenue Charles Malek. «Entre deux immeubles de dix étages, on trouve plusieurs petites maisons basses, ce qui permet de laisser passer l’air et la lumière. Le quartier est agréable, pas agressif visuellement, il y a quelque chose de spécial à Geitawi», constate le consultant immobilier Guillaume Boudisseau. Le quartier vit un boom depuis quelques années déjà. De 2007 à 2017, le coût du mètre carré y est passé de 1 300 à 3 000 $, soit une hausse de près de 110%. Il y a dix ans, la hausse des prix de l’immobilier a poussé les promoteurs à s’intéresser à Geitawi, où l’on pouvait encore trouver des terrains bons marchés. «Les promoteurs y ont vu de nombreuses opportunités au niveau du foncier. Il y avait à l’époque une succession de terrains vides et pas chers. Beaucoup de gens ont flairé la bonne affaire et ont acheté pour construire», affirme Guillaume Boudisseau. Actuellement, près d’une dizaine de projets sont en cours de construction, «ce qui est plutôt important pour un quartier de cette taille», poursuit-il. «Parmi les acheteurs, beaucoup sont des promoteurs qui investissent pour mettre leurs produits en location», observe quant à lui Karl Kanaan de Sodeco Gestion, une société de promotion et de développement immobilier.

Petites surfaces
Les locataires, pour la plupart des expatriés et des jeunes actifs de la classe moyenne, sont attirés par une offre bon marché, constituée notamment de petites surfaces. La taille des appartements oscille entre 130 et 150 m2, voire 75 m2 et 90 m2 sur certains projets. Geitawi fait partie des quartiers aux avants postes de cette nouvelle tendance observée dans l’ensemble de la capitale. «Un 200 m2 est invendable dans ce quartier qui n’attire pas les acheteurs ayant 600 000 $ et plus à investir. Ceux-ci s’orientent vers des régions plus chères», relève Guillaume Boudisseau. Entre 2009 et 2016, la surface moyenne des appartements à Beyrouth est passée de 310 m2 à 198 m2, selon l’agence de conseil Ramco. En cause, le recul de 30% du secteur immobilier depuis 2011. «Au lieu de baisser les prix des appartements, les promoteurs ont modifié l’offre en proposant des formats plus petits», explique Karl Kanaan.

Un quartier sous-évalué
Si les prix ont dégringolé dans un certain nombre de quartiers de la capitale, Geitawi fait partie des rares régions à avoir enregistré le phénomène inverse. Dans cette ascension, certaines zones ont pris plus que d’autres. La rue Moscou, dont les immeubles jouissent d’une vue sur le jardin des Jésuites, est la plus prisée, suivie de la rue Rayes qui longe l’hôpital Saint-Georges. A l’ouest de Geitawi, surplombant la rue d’Arménie et débouchant sur les escaliers Vendôme, une série de nouveaux projets est en construction dans la rue Qobayat. Cette région, où a récemment ouvert le café Kaleï, pourrait bénéficier de sa proximité avec le vibrant quartier de Mar Mikhael pour se développer davantage. Les restaurateurs et les commerçants restent toutefois encore frileux. «Le potentiel de cette région est vraiment sous-estimé», assure Guillaume Boudisseau. «Le jardin public mériterait par exemple, d’être entouré de cafés mais personne n’a encore tenté le coup».

Philippine de Clermont-Tonnerre

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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