Conférence des hommes d’affaires arabes et chinois. Une ceinture économique de la route de la Soie
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Nº 3004 du vendredi 5 juin 2015

Conférence des hommes d’affaires arabes et chinois. Une ceinture économique de la route de la Soie

 
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    Conférence des hommes d’affaires arabes et chinois. Une ceinture économique de la route de la Soie
    C’est sous le patronage du Premier ministre, Tammam Salam, que la sixième édition de la conférence des hommes d’affaires arabes et chinois a eu lieu. Une occasion de consolider les...
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C’est sous le patronage du Premier ministre, Tammam Salam, que la sixième édition de la conférence des hommes d’affaires arabes et chinois a eu lieu. Une occasion de consolider les liens entre les deux pays d’autant plus que depuis de nombreuses années, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Liban. Thème de la conférence: Construire une ceinture économique de la route de la Soie.

Une délégation chinoise de près de 250 hommes d’affaires et experts économiques a été conviée à la sixième édition de la Arab Chinese Businessmen Conference, organisée à l’hôtel Phoenicia pour promouvoir le développement des relations commerciales et d’affaires entre la Chine et les pays de la région. Plus de 400 personnalités libanaises et arabes étaient également présentes à cet événement exceptionnel. Cette conférence coïncide avec le 60e anniversaire de la signature du premier accord commercial entre le Liban et la Chine, a fait remarquer le président du Conseil des ministres, Tammam Salam, lors de la séance inaugurale. Salam a fait l’éloge de la Chine, grande puissance économique mondiale, indiquant qu’elle est le plus important partenaire commercial de la plupart des pays arabes et, certainement, le premier au Liban. «Nous nous attendons, a-t-il dit, à ce que cette coopération s’élargisse et se consolide du fait des nouveaux projets qui se profilent à l’horizon notamment grâce au projet de la route de la Soie». Le chef du gouvernement a assuré que le Liban va rejoindre en tant que membre actif la Banque asiatique d’investissement dans l’infrastructure (Asian Infrastructure Investment Bank). Rappelons que la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Liban, avec 2,5 milliards de dollars de marchandises exportées en 2014.
Adnan Kassar, président d’honneur des Fédérations des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture des pays arabes a, pour sa part, considéré que la conférence revêt une importance historique et a pour ambition de réactiver l’ancienne route de la Soie et la développer par voies terrestre et maritime. «Cette route a depuis toujours débuté en Chine et s’est terminée à Beyrouth, ce qui consolide les espoirs et ouvre grand les portes à une coopération stratégique à tous les niveaux», a-t-il souligné. Dans ce contexte, notons que la première délégation chinoise est venue au Liban en 1955, à l’initiative d’hommes d’affaires libanais, dont Adel et Adnan Kassar, présidents de la Fransabank.  
Le ministre de l’Industrie Hussein Hajj Hassan a, quant à lui, insisté sur l’importance des échanges entre la Chine et le Liban et a demandé que les pays qui commercent avec le pays du Cèdre, notamment la Chine, ouvrent leurs marchés aux marchandises libanaises. «La Chine, a-t-il-dit, représente un énorme marché et nos deux pays entretiennent les meilleures relations, mais nous invitons les autorités chinoises à faciliter l’entrée des marchandises libanaises».
De son côté, le président de la Fédération des Chambres  de commerce, d’industrie et d’agriculture, Mohammad Choucair, a souligné qu’il fallait «proposer une vision commune entre les deux pays pour développer les relations bilatérales économiques de façon équilibrée et permanente».
Le mot du secrétaire général de la Ligue arabe a été prononcé par Tamer el-Ani, qui est revenu sur l’importance de l’initiative visant à approfondir la coopération économique entre les pays qui jalonnent la route de la Soie.

 

Document d’entente
L’ambassadeur de Chine au Liban, Jiang Jiang, a fait part de son souhait de voir les conférenciers s’entendre autour de points communs susceptibles de consolider la coopération économique et les échanges commerciaux entre les pays arabes et la Chine.
En marge de la conférence, un document d’entente a été signé entre la Fédération des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture des pays arabes et le Conseil chinois pour la consolidation du commerce international (CCPIT), dont le but est d’activer la coopération dans le cadre de la Chambre commerciale arabo-chinoise commune. Un document d’entente pour la coopération entre la Fédération des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture et le CCPIT a été également signé.
Lors de cette conférence, plusieurs sujets ayant trait aux domaines économiques et commerciaux ont été longuement débattus dont Les horizons et l’avenir de la coopération économique entre la Chine et le monde arabe; Comment construire le partenariat commercial et économique chino-arabe pour une ceinture et une route de soie communes; Comment consolider et documenter la coopération sur le plan des investissements et sur le plan monétaire entre le monde arabe et la Chine; Le Liban, un horizon prometteur au niveau des investissements dans le cadre de la ceinture économique de la route de la Soie… Des rencontres bilatérales se sont tenues entre les hommes d’affaires arabes et chinois autour des thèmes suivants: le commerce, l’industrie, l’agriculture, la sécurité alimentaire, les banques, l’énergie, l’énergie renouvelable, l’infrastructure, l’électricité, la communication, le port, l’aéroport, les routes…
Des ateliers de travail ont par ailleurs été animés par Idal pour discuter des opportunités d’investissement au Liban. Les hommes d’affaires arabes et libanais présents lors de la conférence se sont dit très satisfaits de cette initiative, qui se répercutera certainement positivement sur leurs chiffres d’affaires et sur l’ensemble de l’économie nationale des pays concernés.

Danièle Gergès
 

Au Grand sérail
Le Premier ministre, Tammam Salam, a rencontré au Grand sérail la délégation chinoise en présence du ministre de l’Economie et du Commerce, Alain Hakim, de l’ambassadeur du Liban en Chine, Farid Abboud, et du chef des organismes économiques, Adnan Kassar. La délégation a discuté avec le chef du gouvernement des moyens de dynamiser les relations économiques et commerciales entre le Liban et la Chine.


La China UnionPay
En février 2015, la Fransabank a mis sur le marché la China UnionPay. Adnan Kassar avait déclaré dans la conférence de presse: «Nous avons étudié les besoins de nos clients pour un moyen de paiement fiable et sûr pour leurs transactions en Chine. China UnionPay était la solution puisqu’elle est la seule compagnie chinoise de cartes de paiement qui soit acceptée partout en Chine, plus précisément par 2 millions de points de vente dans le pays. De plus, elle est actuellement acceptée dans plus de 150 pays à travers le monde, en partenariat avec plus de 300 institutions internationales». Actuellement, les hommes d’affaires libanais qui ont des échanges commerciaux avec la Chine ont révélé, lors de la conférence, qu’ils sont satisfaits de cette carte qui facilite les transactions d’autant plus que selon les protocoles qui ont été établis, ce marché tend à prospérer et les échanges entre les deux pays à se développer.

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Éditorial
Idées berceuses

La réunion entre Michel Aoun et Samir Geagea était prévisible, après six mois de discussions entre leurs représentants respectifs et, surtout, en raison des conseils prodigués par le Vatican. Elle casse l’angoissante routine dans laquelle se complaisait la vie politique libanaise. Sur un plan strictement chrétien, la rencontre Aoun-Geagea peut contribuer à solder un passif vieux de 25 ans entre les deux hommes, et, par conséquent, à apaiser les tensions latentes au sein de la communauté. A condition, bien entendu, que cette démarche ne reste pas orpheline et fasse l’objet d’un suivi assidu, à travers des initiatives au niveau de la base populaire des deux grands partis chrétiens. Les sceptiques dans les deux camps sont nombreux et ne croient pas au sérieux de cette réconciliation. Pour la renforcer, il faut prouver qu’ils ont tort.La réconciliation personnelle entre Michel Aoun et Samir Geagea est certes importante mais elle n’est pas suffisante, car les deux hommes ne représentent pas uniquement leur auguste personne, mais deux projets politiques, qui s’opposent sur plusieurs points. Pour qu’elle soit solide et durable, l’entente doit donc comporter un volet politique. Le fait d’avoir signé une déclaration d’intentions est la preuve d’une volonté commune d’aller au-delà de la dimension personnelle de la relation. L’accord conclu entre les deux partis comporte des principes généraux, qui expriment effectivement les appréhensions des chrétiens. Mais ils ne dépassent pas le cadre d’idées, qu’il faut maintenant essayer de traduire en mesures concrètes afin d’initier un réel changement. Or, c’est là que le bât blesse. Car pour transformer en actes certaines des idées formulées, des réformes importantes sont nécessaires, ce qui déplaît fortement aux alliés respectifs des deux leaders chrétiens. Prenons par exemple l’accord sur la nécessité d’élire un président «fort» et «représentatif» au sein de sa communauté. En évoquant la question de l’élection présidentielle au Liban devant la délégation libanaise conduite par Tammam Salam, le roi Salmane d’Arabie saoudite a énuméré des critères qui s’appliquent plus à un président consensuel que représentatif. Les deux candidats «forts», à savoir Michel Aoun et Samir Geagea, sont donc exclus d’emblée de la course.L’attitude des deux partis chrétiens vis-à-vis de la bataille des jurds de Ersal pourrait être une autre source de problème entre eux s’ils ne parviennent pas à gérer la question avec doigté. Michel Aoun estime prioritaire l’éradication des groupes terroristes, qui occupent quelque 400 kilomètres carrés du territoire national dans cette région. Il appuie le Hezbollah dans sa stratégie, y compris la décision du parti de mener lui-même la bataille si l’Armée libanaise n’obtient pas le feu vert du gouvernement. Samir Geagea, quant à lui, refuse d’accorder une quelconque couverture au Hezbollah et estime que seule l’armée est habilitée à défendre les frontières du pays. Toutefois, le Courant du futur, avec derrière l’Arabie saoudite, ne semble pas pressé d’enlever cette épine «jihadiste» du pied du Hezbollah et du gouvernement syrien.On peut égrener comme cela, pendant des heures, les sujets qui séparent Michel Aoun et Samir Geagea, pour des raisons de politique locale ou à cause de leur positionnement régional.Il en ressort que la rencontre entre les deux hommes est un développement nouveau, sans pour autant être un événement exceptionnel, susceptible d’initier des dynamiques inattendues. Sauf si les deux partis sont prêts à tourner le dos à leurs alliés… ce qui est fort improbable dans cette vie, comme dans l’au-delà.


 Paul Khalifeh
   
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