EFG Hermes et HSBC Liban. Dans l’attente d’acquéreurs
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Nº 3038 du vendredi 29 janvier 2016

EFG Hermes et HSBC Liban. Dans l’attente d’acquéreurs

 
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    EFG Hermes et HSBC Liban. Dans l’attente d’acquéreurs
    La rumeur sur le retrait de la banque d’investissement EFG Hermes du Crédit libanais circule depuis la destitution de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak, en 2011. Aujourd’hui, ce flottement dans...
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La rumeur sur le retrait de la banque d’investissement EFG Hermes du Crédit libanais circule depuis la destitution de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak, en 2011. Aujourd’hui, ce flottement dans les positions a pris fin et les dés sont jetés. Le dernier sprint s’accélère d’une manière claire. La banque d’investissement égyptienne aurait des problèmes de trésorerie et des résultats peu concluants liés à ses placements à l’étranger. Depuis 2010, deux des actionnaires majeurs de la banque d’investissement, à savoir les fils respectifs de l’ancien raïs Hosni Moubarak et du célèbre journaliste Mohammad Hassanein Haykal, ont vu leur marge de manœuvre se réduire et leurs activités surveillées par les services de renseignements du pays des Pharaons. Désormais, EFG Hermes a besoin d’un cash out et la décision de céder sa part de 63% du capital du Crédit libanais est irréversible. Selon une source fiable, deux entités financières ont présenté des intentions d’achat ou des propositions d’achat – qui ne comprennent pas d’engagement ferme de leur part. Il s’agit de la Cedrus Invest Bank, pilotée par Raëd Khoury et Fadi Assaly, et la Holding Saradar. Le prix d’acquisition avancé par la Cedrus Invest Bank serait supérieur à l’offre faite par la Holding Saradar.
Fondée à Beyrouth en 2011, la Cedrus Invest Bank est la plus large banque spécialisée en termes de capitalisation, avec des capitaux propres de l’ordre de 107 millions de dollars et plus de 400 millions de dollars en termes de gestion et d’administration d’actifs. L’objectif des deux top leaders de cette banque est que celle-ci puisse combler le fossé entre les besoins des clients régionaux et les offres des banques globales.
Pris de court par la décision irrévocable d’EFG Hermes de se retirer du Liban, le P.D.G. du Crédit libanais, Joseph Torbey, a réussi à obtenir un mandat de trois mois des autorités monétaires libanaises pour le rassemblement d’investisseurs prêts à acquérir la part de la banque d’investissement égyptienne. Deux mois se sont écoulés depuis le début de ce mandat sans résultat tangible. Ceci dit, il se peut fort bien que l’actuel président de l’Association des banques réussisse dans sa mission. Interrogés par Magazine, plusieurs banquiers ont confié que des demandes de crédits relais (bridge loan) leur sont formulées dans l’objectif de se constituer un des membres investisseurs dans le groupe qu’est en train de former Joseph Torbey. Dans le même temps, d’autres sources ont fait état d’«entraves créées artificiellement par l’establishment des dirigeants du Crédit libanais» pour empêcher, ou du moins retarder autant que possible, l’opération de «due diligence» de la banque. Il s’agit du processus d’évaluation réelle des actifs de l’établissement de crédit et de la conformité de ses fondamentaux et de son mécanisme d’activité aux standards bancaires internationaux. Cette étape de «due diligence» est une base importante nécessaire avant que les candidats à l’achat ne présentent leurs offres définitives et fermes, les engageant en cas d’aval de la part du vendeur.

 

La HSBC en phase finale
La banque d’investissement régionale EFG Hermes Holding avait acquis 65% des actions du Crédit libanais s.a.l. pour la somme de 542 millions de dollars. Elle avait, rappelle-t-on, un «call option» pour la part de 25% des actions dans les deux années qui ont succédé à la première étape d’acquisition, et ce dans les mêmes conditions, y compris le même prix d’achat initial. Cette acquisition lui avait permis de se transformer en banque universelle après avoir été exclusivement une banque d’investissement. Avant sa prise de participation au capital du Crédit libanais, EFG Hermes avait vendu sa part de 28% au sein de l’actionnariat de Bank Audi fin 2008 pour la somme de plus de 600 millions de dollars. Dans un premier temps, elle avait acquis 20% des actions de Bank Audi pour 450 millions de dollars, avant d’accroître sa participation à 28%. EFG Hermes avait l’intention, dans les deux cas, de prendre en main la gestion des banques universelles au capital desquelles elle avait pris une participation. Mais dans les deux cas, elle avait échoué pour des raisons stratégiques. Notons que des négociations entre EFG Hermes et Bank Audi avaient duré plusieurs années avant l’annonce de l’échec.
Le groupe HSBC au Liban, représenté par HSBC Bank Middle East Limited, la plus grande banque au Moyen-Orient, avait mis en vente son portefeuille clientèle, ses avoirs et ses passifs, ainsi que ses trois branches de Aïn Mreissé, Ras Beyrouth et Dora, il y a plusieurs mois. Les étapes de la «due diligence» et des propositions fermes d’acquisition ont été franchies. Cinq banques libanaises parmi les premières de la catégorie alpha (ayant plus de 2 milliards de dépôts) ont avancé des propositions. La décision finale, qui revient à la HSBC, ne devrait plus tarder à se faire connaître. Un délai serait laissé à des pourparlers du dernier quart d’heure au vendeur et à l’acheteur choisi. Néanmoins, la HSBC maintiendrait en main sa licence de banque, d’autant que la Banque du Liban a suspendu l’octroi de nouvelles licences de banque depuis un bon bout de temps, considérant que le Liban est suffisamment bancarisé. La Banque centrale encouragerait, en revanche,  les établissements bancaires à la fusion ou à l’acquisition. Une première décision de réduire la présence au Liban de la HSBC avait été prise, rappelle-t-on, il y a plus de cinq ans, le nombre de ses branches opérationnelles est passé de cinq à trois.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Tous coupables

Nous, citoyens libanais sans exception, sommes tous coupables et méritons la classe, dite dirigeante, que nous avons élue et réélue. Nous sommes coupables d’avoir attendu si longtemps, que cela soit devenu trop tard, pour leur réclamer des comptes que nous n’avons d’ailleurs pas obtenus. Il est vrai qu’une partie de la population a hurlé sa colère, au nom d’une majorité silencieuse, et lancé contre la caste politicienne des accusations de pollution aussi bien morale que politique. A quoi cela a-t-il servi? A des déchets qui s’amoncellent de plus en plus à tous les coins de rues, accompagnés de promesses mensongères, de solutions reportées de mois en mois et même d’année en année, dans un tourbillon de coûts faramineux qui valsent sans cesse laissant, encore une fois, planer des soupçons de magouilles.A des candidats à la présidence, affichés ou potentiels, l’un chassant l’autre, avec autant de succès annoncés pour les uns ou les autres. Et autant d’échecs garantis laissant la place vide. De «l’initiative» de Saad Hariri, laquelle, dit-on, mettait le général Michel Aoun sur le chemin du palais présidentiel, au même Saad Hariri qui, soudain, prenait sous ses ailes le leader des Marada, petit-fils de l’ancien président Sleiman Frangié, la réaction immédiate, et certainement calculée, de Samir Geagea a fait prendre le chemin de Maarab au général Aoun, accompagné cette fois de toute sa smala politique, pour sabler le champagne de la rencontre interchrétienne et à la gloire du supposé futur chef de l’Etat… Dans cet imbroglio, chacun puise ce qu’il veut. Même si les doutes ont la dent dure, tous les souhaits vont vers une réelle réconciliation des deux pôles maronites politiques que rien ne semblait, il n’y a pas si longtemps, devoir rapprocher. Quelles seront les relations futures de Michel Aoun et des principales composantes du 8 mars? A-t-il le feu, sinon vert, du moins orange, de la coalition à laquelle il est allié pour se lancer dans cette aventure? Comme on ne peut pas croire que Samir Geagea se soit passé d’un assentiment, aussi discret qu’il puisse être, de ses alliés du 14 mars. A ce sujet, les démentis vont bon train, chacun assurant sauvegarder ses affinités politiques, ce qu’on peut difficilement croire et, peut-être surtout, se faire accepter par les alliés de l’un ou l’autre. Tout cela en attendant qu’émerge de la manche d’on ne sait quel courant, un troisième prétendant à un fauteuil qui n’est pas près d’être occupé. Rares sont les optimistes, les plus crédules, qui y croient encore, du moins à court terme.Certains ont jubilé devant le spectacle des larges sourires de la réconciliation de deux leaders que les tendances politiques séparaient depuis une trentaine d’années. Il aura fallu la crise aiguë que vit le pays pour croiser les chemins parallèles de deux adversaires de très longue date. Rien ne nous fera croire, malgré notre ingénuité politique, que l’Esprit saint a éclairé soudain les anciens rivaux et les a fait se retrouver en nouveaux complices sinon en amis.Mais la faiblesse du pouvoir, pour ne pas dire son absence quasi totale, ne peut qu’avoir des répercussions nocives sur tous les secteurs. Le Conseil des ministres censé, selon la Constitution, gouverner en l’absence du chef de l’Etat, est lui-même paralysé par ses contradictions internes.Ne resterait-il à nos «ténors» qu’à se tourner vers l’étranger le plus influent? La Syrie étant hors circuit, il fallait trouver un autre parrain. Est-ce la France de Hollande? N’a-t-elle pas d’autres chats à fouetter? Est-ce l’Iran avec son clair parti pris? Le général Aoun sera-t-il encore un privilégié du camp du 8 mars? Est-il déclassé par Sleiman Frangié? N’y a-t-il pas dans la course à la présidence d’autres candidats au moins aussi valables que les deux chevaux actuellement en piste?Le fait est que, chaque fois qu’un nom est mis en avant, tous les pronostics misent sur un autre gagnant. Et tout est remis en question. Les médias, presse et télévisions, toutes tendances confondues, prévoient et annoncent un report prolongé d’une élection tant disputée. Reste, qui sait, le miracle qui viendrait de la rencontre au Vatican du patriarche maronite et du chef de l’Eglise catholique.Y aurait-il, enfin, de nouvelles coalitions imprévisibles? Les pronostics sont difficiles, mais vont bon train.


 Mouna Béchara
   

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