Projet de loi sur le PPP.Enterré à jamais?
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Nº 2895 du vendredi 03 Mai 2013

Projet de loi sur le PPP.Enterré à jamais?

 
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    Projet de loi sur le PPP.Enterré à jamais?
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Il semble que la sortie du projet du Partenariat public/privé (PPP) des tiroirs de l’Exécutif n’est pas pour demain. Une occasion manquée pour le Liban de faire renaître de ses cendres une infrastructure dans toutes ses ramifications, routières, énergétiques, hydrauliques, télécoms… Vingt-cinq ans après la fin de la guerre, tous ces secteurs vitaux pour un environnement adéquat pour le développement des affaires battent de l’aile. Pourtant, le PPP est une forme de collaboration entre les secteurs public et privé qui a prouvé son efficacité pour résoudre les problèmes de la croissance économique, du chômage et de la rénovation des infrastructures d’un pays, surtout lorsqu’elle est exécutée d’une manière «transparente, professionnelle et organisée».
L’option du recours à la formule du PPP ne date pas d’aujourd’hui. Lors d’un forum organisé au Sérail, le 23 mai 2012, intitulé Les projets de PPP, la situation des marchés et leurs besoins au lendemain du Printemps arabe, le ministre sortant des Finances, Mohammad Safadi, avait annoncé que le gouvernement Mikati était en train d’élaborer «une loi moderne portant sur le PPP», souhaitant que ce projet soit transmis au Parlement pour approbation «dans un proche avenir». Dans un passé plus récent, le président du Rassemblement des dirigeants et chefs d’entreprises libanais (RDCL), Fouad Zmokhol, avait déclaré le 11 février 2013, que lors du dernier entretien entre les instances économiques et le comité ministériel économique, «on nous a promis que le projet de loi sur le PPP figurerait à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres pour être par la suite approuvé par la Chambre des députés». Et depuis cette déclaration, le pays et les différents partenaires potentiels sont toujours dans l’expectative, les problèmes politiques ayant pris le dessus sur les problèmes à connotation économique.
Il s’agit d’une occasion manquée pour le Liban vu la volonté et la disposition des banques libanaises exprimées à maintes reprises de financer de tels projets et l’existence de cadres locaux hautement qualifiés dans le secteur des professions libérales à même d’exécuter de grands projets de réhabilitation ou de reconstruction d’infrastructure.
En fait, il y a trois moyens de financer une infrastructure solide: soit par les taxes, étape impossible pour le moment, soit à travers les fonds arabes qui sont réticents à des placements au Liban, et, enfin, grâce à un partenariat privé-public (PPP). Le président du Conseil supérieur de la privatisation, Ziad Hayeck, s’est dit persuadé depuis sa désignation en 2006 que le meilleur moyen de réhabiliter les secteurs de l’énergie, de l’eau, du transport public et des installations aéroportuaires était à travers le PPP. En revanche, il a considéré que l’échec des projets exécutés jusqu’à ce jour sur base du PPP par l’Etat libanais est dû au manque de personnels qualifiés pour négocier le partage des risques du projet à exécuter et à l’inexistence d’un cadre juridique au plus haut niveau de l’Etat.
Contrairement aux organismes économiques et aux agents du secteur bancaire, la société civile n’est pas entièrement en faveur du principe du PPP. Les détracteurs de ce système font valoir qu’il n’est, ni plus ni moins, qu’un montage permettant de dissimuler aux instances de contrôle une partie de la dette publique. Le PPP n’apporterait pas de réel bénéfice en matière de coût ou d’efficacité de gestion, affirmant qu’il est synonyme du «principe de la dette cachée».


Piraterie
La lutte commence par le commerce parallèle des portables

Avant la démission du gouvernement Mikati, le ministre sortant des Télécoms, Nicolas Sehnaoui, a pris une mesure importante pour accroître les revenus du Trésor dans le secteur dont il a la responsabilité. Cette mesure vise également à la protection du consommateur. Sehnaoui a déclaré la guerre aux fraudeurs qui transportent dans leurs bagages des téléphones mobiles et autres articles et applications technologiques sans passer par les douaniers. Selon les chiffres, le manque à gagner pour l’Etat serait de près de 60 millions de dollars par an, étant donné que près de 75% du marché des téléphones portables est issu du commerce parallèle. Dorénavant, tout portable introduit illégalement sur le territoire libanais est rapidement repérable. Le ministre sortant a imposé l’enregistrement du numéro de série des portables importés via la douane sur le réseau étatique, de sorte que tout cellulaire n’ayant pas son numéro d’immatriculation ne sera pas opérationnel. Parallèlement, le consommateur ne sera plus jamais confronté à des vendeurs de détail qui lui refuseraient l’octroi d’une garantie après vente sur une certaine période des articles de télécoms.
Cette démarche est importante vu le marché prometteur que représente le Liban puisqu’il est loin encore d’être saturé. D’après le rapport de l’Unctad couvrant l’année 2012, l’utilisation des téléphones mobiles au Liban aurait progressé de 37,06%, leurs ventes auraient dépassé celles des PC, alors que cette hausse a représenté 48% en Jordanie, 50,4% aux Emirats arabes unis et 57,4% en Arabie saoudite, soit une moyenne de 50% dans les pays précités. Dans le même sillage s’inscrit le contenu du rapport de Business Monitor International (BMI) sur le secteur des nouvelles technologies au Liban, soulignant une croissance entre 2013 et 2017 de plus de 11% en rythme annuel pour le sous-secteur des télécoms comprenant les téléphones intelligents (smartphones) en association avec le potentiel latent de pénétration de la téléphonie mobile et celui du renforcement des larges bandes de débit Internet. Enfin, les deux opérateurs de téléphonie mobile au Pays du Cèdre, alfa et touch, ont annoncé l’élargissement des capacités du service 3G de 50% tout en préservant les mêmes tarifs.

Banques

Priorité aux réserves aux dépens de la profitabilité
La consigne du secteur bancaire local demeure la même depuis un certain temps. Elle consiste à donner la priorité au maintien d’un taux de liquidité et de solvabilité suffisamment élevé aux dépens de la profitabilité. Cette consigne s’inscrit dans le cadre des efforts des établissements de crédit domestiques d’être conformes aux standards internationaux. Ainsi, les réserves de ce secteur se sont élevées à environ 54,1 milliards de dollars aux deux premiers mois de 2013, alors qu’elles représentaient 52,7 milliards de dollars fin 2012, soit une hausse de 1,4 milliard de dollars durant janvier et février 2013. Ceci explique le recul des profits des banques qui avaient totalisé 235 millions de dollars durant les deux premiers mois de 2012 contre 228 millions sur la même période de l’année en cours, ou un recul de 3,2%. En revanche, les résultats trimestriels des banques sont demeurés en deçà de ceux de l’année dernière sur la même période. Ils ont été variables selon les établissements suivant les résultats de leurs activités à l’étranger a priori et celles sur le plan interne.   

Liliane Mokbel 

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Éditorial
Libérez les deux évêques!

L’enlèvement de Youhanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe d’Alep, et Boulos Yazigi, évêque de l’Eglise grecque-orthodoxe de la même ville, le 22 avril, est un crime répréhensible à tous les égards. Sur un plan général, la privation de liberté, pour des motifs injustifiés, par des groupes ne disposant d’aucun mandat pour le faire est un retour à la loi de la jungle. Humainement, ces deux prélats, de par leur fonction et leur vocation, sont des messagers de paix, d’amour et de dialogue, ils ne méritent certainement pas le mauvais traitement qui leur a été infligé. A un niveau religieux, ils ont été enlevés parce qu’ils sont chrétiens, ce qui constitue une atteinte inadmissible au principe de la liberté de culte. Vu du prisme de la crise syrienne, les deux évêques étaient en mission humanitaire, pour tenter d’obtenir la libération de deux prêtres kidnappés dans la même région, il y a deux mois. Leur enlèvement est une violation de tous les principes, y compris des règles de la guerre, qui interdisent de s’en prendre à des médiateurs et des messagers. Si deux éminents évêques, dont le frère du patriarche de la plus grande Eglise d’Orient, ont été traités avec autant de légèreté et de rudesse, quel sort sera-t-il réservé au commun de leurs ouailles. C’est sans doute l’un des principaux messages que les ravisseurs (des Tchétchènes paraît-il; mais qui croit qu’ils peuvent agir sans couverture locale?) veulent transmettre aux chrétiens de Syrie et de toute la région: «Même vos évêques ne jouissent d’aucune immunité, alors que dire de vos prêtres, vos diacres, vos bonnes sœurs et vos fidèles?». Malgré le caractère abject de cet acte, on constate avec tristesse et consternation qu’il n’a pas suscité la vague de réprobation qu’il mérite. Faut-il, à Dieu ne plaise, qu’ils soient torturés et leurs têtes plantées sur un clocher (comme le cheikh Saadeddine d’Alep, égorgé et décapité avant que sa tête ne soit exposée sur le minaret de sa mosquée), pour que l’on entende, enfin, quelques timides condamnations? Pourtant, pour bien moins que cela, nous avons vu, ces deux dernières années, des personnalités politiques et publiques et des dirigeants, monter sur leurs grands chevaux, pour dénoncer avec véhémence la «répression sauvage», «les crimes odieux», «les atteintes inacceptables aux libertés individuelles et collectives…». Nous avons vu des médias entrer en campagne pour défendre un blogueur interpellé, ou un militant arrêté, des ONG se mobiliser pour sensibiliser l’opinion publique… Mais pour les deux évêques, c’est le silence radio, tous ont perdu la voix… et la conscience. Cette triste affaire est un exemple vivant de la politique des deux poids deux mesures, qui n’est malheureusement plus l’apanage des grandes puissances, mais aussi de supports médiatiques censés informer les gens. On constate que l’information fait l’objet d’une sélection rigoureuse et d’une hiérarchisation répondant à une grille de lecture politique. Malgré toutes les tentatives destinées à minimiser la gravité de l’enlèvement des deux évêques et à le banaliser, en le traitant comme un fait divers ordinaire, cet acte constitue un développement extraordinaire. Il montre que plus personne n’est à l’abri, que certains groupes franchissent toutes les lignes rouges sans que personne ne leur demande de comptes et, plus grave encore, que les opposants syriens qui occupent le devant de la scène médiatique n’ont aucun pouvoir sur ceux qui tiennent le terrain. Si l’Occident n’est pas parvenu à obtenir la libération de deux évêques, quelles garanties peut-il encore fournir que les armes qu’il livre aux rebelles ne finiront pas entre les mains des coupeurs de têtes et autres barbares lâchés dans la nature… à deux pas de chez nous?


 Paul Khalifeh
   

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