Bureaux. La tendance du «Co-Working» débarque au Liban
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Nº 3074 du vendredi 3 février 2017

Bureaux. La tendance du «Co-Working» débarque au Liban

 
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    Bureaux. La tendance du «Co-Working» débarque au Liban
    En période de crise, l’économie du partage a le vent en poupe et l’immobilier n’échappe pas à la tendance. La hausse fulgurante du nombre de travailleurs indépendants au Liban, encourage...
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En période de crise, l’économie du partage a le vent en poupe et l’immobilier n’échappe pas à la tendance. La hausse fulgurante du nombre de travailleurs indépendants au Liban, encourage ainsi le développement des bureaux partagés (les espaces de co-working). Explications.

Un hamac suspendu en extérieur, un coin lecture aménagé dans l’espace de travail commun et même une machine de sport près de l’atelier de calligraphie, font presque oublier qu’ici, les gens sont là pour travailler. C’est tout le concept de SubMarine, un nouvel espace de co-working inauguré au mois de décembre dernier dans le quartier Unesco, à Beyrouth.
La créatrice du lieu, Yasmina Sakr, voulait en faire «un espace de travail où les gens pourraient collaborer, sans être forcés de le faire», selon ses termes.
«L’idée est venue de manière spontanée, raconte-elle. J’ai remarqué que beaucoup de freelancers au Liban étaient un peu comme des nomades: ils investissent les cafés pour travailler. J’avais ce grand espace vide en dessous de mon entreprise. Pourquoi ne pas en faire un espace de travail partagé, où des indépendants de tous les domaines pourraient mettre en commun leurs expertises respectives, les frais fixes, échanger leurs idées et même, pourquoi pas, collaborer? Tout cela dans une ambiance propice à la créativité et à l’émulation».

Manque d’infrastructures. C’est exactement le concept du co-working. Apparu aux Etats-Unis il y a une dizaine d’années, la tendance arrive en force au Liban et bouleverse l’immobilier de bureau traditionnel.
Au Beirut Digital District (BDD), la société immobilière à l’origine du projet avait pour ambition de créer une «communauté» d’entrepreneurs, qui bénéficierait de toute l’infrastructure manquant gravement au Liban et pourtant indispensable à la productivité: l’Internet, l’électricité en continu ainsi que d’autres avantages propres à la communauté, comme un service de ressources humaines, d’aide à la création d’entreprise… Objectif affiché : que les entrepreneurs ne se focalisent plus que sur leur business et rien que leur business.
Depuis quelques mois, les espaces de ce type essaiment un peu partout au Liban. Ibrahim Zahreddine et Karim Attoui ont, eux, poussé le concept encore plus loin avec Innovation Factory. Inauguré en octobre dernier, on y partage des bureaux mais pas seulement. Une véritable usine de fabrication de prototype de produits a vu le jour, avec, notamment, un laboratoire «médias», qui proposera très vite, tout le matériel nécessaire à la production de contenu digital.
L’espace réunit ainsi des designers, architectes, artistes, entrepreneurs autour des bureaux et de l’usine de fabrication de produits. Ici, on peut tout fabriquer: des meubles, des objets technologiques, des prototypes. Tout cela en bénéficiant, en parallèle, de bureaux collectifs ou individuels en fonction de la formule choisie. Les tarifs oscillent entre 175 et 210 dollars par mois pour «un hot desk», c’est-à-dire un bureau mobile, ou un bureau individuel, avec un accès à l’usine de fabrication et au laboratoire média,  dans tous les cas de figure. «L’idée nous est venue de notre expérience personnelle. Nous travaillions avec beaucoup d’entrepreneurs libanais, qui avaient été obligés de quitter le pays pour concevoir leurs produits par manque d’infrastructures sur place», expliquent les fondateurs d’Innovation Factory.

Carnet d’adresses. Parmi les avantages du co-working,  figurent ainsi le confort d’une infrastructure mais aussi, et surtout, l’accès à un carnet d’adresses. Ce sont les atouts mis en avant chez Antwork, un espace créé en février 2016 à Spears. La fondatrice, Zina Bdeir Dajanj, voit grand pour son projet, qui est encore dans une phase pilote. Le campus de 5000 m2 sera notamment composé de deux immeubles, d’une grande cour, de plusieurs bureaux privatifs et d’autres conçus en «open-space», de salles de conférences, d’événements mais aussi d’un espace de fitness, d’un café, d’un lieu dînatoire et de 1500 m2 de jardin. Outre l’infrastructure développée, Antwork insiste sur la notion de communauté comme valeur ajoutée. «Les abonnés auront aussi accès à un réseau, à une communauté, ils auront à leur disposition toute l’infrastructure nécessaire mais surtout, ce carnet d’adresses pour réaliser des affaires sans même avoir à bouger d’Antwork», explique Ralph Raad, responsable du marketing et des ventes.
«Au Liban, la demande de ce type d’espaces a toujours existé. Il s’agissait souvent d’indépendants, de freelancers qui travaillaient dans des cafés par manque d’options alternatives, dit-il. Les locations de bureaux sont traditionnellement chères et peu flexibles pour des start-up ou de jeunes entreprises. L’explosion des freelancers au Liban explique le boom de cette industrie par le besoin de solutions modernes et flexibles pour une start-up en constante évolution. A Antwork par exemple, les solutions sont modulables: l’entrepreneur peut choisir parmi plusieurs formules où, quand et comment il souhaite travailler et pourquoi pas même, agrandir son espace de travail au fur et à mesure de la croissance de son business et de son équipe», conclut M. Raad.

Soraya Hamdan

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Éditorial
Des murs et des pas mûrs

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 Paul Khalifeh
   

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