La formule des appart-hôtels. Pour combler un manque sur le marché locatif
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Nº 3076 du vendredi 7 avril 2017

La formule des appart-hôtels. Pour combler un manque sur le marché locatif

 
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    La formule des appart-hôtels. Pour combler un manque sur le marché locatif
    Ces établissements d’un nouveau genre, à mi-chemin entre l’hôtel et l’appartement meublé, se développent à Beyrouth. Ils répondent à un réel besoin: l’alliance des séjours de longues durées avec la...
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Ces établissements d’un nouveau genre, à mi-chemin entre l’hôtel et l’appartement meublé, se développent à Beyrouth. Ils répondent à un réel besoin: l’alliance des séjours de longues durées avec la flexibilité et les services d’un hôtel. Enquête sur une tendance qui monte.

Alors qu’au Liban, le marché des petites surfaces est encore émergent et qu’il n’est pas possible de louer des appartements privés pour des durées de quelques mois, une nouvelle forme d’hôtellerie vient répondre au manque de logements locatifs flexibles sur le marché: les appart-hôtels.
C’est ce qu’explique Walid Baroudi, partenaire du groupe GRW Hospitality, qui a investi 25 millions de dollars pour créer The Key, un appart-hôtel inauguré en 2016 dans le quartier de Adlieh.
«Les appart-hôtels, c’est la nouvelle génération d’établissements qui concurrence à la fois les appartements meublés et les hôtels, explique le professionnel. Au Liban, notre clientèle inclut surtout les expatriés qui rentrent au Liban pour quelques mois, mais aussi les diplomates, les ONG et les ambassades, qui ont besoin d’un service complet et des facilités dignes d’un hôtel tout en bénéficiant de prix moins onéreux sur les longues durées».
Béatrice Habchi est directrice des ventes à Citea Appart Hotel, un autre établissement de ce type inauguré en 2016 à Achrafié. Elle confirme que le principal avantage de ce type d’hébergement est la flexibilité. «Résider dans notre établissement revient à environ 2 200 dollars par mois, ce qui est à peu près équivalent au loyer d’un appartement privé. La grande différence c’est qu’il n’y a ni contrat de location, ni caution, ni plusieurs mois de loyer à avancer comme c’est le cas avec des appartements meublés à louer». Pour elle aussi, sa clientèle est surtout constituée d’hommes d’affaires et de locaux en transition. «Les hommes d’affaires qui viennent travailler à Beyrouth sur de longs projets sont friands de ce type de solutions, tout comme certains Libanais qui déménagent et cherchent un lieu où résider, en attendant leur nouvelle maison.»
Pierre Achkar, le président du Syndicat des hôteliers, a lui-même fondé, il y a douze ans, le Markazia Monroe Suites, un des premiers concepts d’appartements meublés au Liban à Riyad el-Solh. «Les hommes d’affaires qui viennent au Liban pour travailler ont besoin de tout le confort d’un hôtel et de l’espace d’un appartement pour pouvoir recevoir et organiser des réunions…», ajoute-t-il.

Investissements intelligents?
Selon le professionnel, la tendance des «apparts meublés» nous vient des Etats-Unis. «Elle se développe particulièrement à Beyrouth car le pays compte très peu d’appartements meublés de qualité à louer, la plupart étant à vendre. C’est un réel manque sur le marché immobilier de la location».
«Il faut aussi souligner que ces projets constituent avant tout des investissements immobiliers intelligents, selon Achkar. Si la situation économique n’est pas bonne, il est toujours possible pour les investisseurs de revendre les chambres comme des appartements».
Egalement parmi les premiers acteurs du marché, Ihab Kobeissi, directeur général de Beirut Homes, un groupe d’appart-hôtels comprenant trois branches, The Living à Sodeco, The Standard 1 et Standard 2 à Hamra. «C’est une tendance mondiale, confirme le professionnel. Dans un pays comme le Liban, où les infrastructures sont défaillantes, la formule séduit d’autant plus les étrangers qui viennent travailler au Liban et souhaitent avoir tout le confort de base, comme l’électricité en continu, le parking, l’accès à Internet et la sécurité. Notre clientèle compte ainsi beaucoup de membres du corps diplomatique».
Alors que les touristes ont pratiquement déserté le pays depuis 2011, les diplomates ainsi que la clientèle d’affaires représentent une cible à privilégier, ce qui peut expliquer le succès des appart-hôtels à Beyrouth.
La tendance n’a pas fini de monter. Walid Baroudi vient d’investir 15 millions de dollars supplémentaires pour acheter le terrain avoisinant son premier établissement, The Key. Son objectif: créer une résidence de cinquante appartements meublés, chacun d’une surface de 75 m2, avec tout le service hôtelier et une épicerie, afin d’accueillir des familles en séjour au Liban. Inauguration prévue en 2019.

Soraya Hamdan

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Éditorial
Saturation et indécence

Les interprétations optimistes des indicateurs économiques et les déclarations rassurantes des dirigeants ne cachent pas la réalité: l’économie tarde à prendre son envol. Les pronostics des institutions financières internationales et des cabinets d’études restent d’ailleurs assez modestes, même s’ils prévoient une légère amélioration. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance de 2% en 2017, Business Monitor International (BMI, Grande-Bretagne) prévoit un taux de 2,2% et le fournisseur de données indépendant, Economena Analytics, pense que la croissance s’établira autour de 2,5%.Comment pourrait-il en être autrement lorsque les moteurs de croissance traditionnels du Liban, que sont le tourisme, l’immobilier et la construction, «ont subi des revers», comme le souligne le FMI dans son rapport sur le pays du Cèdre.Il n’y a d’ailleurs nul besoin de lire ce rapport pour mesurer l’étendue du marasme économique. Rien ou presque n’encourage les Libanais à reprendre la consommation, et ce ne sont pas les quelques milliers de clients des restaurants – ce sont les mêmes qui tournent d’un établissement à l’autre –, qui démentiront cette réalité.      Certes, l’approbation du projet de budget 2017 par le gouvernement, le vote des décrets sur le pétrole et le gaz, les propositions de loi pour lutter contre la corruption au sein de l’administration publique et pour protéger les lanceurs d’alertes, le plan de réforme du secteur de l’électricité… sont des mesures louables. Mais il y a tellement à faire dans tous les domaines, que tous les efforts entrepris jusqu’à présent, semblent insuffisants pour que redémarre l’économie.Et même si des réformes structurelles étaient lancées tous azimuts, le Liban continuera à traîner un énorme boulet, celui des réfugiés syriens, qui représentent plus d’un tiers de la population. Cela «est éprouvant pour les communautés locales, créant de la pauvreté, du chômage, et ajoutant de la pression sur les infrastructures et les finances publiques déjà fragilisées», souligne le FMI. Selon l’institution internationale, le coût indirect de la présence des réfugiés syriens aurait dépassé les 2,5 milliards de dollars en termes de dégradation des services publics.Les conséquences de la présence de ce nombre de réfugiés sont encore plus pernicieuses. L’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) dénonce la compétition déloyale des Syriens installés au Liban pour les sociétés, les entreprises, les petites entreprises, les usines et les divers chantiers. L’ACB évoque un «cycle économique syrien qui prospère et se développe à l’intérieur de l’économie libanaise» et à ses dépens. «Même si tous les touristes du monde venaient au Liban, cela ne règlerait pas la crise car nous sommes confrontés à un problème structurel provoqué par la concurrence faite à l’économie libanaise par une autre économie», prévient l’ACB.Le Liban a donc atteint le point de saturation aussi bien au plan démographique qu’économique. La situation est d’autant plus grave que la communauté internationale n’a jamais tenu ses engagements financiers, ce qui a poussé le FMI à l’interpeler, en estimant qu’elle «doit jouer un rôle-clé pour répondre à la crise des réfugiés». «Le Liban a besoin et mérite un appui important», indique le rapport de l’institution financière internationale.A défaut d’une aide directe au Liban, qui pourrait ne jamais arriver, les agences de l’Onu et autres ONG devraient au moins avoir la décence d’acheter sur le marché libanais et aux entreprises locales les produits alimentaires, médicaux et autres, fournis aux réfugiés, au lieu d’aller s’approvisionner sur les marchés extérieurs. Cela permettrait de remplir quelques lignes dans les carnets de commandes, désespérément vides, de l’industrie libanaise.


 Paul Khalifeh
   

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