Pour surmonter la crise profonde
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Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

Pour surmonter la crise profonde

 
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    Pour surmonter la crise profonde
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Après plus de dix ans de suivi, d’attente et d’espoir, il s’avère que ce n’est ni une question de loi électorale tricotée, ni de loi de budget calculé mais une crise profonde du fait de l’absence du principe de la loi et de sa rigueur.
En regardant en rétrospective la dynamique libanaise tout au long des vingt-cinq dernières années, nous observons un PIB qui évolue et un peuple qui s’appauvrit; une croissance économique sans développement adéquat et une décadence identifiée par la chute de plusieurs systèmes de valeurs, le recul de multiples indicateurs de bien-être et, surtout, le déclin dans l’intégration de la loi et des limites du comportement.
Nous retrouvons cette tendance dans toutes les tranches d’âge, à tous les niveaux de la vie et dans la plupart des secteurs économiques.
Un constat qui se manifeste par l’expansion de pratiques considérées comme mauvaises et qui n’ont plus d’inhibiteur:
● Le monopole (les 3 premières entreprises de chaque segment de l’économie contrôlent plus de 70% de son activité).
● La corruption (index 2006 – 2016: passage du 99ème au 136ème rang sur 176 pays).
● La nonchalance (la qualité médiocre des services publics, les examens officiels annulés…).
Nos jeunes et moins jeunes ont très peu de repères face à cette vague de «non loi» et de «non limite»! Ils baignent dans une confusion qui génère une culture inquiétante, celle qui se base sur deux phénomènes: la tolérance de l’erreur, acte qui détruit la qualité et, par la suite, augmente le coût, et la demande perpétuelle de s’adapter même si celle-ci est contre les piliers de la spécificité socio-économique libanaise, une démarche qui ruine à la compétitivité.
L’impact de cette culture est transformateur et exige une attention ainsi qu’une action.
Une attention envers les principes fondateurs de notre spécificité car:
● La moralité cumulée de nos traditions et mœurs est consommée par la modernité sans limite.
● L’éthique, règle sociétale et civique, est menacée par les circonstances de nécessité.
● La démocratie vibrante de l’Orient est remodelée par le souci de la stabilité.
● La justice, qui faisait référence, se retrouve mitigée par les enjeux de préférence.
● La révolte régulatrice des aspirants est ciblée par les flèches de sécurité.
● La vitalité du vivre-ensemble est endommagée par l’extrémisme.
● L’initiative et le bon-vivre s’effondrent sous le fardeau de l’endettement extrême.
Hélas, les Libanais ont durement appris à survivre dans un environnement assez complexe.
Il est vrai que le cadre de «menace continue» n’est pas le plus favorable pour la paix et la prospérité mais notre nation pourrait devenir une plateforme de résilience visant le progrès et non pas la stagnation, afin de se repositionner pour l’avenir.
Plusieurs réflexions s’enchaînent. Qui nous empêche de former nos ouvriers et nos cadres dans la qualité, la précision et la rigueur? Qui nous interdit d’être honnête? Qui nous retient d’être diligent et vigilant durant le processus de production et au moment de la consommation?
Les choix sont devant nous: soit nous restons des individus narcissiques renfermés en communauté et dirigés sur un sentier de survie; soit nous faisons l’effort d’ouverture et d’évolution en citoyens résolus et inspirés sur le chemin de la société démocratique.
Malgré les difficultés, nous sommes appelés à multiplier les efforts pour tisser les liens familiaux garants de valeur et de richesse; insister à progresser dans l’éducatif, promoteur des générations et du travail d’équipe; et débloquer toutes les mesures pour l’avancement des entreprises surtout les plus petites d’entre elles, et qui sont orientées vers les solutions à valeur ajoutée et l’export.
Notre effort collectif pour la chose publique est avant tout une lutte interne et profonde pour la préservation des valeurs et le respect de la loi.
Notre engagement pour la prospérité économique doit se recentrer pour défier la médiocrité, relever la qualité et améliorer en permanence la performance.
Les valeurs sociales ont une fonction motrice dans le progrès économique, et grâce à ce progrès et aux outils nécessaires, le redressement est possible. Mais un redressement réussi ne pourrait pas avoir lieu sans une relance sociopolitique, qui réajuste les priorités en commençant par l’initiative inclusive, l’effort reconnu et la gouvernance régulatrice.
Cet élan motivera nos jeunes et adultes à réintégrer notre société productive, avec détermination et fierté.

Dimyanos F. Kattar
Ancien ministre des Finances et de l’Economie

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Éditorial
Des pressions sur la livre

Dans son dernier rapport trimestriel sur le Liban, paru le 27 avril, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme: le modèle économique libanais n’est plus viable et doit être remplacé par une formule capable d’assurer les besoins financiers et économiques du pays.Le rapport de l’institution internationale regorge de chiffres et d’indicateurs négatifs. Les plus alarmants sont le déficit de la balance commerciale, qui a atteint 15,7 milliards de dollars, fin 2016, et le volume des importations, qui ont grimpé à 26% du produit intérieur. Cela signifie que plus du quart de la richesse produite par les Libanais est utilisée pour importer des produits de l’étranger.Ces mauvaises prestations macroéconomiques s’accompagnent de mauvaises nouvelles pour les ménages: une hausse des prix de 3,13%, selon l’Association des consommateurs. Cette hausse, qui intervient alors que l'érosion du pouvoir d’achat se poursuit, serait due à deux facteurs: le débat parlementaire sur la grille des salaires dans le secteur public et la nouvelle batterie de taxes et d’impôts envisagée pour la financer. Le vote de la grille a finalement été reporté sine die mais les commerçants en ont profité pour majorer les prix de certains produits de consommation, comme les boissons alcoolisées, les produits de luxe et les cigarettes.Cette conjoncture, couplée à la crise politique larvée qui menace d’exploser à tout moment, s’est traduite par des pressions sur la livre libanaise. Selon des sources bancaires, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre 1,5 et2 milliards de dollars en deux mois pour intervenir sur le marché des changes afin de soutenir la monnaie nationale. Par conséquent, les réserves en devises de la BDL sont tombées sous la barre des 40 milliards de dollars.Les pressions sur la livre seraient dues au débat politique concernant la loi électorale, qui a montré combien le fossé était profond entre les forces politiques, et l’incertitude quant au renouvellement du mandat du gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé.       Pendant ce temps, la présence d’1,5 millions de réfugiés syriens continue de peser sur l’économie, en l’absence de toute aide internationale sérieuse, susceptible de réparer une partie des dégâts causés aux infrastructures.En parallèle, les milieux financiers s’attendent à un durcissement des législations américaines et internationales relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme. Cette transformation des lois internationales limite les capacités du secteur bancaire libanais et le prive de certains de ses atouts, principalement le secret bancaire, réduit à sa plus simple expression.Face à ces réalités inquiétantes, la classe politique continue de se chamailler autour de la loi électorale et d’autres sujets, alors que chaque jour qui passe, la BDL dépense entre 20 et 30 millions de dollars pour soutenir une livre dont plus personne ne veut.


 Paul Khalifeh
   

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